Aux portes de l’hiver il y a Anaïs Novembre

Anaïs Novembre est une jeune photographe parisienne qui a fait ses débuts dans la région grenobloise. Depuis qu’elle s’est installée dans la capitale, elle a vu son style s’affirmer et évoluer, et d’un univers féérique elle s’est intéressée à la mode. Anaïs s’est professionnalisée et possède plusieurs cordes à son arc : portraits, mises en scène, mariage, concerts, etc. Même si son objectif se tourne vers la mode, il reste toujours cette touche élégante et douce, que l’on retrouve au fur et à mesure des portraits. Je vous laisse avec cette interview !

~ Bonjour Anaïs ! Tout d’abord, peux-tu te présenter un peu ? Pourquoi « novembre » dans ton nom photographique ?
Bonjour ! Que dire ? Installée à Paris depuis bientôt deux ans, j’ai quitté les belles montages de Grenoble parmi lesquelles j’ai commencé à photographier en 2010. Je fais ici de merveuilleuses rencontres artistiques et culturelles qui nourissent mon univers, comme le faisaient les forêts et rivières de Chartreuse et Belledonne. Je suis autodidacte, contemplative, féministe, mal organisée, pratiquante qualifiée de la danse sous la pluie.
« Novembre » me permet d’utiliser mon vrai prénom, mais pas mon identité. C’est un mois important pour moi, car il s’y est souvent déroulé des moments clefs de ma vie. Et, surtout, c’est très joli, à prononcer comme à entendre.

~ Au tout début, ton univers était très féerique, et il se tourne de plus en plus vers la mode, est-ce un choix assumé, ou un tournant inconscient ?

C’est parfaitement assumé, quoique partiellement assouvi. Il me manque beaucoup de compétences et j’y travaille beaucoup. D’ailleurs, cette année sera beaucoup plus intense pour moi, car j’ai décidé de faire passer la photographie au premier plan dans ma vie professionnelle. En revanche, si je me dirige vers d’autres styles, je ne souhaite pas perdre tout à fait mes inspirations premières. Ce sera mon défi. J’ai beaucoup de projets en série, adaptables en édito disons, qui nécessiteront des mises en scène très travaillées, l’occasion de recomposer des univers fantasques et recherchés.

modèle : Mohand Ouali
~ Sont-ce tes inspirations qui ont changé ? Quelles sont-elles d’ailleurs ?

Oui et non. Artistiquement, je découvre d’autres choses, des beautés différentes, des lieux, des matières, des gens. Je fréquente des lieux différents, même la musique j’écoute a changé. Tout est « neuf ». Professionnellement c’est aussi un nouveau monde, dans lequel je l’avoue je souhaite réellement faire ma place. En fait, il y a surtout une recherche de travail plus abouti et plus mûr peut-être que ce que je faisais au départ. Une volonté de donner du sens à des choses profondes, et d’expérimenter de nouvelles manières de le faire.

~ Y a-t-il des photographes que tu admires ?
Oui énormément. Plus jeune, j’ai commencé par découvrir le travail d’Andy Julia et d’Erwin Olaf. Aujourd’hui je cite avec plaisir Emily Soto, Alexandra Sophie, Alexandre Deschaumes, Ekaterina Belinskaya, Andrea Hubner…

modèle : Jack Eles
~ Et concernant les modèles, comment choisis-tu ?

Au feeling. J’aime les « gueules ». Les visages qui racontent des choses. C’est ça ma définition de la beauté.

~ Tu fais poser maintenant pas mal d’hommes, est-ce différent des femmes ?

Complètement. C’est parfois plus difficile d’ailleurs, parce que l’on se retient de beaucoup plus de fantaisie qu’avec les femmes. On se censure dans le choix des poses, des lieux, des tenues. C’est tout un travail de briser ces codes, et surtout de les harmoniser.

modèle : Tony
~ Est-ce qu’il y a des thèmes que tu souhaiterais développer ?

Oui, j’aimerais travailler sur l’essence des contes et des mythologies, leur symbolique et leur universalité. Sur l’enfance également, cette période de non-retenue.

~ Tu poses également en tant que modèle, est-ce que cela a fait évoluer ton regard derrière l’objectif ?

Oui. Ça me rappelle que ce n’est pas toujours facile pour un modèle de savoir ce que veut exactement un photographe. Que c’est tout un travail. Il saut savoir prêter son corps, le mettre entièrement au service de l’image. C’est cette image qui compte, et plus l’image que le modèle peut avoir de soi.

modèle : Sirithil
~ Quelles sont tes impressions quand tu es derrière l’objectif ?

J’ai souvent l’impression de voir mon idée se dessiner, mais je vois aussi les possibilités se réduire, parce que l’on est tenté d’appuyer très vite sur le déclencheur, sans avoir composé assez son image. Et d’un autre côté il faut aussi laisser parler l’instant et la spontanéité. C’est un équilibre à trouver entre travail et lâcher-prise.

~ Enfin, as-tu des projets pour cet automne ?
Oui. Continuer mes séries perso, mais aussi me familiariser un peu avec les agences, et tracer mon chemin vers la mode. Le bonus sera d’avoir le temps de traîner un peu en nature sur la piste des animaux qui me fascinent.

modèle : Katharsyne Myst

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