Rita Von Neurosis : modèle et performeuse burlesque

Rita Von Neurosis est une jeune femme d’une trentaine d’années que j’ai rencontrée grâce au site Suicide Girls. Elle a une petite fille et mène de front ses activités de modèle et de performeuse burlesque. Je vous laisse la découvrir…

photo par Jean-François Lefranc

~ Bonjour Rita Von Neurosis, premièrement, d’où vient ce pseudonyme ? Pouvez-vous vous présenter un peu ?

Tout d’abord, j’ai cherché à utiliser un pseudonyme pour me protéger de mon milieu professionnel, pour lequel poser nue reste incompris. J’ai un passé compliqué et j’ai eu depuis toujours du mal à m’approprier, incarner mon vrai prénom; j’ai longtemps souffert de troubles de la personnalité, d’où l’évidence de « Neurosis » (névrose). J’ai également fait la découverte à l’époque du groupe de musique du même nom, qui m’a profondément touchée. J’ai fait la rencontre d’un univers musical qui m’était jusque là totalement inconnu, qui m’a transcendée et m’a permis de venir à la rencontre de moi-même.

photo par Dorianne Wotton

~ Pourquoi être devenu modèle photo ? Que ressentez-vous face à l’appareil ?

J’ai été baignée dans mon adolescence dans le milieu artistique et fait une prépa d’arts plastiques. Je n’ai pas pu continuer dans cette voie, suite à un parcours de vie chaotique et douloureux. La blessure a été telle de ne pouvoir exercer des compétences en ce domaine que j’ai pris le parti de ne plus rien créer pendant plus de dix ans. J’en ai implosé. Du jour au lendemain m’est venue l’idée de devenir modèle, pour utiliser mon corps comme matière et me désincarner en laissant ma faiblesse (mon trouble Borderline) devenir une force, un précieux atout grâce à cette sensibilité exacerbée que je tente à présent de laisser exploser face à l’appareil. Je cherche à donner activement de ma personne face à l’objectif, tout en me dédouanant d’un « échec » éventuel, laissant cette responsabilité au photographe. Une manière plus douce pour moi de me remettre à créer…

photo par Marc Dubord

~ Vous posez beaucoup pour des photographes aux influences gothiques et trash, pourquoi ces ambiances vous inspirent-elles davantage que d’autres ?

Je n’ai pas conscience d’avoir choisi une catégorie particulière. Je déteste les cases, tout est bien plus complexe il me semble. Je marche à l’émotion. Je cherche surtout à pouvoir travailler avec des personnes qui sont susceptibles d’accueillir ce que je suis prête à laisser exploser intérieurement. C’est une sorte de quête; je ne suis toujours pas parvenue à dépasser l’image pour laisser paraître un bout de mon âme.

photo par Philippe Timmerman

~ Vous avez récemment posé pour Nath Sakura, qui est bien connue, quelles sont vos impressions ?

Nath Sakura est une photographe particulière, qui travaille la composition de ses photos, sa lumière dans le moindre détail. Tout y porte un sens. Nath est également une personne qui m’a fait évoluer humainement. Poser pour elle a été une vraie expérience enrichissante.

Hommage aux maîtres, par NathSakura

~ Vous êtes également Hopeful pour le site Suicide Girls, pouvez-vous nous dire ce qui vous aimez dans ce milieu, et comment vous percevez ce site ?

Je suis arrivée sur le site à un moment où j’avais encore besoin de me trouver. Je pensais également que cela me rassurerait sur mon image, que je n’apprécie guère. J’y ai rencontré des personnes qui m’ont marquée et touchée. Je pensais y trouver des personnes plus tolérantes; il y en a  effectivement. Mais cela reste une micro-société avec ses travers, où le jugement est de mise. J’aime l’idée de départ, qui était celle de mettre en avant d’autres formes de beauté que celles tolérées par les média et le tout-un-chacun. Le site s’en éloigne de plus en plus.

photo par Pascal Pierrou

~ Vous aviez un projet de spectacle burlesque, comment cela a-t-il évolué ? Pensez-vous en faire un métier ? Qu’en est-il maintenant ?

J’ai travaillé quelques numéros; je n’ai qu’une seule représentation à mon actif pour le moment. J’ai présenté un numéro de danse burlesque (et non d’effeuillage, étant à destination des enfants) dans le cadre du Rock Babyfest le 23 septembre 2012 à Roubaix. En faire un métier serait présomptueux de ma part. Je débute tout juste. Un autre projet est en attente à ce jour. Je vais également mettre en images (vidéo) certains numéros, à destination d’un site internet à venir. Je fais partie d’un collectif constitué de six effeuilleuses burlesques, le « Cabaret des Culottées », basé sur Lille. Nous allons présenter notre première revue le 9 février au Bistrot St Sauveur sur Lille; une grosse soirée en perspective ! D’autres dates sont déjà bookées…

photo par Sam Hublar, pour le Cabaret

~ Comment votre entourage perçoit-il votre implication dans le modeling ?

Ils restent assez discrets et respectueux de ce que je fais. J’ai assez peu de retour de mes proches en définitive sur ce que je fais.

photo par Fabrice Poiteaux

~ Avez-vous des projets photographiques dont vous voulez nous faire part ?

Quelques collaborations intéressantes à venir, mais dans un délai relativement long; je ne préfère donc pas m’avancer plus. Je suis encore et toujours à la recherche d’échanges enrichissant me permettant d’évoluer.

photo par Sommeil Paradoxal

~ Que pensez-vous qu’il faille avoir pour devenir un bon modèle ?

Être vrai. Ne pas avoir peur de ce qui peut sembler laid.

Troupe du Cabaret des Culottées, par Sam Hublar

* * *

 

Pour aller plus loin :

Page Facebook de Rita
Page Facebook du Cabaret des Culottées

Une réflexion sur “Rita Von Neurosis : modèle et performeuse burlesque

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