Mélisandre, poètesse et muse

Sandra Karuna, alias Mélisandre, est modèle professionnelle et écrivaine depuis plus d’une dizaine d’années. Elle a travaillé pour des peintres, sculpteurs, des ateliers de peinture, l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris, l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris, et des photographes. Justement, elle illustre dorénavant ses recueils de poésie avec ses travaux photographiques. Elle a eu la chance de poser pour Dorianne Wotton, Olga Valeska, Martial Lenoir ou encore Helen Warner. Plusieurs de ses recueils sont publiés aux éditions Ordibili et aux Presses Littéraires. Elle récemment sorti deux recueils : Cendres et Fantômes Lunaires. Elle a eu la gentillesse de m’envoyer son dernier livre, afin de vous le présenter.
Fantômes Lunaires est composé de 80 pages, contenant poèmes et photographies de Dorianne Wotton, Lizzie Saint Septembre, Isabelle Royet-Journoud, Sophie Boss, Isaure Anska, Emmanuel d’Auzon, Jean-Claude Apert, et Marjorie Bernard. Ces photos en noir et blanc montrent Melisandre dans des endroits mystérieux : plage, chambre, couloir, bibliothèque, etc. Mélisandre pose dans ces atmosphères brumeuses, comme un fantôme, afin d’illustrer l’évanescence de toute chose. Les poèmes sont en prose, aussi doux que l’auteure, et les thèmes abordés sont la nostalgie du passé, les paysages chéris, le souvenir d’une personne… Le tout est très introspectif, Mélisandre écrit avec son âme, avec ce qu’elle ressent. Elle est très inspirée par ses voyages, la littérature et la peinture du XIXe, et tout ceci donne un coté suranné à son recueil qui fait grandement plaisir. On a comme une impression tenace d’avoir remonté le temps…
Mieux que tous ces mots, voici quelques poèmes entrecoupés de photos (qui ne sont pas toutes publiées dans le recueil).

L’oraison, par Isaure Anska

Questions au rêveur
As-tu dansé en mesure
Au rythme de ton pouls qui chante ?
As-tu senti et écouté
La musique sourde de ton coeur écarlate
Et ses palpitations déraisonnées ?
Entends-tu la voix turbulente de ton âme
Qui ruisselle comme une eau pâle ?
As-tu bu des yeux la fièvre du sang ?
Devines-tu le secret de ta vie lunaire ?
Lunatique, sens-tu en toi le feu ardent des passions ?
As-tu embrassé du bout des lèvres ta mort ?
Ma jumelle fantôme, par Lizzie Saint Septembre
Ôde au vent mauvais
Giflée par le vent
Aveuglée de brouillard
Touchée par tes bords de mer
Ton souffle houleux
Raidit ma nuque
Un coup de vent libère
Une hirondelle qui vole folle
Dans la cale de ma tête
Les doigts de la bise
Me griffent et m’agrippent
Ployée je plie sous ton poids
L’eau salée des bourrasques
Est mouillée du sang de mes pleurs
Je t’implore à genoux
Viens m’aider
Me tourmenter encore
Vent violent
Qui m’aime à mort.
Lévitation orphique, par Olga Valeska
Océan de neige
Flocons de neige tombent lentement
Paysage pur et blanc
L’Irlande dans un manteau de glace
La mer blême
Pluie de pétales de givre
Pluie de fleurs de lys pâle bouquet
Pâle course des nuages violets
Les anges pleuvent silencieusement
Pleurent discrètement
Les âmes sont en pleurs les âmes sont en larmes
Flocons de neige tendre tombent lentement
Les anges pleuvent des larmes gelées
Les âmes sont en larmes les âmes sont en pleurs
Sous l’éclat sec du soleil
Fond la blanche magie
Qui étincelle et se marie aux rayons d’or
Aux rires joyeux des anges
Aux faisceaux de lumière
Aveuglant l’oeil de clarté
Et baignant le cœur
Ivre de sérénité.
par Jess photography
A la lueur de la bougie
Dans l’étrange nuit, à la lueur de la chandelle
S’ouvre le bal des âmes survolant l’océan blanc,
Survolant l’océan blanc…
Les aïeux valsent, j’entends le froissement de leurs ailes
Mêlé au mugissement des vagues,
Réveil à la vie, dans la tornade dansent dansent
Les ascendants…
La bougie se consume doucement,
La cire coule dans le bougeoir, la flamme s’éteint
La flamme s’éteint…
Flamme pure, ocre : si c’était l’âme sereine ?
L’âme baignée à jamais dans l’éternelle clarté
L’âme à jamais dans la clarté…
La bougie s’est éteinte, plongée dans la ténébreuse opacité,
Ni chaleur des corps, ni amour des hommes
Au cimetière où tout est si beau si calme
Ni murmure ni chuchotement
Rien qu’un silence apaisant…
Mon âme tremble dans le songe radieux.
Je rêve du fracas des vagues de sang sur les rochers,
Un banc de mouettes s’envole dans des cris,
Les cloches d’une église incendiée
Ebranlent le silence…
Le tic tac nébuleux d’une horloge rythme mon cœur,
La nuit d’encre pousse un soupir,
La ténèbre blanchit…
Des nuages en corolle forment une auréole
Sur la tête rougie du Christ…
par Martial Lenoir
par Dorianne Wotton
* * *
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