Testament, tomes 1 & 2, de Jeanne-A Debats

Deux tomes de la trilogie Testament sont sortis : L’Héritière, paru en 2014, et Alouettes en 2016, aux éditions ActuSF. Ces deux tomes sont écrits par Jeanne-A Debats, professeure et écrivain française née en 1965, vivant en région parisienne. L’auteure s’est faite remarquer en 2008 avec son roman La vieille anglaise et le continent, qui a reçu notamment le Grand Prix de l’Imaginaire. Depuis, elle enchaîne nouvelles et romans, toujours dans le veine de la science-fiction ou de la fantasy, dont c’est le cas avec Testament, qui est classé dans le « Cycle de Navarre », cycle dont le nom est celui d’un personnage phare et un vampire de plusieurs centaines d’années. 
Ce qui m’a tapé à l’œil en premier lieu ce sont les couvertures. Elles sont soignées, le dessin est fin, tortueux, et correspond parfaitement à l’histoire. L’artiste est Damien Worm, illustrateur et auteur du comic book The October Faction. Ensuite, étant une avide lectrice de fantasy et de bit-lit (mais bien écrite tout de même !), je ne pouvais tout simplement pas passer à côté d’une histoire de sorcellerie et de vampires ! Ayant auparavant lu Métaphysique du vampire qui m’avait moyennement plu, j’ai décidé de redonner sa chance à l’auteure, et j’ai bien fait. Après avoir acheté le premier tome en poche aux éditions Hélios, je me suis précipitée sur le deuxième sitôt sorti en rayon.
Avec L’Héritière on plonge dans l’histoire d’Agnès Cleyre, jeune femme d’une vingtaine d’années, habitant Paris, qui vient de perdre ses parents. Cette dernière est apparentée au monde magique puisque sa mère est une sorcière, au contraire de son père, qui est un humain tout à fait normal. Agnès a hérité d’un étrange pouvoir, qui semble plus être un handicap qu’une bénédiction : elle voit les fantômes. Elle les voit, les entend, les sent, et ceux-ci peuvent entrer en contact -visuel, auditif voire physique- avec elle. Sauf que cela l’affecte beaucoup trop et l’affaiblit, et surtout lui interdit de se déplacer comme elle le voudrait. Seul l’alcool -et pas n’importe lequel : du whisky 18 ans d’âge de préférence- a le pouvoir d’évaporer les fantômes. Elle ne se déplace donc que rarement sans avoir bu quelques verres. Elle va se retrouver subitement à devoir côtoyer ses semblables, elle qui est plutôt du genre solitaire et se contentait du cocon familial, grâce à son oncle Géraud, qui dirige un cabinet de notariat pour les êtres surnaturels, de l’Alter-Monde. Lui-même sorcier de quelques huit cent années, il va permettre à Agnès de sortir de sa coquille en la prenant comme assistante. On retrouve Navarre, le vampire tueur à gage dans Métaphysique d’un vampire, qui s’est depuis rangé auprès de Géraud, et qui va devenir le fantasme numéro un de la jeune femme, ou encore Zalia, une sirène qui ne doit surtout pas se retrouver en présence de jeunes femmes ou hommes à proximité d’eau sous peine de les noyer, et d’autres créatures comme les loups-garous dont chaque meute dirige chacune un arrondissement de Paris. C’est d’ailleurs avec l’un d’entre eux qu’Agnès va vivre sa première histoire d’amour…
Ce premier tome nous plonge avec délice dans l’Alter-Monde, en plein Paris, entre enquête surnaturelle et découverte de l’étrange pouvoir d’Agnès. Dans le deuxième, Alouettes, on retrouve notre sorcière deux ans après les événements -que je ne vais pas dévoiler !- avec quelques kilos de plus, qui se remet de sa dépression. Dans cette nouvelle partie de l’histoire, on la voit reprendre goût à la vie, et plonger encore plus profondément dans le monde surnaturel parisien. Au programme : rencontre avec des kitsunes, des vampires, etc, et une nouvelle enquête rocambolesque : un épidémie de Roméo et Juliette fait rage, des couples mal assortis veulent à tout prix se marier malgré le désaccord de leurs familles respectives, et c’est le cabinet d’étude de Géraud qui va devoir tout gérer…
Les romans sont écrits à la première personne, c’est Agnès la narratrice, et force est de constater que sa voix prête à sourire. Le ton est assez humoristique, Agnès est ironique et portée sur les descriptions très imagées et imaginatives. Ajoutons que l’auteure est féministe, et cela se ressent beaucoup chez son héroïne : elle ne considère pas avoir besoin qu’on la protège, qu’un homme doive vraiment faire partie de sa vie, et a souvent des considérations sur le manque d’ouverture d’esprit de certains individus ou encore la façon dont elle veut gérer sa vie elle-même et sans une aide masculine. Agnès est très sympathique et son amour du whisky en fait un être de bon goût (non je ne suis pas du tout subjective). Les autres personnages ne sont pas en reste : Navarre campe un vampire tout à fait sexy et intéressant, Géraud reste un mystère au yeux de tout le monde, et on se prend d’attachement pour Zalia, une sirène bien malheureuse de faire de temps en temps du mal.
Le seul reproche que je puisse faire à cette série est la longueur de l’action. On sent que l’auteure prend son temps pour poser l’intrigue, et certains passages ne sont clairement pas écrits pour faire avancer la chose. Néanmoins, cette faiblesse permet de bien faire la connaissance de la psyché d’Agnès, de saisir le décor, et c’est tout de même avec ravissement que je tourne les pages. S’échapper du quotidien trop terre à terre pour un peu de magie et d’aventure, c’est quand même ce que l’on demande lorsque l’on se procure ces livres… En somme, OUI, je vous recommande la lecture de Testament 1 et 2, et j’attends avec impatience le troisième tome !
L’Héritière et Alouettes, de Jeanne-A Debats, éd. Actu SF, 2014/2016.

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