Sire Gidéon écrit

J’ai reçu il y a quelques temps un mail d’un jeune homme en khâgne, qui, intéressé par Faunerie, nous a proposé quelques uns de ses textes, entre poésie et prose. J’ai retenu trois poèmes à vous faire découvrir. Mais avant, petit mot de l’auteur, qui se veut appeler Sire Gidéon :

« En quête de mots et de paroles, j’aime penser que lire de la poésie est un acte aristocratique qui  harangue le monde, et l’explore. C’est au nom de cette exploration, de cette chose essentielle qu’on sent s’agiter au sein de la poésie, que j’écris, et cherche encore… »

Rêverie, Charles Amable

Croix de pierre humaine

Et la tombe est morne comme le papillon
Qui erre toujours dans l’ombre et l’horizon,
Nu, tachant le ciel noir de sa clarté,
Loin, il versait des larmes en aparté

Que seul le silence écoutait mourir
Dans les sauvages nuées au triste sourire
Là, où se cache la lueur informe,
Que nul n’écoute près de l’horizon difforme

Ces pierres qui roulaient contre la terre,
Qu’il survolait comme un noble hidalgo
Ivre de son rêve, l’homme à la lourde paupière,

Berçaient les feux et éteignaient les eaux,
Éternel sur l’épaule nue du brigand
L’éphémère rappelait l’exil du temps.

D. S. L : Darius Survole la Lune.

A mesure que le ciel grandissait
On voyait des étoiles percées
Dans le vieil astre halluciné
Pareilles à de beaux et atroces abcès

Une sauvage mer déferlante
Qui offrait à la pente
Ses plus sombres desseins
Dans le cœur d’une jeune fille, et en son sein

Un rite morbide
A faire pâlir la lune
Avec sur le corps de mornes runes

Pareilles à de beaux et atroces abcès,
Lors d’une journée sans soleil
Voyage sans nom, plein d’excès.

Néron

Beau comme une charogne
Le feu avait la gueule d’un homme
Qu’on secoue, qui grogne
Comme le roulement d’une pomme

Errant dans l’ombre
Son chant courait après lui-même
Dans l’espace lugubre
Encor porteur de l’anathème

S’y dessinent les flammes
De la ville, pareilles à son âme
Blanches comme la neige

Par-dessus les ruines
Pris d’un violent vertige
Seul, il urine

2 réflexions sur “Sire Gidéon écrit

  1. J'aime beaucoup !
    Décidément, il s'en rassemble du beau monde, sur votre blog… 😉

    « Néron » n'est pas sans m'évoquer vaguement l'Oraison du soir de Rimbaud. Peut-être, s'il lit ce commentaire, Sire Gidéon pourra-t-il me dire s'il s'en est inspiré ou si c'est moi qui projette un texte sur l'autre…

    J'aime

  2. Désolé de te décevoir mais tu me fais découvrir ce poème en fait. Mais j'ai pour habitude de penser que l'oeuvre (si on peut parler d'oeuvre) appartient à tout le monde une fois crée. En revanche, je l'ai plus pensé dans l'esprit de Laforgue que je t'invite à lire…
    Sire Gidéon

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s