Célène Opalune, une artiste nature

Sous le pseudonyme de Célène Opalune, se cache Céline, une jeune femme habitant Dijon, rêveuse qui puise son énergie et son imagination dans la contemplation de la nature. J’ai découvert son univers il y a plus d’un an maintenant, et découvre à chaque visite sur ses différentes plateformes virtuelles une âme sensible et créative. Célène a donc plusieurs casquettes artistiques : peinture, photographie, graphisme et écriture. Curieuse de tout, aimant le partage, c’est tout naturellement qu’elle a créé un blog, sur lequel elle poste ses coups de cœur, ses travaux et ses pensées. Elle a eu également la gentillesse de m’interviewer au sujet des Editions du Faune il y a quelques temps. La douceur de ses photos, la délicatesse de ses petits sujets ne peuvent que charmer. Récemment elle s’est mise aux portraits, avis donc aux modèles dijonnais… 
Pour présenter Célène de façon plus personnelle et en profondeur, j’ai décidé d’opter pour une forme différente d’article, mêlant interview et l’illustration d’un texte choisi par l’artiste par ses propres travaux. En espérant que cette formule plaise !

White path

Ode – le deuil

* * *
~ Qu’est-ce qui t’a amené à la pratique de la peinture et de la photographie ?
J’ai commencé d’abord par la peinture. La création artistique me suit depuis toute jeune, j’ai tout de suite été très à l’aise avec. Dans ma famille nous sommes nombreux à nous débrouiller plutôt bien de ce côté, toutefois pour en revenir à moi je pense avoir très vite trouvé dans l’art plastique un refuge et également un mode de communication. Ce fut exacerbé au moment de l’adolescence puis après, où j’ai vraiment commencé à créer mon propre chemin.
Il y a plus de dix ans maintenant, c’est l’artiste qui intervenait dans un atelier auquel je participais qui m’a poussée à tenter la peinture à l’huile. Les débuts furent assez difficile, cependant je me suis vite laissée conquérir par celle-ci. Tellement, que désormais, je ne peins presque qu’avec elle, seulement.
La peinture à l’huile avait pour moi une connotation fortement noble, je craignais ne pas pouvoir la maîtriser, puisque je n’avais qu’en tête des peintures de grands maîtres. Mais la tentation fut trop grande. Je me souviens avoir intitulé ma première peinture à l’huile « Cheminement ».
J’ai participé à ces ateliers jusqu’à la fin de mes études et j’ai par la suite dû malheureusement arrêter à cause de mon activité professionnelle et surtout le fait que j’ai dû déménager sur Paris. À l’époque je n’ai pas réfléchi aux conséquences que pouvait avoir ce changement de vie, car pendant pas mal de temps je ne faisais plus rien… C’est à ce moment là qu’est venue la photographie, je pense pour palier à ce manque.
Au début, je n’avais qu’un bridge et la ville de Paris. Très vite j’ai commencé à fréquenter plus souvent les parcs à la recherche de petits coins de nature, mais aussi la capitale de nuit qui a quand même son charme, je l’admets. Je l’amenais systématiquement en concert également. Puis vers la fin de 2010, j’ai eu l’occasion d’une rentrée d’argent qui m’a motivée à investir dans un reflex. J’y pensais depuis un certain temps, mais je n’osais pas franchir le pas, principalement à cause du prix.
C’est bien beau d’avoir un reflex, mais insuffisant quand on ne connaît rien des réglages. J’ai passé pas mal de temps ensuite à observer le monde photographique sur Internet et plus particulièrement sur facebook, pour tomber sur des artistes, tel qu’Alexandre Deschaumes (pour ne citer que lui)… Mine de rien ses travaux me parlaient et ma curiosité m’a poussée à en savoir plus.
J’avais l’intuition que je devais faire un stage auprès de lui pour connaître les « secrets » de la photographie, telle que je la perçois. Je n’avais pas encore le déclic. Il est venu lors du stage, lorsque immergée en pleine nature je me suis pris plein de lumières naturelles dans les yeux, des instants colorés, des énergies vraiment positives et une manière d’aborder la chose qui me plaisait.
C’était au début de l’automne 2011, à cette même époque où bien des choses ont changé pour moi.
Depuis, j’ai appris à écouter mon intuition et à profiter de l’instant présent. Je suis allée en Islande (c’est comme si c’était un autre monde littéralement) et j’ai abandonné ma vie parisienne complètement, pour le meilleur.
J’ai fait une grosse pause dans ma vie, qui m’a permis également de reprendre la peinture de plus belle, preuve que cela m’avait manqué. Et aujourd’hui, j’aime utiliser les deux pour m’exprimer…

Spirit

~ Ton travail en amont est-il différent pour chaque medium ?
C’est une très bonne question, car ce n’est que récemment que j’ai commencé à prendre du recul sur ce que je fais et ma manière de faire, alors je vais profiter de cette question pour tenter d’y répondre.
Je crois que les deux sont différents mais aussi intiment liés.
Pour la photographie, je cherche la lumière, les petits détails, la douceur, un sentiment songeur ou bien l’atmosphère générale qui va me plaire. J’aime me promener sans véritable but et me laisser surprendre par des instants. C’est à ce moment que la « beauté » prend tout son sens à mes yeux. Je n’apporte jamais un très gros travail en post-traitement, finalement, car j’aime laisser la nature telle qu’elle apparaît dans l’objectif, et puis je ne suis pas très avancée niveau retouche, je dois bien l’avouer.
Quant à la peinture, je m’inspire d’une photographie bien souvent et sans chercher à la reproduire telle quelle, je lui donne une autre interprétation. Je pense faire plus un travail sur les couleurs pour les contrastes et les ombres, finalement j’utilise rarement du noir et du blanc. J’ai le sentiment que la peinture m’a aidée à me libérer et m’identifier réellement car je suis capable de partir dans une interprétation véritablement personnelle.
Mon style en peinture évolue en ce moment, puisqu’il m’arrive de m’affranchir de tout modèle de base, pour vraiment créer quelque chose issu de ma propre imagination.

Sacrament of Wilderness

~ Quelles sont tes influences artistiques ?
Je crois qu’elles sont nombreuses. Dans l’art de manière générale, cela peut aller du peintre impressionniste (j’aurais même envie de citer Monet, dont l’œuvre me fascine), à l’écrivain maudit (les courants Romantique et Réaliste en majorité), aux musiciens (pagan/folk metal, neo-folk, dark wave, musique celtique ou tribale, trip-hop, etc…), la mythologie et autres légendes qui ont forgées notre monde.
J’ai mis quelques temps à réaliser combien j’étais empathique et que certaines belles âmes que j’ai eu la chance de croiser sur mon chemin m’ont inspirée également, énormément. Cela ne peut être qu’un détail, mais ressentir une bonne énergie est comme une pile que l’on recharge, l’inspiration est renforcée.
Parmi tout cela, je pense que ma principale source d’inspiration reste néanmoins la nature, notre mère à tous. Je n’ai pas l’âme d’une revendicatrice, et ne souhaite pas l’avoir, mais j’aime penser qu’à travers mes créations je la sublime et lui rends hommage. Quelque part, il y a peut-être ce message caché, que la nature est primordiale, qu’il est important de ne pas l’abîmer…

Naïade

~ Peut-on dire que tu es une artiste complète ? Écris-tu ?
Complète, je ne sais pas… je n’oserais utiliser ce mot, je crois, et d’une certaine manière en tant qu’artiste, que je me découvre un peu chaque jour. J’aime découvrir, je suis assez « touche à tout » et très curieuse aussi. « L’Art est long et le Temps est court. » comme il est dit. Une vie n’est sans doute pas suffisante pour ce que l’art nous permet de créer.
J’écris oui, mais pas assez à mon goût malheureusement. J’ai un manuscrit dactylographié qui est en phase de correction d’ailleurs. J’aimerais trouver plus de temps pour l’écriture, mais je fais cela par phase il me semble. En ce moment, cela me manque et comme j’ai une idée d’histoire qui fleurit doucement en tête, peut-être que je vais m’y remettre, mais quand ? Ça je suis bien incapable de prévoir.

Swamp

~ Quels sont tes projets pour 2014 ?
Cette année verra éclore un gros projet, puisque j’ai obtenu l’autorisation d’exposer par le service culturel de ma ville. Rien n’est encore fixé, mais je suis déjà ravie que mes travaux aient plu. Exposer n’est pas chose simple, cela m’angoisse un peu puisque je ne suis vraiment pas douée en communication, toutefois cela reste un beau défi à relever !
J’aimerais également continuer les collaborations et éventuellement ne pas me cantonner à ma ville, mais cela dépendra vraiment de ma situation financière, au jour le jour !
Pour terminer, j’aimerais remercier Faunerie de m’avoir consacré cet interview, j’en suis réellement touchée.

Fuoco

* * *
Célène a choisi d’illustrer Soleils Couchants (V), poèmes du recueil « Les Feuilles d’Automne » de Victor Hugo :

Quelquefois, sous les plis des nuages trompeurs,
Loin dans l’air, à travers les brèches des vapeurs
Par le vent du soir remuées,
Derrière les derniers brouillards, plus loin encor,
Apparaissent soudain les milles étages d’or
D’un édifice de nuées ;
Et l’œil épouvanté, par delà tous nos cieux,
Sur une île de l’air au vol audacieux,
Dans l’éther libre aventurée,
L’œil croit voir jusqu’au ciel monter, monter toujours,
Avec ses escaliers, ses ponts, ses grandes tours,
Quelque Babel démesurée.

* * *
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2 réflexions sur “Célène Opalune, une artiste nature

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