The Star of Bethlehem, par Edward Burne-Jones

Edward Burne-Jones, par Barbara Leighton (1890). On peut remarquer qu’il est entrain de peindre The Star of Bethlehem.
Edward Burne-Jones est un peintre affilié au mouvement préraphaélite du XIXe siècle. Il est également très connu pour ses vitraux, notamment ceux de différentes églises comme la Saint Philip’s Cathedral à Birmingham, All Saints à Cambridge, ou encore la Christ Church à Oxford. 
Il étudia la théologie à Oxford et y rencontra William Morris, qui devint le célèbre créateur du mouvement artistique et artisan l’Art and Craft, avec lequel il se lia d’amitié. Tous deux furent des membres du « Birmingham set », un groupe d’étudiants amoureux des arts et des lettres du Pembroke College à Oxford. Tous vénéraient les temps médiévaux, le critique John Ruskin, le poète William Tennyson et le peintre Dante Gabriel Rossetti, fondateur du Préraphaélisme. Burne-Jones découvrit également les légendes arthuriennes grâce à Thomas Malory, et l’on peut découvrir l’étendu de l’influence légendaire dans son œuvre picturale.
Burne-Jones et Morris incarnent, avec la bénédiction et l’aide de Rossetti, le Préraphaélisme seconde phase, très inspiré de l’Aesthetic Movement. Rossetti autorisa d’une certaine manière l’incorporation de la dimension décorative de l’Aesthetic Movement dans le Préraphaélisme, dont il garda particulièrement l’inspiration médiévale dont il louait la « pureté » transcendantale des œuvres réalisées à l’époque (d’avant Raphaël). Notons que Burne-Jones et Morris hésitèrent pendant un temps à rentrer dans les ordres, mais la découverte de la Pre-Raphalite Brotherhood, grâce aux écrits du critique Ruskin, leur fournit finalement toute la spiritualité et l’idéal esthétique en lequel ils croyaient. 

The Star of Bethlehem, par Edward Burne-Jones, 1890. (cliquez pour la voir en grand)

Le tableau présenté dans cet article est The Star of Bethlehem, peint en 1890, et les matériaux de sa réalisation sont l’aquarelle et la gouache. Il est actuellement exposé au Birmingham Museum, qui contient un Rossetti : une version de Proserpine (1882).
The Star of Bethlehem est à la base une commission de la ville de Birmingham. Il s’agit « de la plus grande aquarelle du XIXe siècle » : 260cm x 390cm. Vue comme une sorte de continuité à The Adoration of the Magi, tapisserie réalisée un an auparavant, cette toile montre bien l’influence à la fois de la religion et du style préraphaélite dans l’imaginaire de l’artiste. Les personnages sont élancés, plein de douceur grave, les mentons volontaires, les lèvres charnues, les vêtements riches de couleurs et de motifs, pas de doutes, la délicatesse décorative de l’Aesthetic Movement et la surenchère des couleurs à la Rossetti sont bien là. Mais le trait de Burne-Jones est précis, minutieux ; les drapés témoignent de la maîtrise du peintre. 
La scène est paisible : tout le monde est là, réuni devant le nouveau-né, dans les bras de sa mère, dont l’air humble est frappant. C’est qu’elle a été choisie par Dieu, et que l’enfant, appelé Jésus, deviendra puissant… Joseph, le père adoptif, a une posture déférente, comme s’il s’inclinait à l’avance devant la tâche à accomplir. Les trois Rois Mages sur la droite, appelés Gaspard, Balthasar et Melchior, inclinent également leurs têtes, et ont retiré leurs couronnes. C’est l’étoile de Béthléem qui les a conduit auprès de l’enfant, et leurs mains portent des présents précieux à celui que l’on surnomme le « roi des Juifs » : de l’or (dans le coffret présenté par Melchior le vieillard), de l’encens (en flacon, apporté par Gaspard) et de la myrrhe (dans la main de Balthasar à la peau noire). Enfin, au centre de la toile, se trouve l’Ange Annonciateur détenant l’étoile de Noël, qui aurait guidé les Rois jusqu’à la pauvre étable… Cette dernière illumine la scène, si solennelle. 
Des roses ont éclos dans la chiche cabane de paille, elles entourent Marie et son fils, signent la présence sainte du lieu de leur éphémérité, parfument l’atmosphère, mais elles sont aussi le symbole de la Vierge et du martyr -à venir- du Christ.
Burne-Jone a réussi à insuffler dans sa peinture sa profonde religiosité. On retient notre souffle, attendant un signe du nouveau-né, que les mages relèvent la tête, ou que le père dépose son fagot. Les couleurs chatoyantes et pourtant non agressives sont un véritable bien-être pour les yeux : des tons bleutés, océaniques, vert émeraude, soie dorée et drapés ocres, tout ravit ! On retrouve ce souci du détail, du « réalisme » cher aux préraphaélites, et le côté esthétisant par les proportions à peine exagérées des personnages. Tout dans cette peinture est fait pour envoûter le spectateur, qu’il s’imprègne au mieux de la magie sacrée dégagée par la préciosité de la toile, et la gravité du thème.
*Je précise que cet article n’est pas exhaustif, qu’il s’agit d’une analyse et interprétation personnelle. Sentez-vous libre de me faire part de vos remarques.
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Sources :

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