Sirithil ou l’élégance des flammes

Facebook est une véritable mine d’or lorsqu’il s’agit de découvrir de jeunes talents, et Sirithil en fait partie. Cette merveilleuse jeune femme de 22 ans est modèle photo depuis quelques années, et évolue dans des univers gracieux et alternatifs pour le plus grand plaisir de nos yeux. Elle a répondu incroyablement rapidement à mes questions, et je ne pouvais que publier tout aussi rapidement son interview. Enjoy !

~ Tout d’abord, on aimerait mieux te connaître. Que peux-tu nous dire de toi ?

Question la plus difficile dans toute interview… Voyons! Je suis une jeune étudiante en philosophie (et un peu en droit, aussi) de 22 ans, j’habite à Paris depuis environ un an et demi, date à laquelle j’ai à la fois repris mes études et vraiment commencé à être satisfaite de mon travail en photographie. Pour occuper mes quelques loisirs, je suis des cours de danse, je dévore tous les livres qui me passent sous la main, et j’aime faire de longues balades sans but en écoutant de la musique ou juste le son de la nature. Je suis incapable de rester en place bien longtemps ; à intervalles réguliers, il me faut me ressourcer vers d’autres horizons, idéalement nouveaux. Je vis ma vie un peu au jour le jour, malgré quelques fils un peu constants comme mes études ou la photo en ce moment. Je suis du genre à m’enfuir un beau matin avec un sac à dos et pas grand chose d’autre et à m’établir n’importe où ailleurs, juste sur une intuition. Impulsive ? Oui, un peu. 

~ Pourquoi avoir choisi de poser pour des photographes ?

Du plus loin que je me souvienne, j’ai voulu créer des choses. Je me suis essayée à beaucoup de modes d’expression, cherchant celui qui me correspondrait le mieux, et plus jeune, j’ai beaucoup écrit. Et puis, un jour, ça s’est arrêté, je n’arrivais plus à écrire. Pourtant, ce que je renfermais au fond de moi était toujours présent. Une rencontre ou deux m’ont dirigée vers l’envie de réaliser quelques premières photos, d’abord thérapeutiquement, dans le but de mieux m’accepter physiquement, puis, à mesure que j’ai découvert toutes les possibilités de la photo, je me suis rendu compte qu’on ne me demandait pas seulement d’être une jolie fille sur une jolie photo, que je pouvais déployer tout un jeu d’acteur (pour autant que j’en sois capable, mais j’y travaille ^^) et réellement participer à la création d’images qui parlent. Finalement, c’est un peu un hasard, et j’ai découvert que c’était par là que je pouvais le mieux réaliser ce que je souhaitais, je suis donc restée.

~ Varies-tu tes activités de modèle ? Poses-tu pour des dessinateurs, peintres ? Participes-tu à des défilés, fais-tu de la figuration ?

Il m’est arrivé de poser pour des classes de dessin, comme modèle académique, mais les peintres et dessinateurs qui ont réalisé des images de moi ont davantage travaillé d’après mes photos : ils ont vu des images qui les ont inspirés, et s’en sont servis comme base pour en tirer leur propre vision. Je n’ai même jamais rencontré la plupart d’entre eux !
J’ai souvent défilé pour des créateurs présentant leurs collections par exemple, et ça reste assez habituel. Je manque malheureusement de temps pour m’engager dans des projets vidéo, mais c’est quelque chose qui me plairait vraiment, et les quelques essais réalisés avec des amis ne font que me renforcer dans cette idée. Un jour, peut-être… 

~ Qu’est-ce que tu aimes dans le fait de poser ?

J’ai fait des rencontres magiques qui m’ont vraiment enrichie tant au niveau artistique que personnel, et je sais que ma vie ne serait pas la moitié de ce qu’elle est si je n’avais pas décidé un jour de poser pour un photographe inconnu croisé au hasard d’une petite annonce. Ca me donne aussi, en plus des rencontres, l’occasion de voyager, de côtoyer une multitude d’univers… Quand à la pose en elle-même, je pense que le côté jeu d’acteur, que j’ai déjà mentionné, tient une part importante. Changer de rôle, le temps de quelques photos, devenir Sirithil ou plutôt l’une des Sirithil, parce qu’elle est autant de facettes qu’il y a de séances photo, et quelque part, sortir de moi, ou exprimer ce qui m’habite, que ce soit un rêve, une peur, une pensée, quelque chose que j’ai à dire…

~ Est-ce toi qui organises la plupart des shoots ou bien sont-ce les photographes qui te contactent en premier lieu ?

Il y a un peu des deux. Parfois, j’aime n’être que l’interprète de la vision de photographes particulièrement doués, parfois je demande à un photographe en particulier de traduire en images ce que je souhaite, parfois encore, lorsque l’alchimie est vraiment bonne, c’est un vrai échange qui se met en place. En fait, c’est réellement variable, il y a des tendances mais chaque collaboration est unique. Et je me rends compte que je n’ai rien répondu à la question de départ, si ce n’est un bien pauvre « ça dépend ».

~ Quels sont les projets photos qui te font le plus rêver ?

J’aime l’onirique, l’étrange, mais également le naturel, l’épuré. Il m’arrive d’avoir des « périodes », des tendances qui se fixent pendant un temps puis qui s’estompent, mais j’ai une sorte de fascination pour un idéal de pureté et de rêve qui est sans cesse renouvelé. J’aime également beaucoup m’inspirer des grands de la peinture, surtout les préraphaélites qui sont -pour moi- les maîtres dans cet art. La littérature et les images qu’elle suscite, également, me font rêver, et essayer d’interpréter la littérature en photo est généralement un projet qui me passionne.

~ Pour qui rêves-tu de poser ?

C’est une question un peu délicate, la réponse que j’y aurais apportée il y a, mettons, deux ans, aurait compris beaucoup des photographes pour qui j’ai déjà effectivement posé, et pour qui je pose encore, pour la plupart (Je pense ici à Niiv, Alexandre Deschaumes ou Paul von Borax). Mais, pour ne citer qu’eux, j’adorerais travailler avec Andy Julia, Olga Valeska, Julie de Waroquier ou, pour sortir de nos frontières, des gens particulièrement inspirants comme Jan Scholz, Kirsty Mitchell ou Brooke Shaden…

~ Tu es professionnelle depuis peu, arrives-tu à vivre de ton activité de modèle ?

Alors, oui et non. C’est à dire que je couvre une grande partie de mes besoins grâce aux commandes clients, mais il me faudrait davantage de disponibilités pour réellement travailler assez pour être confortable financièrement juste grâce à la photo. Or, si je suis passée sous le statut d’auto-entrepreneur, c’était avant tout pour poursuivre mes études de façon optimale, et pour avoir plus de disponibilité, il me faudrait sacrifier celles-ci, ce qui serait un non-sens. Cela dit, la photo me permet de couvrir une part non négligeable de mes besoins vitaux et finance mes tenues (j’ai un goût avoué pour les corsets et les robes d’époque, que j’assume totalement) et surtout mes petites escapades. 

~ Tu poses souvent nue ou partiellement dévêtue, quel est ton rapport au corps ?

Comment dire… Je souffre d’un dédoublement de personnalité *sourire*. En vrai, je suis de nature extrêmement pudique et timide. Mais quand je suis devant un objectif, ma nudité devient une tenue comme une autre, l’accessoire du personnage que l’on essaie de fixer sur les images. A côté de ça, mon corps, c’est mon corps, j’ai fini par l’accepter comme faisant partie de moi et, partant de là, je ne vois pas de raison de le cacher particulièrement. En somme, le reste de mon corps est classé au même titre que les muscles de mon visage : il est là pour m’exprimer ou dire ce que le photographe veut que je dise. 

  
~ Dans quel univers photographique te reconnais-tu le plus (fetish, goth, glamour, etc) ?

C’est un peu compliqué, ayant gravité dans un peu tous ces univers. J’aime le changement. Mais il y a une certaine récurrence au thème de la nature, de l’évanescence. J’aime à me voir comme une illustratrice de songes, les miens et ceux des gens qui les partagent. Voilà, la photo onirique, disons, s’il faut lui trouver un nom.

~ Enfin, quels sont tes projets photographiques (en cours ou futurs) ?

Avant tout, je veux continuer à prendre du plaisir, approfondir mes échanges avec les personnes précieuses que j’ai déjà le bonheur de côtoyer. Ensuite, il y a pas mal d’idées qui germent dans mon crâne, mais parmi mes envies les plus remarquables, il y a plusieurs séries underwater que j’espère réaliser cet été dans divers contextes. Peut-être aussi, mais c’est un peu plus flou, pourquoi pas me laisser tenter par l’autre côté et tenter quelques autoportraits ?…
* * * 

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