Triumff, héros de sa majesté, de Dan Abnett

Quatrième de couverture :

Nous sommes en l’an de grâce 2010, sous le règne de la sainte Elizabeth XXX, reine de l’empire anglo-espagnol. De retour après un périple en Australie, Sir Rupert Triumff, aventurier, duelliste et débauché notable, tente d’éviter les pièges et les complots de la cour, alors que chacun essaie d’obtenir de lui les droits d’exploration de ce nouveau territoire. Mais dans les couloirs du pouvoir, Triumff met à jour un sombre complot ourdi contre Sa Majesté. N’écoutant que son courage, accompagné de son épée Victorinox, d’une bonne bouteille et d’un improbable compagnon, Triumff va tenter de sauver la reine, l’empire et peut-être même le monde !
Nous sommes au XXIe siècle. L’Angleterre et l’Espagne forment l’Unité et ont la main mise sur le monde connu. La Magye, contrôlée par le Clergé, joue un rôle prépondérant dans ce monde. Cependant, c’est la Reine Élisabeth XXX, aussi appelée Triple X, qui gouverne l’Unité. L’Espagne, se sentant en retrait, va, aidée de hauts traîtres anglais, fomenter un complot dans le but d’assassiner la Reine et prendre le contrôle du monde. Sir Rupert Triumff, ‘tout juste’ rentré et remis de sa découverte de l’Australie va se retrouver malgré lui impliqué dans cette trahison, et devra user de tout son talent pour sauver la Couronne et l’Unité.
Triumff est un roman un peu étrange. Car si le scénario est d’une banalité sans nom, l’intrigue est montée d’une façon pour le moins originale. Sur la forme, le récit alterne narration à la troisième personne et à la première personne. Si cela peut paraître déroutant, cette dernière se justifie par le fait que certaines parties sont directement racontées par un personnage secondaire. Ces passages apportent également un détail amusant concernant les noms de certains personnages, mais je vous laisse découvrir cela par vous-même. Sur le fond, Dan Abnett nous livre ici un univers original cohérent et surtout fouillé. Le mélange Renaissance, magie, espionnage sur une chronologie contemporaine fonctionne, à mon sens, très bien. Le roman peut également se voir comme une critique de la société, avec son obscurantismecaractérisé, ses Institutions ancestrales n’ayant aucune volonté de changement alors que le monde, lui, change, le peuple dépassé et gouverné par des élites en rupture totale avec lui. Mais aussi des dérives liées à la colonisation, notamment comme le scénario qu’imagine Rupert pour protéger l’Australie. Je ne sais pas si cela est voulu, ou même assumé, mais c’est une impression que j’ai eu tout au long de ma lecture.
Si Triumff, héros de sa majesté s’inspire de nombreux styles littéraires, il puisse également dans la littérature et le cinéma contemporain. Le passage lors du ‘recrutement’ de Triumff rappellera aux plus vieux d’entre vous les scènes d’équipement d’un célèbre espion britannique. Le vice étant poussé jusqu’au nom du maître des lieux. Sachez cependant que les clins d’œil divers et variés sont présents tout au long du roman ; les digressions et précisions humoristiques ainsi que les notes de l’auteur complètement loufoques sont aussi de la partie.
Quelques points viennent pourtant un peu gâcher la lecture. L’humour est parfois un peu trop présent, et ce, au détriment de l’intrigue. J’ai bien conscience que tout dans cet univers est prétexte au gag, mais comme toutes les bonnes choses, il faut savoir en user avec modération.
Les personnages secondaires sont nombreux, mais parfois sous-exploités. Je pense notamment à Doll, qui malgré son rôle dans le dénouement, porte également l’étiquette d’amante potiche de Sir Triumpff. Je pourrais également citer Uptil, qui n’est là que comme faire-valoir et n’apporte que peu de choses à l’histoire, sinon à casser les préjugés sur les ‘indigènes’. On regrettera également le manque de liens et de précisions concernant toutes les Institutions et Corps présentés. Les noms s’enchaînent, et j’avoue avoir été parfois un peu perdu pour resituer les différents ‘camps’.
Si Dan Abnett est surtout connu pour ses romans de Science Fiction liés aux licences Games Workshop – sujet qu’il maîtrise, disons-le, à la perfection –, il nous livre ici un roman fantastique qui, malgré les détails mentionnés plus haut, reste très bon et pour le moins original à tout point de vue. Notez que le dernier chapitre nous laisse entrevoir une suite prochaine.
Une mention spéciale pour Dame Nathalie Huet, la traductrice de l’ouvrage, qui a dû passer pas mal de temps à adapter certains dialogues et à traduire certains néologismes. Cela dit, après les Trilogies de l’Inquisition du même auteur, celui-ci a dû être une partie de plaisir à traduire.
Triumff, héros de sa majesté, Dan Abnett – Eclipse 2013

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