L’Impressionnisme et la Mode au Musée d’Orsay

L’Impressionnisme et la Mode, voilà la nouvelle exposition que nous sert le musée d’Orsay, qui se déroule en ce moment et ce jusqu’au 20 Janvier.
En tant que passionnée de l’Art du XIXème siècle, et surtout de la mode de cette époque, je me devais d’y faire un tour, et de vous faire partager ma visite, fort agréable.
Les premières salles sont dédiées essentiellement au monde de la mode de l’époque; on y trouve catalogues des grands magasins parisiens, gravures de modes, photographies, et plein de petites annotations sur le sujet, qui nous montrent bien que c’est à cette époque que le vêtement est devenu un objet de consommation. Cette section de l’exposition est aussi riche en tenues, prêtées pour l’occasion par le musée Galliera et celui des arts décoratifs. La couturière qui est en moi à été fascinée par les détails, notamment d’une robe d’après midi qui présente une pléthore de plis, tous cousus main. Un délice pour les yeux. Cette première partie s’achève en beauté, avec la toile Dans la Serre d’Albert Bartholomé, et une reproduction grandeur nature de la robe portée par Mme Bartholomé sur le tableau (ou peut être est-ce même l’orginale ? je ne suis pas sure).
Dans la Serre, Albert Bartholomé, 1881
Dans la seconde partie, nous sommes transportés dans le monde des bals. Deux salles se succèdent, habillées de tapis rouges et d’immenses miroirs, et de chaque côté, des chaises portent des étiquettes avec quelques grands noms du siècle (ainsi pouvait-on  s’asseoir à la place d’Henry James, ou de Berthe Morisot), qui mettent en valeur quelques grandes toiles. J’ai surtout retenu la sublime Dame au gant de Carolus-Duran, qui est une véritable leçon d’élégance, que dis-je, une véritable claque dans la figure !

La Dame au gant, Carolus-Duran, 1869

S’ensuivent plusieurs salles aux thèmes divers, comme les sorties, la femme à la maison, ainsi qu’une section destinée à l’élégance masculine. Dans ces salles ont peut admirer nombre de tableaux de James Tissot, et ce qui m’a le plus fascinée, c’est le réalisme avec lequel il traite les matières. Si on pouvait toucher les œuvres  on s’attendrait presque à sentir le crissement du velours sous nos doigts, la douceur du satin, le froissement des taffetas… un vrai délice ! 
Parmi ces salles, l’une était entièrement consacrée aux dessous et aux accessoires. C’est la partie de l’exposotion que j’ai préférée. Je pensais que je serais fascinée par le corset exposé, mais c’est surtout une paire de bas blancs qui a retenu toute mon attention. Leur délicatesse, les détails ajourés sur la cheville étaient juste charmants, et cet objet, avec un petit carnet de bal dans la première salle est celui qui m’a le plus touchée. C’est dans cette même salle que l’on peut admirer la superbe Nana de Manet, et le sensuel Rolla de Gervex.

Nana, Edouard Manet, 1877
Rolla, Henri Gervex, 1878

Derrière, une vitrine exposait des chapeaux, et, de par leur taille et leur finesse, on peut imaginer la délicatesse des femmes qui les portaient. Là est exposé le célèbre Chez la modiste de Degas.
Chez la modiste, Edgar Degas, 1882
Enfin, l’exposition se termine en toute beauté, dans une salle aux airs de grand jardin, qui fait la part belle à la peinture en extérieur chère aux impressionnistes. Seul « défaut », la présence du Rue de Paris, temps de pluie de Caillebote, qui contrastrait trop avec l’ambiance ensoleillée et printanière de la salle. Ici encore quelques robes étaient exposées, et il faut le dire, elles nous vendent du rêve!
Cette exposition est donc un « must see », et je la conseillerais à tout passionné du XIXéme siècle, de la mode et même aux curieux. Très accessible, « L’Impressionnisme et la Mode » m’a donné l’impression de faire un tour dans les grands magasins parisiens de l’époque, et j’en suis ressortie avec des étoiles plein les yeux, et une envie terrible de reporter le corset.
Vraiment, Huysman avait raison, quand il nous disait que le peintre moderne est un excellent couturier !
Le fameux petit carnet de bal, photo personnelle.

2 réflexions sur “L’Impressionnisme et la Mode au Musée d’Orsay

  1. James Tissot est d'habitude très décrié (ceci étant un euphémisme pour ne point écrire un lieu commun). Certains chiens de garde ont hurlé avec les loups au scandale lorsque le musée d'Orsay osa, à leur grand dam, avec l'argent rapporté de la triomphale et géniale expo Monet du Grand Palais, acquérir son Cercle de la rue royale (avec Charles Haas, l'élégantissime modèle de Charles Swann). Content de voir que Tissot vous a intéressée. D'ailleurs, votre pseudonyme, hydrangea, évoque bel et bien ces inflorescences coruscantes qui firent la folie d'Aurore-Marie de Saint-Aubain.

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