Léviathan, la trilogie de Lionel Davoust

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Lionel Davoust est un écrivain et traducteur français, qui vit à Rennes. Il a également un diplôme d’ingénieur en halieutique et vit récemment de sa plume. J’ai tout d’abord rencontré l’homme avant de savoir qu’il écrivait. Quelques années plus tard, je me suis penchée de plus près sur ses écrits, et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que Lionel, ce geek barbu, vivait de sa plume et avait un bon lectorat ! C’est ainsi que j’entrai en possession du premier tome de la trilogie Léviathan : La Chute. Ce livre m’a tout de suite plu, et j’ai bientôt reçu aimablement de la part de la maison d’éditions Don Quichotte les deux autres tomes. Voici donc une humble critique de cette trilogie, qui mérite toute sa place parmi les meilleurs thrillers que j’aie lus jusqu’ici !
Léviathan est avant tout une quête d’identité : celle de Michael Petersen sur lui-même. Il est chercheur en biologie marine, marié à Masha, et tous deux ont un petit garçon. La petite famille vit à Los Angeles tranquillement, jusqu’à ce qu’un événement bouleverse à jamais le train-train quotidien : Michael a été accepté pour une mission en Antarctique. Or, il ne devrait jamais y aller, car cette mission risque d’en révéler plus sur lui-même que ce que certaines personnes ne souhaitent. Le traumatisme d’enfance revient à la surface : celui d’une nuit aux larges des cotes canadiennes, où le ferry Queen of Alberta, coule, emportant les parents du jeune Michael dans les eaux noires. Cette mission en Antarctique fascine autant qu’elle révulse Michael, pour qui l’eau détient un étrange pouvoir hypnotique de mort. Dans l’ombre, Masha décide de mener l’enquête sur son marie, s’opposant malencontreusement aux membres du Jeu Supérieur, de curieux tireurs de ficelles…
Pour ne pas en dire trop sur l’intrigue je m’arrêterai là. Léviathan est composé de trois tomes : La Chute, La Nuit et Le Pouvoir. La Chute est une lente surprise. Ce premier tome instaure petit à petit tous les éléments de l’échiquier. L’écriture est fine, développe avec beaucoup d’empathie les caractéristiques des personnages. D’ailleurs, en parlant de personnages, mon préféré reste celui de Masha, une femme qui a su rester forte tout en laissant ses faiblesses à découvert, parce qu’elle s’est laissée gagner par l’amour. J’ai été quelque peu triste à la toute fin ;). Lionel sait instaurer une ambiance, et celle que j’ai découverte est très mystérieuse, calme et trompeuse comme la mer dont se méfie le personnage principal. Le deuxième tome est celui qui m’a le moins plu. L’intrigue est beaucoup plus lente, même si on en apprend davantage sur le fonctionnement du Jeu Supérieur et que de nouveaux personnes s’installent. Enfin, Le Pouvoir instaure vraiment l’action, et dénoue tous les mystères. Michael comprend enfin qui il est, et la fin de la trilogie laisse une ouverture agréable. 
Ce que j’ai adoré : l’histoire, qui mélange réalité et « surnaturel ». Il y a une sorte d’apologie pour l’élévation de l’humain au niveau intellectuel et spirituel, quête éternelle entreprise par nombre d’artistes depuis la nuit des temps, mais mâtinée d’une certaine morale : les membres du Jeu Supérieur, des individus aux capacités hors normes tirant les ficelles du monde visible, à force de s’éloigner du genre humain, en deviennent des dieux et sont quelque part plus fragiles… La notion d’une dimension purement surnaturelle, parsemée de démons etc, n’est donnée que par des allusions par-ci par-là, et est souvent expliquée comme le fruit de l’imagination humaine, ou en l’occurrence, du joueur. De plus, l’univers de la biologie marine est intéressant, et change des thrillers habituels qui mettent toujours en scène des policiers. 
Par contre, je reproche quelques longueurs, particulièrement dans le deuxième tome. Le personnage de Michael est également, je trouve, assommant au fur et à mesure ! Il est assez niais et pleutre, mais je pense que cela a permis de faire éclore son double, qui est au contraire sombre et guerrier. 
Pour conclure, je recommande tout de même VIVEMENT cette trilogie, qui innove en matière de thriller. On suit avidement les péripéties des personnages, et on espère que me mystère planant autour de l’identité de Michael se dévoilera de façon surprenante. Le fait que ce soit bien écrit ne gâche rien non plus, et change des Maxime Chattam que l’on voit dans toutes les vitrines des librairies !
Léviathan, la Chute / la Nuit / le Pouvoir, Lionel Davoust, éd. Don Quichotte, 2011 / 2012 / 2013

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