Un cerf en automne, d’Eric Lysøe

Eric Lysøe est un écrivain, compositeur et professeur de Littérature Comparée d’origine norvégienne, et nous livre ici un roman touchant qui mêle légendes celtiques et monde actuel : Un cerf en automne. Ce livre est un parfait exemple du style de l’auteur : écriture simple, incisive, classique, débarrassée de ses superflus, et les thèmes abordés nourrissent son écriture depuis les débuts : érotisme, féerie, nature et bien sûr, musique ! Il y a une particularité dans les romans et nouvelles de Eric Lysoe : il écrit souvent à la première personne, et le narrateur, Athanasius Pearl, est récurrent. L’auteur s’essaie également aux contes, poèmes et au théâtre ! Vous pouvez retrouver certains de ses textes dans le webzine sections nouvelles et romans, mais aussi sur son site
Un cerf en automne, c’est un récit écrit en trois parties, trois textes qui se rejoignent : celui d’Athanasius, un témoignage du XVIIIe siècle sur une affaire de fées, et un monologue divin. Le narrateur, qui est musicien, vient de perdre sa femme, avec qui il a vécu des mois de bonheur près de la forêt de B***. Il retrace des parcours parmi les bois, s’inspirant de ce monde ancien et majestueux afin de composer son dernier morceau. Il entre en contact alors avec le roi de cette forêt, un cerf…Tandis qu’au XVIIIe, M. Sçavart raconte d’étranges faits : des fées enlèveraient des enfants et les cacheraient dans les bois. Que renferment-ils donc ? Qui est Cernunnos, le mystérieux dieu de ces lieux feuillus ? Athanasius va-t-il retrouver sa jeune épouse disparue ?
Ce roman émouvant intrigue. Les mystères sont à peine levés, et tant mieux, car il nous plait à laisser un voile de brume sur ces métamorphoses. L’automne, la saison entre deux mondes, celui des vivants et des morts, permet l’immersion dans la demeure souterraine du Grand Cerf, et cette atmosphère presque irréelle ne rend que plus certain le demi-monde. Peut-être que si l’on s’assoit contre un tronc moussu en plein mois d’octobre on verra ce musicien poursuivre des fées au crépuscule…

« Certains m’appellent Cernunnos. Mais pour la plupart je n’ai pas de nom. Lorsque nos parents ont partagé leurs biens, ils ont donné la lumière à Lug, mon plus jeune frère. Et c’est moi qui ai reçu l’ombre en héritage. Taranis, le cadet, s’est vu attribuer le tonnerre, les vents et même les oiseaux. En un seul mot : toute la musique des airs. Moi, je n’ai eu que le silence. Et c’est peu dire que ce silence me pèse. Epona, ma soeur, a obtenu l’espace du matin, lorsque le soleil se lève et qu’il faut l’aider à conquérir la terre. On m’a confié le mystère des profondeurs et les secrets de la nuit. »
Un cerf en automne, Eric Lysøe, coll. « Mondes en VF », éd. Didier.

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