Darren Holmes, l’étoffe d’un photographe

Issu du paysage canadien, Darren Holmes nous ouvre les portes de boudoirs intimes et exhibitionnistes, avec subtilité, humour et force. Exposé et publié à l’internationale, il n’a de cesse de maîtriser son sujet et ses nombreuses humeurs. Et de nous rendre accros aux agitations de l’humain. Loin des clichés, sa photographie se fait peinture, avec superbe et modernité. Ses personnages malmenés mais consentants, entreprenants mais vulnérables, hantent ses tableaux de toute leur vitalité, de toute leur insolence. Darren Holmes, un photographe dans son plus simple appareil.
Aina and Ameliana
~ Avant de faire de la photo, vous peigniez et dessiniez. Y avait-il un élément qui vous manquait dans ces disciplines et qui explique que vous vous soyez tourné vers la photographie ? Inversement, que vous ont apporté ces disciplines, pour la photo, justement ?

J’ai grandi avec la conviction que je deviendrai un artiste visuel. Je n’ai jamais excellé en technique car j’étais plutôt du genre indiscipliné et que je n’ai jamais consacré de temps à la développer. Par contre, je dessinais à l’encre, je faisais beaucoup de rayures et de hachures pour créer des volumes. Je crois que ce qui m’a poussé vers la photographie, c’était… peut-être la faculté de créer des images sans avoir à passer par les colorations que l’on obtient par la mécanique, comme par exemple le style de dessin. Il y avait certaines choses dans ma tête que je ne pouvais tout simplement pas retranscrire par le dessin. Même lorsque j’étais enfant, manipuler des gens et des objets afin de créer une scène pour la photographier m’a toujours paru un défi plus intéressant.
~ Comment procédez-vous ? Est-ce d’abord une idée pour laquelle vous cherchez ensuite le modèle qui convient ? Ou est-ce aussi une personne qui vous inspire et qui déclenche votre processus artistique ?
Autrefois, je travaillais sur l’instant, sans rien de programmé… c’était il y a fort longtemps. C’était davantage une réaction instinctive qu’une démarche réfléchie. Avec le temps, je me suis mis à développer un sujet que je voulais créer, avant de me mettre à chercher les personnes qui pouvaient potentiellement correspondre au rôle. Je suis plus détendu, aujourd’hui. J’ai des thèmes généraux qui me sont chers, qui sont un angle de vue, une attitude envers le monde ; puis je laisse de la place à la présence et à l’énergie d’une autre personne. C’est toujours un effort coopératif de danser avec quelqu’un, d’avoir cette relation attraction / répulsion.

Dancing on Tombstones

~ Vous semblez préférer la lumière naturelle. Que cela vous apporte-t-il de plus qu’une séance en studio ?
Oui, j’ai un truc avec le flash. Je l’utilise tout le temps, mais seulement avec de grandes boîtes qui me font penser à des fenêtres, dont la lumière ne s’impose pas. Parfois, je compare la lumière artificielle à l’éclair ; vous êtes content quand il démarre accidentellement un feu à côté de vous et que vous pouvez alors l’utiliser. La lumière naturelle m’a toujours dit : « C’est le bon moment »… Même lorsqu’il y a une mise en scène, elle se fait avec le sentiment que c’est le bon endroit et le bon moment. C’est comme si cette lumière nous disait : « On était juste là, en train de faire ça, quand ça nous a semblé être une histoire intéressante, alors j’ai attrapé mon appareil photo ». Quand j’utilisais le flash, c’était dans cette optique-là.

~ Quelle est la part de retouche dans vos travaux ?
Je n’attache aucune d’importance à ce que l’appareil photo juge comme « réel », c’est juste une matière brute pour moi. Bien sûr, l’histoire doit déjà être au cœur de l’image. Là où je commence à travailler, c’est quand l’histoire elle-même est une retouche qui semble revenir vers moi. On est censé être séduit par le fait de croire la vérité de quelqu’un, et non pas de s’extasier devant son tour de magie. Du moins, c’est ce que je crois. Il faut que les images soient familières et qu’elles contiennent leur propre espace, un peu comme si vous assistiez à une production de théâtre.

Farrah’s Bones
~ Dans certains clichés, les couleurs et les contrastes sont très vifs, alors que d’en d’autres, le traitement est ton sur ton, voire à la limite de la désaturation. Comment s’opèrent ces choix ?
Auparavant, j’utilisais plus de variétés, mais j’ai commencé à avoir l’impression que ces choix relevaient simplement de l’esthétique, d’une obligation. Aujourd’hui, je ne veux pas que les gens voient ma photographie, mais au contraire qu’ils l’oublient pour ne regarder que la scène, si vous comprenez ce que je veux dire. J’aime cette idée que les images sont comme des dioramas que vous emmenez avec vous. Cela peut très bien être une boîte avec des gens miniatures qui dorment à l’intérieur, puis lorsque vous ouvrez la boîte et que vous allumez la lumière, ils se réveillent et se mettent en place juste pour vous. Un ami photographe vient justement de mentionner qu’il aimait la peau, l’émotion dans un travail… alors peut-être que c’est une explication en soi.
~ Certaines de vos photos (comme celle de Cherlyn Jeff Zephraim) peuvent mettre mal à l’aise certaines personnes. Des personnages qui ont tout d’érotique sont rendus incongrus, parfois gênants. Pourquoi cette double lecture ? Que leur répondriez-vous ?
L’érotisme est l’affaire du cerveau, il ne se situe pas entre les jambes. Je crois que nous nous trompons constamment là-dessus car notre soupape de décompression se situe à cet endroit. Mais l’érotisme n’est pas une appréciation de la beauté, il est l’appréciation d’une scène en tant qu’entité ; ce qu’une personne dit ou ne dit pas, la manière dont elle se comporte… Quelqu’un qui est, disons, impertinent ou agressif, puissant et expressif, peut être plus érotique que quelqu’un qui pose consciemment de manière langoureuse. Nous devrions tout faire pour ouvrir ce tunnel ; admirer un arbre mais aussi son terreau millénaire, façonné par des organismes qui y sont nés et morts. Quand on admire la beauté, on doit admirer son ferment. Tous deux sont liés. Pour moi, ce n’est pas morbide, c’est simplement une vérité pure.

Cherlyn Jeff Zephraim
~ D’autres récents clichés cachent une critique de la société ou encore de la religion (je pense à A Fairy Presidential Portrait ou Theologian, Skin and Bones). Vous abordez ces sujets avec humour, pourriez-vous nous dire pourquoi ?
Theologian, Skin and Bones est le portrait d’un vrai étudiant en théologie. Nous avons énormément discuté au sujet de ses études, où il n’est pas seulement question d’accepter ce que l’on vous dit, mais surtout de faire mûrir une idée dans votre esprit, de la questionner, de rechercher ses failles, de débattre avec vous-même. Ce n’est pas ce à quoi on assiste dans la religion populaire, qui semble être polarisée avec cette idée de « Tu es soit avec nous, soit contre nous ». J’ai toujours voulu être irrévérencieux, démonter l’adoration des idoles. Lorsque je dessinais, j’avais un sens presque maniaque de l’humour, je me demandais comment insérer quelque chose de décalé et d’outrageant dans la scène. C’est toujours guttural chez moi, mais de manière beaucoup moins prononcée qu’avant. Je ne me prends plus la tête. Si je me vois nu, enveloppé autour de la tête d’une femme, alors je le fais. Probablement, la vie est faite de ces inspirations et de ces citations  inconscientes, mais elle peut aussi découler d’une simple et bonne idée. On peut l’aimer au niveau qu’on veut.
~ Il y a de nombreuses années, vos portraits étaient très proches de la peinture. Aujourd’hui, vous y ajoutez un réalisme presque clairvoyant sur la nature humaine. Pourriez-vous nous expliquer comment s’est faite l’évolution vers ces scènes plus « instantanées » ?
« Instantanée », c’est une très bonne description ! Oui, je crois que cela décrit bien mon travail… Autrefois, certaines choses m’inspiraient au plus haut point, on peut dire même qu’il s’agissait d’impressionnisme. Puis, je me suis mis à ressentir que je désirais sortir du droit chemin et arrêter de dire aux gens ce qu’ils devaient penser. Je constate aujourd’hui que j’étais dans le processus de me débarrasser du style dans mon travail, de laisser la scène parler d’elle-même. Le photographe ne devrait pas dicter l’interprétation. La photographie doit être ce qu’elle est, et le spectateur en faire son propre avis.

Reclining on Ikea Carpet while Chrissy Contemplates Superherodom
~ Vous n’hésitez pas à montrer l’envers du décor. Pourquoi ce choix de montrer par exemple du scotch ou un tapis Ikea ? Vous semblez libéré de toute entrave aujourd’hui…
Exactement… je ne cherche pas à cacher que les scènes sont une réalité inventée. Si je passais du temps à camoufler le fait que c’est une scène créée par des câbles ou par d’autres équipements, cela reviendrait à vous mentir impunément. Je veux que le spectateur ait le plus d’informations possible. Je lui demande d’observer mes acteurs ainsi que la production, de les évaluer pour ce qu’ils sont, et enfin de décider si ce qu’ils racontent l’intéresse.
~ Il y a souvent une main ou un pied qui intervient dans un coin de la photo, comme pour dédramatiser l’action qui se joue, ou au contraire pour la renforcer. Est-ce là de l’humilité qui se joue, ou encore un sens certain de l’humour ?
La photographie a perdu un sens important, celui du point de vue… On semble l’oublier obstinément. Or, elle est une longue série de choix. Pourtant, certains l’estiment encore capable de montrer la réalité. Je ne les comprends pas. Pour moi, le cadre fait partie intégrante de l’image et il me rappelle que des choses se passent en-dehors. J’aurais pu tourner l’appareil photo d’un côté ou d’un autre, mais c’est le choix que j’ai fait.

Pre-Motherhood Passion Play
~ Cela me mène à vos cadrages très originaux. Soit l’angle de vue est en surplomb, soit il laisse entrevoir l’espace normalement réservé au photographe, soit il est au ras du sol. Est-ce votre volonté de montrer que l’on peut facilement trébucher et tomber en un instant fait de maladresse mais toujours de  grâce.  Que l’on devrait, même ?
J’ai eu plus de moments ratés que de grâce, mais c’est ce que nous sommes, des êtres socialement maladroits, nerveux, qui n’ont qu’un désir, s’intégrer. Il y a quelques années, je passais plus de temps à faire des cadres parfaits, mais je crois que j’aimais trop les angles irréguliers pour continuer. Je crois que l’on tient quelque chose d’intéressant du moment où on accepte enfin de ne plus chercher la perfection. Il faut laisser les choses être ce qu’elles sont. La plupart d’entre nous essayons simplement de comprendre tout ça.
~ D’autres prises de vue donnent aussi une incroyable sensation de vertige et de profondeur. Je crois que vous aimer jouer avec les sensations des spectateurs. 
Voulez-vous parler des images prises de dessus ? On peut défier la gravité et se libérer d’un monde littéral, juste un court instant. C’est peut-être un moyen de m’éloigner de ces contraintes…

This is What Artist Statements Are For

~ Vous ne leur facilitez pas la tâche, je me trompe ?
Non, en effet… Je cherche toujours l’image qui apparaît subrepticement entre deux autres qui sont posées. Je veux que le modèle ne soit pas prêt, j’aime quand il est instable, inconfortable ou qu’il a froid. Voir ça sur un visage est une réalité qui ne trompe pas.
~ Vos personnages sont très contrastés. Force et fragilité, invitation et réserve, provocation et résistance. Tantôt ils désamorcent la situation, tantôt ils l’enveniment. Comment obtient-on cela d’un modèle ? 
Comme je l’ai dit plus tôt, c’est comme une danse. Que je vienne tout juste de rencontrer la personne, ou que je la connaisse depuis longtemps, elle n’est jamais la même quand elle se tient devant l’appareil photo et qu’elle ne sait pas quoi faire ensuite.

The Story of Olex
~ Combien de temps et de confiance cela prend-il ?
Je ne le sais pas tant que je n’ai pas le modèle devant moi. Et je ne sais pas non plus ce que nous allons faire quand il est là. Alors nous commençons doucement par discuter, par nous chercher, par nous tourner autour. Puis, des petites perles apparaissent dans les expressions ou dans les choses qui m’intéressent vraiment. Bien entendu, comme ça ne se passe jamais comme je l’avais prévu, je me force à ne rien attendre d’une séance. Tout suit son cours, je les rencontre, je me mets à la file (imaginaire) et je commence à prendre des photos.
~ Les poses, les accessoires et les costumes évoquent le classicisme, alors que les expressions et les rapports entre les personnages sont plus modernes. Cet assemblage statique / dynamique, narratif / conceptuel est-il une démarche volontaire ou surgit-il au hasard lors d’une séance ?
Tout ce qui n’est pas prévu est une bonne chose. J’aime voir des maniérismes inconscients, _ on peut vraiment bien bâtir à partir d’eux _ la manière dont une personne préfère se tenir ou se détendre. C’est une chose que j’ai développée avec le temps, de ne pas m’accrocher à une idée, mais de travailler avec ce que j’ai devant moi.

Miss Shaman Cristina
~ Certains de vos modèles mangent leurs cheveux, ont un pied sur la tête, vomissent des feuilles et des cordes. Quel est cet attrait pour l’incongru ? Pensez-vous que l’être humain n’est touchant, captivant, que lorsqu’il montre ses failles ? Un peu comme un animal blessé, une poupée cassée ?
Je suis obsédé par certaines images d’entrailles ressortant à l’air libre, d’extérieur pénétrant dans le corps, de restriction volontaire, ou encore de douleur et d’extase, qui canalisent quelque chose. Nous ne sommes honnêtes que lorsque nous sommes en train d’exploser, que nous traversons une crise, n’est-ce pas ? N’est-ce pas là le moment où nous nous connaissons le mieux ? Tout le reste n’est que performance. Je me revois au travail en train d’aligner des mots, lentement et avec attention pour bien être compris, alors que dan ma tête j’ai envie de crier « Quelqu’un doit être honnête dans cette pièce ! Pourquoi ne dit-on pas ce qui importe vraiment ? ».
~ Vous semblez plus provocateur et plus ludique qu’auparavant. Qu’est-ce qui explique cette légèreté apparente ? Une lassitude de l’académisme ?
Je ne m’en étais pas rendu compte avant, mais ce serait une bonne manière de décrire ce que je fais. J’aimerais tant éplucher une à une les couches intellectuelles et civilisées des gens, pour voir quelles bêtes rugissantes ils sont quand ils vomissent leurs petites pensées, agressives ou sales. S’il existait une drogue qui puisse inoculer le syndrome de Gilles de la Tourette pour quelques temps, je serais le premier à vouloir l’essayer. Je comprends que la civilisation ne peut pas compter sur ce genre de comportements si elle veut fonctionner, mais on a autant besoin de personnes qui abandonnent ce système afin de voir ce qu’on ne voit plus, parce que nous sommes tous trop importants et matures pour ce genre de jeux.

~ Par ailleurs, vous avez été invité à intervenir au Maryland Institute College of Art in Baltimore, ainsi qu’à Kiev et à Moscou. En quoi cela consistait-il ?
Ma femme Chantal et moi-même avons été invités à Kiev et à Moscou pour parler et exposer mes travaux, ainsi que pour écrire une histoire pour Photo Masterskaaya, qui est un magazine russe de photographie. Avec les statues de Lénine partout, j’ai pris conscience que les gens là-bas ont connu une toute autre histoire, un tout autre point de vue, de par leur civilisation qui date de plus de deux mille ans, de par Lénine, de par la Révolution et tout le reste. Nos origines sont tellement différentes, et pourtant nous nous ressemblons et que nous agissons de la même manière. A MICA,  j’étais venu parler avec d’autres artistes et montrer mon travail. Face à eux, j’ai pris conscience du fait que travaillais de manière insulaire, que je passais mon temps à l’intérieur de ma tête, et que je venais de laisser un groupe de gens observer mes pensées intimes à la loupe.
~ Vous avez été commissionné pour créer la couverture du roman The Blood of Flowers d’Anita Amirrezvani (États-Unis et autres pays). Aimeriez-vous réitérer l’expérience ? Et / ou pour des pochettes d’albums de musique, peut-être ?
Ce qu’il y a, c’est que ce genre de projets est très loin de mon fonctionnement. Mon travail reflète mon propre point de vue sur un état de choses. Puis, je trouve un moyen pour gérer ça visuellement. Il s’agit vraiment de mes tripes. Si quelqu’un attendait cela de moi et me laissait faire mon travail, pourquoi pas ? Mais ce serait étrange si cette personne me demandait d’enlever un fragment de ma création pour le remplir autrement, juste pour atteindre leurs objectifs. Je me demanderais s’ils veulent vraiment mon travail ou une parodie de ce que je fais.

The Blood of Flowers, Anita Amirrezvani
~ Avez-vous déjà songé à faire des courts-métrages et / ou des vidéoclips ?
Un de mes projets est de créer des vidéos qui seraient proches de l’image statique que j’affectionne tant… mais je ne suis pas encore allé très loin dans ce domaine pour l’instant.

~ Aimeriez-vous publier un ouvrage sur votre travail ? Ou est-ce trop tôt à votre goût ?
J’ai commencé à travailler sur le contenu d’un livre qui sera une collection illustrée de mythes modernes et de contes de fée, mais dans un souci d’avertissement. L’ouvrage parlera en effet de la manière dont ils furent crées, afin de servir un tout autre but… Ces histoires enseignaient comment bien se comporter, comme par exemple qu’il fallait traiter dignement un pauvre étranger parce qu’il risquait d’être un prince sous sortilège, et qu’il pouvait parfaitement les récompenser par la suite. Tout compte fait, on vous encourageait à être civilisé pour des raisons égoïstes, n’est-ce pas ? Peu importe les moyens, il fallait que les sociétés tiennent debout. Il n’y a plus beaucoup de contes de ce genre de nos jours, et mon travail m’a toujours paru être un extrait temporel d’un drame plus grand, dans mon esprit du moins, donc c’est ma manière à moi de boucler enfin une histoire pour quelques-uns de ces drames.

Ancestral Memory Confusion

* * *

Site de l’artiste :

http://darrenholmes.com/

Une réflexion sur “Darren Holmes, l’étoffe d’un photographe

  1. Un article très bien construit et des questions intéressantes :).
    Le style du photographe est assez éloigné de ce que j'affectionne en photographie, mais son approche de celle-ci en demeure particulière et réfléchie. Son ouvrage à paraître a d'ailleurs l'air captivant.

    J'aime

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