The Lady od Shalott, de J. W. Waterhouse

J’ai décidé de reprendre un ancien article que j’avais déjà posté sur mon blog de poésie. Il s’agit d’un des plus célèbres tableaux de ce peintre préraphaélite puis néo-classique qu’est J. W. Waterhouse : The Lady of Shalott, peinture fine et toute en références littéraires.
Tout d’abord mise en situation : la lady est en fait Elaine d’Astolat, qui, d’après la légende arthurienne, se serait retrouvée enfermée dans une tour du château de Camelot et se serait laissée mourir d’amour pour le beau chevalier Lancelot. Une de ses activité, outre de se languir nuit et jour, aurait été de coudre une tapisserie, que l’on voit donc étalée sur la barque -mais nous y reviendrons. Elle se suicida en embarquant un jour de tempête et on la retrouva gelée. Cette Elaine ancienne, puisque datant de l’époque courtoise et de la fameuse matière de Bretagne (notons toutefois la référence à Hélène de Troie, grande brodeuse de tapisserie de son état), se voit de nouveau racontée par un poète anglais du XIXe : Alfred Tennyson, qui la nomme la Dame de Shalott, et raconte son amour impossible dans son poème du même nom.
On peut remarquer la douceur des couleurs, le regard comme désespéré de la jeune femme, appuyé par la bouche ouverte, comme si elle allait pleurer, qui contrastent avec les scènes présentées sur la tapisserie ornant la barque. La Dame porte un bandeau, les cheveux longs et une robe blanche, marquant là qu’elle est vierge et prête au mariage. Cependant, les bougies à la proue du bateau sont éteintes, montrant que la jeune femme, qui devrait être pleine de vie, se donne à la mort. Pour appuyer l’effet presque morbide -n’ayons pas peur des mots- la nature elle-même est mise à mal : les roseaux sont cassés, les arbres en arrière plan dressent leurs branches pointues et les feuillages sont sombres et inquiétants.
Revenons à cette tapisserie : les scènes représentées sont d’ordre courtois. En effet, on peut voir un château et des chevaliers en armure, dont l’un prend une scène à lui seul. Il s’agit surement de Lancelot, l’amour d’Elaine. On suppose que celle-ci, étant maudite et se devant de mourir a donc brodé ce pourquoi elle vivait. La vie de ce tableau ne se trouve alors pas concentrée en la jeune femme ni dans la nature alentour, mais dans ce morceau de tissu qui appelle les couleurs comme le rouge, l’or et le rose.
Notons toutefois la chevelure rousse de la Dame, un brin sensuelle tout comme les lèvres bien ourlées que l’on a envie d’embrasser. D’ailleurs, de cet air que l’on prend pour désespéré n’émanerait-il pas un soupir alangui ? Celui qui appelle davantage qu’un baise-main ? Les préraphaélite semblaient avoir une belle préférence pour les rousses (ah ! la rousse de Rossetti), couleur sulfureuse de l’Êve pécheresse, de la Vénus anadiomène, de la femme ensorcelante par excellence.
Petit tour d’horizon sur cette peinture riche et émouvante. N’hésitez pas à me faire remarquer quoi que ce soit.
Et bonus, le poème de Tennyson, ici.

Une réflexion sur “The Lady od Shalott, de J. W. Waterhouse

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