Les mots de Laure

Je suis tombée sous le charme de la poésie de Laure, simple et expressive. Voici une présentation de la jeune femme par son compagnon Colville Petipont, dessinateur :
« Ce qui lui importe avant tout, c’est d’être vivante : courir dans la forêt, être avec ses amis, chanter ou danser. Aussi Laure écrit peu. Mais lorsqu’elle le fait, elle se pose, se retrouve face à elle-même, et pèse chaque mot avec attention et tendresse. Elle tend l’oreille à tout ce qu’être vivante agite en elle. Elle le traduit avec le plus de justesse possible. Le reste du temps, elle est apprentie dans l’édition. Elle projette de créer un jour un écovillage et peut-être sa propre structure éditoriale. On verra ça plus tard. Elle pense qu’un été sans mer n’est pas un été. »
Voici trois de ses poèmes !
Titania sleeping, Arthur Rackham
Satori
Qu’importe si l’avenir s’enfuit sous les regards
S’il s’esquive sans bruit quand on croit le tenir
Je ne crains pas ses surprises, tu sais
Je suis plus souple que lui.
J’éveille mon enfance à chaque virevolte
Marche la tête haute
Je porte mon univers serré contre mon cœur
Et tiens le fil des jours dans le creux de mes paumes.
Et je n’ai pas peur, tu vois
Car au centre
Tout au centre
Le cosmos tournoie
Et moi
Je danse.
Rassembler les os
Il faut se perdre un soir au crépuscule
Courir dans les sous-bois
S’enfuir un peu plus près
Il faut s’asseoir par terre
Marcher pieds nus
Allumer des bougies
Repenser à sa meute
Il faut chanter dans l’autre langue
Porter des robes légères
Inventer des issues
Il faut parler à l’enfant
Guetter la pleine lune
Et ouvrir la montagne
Il faut garder courage
Avancer tête haute
Il faut sentir le monde
Qui traverse et s’échappe
Il faut ouvrir les bras
Planter là ses racines
S’étendre vers le haut
Il faut se savoir forte
Donner et retenir
Foudroyer du regard
Être belle et dire non.
Noctambule
Le silence de la nuit glisse le long de ton dos
Comme un frisson d’extase
Sur l’échine du monde

Un parfum d’averse s’accroche encore à la terre

Qui ouvre ta marche
Qui guide tes pas

Vers ce je-ne-sais-où dont tu tais l’importance

L’obscurité se savoure sans paroles
Tu le sais

Il te suffit de briller assez fort

L’obscurité se savoure sans paroles
Comme un frisson d’extase sur l’échine du monde.

Une réflexion sur “Les mots de Laure

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