Les Hauts de Hurlevent, d’Emilie Brontë

source : zonecampus.com.ca

Emily Brontë n’a écrit qu’un seul livre, mais pas n’importe lequel : Les Hauts de Hurlevent  (Wuthering Heights) publié en 1847. « Wuthering » désigne le vacarme et le souffle d’un ouragan qui se heurte à une maison. Le mot est une métaphore de la tempête qui entoure les personnages principaux. Cela évoque aussi le décor sonore du roman.
Résumé :
source: tripadvisor.com
Dans la lande anglaise, un lieu appelé les Hauts de Hurlevent est le domaine d’Heathcliff : un homme sombre, violent, aigri. Mr Lockwood qui loue une propriété d’Heathcliff y découvre l’histoire des quarante dernières années pendant lesquelles Heathcliff a exercé sa rage et sa violence.
M. Ernshaw possède une maison perdue au milieu de la lande anglaise où il y vit avec ses deux enfants, Hinley et Catherine. Un jour M. Ernshaw ramène d’un de ses voyages un enfant abandonné, un bohémien d’à peu près 6 ans qu’il nomme Heatcliff. Ce nouveau venu rompt l’équilibre de la maison et le quotidien des deux enfants. Hinley et Heatcliff, les deux jeunes garçons de la maison, entrent rapidement en conflit, tandis que Catherine se prend d’affection, immédiate et réciproque, pour Heatcliff. Catherine et Heatcliff ont tous les deux des caractères forts, sauvages et épris de  liberté. Ils se reconnaissent l’un dans l’autre dès le premier regard et malgré leur jeune âge.
La mort de M. Ernshaw augmente les tensions entre Heatcliff et Hinley qui le traite durement et l’humilie à la moindre occasion tandis que l’amitié entre Heatcliff et Catherine devient de plus en plus profonde à l’adolescence. Ils s’échappent des heures durant dans les paysages immenses des landes, dont l’âpreté et la poésie sont les reflets de leur caractère.
A l’âge adulte Hinley se marie avec Frances, qui meurt prématurément 3 mois après la naissance de leur enfant, Hareton. Le chagrin et la perte rendent Hinley plus aigri et plus dur encore. Il oublie sa peine dans l’alcool et le jeu en rabaissant constamment Heatcliff, le privant d’éducation et le faisant dormir dans la grange.
Catherine se décide alors, contre toutes attentes, à épouser Edgar Linton, un riche héritier et voisin. Elle est poussée par de hautes aspirations sociales et semble éblouie par le luxe, le caractère policé et calme d’Edgar. Il est le parfait opposé de Heatcliff. Elle s’est également liée d’amitié avec la sœur d’Edgar, Isabelle. Catherine espère aussi qu’Edgar accueillera Heatcliff comme un frère et qu’il échappera ainsi aux mauvais traitements de Hinley. Enfin, après les humiliations imposées par Hinley à Heatcliff, Catherine estime que l’épouser lui après tout cela, la dégraderait elle-même. Son amour pour Heatcliff entre en conflit avec sa fierté. Son mariage est une tentative maladroite pour sauver Heatcliff de sa condition tout en satisfaisant son propre orgueil. Cette décision ne sauvera pas Heatcliff qui part avec sa rage et sa tristesse. Il disparaît trois ans et revient riche et cultivé. Mais il a gardé avec lui sa haine et son désir de vengeance : il veut se rendre maître des Hauts de Hurlevent et de la maison d’Edgar pour dominer et rabaisser les Earnshaw et Linton.
L’influence du contexte social sur le récit :
Les règles de la société, très structurée dans l’Angleterre victorienne, interdisent le passage de la classe ouvrière à la classe moyenne. Quand M. Ernshaw décide d’élever Heatcliff comme son fils cela va à l’encontre de ces règles. C’est pourquoi Hindley le ramène à son statut antérieur après la mort de Mr. Earnshaw. Très tôt dans le livre se pose la question des règles de société face aux comportements anticonformistes de tous les personnages, à l’esprit rebelle et indépendant.
Le fait que le niveau social d’Heathcliff s’élève n’est pas acceptable non plus. On ne sort pas de sa classe sociale et si exceptionnellement on y arrive nos origines nous poursuivent toujours et nous étiquettent. Quand Heathcliff  revient, le fait qu’il ait de l’argent ne suffit pas pour qu’Edgar le considère comme faisant partie de la société acceptable.
Le statut social est aussi la raison pour laquelle Catherine épouse Edgar.
Heathcliff utilise son nouveau statut et son charisme pour séduire Isabelle, la sœur d’Edgar. Le sentiment qu’ont Catherine et Isabelle envers Heathcliff leurs fait perdre le contact avec leurs frères. Edgar et Hindley n’acceptent pas les choix de leurs sœurs. Quand une femme trahi sa classe sociale, c’est toute sa famille qu’elle trahi. C’est à l’époque choquant et inacceptable.
La structure narrative :
Les Hauts de Hurlevent ont une structure narrative en poupées russes. Emily Brontë a créé un jeu de narrations imbriquées pour mettre son récit en valeur et le révéler par petites touches, comme un tableau en train de se peindre.
Le premier narrateur de l’histoire est M. Lockwood, qui loue une des maisons de Heatcliff. Le deuxième narrateur est Nelly Dean, servante de la famille. La narration de Nelly représente donc le second écran protégeant et révélant avec affection et bienveillance.
Le récit de Lockwood et de Nelly sont contenus l’un dans l’autre et entrent en résonnance pour nous dévoiler la même histoire de deux points de vue différents. L’histoire n’est en effet jamais racontée d’un point de vue direct, ceux à qui arrivent les évènements, les personnages les plus charismatiques, avec de l’ampleur, ne s’adressent jamais au lecteur. Ce qui ne fait qu’ajouter à l’inquiétante étrangeté que l’on ressent face au récit, émaillé également de rêves, d’apparitions, et de personnages inquiétants.
Pourquoi ces double-jeux et ces évocations indirectes?
Le roman est une polyphonie de voix humaines, chacune immédiatement reconnaissable : bon sens et respect des conventions de Nelly, pédantisme et étroitesse d’esprit de Lockwood, voix sauvage et impétueuse de Catherine.
Le lecteur se retrouve en quelque sorte piégé dans les perceptions subjectives des narrateurs et ne peut que faire confiance au point de vue qu’il est forcé de partager avec les personnages. Ce procédé laisse à la fois une sensation de frustration et d’intimité.
Emily Brontë voulait que le lecteur perçoive les événements et les juge de l’intérieur. Le lecteur n’est jamais rejeté à l’extérieur de l’histoire mais n’a jamais le choix de son point de vue.
L’ordre chronologique du récit est aussi un élément qui contribue à l’intrigue. En effet l’action démarre à un moment où elle est en fait presque achevée, comme une sorte de flash-back de série moderne. La narration est assez facile à suivre lors du récit de Mrs Dean puisqu’elle est ponctuée de dates. Néanmoins nous faisons face parfois par des sauts dans le temps assez lointains.
Accueil du livre :
Le roman choque par le manque de respect pour les conventions morales et par la noirceur de ses personnages et de ses situations. Il intrigue la critique qui reste perplexe devant la violence de certaines scènes. Les ventes sont bonnes pour un premier roman. Il a souvent été comparé à une tragédie grecque ou shakespearienne par son intensité. Mais sa construction avant-gardiste perturbe les critiques et la véritable reconnaissance sera tardive. Le génie d’Emily Brontë ne sera clairement reconnu qu’à partir de la fin du XIXe siècle.
De nos jours, le livre est devenu l’un des plus grands classiques de la littérature du XIXe siècle et il possède une place immense dans la culture britannique et mondiale.
La critique s’est souvent étonnée que ce roman ait pu être écrit par une jeune femme vivant dans une quasi-réclusion. Mais il est prouvé qu’Emily s’intéressait au monde extérieur, notamment à la chronique villageoise, qui a sans doute inspiré l’intrigue de son roman. D’autres recherches ont démontré qu’Emily connaissait les auteurs grecs, pratiquait le latin, et possédait une culture classique exceptionnelle chez une femme de l’époque. En somme, son niveau intellectuel et sa culture étaient au même niveau que les grands penseurs de son temps.
Dès l’enfance, comme sa sœur Charlotte et son frère Branwell, elle est influencée par certaines sources d’inspiration : le Blackwood’s Magazine, que leur lit régulièrement leur père, leur permet d’être informés sur les évènements mondiaux et stimule leur imagination.
À partir de 1827, Charlotte, Emily, Anne et leur frère Branwell commencent à créer des mondes imaginaires, qu’ils mettent en scène dans des récits, des poèmes, des articles de journaux, des pièces de théâtre. Puis, en 1831, lorsque Charlotte les quitte pour poursuivre ses études, Emily et Anne créent le pays de Gondal pour lequel Emily écrit de nombreux poèmes.
C’est la découverte des talents de poète d’Emily qui conduit les sœurs Brontë à publier, à compte d’auteur, un recueil de leurs poésies en 1846. À cause des préjugés de cette époque à l’encontre des femmes, elles utilisent des pseudonymes masculins. Emily devient « Ellis Bell ».
Vie d’Emily Brontë :

 
                                     source                                Le village de Haworth, Yorkshire, Angleterre (source)

Fille de pasteur, elle est le cinquième enfant d’une famille de six. Elle passera la quasi-totalité de sa vie dans le presbytère de Haworth dans lequel son père officie. Elle perd sa mère à trois ans et deux sœurs aînées de tuberculose.
Emily, talentueuse et solitaire, a de gros problèmes relationnels avec le monde extérieur et deux tentatives de scolarisation sont des échecs. Elle devient malgré tout institutrice mais finit par abandonner son poste et sa fonction. A Haworth, elle devient la femme de charge du presbytère. Emily acquiert avec le temps une réputation de sauvagerie et de courage physique. Elle partage ses jours entre les tâches ménagères, les longues promenades sur la lande et l’écriture.
Elle aime aussi les animaux et il y a toujours des chiens au presbytère. Elle aura pour animaux de compagnie deux chiens, Grasper et Keeper, ainsi qu’un faucon, Nero. Le journal intime qu’elle écrivait à seize ans mentionne également un faisan et des oies. Charlotte évoquera dans une de ses lettres le chagrin d’Emily à la mort de leur chat.
=> Portrait de groupe dit «au fusil» peint par Branwell Brontë (c.1833). Cette mauvaise photographie est le seul témoignage visuel du portrait de groupe dit «au fusil» peint par Branwell Brontë (c.1833). Un seul fragment subsiste de ce tableau, soit le portrait de profil d’Emily. (Source).

Elle s’occupe aussi beaucoup de son frère devenu alcoolique à la suite d’une déception amoureuse qui le marque profondément : la femme de son employeur, Mr Robinson, lasse de son mari malade, lui fait des avances auquel il répond avec passion, mais il est chassé par le mari. Il envisage d’épouser celle qu’il aime lorsqu’elle devient veuve, mais pour Mrs. Robinson cette relation n’a été qu’une distraction passagère. Branwell, déjà alcoolique et consommateur de laudanum sombre alors totalement dans la déchéance et devient irrationnel et dangereux, en proie à des crises de delirium tremens.  C’est sur Emily, la plus solide de la famille, que repose une grande partie du fardeau. Il n’est pas rare qu’elle aille chercher son frère au pub pour le ramener ivre à la maison. Ses symptômes d’alcoolisme cachent un début de tuberculose qui n’est pas soignée à temps. Il meurt de la maladie en septembre 1848 à Haworth en s’écroulant pendant qu’il se penche devant la cheminée. Lui aussi a publié des œuvres et était également peintre. Il reste seulement quelques-uns de ses tableaux, notamment un portrait de ses trois sœurs.


Branwell (source: Wikipédia)
À l’enterrement de son frère, Emily, sans doute déjà contaminée par la tuberculose qui a emporté Branwell, prend froid, puis refuse de se soigner. Elle meurt à son tour de la tuberculose le 19 décembre 1848. Elle est enterrée dans le caveau familial de l’Église St. Michael and All Angels, à Haworth. 


Le presbytère de Haworth, qui fut la maison des Brontë, est aujourd’hui transformé en musée, sous le nom de Brontë Parsonage Museum (image Wikipédia).

Autres écrits :

~ Remembrance (« Souvenance »)
   Retenu pour sa célébrité.

Cold in the earth – and deep snow piled upon thee
Far, far removed, cold in the dreary grave!
Have I forgot, my only Love, to love thee,
Severed at last by Time’s all-severing wave?

Now, when alone, do my thoughts no longer hover
Over the mountains, on that northern shore,
Resting their wings where heath and fern-leaves cover
Thy noble heart for ever, ever more?

Cold in the earth – and fifteen wild Decembers,
From those brown hills, have melted into spring:
Faithful indeed, is the spirit that remembers
After such years of change and suffering!

Sweet Love of youth, forgive, if I forget thee,
While the world’s tide is bearing me along;
Other desires and other hopes beset me,
Hopes which obscure, but cannot do thee wrong!

No later light has lightened up my heaven,
No second morn has ever shone for me;
All my life’s bliss from thy dear life was given,
All my life’s bliss is in the grave with thee.

But, when the days of golden dreams had perished,
And even Despair was powerless to destroy;
Then did I learn how existence could be cherished,
Strengthened, and fed without the aid of joy.

Then did I check the tears of useless passion –
Weaned my young soul from yearning after thine;
Sternly denied its burning wish to hasten
Down to that tomb already more than mine.

And even yet, I dare not let it languish,
Dare not indulge in memory’s rapturous pain;
Once drinking deep of that divinest anguish,
How could I seek the empty world again?

Traduction :

Froid dans la terre – et un lourd amas de neige posé sur toi
Loin, loin emporté, froid dans la lugubre tombe !
Ai-je oublié, mon unique Amour, de t’aimer,
Toi de moi enfin désuni par la vague du Temps qui tout désunit ?

Ah ! Dans ma solitude, mes pensées ne volent-elles plus, flottant
Au-dessus des montagnes sur ces rivages nordiques,
Reposant leurs ailes là où bruyères et fougères feuillues
À jamais recouvrent ton noble cœur, à tout jamais ?

Froid dans la terre — et quinze décembres farouches
De ces brunes collines descendus, se sont dissous en printemps :
Fidèle en vérité est l’âme qui se souvient
Après de telles années d’étrangeté et de souffrance !

Doux Amour de jeunesse, pardonne si je t’oublie,
Tandis que m’emporte la marée de ce monde :
D’autres désirs m’assaillent, et bien d’autres espoirs
Espoirs qui t’assombrissent, mais si impuissants à te nuire !

Aucune lumière n’est plus venue illuminer mon firmament,
Pas de seconde aurore n’a plus brillé pour moi ;
Le bonheur de ma vie, tout entier de ta chère vie me fut offert
Ce bonheur de ma vie, tout entier c’est avec toi qu’il gît.

Mais quand eurent péri les jours du rêve doré,
Que même le Désespoir fut impuissant à détruire ;
Alors j’ai appris comment chérir l’existence,
Plus forte encore, et nourrie sans le secours de la joie.

Alors j’ai retenu les larmes de l’inutile passion –
J’ai sevré ma jeune âme du manque de ton âme ;
Sévère, j’ai refusé son ardent désir de vite s’engloutir
Dans cette tombe déjà plus que mienne.

Et à cet instant, encore, je n’ose l’abandonner à la langueur,
Je n’ose m’abandonner à l’exquise douleur du souvenir,
Moi qui autrefois m’abreuvais de cette angoisse divine,
Comment pourrais-je rechercher encore le néant de ce monde ?

Extraits des Hauts de Hurelevent :

-Catherine exprime à la servante Nelly Dean son amour incommensurable pour Heatcliff, malgré son mariage avec Edgar :

 « Aussi ne saura-t-il jamais comme je l’aime, et non parce qu’il est beau, […], mais parce qu’il est plus moi-même que je ne le suis. De quoi que soient faites nos âmes, la sienne et la mienne sont pareilles et celle de Linton est aussi différente des nôtres qu’un rayon de lune d’un éclair ou que la gelée du feu. […] Mes grandes souffrances dans ce monde ont été celles d’Heathcliff, je les ai toutes guettées et ressenties dès leur origine. Ma grande raison de vivre, c’est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerai d’exister ; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l’univers ne deviendrait complétement étranger, je n’aurais plus l’air d’en faire partie. Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l’hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff ! II est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être. Ainsi, ne parlez plus de notre séparation, elle est impossible. »

-À la mort de Catherine, qui part en accouchant d’une petite fille, Heathcliff défie son fantôme de venir le hanter et va jusqu’à déterrer son corps pour la tenir à nouveau dans ses bras :

« Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t’ai tuée, hante-moi, alors! Les victimes  hantent leur meurtrier, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi… prends n’importe quelle forme… rends-moi fou ! Mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne peux te trouver. Oh ! Dieu ! C’est indicible ! Je ne peux pas vivre sans ma vie !  Je ne peux pas vivre sans mon âme. »

* * *

Sources :

http://andret.free.fr/atb/bronte_vent.htm#sthash.dLIcUzIm.dpuf

http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2011/02/12/20353554.html

http://www.mytexte.com/texte.php?id=370 Les Hauts de Hurlevents : étude des classes sociales

http://suite101.fr/article/les-hauts-de-hurlevent-etude-de-la-narration-a5573

http://www.babelio.com/auteur/Emily-Bront/4258

Wikipédia

http://www.fichesdelecture.com/analyses-litteraires/emily-bronte/les-hauts-des-hurlevent/fiche-de-lecture

http://suite101.fr/article/les-hauts-de-hurlevent-etude-de-la-narration-a5573

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