Entre provocation et onirisme, le travail photographique de Mori Gena

Mori Gena est une photographe lyonnaise qui aura 25 ans en juillet prochain. Passionnée de photographie depuis l’adolescence, elle est désormais professionnelle et collabore avec un magazine de musique, Metallian. Elle a fait partie des photographes officiels du Hellfest en 2014 et a été lauréate du concours PHOTO la même année. Son travail est exclusivement féminin, et est à la lisière du gothique et de l’onirique. Voici ses réponses à mes questions :
modèle : Sophie Jasmin
~ Bonjour Morgane ! Cela fait quelques années que tu fais de la photographie, comment cette passion t’est-elle venue ?
Bonjour ! En effet ça va faire 10 ans l’an prochain que je fais de la photo. La découverte de la photo s’est installée naturellement par des prises de vue de petites mises en scène avec des figurines ou des poupées, faites au cours de mon enfance. C’est au lycée que la photographie s’est imposée comme médium de prédilection, dès lors les jouets ont laissé place à des personnes, et en exclusivité des femmes.
~ Tes thèmes sont plutôt variés : mode, beauté, alternatif… Que préfères-tu travailler ?
Ça dépend de mon humeur du moment, de mon état d’esprit. Du coup je ne saurai pas dire ce que je préfère. Chaque univers a ses possibilités, ses codes à briser, à modifier. Je peux aborder des thèmes très différent les uns des autres, du moment où l‘émotion que cela véhicule me parle, là, je prendrai toujours le même plaisir.
modèle : Venerÿs Dies
~ Tu collabores avec des magazines spécialisés dans la musique metal, est-ce que cela t’inspire ?
Le monde de l’artistique comprend, pour moi, de manière indissociable, la musique. Elle n’est pas forcément metal, mais cela reste mon style de prédilection. C’est une musique viscérale, on ne peut pas tricher en faisant du metal, sinon ça ne marche pas, et ma vision de la photo marche de la même manière. J’ai la chance de pouvoir travailler avec le plus vieux magazine de metal français, Metallian, qui m’ouvre les portes d’événement majeurs de cette scène, et ainsi d’immortaliser de vrais moments d’énergie, d’émotion et d’esthétisme brute. Avec le live, les compétences du photographe sont mises à rude épreuve, on n’a pas deux chances pour « le bon cliché ».
~ Quelles sont tes influences artistiques ? Y’a-t-il des artistes qui te plaisent particulièrement ?
J’ai eu la chance de grandir dans une famille d’artistes qui sortent des Beaux-Arts, et donc d’avoir grandi dans un environnement portant une grande importance aux images et à l’art.
Mes influences sont vraiment très variées, mais le tout premier photographe qui m’a tapé dans soleil et vraiment donné envie de continuer à faire de la photo c’est Andy Julia. Après je ne cherche pas à copier ou à refaire ce que quelqu’un a déjà très bien fait, cela n’a aucun intérêt pour moi. nous sommes tous différents, et j’espère pouvoir mettre de ma propre personne dans chacun de mes shoots, pour que celui qui saura voir plus loin dans ma photo, puisse y trouver un peu de moi.
modèle : Claudie Petit
~ Comment trouves-tu les thèmes de tes séances ?
Les thèmes je les choisis parce que j’ai vu une image qui m’a inspiré une idée, une phrase, un film, un objet, un rêve, une émotion… Tout devient source d’inspiration et en fonction de mon état d’esprit du moment j’ai envie de réaliser l’image ou je l’oublie dans un coin de ma tête et je la ressors quelque temps après, comme ce fut le cas pour le shooting de la sirène qui a été réalisé une première fois en 2009, et qui a été refait fin 2014 parce que l’inspiration était revenue et les images étaient plus définies dans mon esprit.
~ Il y a un coté assez provocateur dans certains de tes shoots, est-ce assumé ?
C’est totalement assumé, et parfois ça fait du bien de montrer autre chose que des shoots avec des filles éthérées, mélancoliques et douces. Je ne cherche pas particulièrement à provoquer, je veux juste faire passer la bonne émotion dans le bon cadre, avec le bon modèle. Si cela devient provocateur, choquant, voire gênant, je l’assume complètement effectivement. L’idée de départ est de générer une émotion, une réflexion, j’ai passé depuis longtemps ma période « choquer pour choquer ».
modèle : Mejika Setsunaï
~ Ton univers est également très fantaisiste (je pense aux shoots sur Alice au Pays des Merveille, les sirènes, etc), qu’est-ce qui te plait dans ces mondes imaginaires ?
Pour moi la photo est un moyen de sublimer des émotions, des états, mais aussi ça permet de créer des univers qui n’existent pas. Les mises en scène et les modèles permettent de raconter une histoire, et ça me plaît de rendre l’imaginaire « réel » le temps d’une photo. Cependant, même si souvent les mondes imaginaires sont sympathiques, les miens sont des fois sombres. Mes photos montrent souvent des jeunes femmes mélancoliques, semblant attendre, endormies, certaines semblent plus fortes, cependant un détail fait qu’elles sont également à la merci de leurs émotions, figées dans un monde onirique, mais sombre. De belles histoires en apparence mais des jeunes femmes fragiles, blessées ou désespérées d’attendre ou d’avoir cru au conte de leur enfance.
~ Comment choisi-tu tes modèles ? Est-ce que l’histoire de la séance est écrite selon la personne devant l’objectif ?
Pour choisir mes modèles il faut que j’aie un coup de cœur pour le modèle, autant physique qu’en tant que personne. Je n’arrive pas à prendre du plaisir pendant la séance photo si la personne en face ne met pas du sien, je veux raconter une histoire, et si le modèle n’est pas impliqué ça va être compliqué d’avoir un résultat satisfaisant. De plus je préfère avoir un minimum d’affinités avec le modèle,
Après pour l’histoire de la séance, ça dépend du projet, souvent j’ai l’idée et je recherche le modèle le plus proche possible de ce que j’imaginais. Après il m’arrive aussi de construire une séance photo autour d’un modèle, d’allier ses envies avec les miennes. Chaque projet est différent, c’est ce qui fait qu’il sera unique.
modèle : Emilie Sandrin
~ As-tu essayé de poser, quelles sont tes expériences ?
Oui j’ai déjà posé plusieurs fois de mes 16 ans jusqu’à mes 20/21 ans. Là encore, on passe de la douceur à un autre extrême plus sanguinolent. Il y a toujours une dualité autant dans mes photos que dans celles où je pose. Cependant c’est toujours enrichissant de voir comment les autres travaillent, et surtout ce que ressentent les modèles quand elles posent, ça m’a permis de changer mes directives envers elles. Et ça m’a aussi poussée à donner de ma personne en mimant les poses pour diriger plus facilement les modèles, quitte à me rouler par terre pendant la séance. Le résultat est meilleur et plus facile à comprendre pour ces dernières qui ne peuvent pas toujours visualiser ce que veut le photographe.
~ Enfin, quels sont tes projets pour cette année (expositions, shoots, etc) ?
Cette année est assez particulière, je me marie. J’ai donc fait le choix de ne pas réaliser d’exposition, mais je reviendrai de plus belle en 2016 ! J’ai quelques projets avec des groupes de musique, et pour les shoots si le temps me le permet, de terminer des séries de photos déjà entamées, comme mes sirènes qui sont en projet et quelques portraits.

modèle : Venerÿs Dies
modèles : Brat von Freak, Johanne , Mejika et Clemm
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