Les Contrées du rêve, d’H.P. Lovecraft

Quatrième de couverture :

Avant le célèbre Mythe de Chtulhu, H.P. Lovecraft a créé tout un univers onirique inspiré des oeuvres de Lord Dunsany, une contrée sauvage et magique peuplée de démons et de merveilles, de rêveurs perdus au milieu de leurs cauchemars dont son héros, Randolph Carter en tête. Cet univers est devenu l’une des oeuvres fondatrices de la Fantasy.
Les Contrées du rêven’est pas un roman, c’est un recueil, regroupant toutes les nouvelles issues de ce que l’on pourrait nommer  « l’arc onirique » de Lovecraft. Si ce dernier est nettement moins connu que celui de Cthulhu (qui lui est postérieur, certaines des nouvelles présentées ici en posent d’ailleurs certaines bases), il n’en demeure pas moins très intéressant, notamment pour sa « fraîcheur » dans l’œuvre plutôt sombre et tourmentée de l’auteur. Ne faites cependant pas l’erreur de penser que ces nouvelles seront joyeuses et finiront bien. Ce n’est que très rarement – pour ne pas dire jamais – que cela arrive.
Le recueil se compose de la façon suivante :
I – La Quête d’Iranon
II – Polaris
III – La Malédiction qui s’abattit Sarnath
IV- Hypnos
V – L’Étrange maison haute dans la brume
VI – Le Bateau blanc
VII – Celephais
VIII – Les Chats d’Ulthar
IX – Les Autres Dieux
X – Le Témoignage de Randolph Carter
XI – La Quête onirique de Kadath l’Inconnue
XII – La Clé d’argent
XIII – À Travers les Portes de la clé d’argent
XIV – Azatoth
Les chapitres X – XIII sont tirés de Démons et Merveilles, publiés par 10/18 ; les autres font partie du recueil Dagon, publié par J’ai Lu.
Comme à l’accoutumée, la logique voudrait que je résume et commente chaque nouvelle. Je ne le ferais pas ici pour une raison simple : j’envisage ce recueil comme un roman. S’il est évident que les chapitres X – XIII sont liés, ne serait-ce  que par leur protagoniste, les nouvelles gravitant autour de cette base ne sont pas ici pour rien. Bien qu’elles soient à priori  sans rapport avec l’épopée de Randolphe Carter – le héros des chapitres sus mentionnés – et que celles-ci peuvent se lire dans n’importe quel ordre en étant compréhensibles, il faut savoir qu’elles prennent tout leur sens dans la globalité de l’œuvre. L’ordre choisi par l’auteur est également intéressant, car si celui-ci ne suit pas l’ordre chronologique d’écriture, il suit l’ordre chronologique du récit. Un paradoxe type des Les Contrées du rêve, si vous voyez là où je veux en venir.
Sachez néanmoins que le pinacle de cette aventure se trouve dans le chapitre XI, La Quêteonirique de Kadath l’Inconnue. En dépit du fait que cette nouvelle soit la plus longue du recueil, c’est également dans celle-ci que tous les éléments et personnages introduits dans le reste de l’ouvrage trouvent leur place et leur sens. L’intrigue pourrait se résumer de la sorte : « Randolphe Carter rêve par trois fois d’une fabuleuse cité, mais se réveille toujours brutalement avant d’en savoir plus. Suite à cela il invoque les dieux des rêves pour leur prier de le laisser en voir davantage. En plus de leur silence, ses rêves disparaissent. Il décide donc de se rendre en personne à Kadath, demeure des dieux, pour leur parler en personne. Sauf que personne ne sait où elle se trouve et ne s’y est jamais rendu. »
Pour ceux qui se poserait la question, le Randolphe Carter est bien celui dont il est mention dans ma précédente critique du même auteur : L’Affaire Charles Dexter Ward.
Lovecraft a toujours eu un rapport particulier aux rêves – que beaucoup qualifieront de cauchemars dans son cas. « Tout ce que j’ai écrit, je l’ai d’abord rêvé » est une citation qui lui est attribuée et qui résume parfaitement le concept de ce recueil. En plus du rêve, c’est le devenir de l’homme, par le biais de son passé, qui est ici traité. À travers les lignes, il parait évident – ou en tout cas très vraisemblablement  – que Lovecraft a puisé dans et s’est inspiré des civilisations passées pour nous offrir ces textes merveilleux et envoûtants. En un mot : oniriques.
Dans sa préface, David Camus explique le challenge qu’a été de retrouver la totalité, et l’intégrité, des textes tant les sources sont multiples et souvent altérées. Les Éditions Mnémos nous livrent donc une nouvelle traduction intégrale d’une qualité irréprochable. Et surtout, inédite en France.
Les Contrées du rêve est ce genre de livre qui, une fois terminé, vous laisse une drôle d’impression. Une impression encore plus marquée dans notre société où le rêve n’a plus guère de place. Mais je vous laisserai la découvrir par vous-même…

Les Contrées du rêve, H.P. Lovecraft – Editions Mnémos 2010

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