Desperate Romantics, la jeunesse des préraphaélites

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Desperate Romantics est une série réalisée en 2009 et diffusée par la BBC, inspirée du livre de Franny Moyle : Desperate Romantics : The Private Lives of the Pre-Raphaelites, roman dépeignant la vie des créateurs du préraphaélisme, mouvement artistique anglais de la seconde moitié du XIXe siècle. On retrouve les principaux créateurs de la « Pre-Raphaélite Brotherhood » (« La Confrérie Préraphaéliste »), qui sont Dante Gabriel Rossetti (joué par Aidan Turner), William Holman Hunt (Rafa Spall) et John Everett Millais (Samuel Barnett), et un personnage fictionnel : Fred Walters (Sam Crane), qui est le narrateur de la série. On retrouve également les muses qui ont inspiré leurs peintures, comme Lizzie Siddal (Amy Manson), Annie Miller (Jennie Jacques), et le couple étrange formés par Effie Gray (Zoë Trapper) et John Ruskin (Tom Hollander), le célèbre critique qui fut d’un grand soutien quant au développement du mouvement artistique.

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Desperate Romantics conte la quête à la fois artistique, spirituelle et amoureuse de ces jeunes peintres. Animés par une foi quasi mystique, une recherche de la pureté et de la beauté parfaite, ces artistes en devenir battent les pavés londoniens sans le sou, se retrouvent dans les tavernes et autres chambres de bonnes mal isolées, parfois accompagnés de quelques prostituées qu’ils payent pour poser. Dante Gabriel Rossetti est le poète de la petite bande, le charismatique beau parleur dont toutes les femmes s’entichent, mais aussi celui au trait le moins affiné et au don le plus flamboyant ; William Holman Hunt est le plus chrétien des trois, ses tableaux ont presque tous pour sujet la Bible -et il se fend même de quelques voyages en Terre Sainte, il est aussi celui qui est le plus torturé entre sa libido et son désir de pureté ; John Everett Millais est peut-être le plus naïf, mais aussi le plus académique, il fait l’admiration de ses pairs très jeune et trouve vite la paix dans son mariage avec l’ex-femme de Ruskin. Quant au narrateur, Fred Walters, c’est le personnage le plus en retrait, le journaliste qui fait passer sa loyauté envers Rossetti avant son amour pour Lizzie.

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Dans le premier épisode, Fred rencontre Lizzie Siddal, qui n’est encore qu’une jeune modiste. Subjugué par sa beauté et sa longue chevelure rousse, il voit en elle la nouvelle muse de la Confrérie, et elle ne tarde pas à poser pour le célèbre tableau de Millais : Ophélia. Cette dernière tombe sous le charme de Rossetti, et d’épisode en épisode, on suit la relation instable et fougueuse de ce couple maudit. La série rend compte également de la relation tortueuse entre Hunt et Annie Miller, une autre rousse, cette fois incendiaire, ainsi que du malheureux mariage entre Effie Gray et John Ruskin.
Étant donné que la série est seulement basée sur des faits réels, elle se permet des raccourcis, digressions et romances qui n’ont sans doute jamais existé… Toutefois, elle met en lumière certaines scènes des acteurs de la Confrérie qui ont été élevées au rang de légende : ainsi elle raconte le motif de l’annulation de mariage entre Effie et Ruskin, qui est la virginité d’Effie. Effectivement, Ruskin n’aurait jamais honoré sa femme, dégoûté par sa nature « animale » (il paraît qu’il n’avait pas de penchants sexuels et qu’il préférait la compagnie des très jeunes filles). Autre fait, la mort de Lizzie Siddal : la série raconte un suicide au laudanum, la relation malsaine entre elle et Rossetti ayant eu raison de la vie de la jeune femme, alors qu’en vérité elle aurait seulement fait une overdose.

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La série étant courte (6 épisodes), on reste un peu sur notre faim. Les relations entre tous les protagonistes sont vite balayées et l’accent un peu trop mis sur l’aspect charnel, mais ça, c’est sans doute pour appâter le chaland… Néanmoins, on découvre avec un vif plaisir les décors des rues londoniennes, les petits maisons victoriennes et les intérieurs bohèmes des artistes. Les histoires d’amour entremêlées de peintures aussi sublimes les unes que les autres (même si la reconstruction de certaines toiles de Rossetti laisse à désirer), font de cette série une petite pépite à regarder absolument ! Si vous êtes amoureux du préraphaélisme, je ne saurais que trop vous conseiller de la voir, on peut la trouver en DVD assez facilement sur le net. Veillez cependant à mettre votre perfectionnisme en sourdine, cette série n’est pas une fidèle reproduction de la vie des artistes mis en scène…

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