Laetitia Insouciance, photographe de l’intime

Laetitia Insouciance est une photographe et graphiste qui habite en région parisienne. Son travail photographique mêle portraits intimistes, mode et mises en scène sensuelles. Le corps est souvent représenté dans son plus simple appareil, un matériau qui transmet des émotions brutes, mis en parallèle avec des éléments naturels ou urbains. Ces corps bougent, se tordent, racontent des histoires, et c’est parce qu’elle aime les histoires que Laetitia mène plusieurs projets dont un important qui concerne beaucoup de femmes : l’endométriose, une maladie. Interview !
~ Bonjour Laetitia ! Depuis quand fais-tu de la photo ? Qu’est-ce qui t’a donné envie d’en faire ?
Bonjour ! Alors, j’ai commencé la photographie en 2003, c’était à la suite d’une séance photo en tant que modèle. En fait, c’était mon premier shooting modèle (exercice que je continue encore de temps en temps).
C’était une période ou je ne peignais et ne dessinais plus, je n’avais aucun moyen d’expression artistique. J’ai tout de suite été séduite par ce médium, et tout naturellement je me suis mise à l’autoportrait. Au bout d’un peu plus d’un an, j’étais assez mure pour photographier d’autres personnes que moi !
~ Quelles sont tes influences en général ?
C’est un peu difficile de répondre à cette question, car beaucoup de choses peuvent nous influencer pourvu que l’on soit un peu curieux. Je parlerais plutôt d’inspiration, je parlerais du grain. Le grain d’une pellicule ou celui d’une matière, comme un mur par exemple, mais surtout : le grain de peau.
~ Y’a-t-il des artistes actuels qui t’inspirent ?
Un premier nom : Antoine D’Agata, un photographe de chez Magnum. Il a un univers et un mode « d’opération » tout à fait particuliers. Du noir, du flou et du grain. En fait, la liste pourrait être longue, je suis sensible à la photographie d’auteur, depuis peu j’apprivoise celle du photo-journalisme. Je pourrais résumer le tout sous la forme d’un clip vidéo : musique : Black Rebel Motocycle Club, stylisme : Agniszka Osipa, réalisation : Wes Anderson…
~ Tu as plusieurs séries photographiques en cours, dont « Brûlure », qui est très sensuelle. Peux-tu nous expliquer d’où t’es venue cette idée ? Pourquoi mettre en scène des couples ou des modèles seuls ?
Depuis le début, je parle de grain de peau, et c’est une idée que j’avais un peu mise de côté depuis le début. De la peau, du flou, de la tension. Une influence un peu à la Bacon. Et puis début 2013, je suis allée voir une exposition de D’Agata, j’étais en pleine de remise en question. Voir son travail si particulier en vrai, ça m’a donné un petit coup de fouet, l’envie de mettre enfin en oeuvre mon envie de flou, de chairs et tensions.
~ Tu as également un projet sur l’endométriose, pourquoi ce sujet en particulier ? Comptes-tu l’exposer ?
Ma meilleure amie à été diagnostiquée il y a 1 an 1/2, et comme je le disais au dessus, il y a plus d’un an j’étais en pleine remise en question. Je trouvais mon travail inutile, comme je pouvais l’être en tant que proche d’une femme atteinte d’endométriose. M’ouvrir au photo-reportage fût pour moi une occasion de me dire que mon travail photo ne servait pas à rien et pouvait aider d’autres personnes. Exposée 2 fois en ce mois de Mars, nous cherchons a rendre l’expo itinérante partout en France.
Je continue d’ailleurs ce travail et recherche toujours des femmes voulant bien témoigner 😉
~ Tu sembles mettre l’humain avant tout dans ton travail photographique. Quelle est ta vision de cette activité ?
L’humain et la nature sont deux choses essentielles pour moi. Je ne sais pas pourquoi, car je suis quand même assez timide à la base. Mais je suis tellement complexe que j’aime me dépasser pour photographier l’humain. Si je peux être à peu près à l’aise en séance photo avec une ou deux personnes, je le suis beaucoup moins en groupe. Car ce qui m’intéresse vraiment c’est l’intime.
~ As-tu des anecdotes marquantes à raconter concernant un ou plusieurs shoots ?
Généralement c’est moi qui fait rire les modèles à cause de mes positions acrobatiques quelques fois pour prendre une photos. Mais surtout lorsque je bouge mon appareil pour faire du flou de bouger.
~ Quels sont tes projets pour 2015 ?
Mes projets pour 2015 : surtout continuer mon reportage sur la maladie, continuer « Brûlure » et le travail de la chair, l’intime. Et puis réussir enfin à réaliser quelques vidéos que j’ai en tête, si jamais j’ai un peu de temps.
~ Quels conseils donnerais-tu à de jeunes amateurs ?
Mon seul conseil, peu importe la technique, peu importe l’appareil photo, tant que l’on arrive à délivrer de l’émotion à celui qui regarde notre travail.

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