Olivier Ramonteu, photographe "d’irréalité"

Olivier Ramonteu est un photographe professionnel lyonnais qui s’adonne principalement aux portraits et aux mises en scène étranges. Il photographie avec justesse l’émotion de chaque visage et magnifie ses modèles. Ses images sont intemporelles, cela est dû notamment grâce aux thèmes mythiques qu’il exploite, mais aussi à la sérénité qui se dégage de ses paysages. Son bagage littéraire lui donne sans doute l’avantage de l’inspiration mythologique et renforce l’intellectualisme de ses images. Olivier a été publié dans de nombreux magazines tels que L’Oeil de la Photographie, Worbz et Libération.
Blue fishes in the sky, modèle : Natsumii
~ Bonjour Olivier ! Pouvez-vous vous présenter un peu ?
Bonjour, j’ai 35 ans, je vis à Lyon et je suis auteur photographe. Je réalise plus particulièrement des portraits et des tableaux mis en scène, même si j’aime bien toucher un peu à tout.

~ Depuis quand êtes-vous photographe ? Qu’est-ce qui vous a décidé à en faire votre métier ?

Je suis photographe à plein temps depuis deux ans maintenant, mais cela s’est fait en plusieurs étapes. La photographie a longtemps été pour moi une passion, puis une activité secondaire en marge de mon métier jusqu’au jour où se sont rencontrées l’envie et l’opportunité de franchir le pas pour faire de la photo mon métier exclusif.
Dance with Dionysos-Core, danseuse : Elsa
~ Vous avez un univers très particulier, au bord de l’étrange et parfois du fantastique. Est-ce que ces visions proviennent de votre imagination ?
Sur le fond, les sujets de mes projets sont soit puisés dans le terreau littéraire, mythologique ou culturel dans lequel je baigne depuis mes études littéraires, soit ils naissent de sentiments, d’émotions purement personnels et intimes.

~ Comment construisez-vous de telles mises en scène ?
En répondant à des questions aussi simples que Qui ? Quoi ? Où ? Comment ? (pas forcément dans cet ordre!). Je pars du sujet (Quoi?). Ce peut-être une figure mythologique bien connue (Méduse par exemple) ou bien quelque chose de beaucoup plus trouble et indéfinissable comme une atmosphère, un sentiment (l’abandon ou le vide de la série Interludes). Puis je cherche un moyen de représenter ce sujet (Comment ?). C’est-à-dire quelle va être l’image, la métaphore, le détail que je vais utiliser ? Enfin le Qui et le Où viennent compléter cette réflexion pour trouver le lieu et le modèle qui conviendront.
Hommage à Tim Burton, modèle : Lizzie Saint Septembre

~ Quelles sont vos inspirations ?

Comme je l’ai dit, elles sont nombreuses et pas forcément photographiques. La littérature, le cinéma, la peinture, la science même sont aussi importants pour moi que la photographie, voire plus.

~ Vous aviez créé une série sur la gémellité, qu’est-ce qui vous a poussé à la réaliser ?

La littérature justement. Cette figure a souvent été utilisée pour révéler l’étrangeté et le flou qui baignent les notions d’identité, d’individu ou de folie. Et beaucoup des œuvres majeures qui ont structuré ma culture et ma pensée ont utilisé cette figure. J’avais envie de me l’approprier et d’en faire quelque chose de personnel.
Alter Ego(-ism), modèle : Océanne Rilke
~ Vous êtes aussi portraitiste, qu’est-ce qui fait selon vous un bon portrait ? Que cherchez-vous à capturer ?
C’est extrêmement difficile à définir. Je n’ai pas du tout la prétention de vouloir révéler l’âme secrète de mon sujet lorsque je le photographie. Disons que je suis quelqu’un de tiraillé entre la légèreté et la gravité. Du coup, je crois qu’inconsciemment, c’est ce que je vais chercher dans mes sujets. En fait, mes portraits sont probablement autant d’autoportraits.

~ Un de vos albums s’intitule « mythologies », quels sont les mythes qui vous influencent le plus ? Pourquoi ?


Ce sont généralement ceux qui ont alimenté la littérature et qui m’ont fasciné par leur pouvoir d’évocation, de compréhension de la nature humaine et de support à l’imagination. Ma culture est essentiellement grecque et latine, mais je ne suis pas fermé à d’autres matières, comme ce fut le cas avec les Valkyries. 
Les Moires, modèles : Marie-Lou, Marie Coutance, Sirithil
~ Après Echo et Narcisse, Valkyrie et Méduse, quels autres mythes souhaiteriez-vous mettre en scène ?
Il faudra bien qu’un jour je m’attaque à Prométhée, Orphée, et Sisyphe mais j’avoue que j’ai un peu peur devant ces figures. Elles représentent beaucoup pour moi.

~ Enfin, quels sont vos projets pour cette année ?

J’aimerais faire danser un peu mes pixels.

Écosse, 2014.
Our last horizon, modèle : Marie Coutance
* * *
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