En route pour le sabbat des sorcières (6) : brève méditation sur la flamandité des reines du sabbat

N.B. : Cet article tient plus de l’essai que de l’étude. Il va de soi que, se basant sur quelques textes seulement, il ne peut prétendre à l’exhaustivité. Nous pensons toutefois qu’il peut nourrir une réflexion fertile, à la condition que ses conclusions ne soient pas forcées.

aa12b8d1e2aa2a6dac04cbfd312eb97f
Artiste inconnu, « La Reine du sabbat », ill. pour Roland Brévannes, L’Orgie satanique à travers les siècles, Paris, éd. Charles Offenstadt, 1904, p. 116.

Parmi les principaux ressorts de l’imagerie érotique du sabbat figure en bonne place sa reine, une sorcière élue par Satan pour être, cette nuit-là, sa concubine. Elle doit ce privilège soit à sa beauté exceptionnelle, soit à une sorte de prédestination — ayant été vouée au diable dès avant sa naissance —, et souvent conjugue même ces deux qualités. C’est par exemple le cas de la romanesque Guillemette Babin, « fille plus rusée, lascive et belle qu’il en fût oncques » [1], que Satan adouba ainsi au sabbat :

— Tu es Ma Reine ce soir, et commanderas la fête !
En même temps il lui mit le doigt sur la petite marque en forme de chien noir qu’elle avait depuis sa naissance sur le côté intérieur de la cuisse, et dit encore :
— Là est la marque où te connais. Tu me fus vouée au ventre de ta mère, comme on doit faire pour mes vraies servantes [2].

Sans trop nous attarder sur son rôle dans la cérémonie (généralement vierge, elle est souvent introduite, par contraste, par la plus vieille et décrépie de ses consœurs, chevauche un vieux bouc ou un mouton noir, reçoit parfois les sacrements à rebours durant l’office satanique), notons cette caractéristique surprenante dont elle est dotée, dans plusieurs œuvres littéraires : une ascendance flamande.

C’est notamment le cas de la sorcière Vergensen, mise en scène par Marcel Schwob (1867-1905) dans sa nouvelle intitulée « Le Sabbat des Mofflaines » [3]. Celle-ci se distingue des autres filles de joie diaboliques que rencontre le chevalier Colart de Beaufort, d’une part, par sa qualité d’étrangère [4] et, d’autre part, de par le comportement qu’elle adopte au sabbat. Plus audacieuse, elle s’accoquine avec le démon et demeure auprès de lui, tandis que ses comparses sont, au retour de leur excursion nocturne, exécutées pour sorcellerie et que Beaufort est quant à lui jeté en prison.

mar0445
« Le Sabbat des Mofflaines » est un récit inclus dans le recueil intitulé Le Roi au masque d’or, d’après sa nouvelle liminaire.

S’il n’est jamais explicitement désigné comme la reine de la cérémonie, le lecteur remarque sans peine le traitement différencié qu’opère l’auteur à l’égard de ce personnage, distinguant ses actions de celles des autres sorcières (Belotte, Blancminette et Demiselle) qui, plus passives, sont reléguées au rang de de figurantes et agissent d’une manière identique qui les amalgame. En témoignent les extraits suivants :

« [L]e chevalier Colart interrogea les trois filles. Et elles lui dirent qu’elles allaient vers leur Maître au bois des Mofflaines qui est à une lieue dans la campagne. Et Vergensen, secouant la tête, rit encore dans l’air. »

« Or le chien jeta un aboi vers Demiselle, et Colart resta frissonnant entre Belotte et Blancminette, car Vergensen, se dépouillant nue, s’était élancée vers la table et avait baisé le museau sombre du grand chien. Et il parut au chevalier que le chien, en retour, mordit la Flamande à la gorge, dont elle garda un triangle rouge comme si elle eût été marquée au fer. »

« Et Demiselle disparut d’abord, ensuite Belotte et Blancminette ; mais Vergensen était restée avec le bouc dans le bois de Mofflaines. »

« Pour la Flamande aux cheveux blonds, qui riait en chevauchant au sabbat, on ne put la trouver, et Colart ne la revit jamais [5]. »

Il est utile de noter que Schwob puise la matière de sa nouvelle dans un document historique, les chroniques de Jacques du Clercq (1420-1501) [6], et que tous ses personnages ont dès lors un équivalent réel (à la seule exception du protagoniste Beaufort, créé spécialement pour remplir la fonction d’admoniteur ; c’est-à-dire qu’il adopte une position candide, analogue à celle du lecteur, et peut dès lors guider celui-ci dans sa découverte du sabbat). Cependant, ce texte-source ne précise en rien l’origine de Vergensen, et atteste qu’elle a partagé le destin funeste de ses consœurs.

L’on peut dès lors s’interroger sur la motivation qu’avait Schwob pour ajouter ces détails, et nous ne pensons pas qu’elle se résulte à la consonance germanique du nom. Mais avant de considérer la Flandre en tant que terre de sorcellerie, observons un second exemple de reine du sabbat issue de cette contrée…

Pierre Mac Orlan (1882-1970) ne se met pas explicitement en scène dans son court roman Le Nègre Léonard et Maître Jean Mullin [7], mais il fait un tel portrait de son narrateur homodiégétique que le lecteur le glisse naturellement à cette place. Comme Mac Orlan, ce dernier est un vétéran de la Grande Guerre retiré en province (le village inventé pour l’occasion, Croix-Cochard, est situé « à cent kilomètres de Paris [8] », proche dès lors de Saint-Cyr-sur-Morin où Mac Orlan commence à résider épisodiquement dans les années 1920 et où il finira sa vie) ; comme lui en 1918 et 1919, son personnage devient grand reporter et visite à ce titre l’Allemagne occupée… L’analogie est évidente.

Dans le roman est contée la découverte par ce protagoniste bourgeois du sabbat moyenâgeux, déjà fort moribond en cette ère moderne. Sa guide dans cet univers n’est autre que sa servante, Katje van Meulen, « Flamande de Knocke [9] » qu’il décrit comme « belle fille, sorcière hebdomadairement, vicieuse comme une impubère et sachant cuisiner ainsi qu’une duègne [10] ». Elle réunit donc les caractéristiques typiques des reines du sabbat : beauté, lascivité et maîtrise des arts magiques. Puis bien sûr la flamandité, qualité sur laquelle insiste beaucoup l’auteur, qui multiplie par exemple les anaphores telles que « ma Flamande » ou « ma batelière ». Il insiste du reste beaucoup sur la rousseur des cheveux de Katje, tout comme Schwob précisait à plusieurs reprises la blondeur de Vergensen. C’est d’ailleurs sur ce détail que s’ouvre le roman, dès sa première phrase : « Ma servante rousse met la table [11]. »

negre-leonard-maitre-jean-mullin
Chas Laborde, ill. (en-tête du 3ème chapitre) pour Pierre Mac Orlan, Le Nègre Léonard et Maître Jean Mullin, Paris, éd. de la banderole, 1920.

Si elle n’est pas explicitement désignée comme la reine du sabbat dans le corps du texte, une note de fin, rédigée avec la distance ironique caractéristique du roman, atteste que Katje remplit cet office :

« Il fallait disent les démonographes et Stanislas de Guaita dans le Temple de Satan que la reine du Sabbat fût une fille vierge. La difficulté de rencontrer à la Croix-Cochard une fille remplissant cette condition, contraignit Jean Mullin à rompre la tradition en offrant ma servante au Bouc-puant [12]. »

Elle assume de fait le rôle et, à nouveau, se distingue clairement de la masse des célébrants, non seulement par son origine étrangère mais également par sa beauté, sa nudité, son audace et ses excès.

« À ses côtés, deux hommes, ou du moins deux démons à formes humaines fixèrent mon attention. Leur ressemblance avec l’homme les rendait plus terrifiants, moins terrifiants toutefois que Katje, dont la beauté parfaite dans ce décor résumait à elle seule, grâce à la qualité de l’atmosphère, l’érotisme sournois des confessionnaux et des chambres de question. »

« À ce moment Katje, dont personne ne semblait remarquer la nudité bien qu’elle fût la seule femme nue de l’assemblée, me poussa du coude […]. »

« Derrière lui [= le diable], suivaient dans l’ordre le nègre [Léonard], le petit homme à l’habit marron [= Jean Mullin] et ma servante, plus insolente que jamais. »

« Katje, fortement prise de boisson, dansait aux sons d’un accordéon avec le patron de l’Hôtel du Progrès, un bossu à tête de colonel de cavalerie. Elle sautait élégamment, tenant sous les bras le polisson dont les pieds effleuraient à peine le sol. »

« Katje, toujours nue, allait de l’un à l’autre. Elle me donnait l’impression d’une jeune personne qui un jour d’orgie est déjà ivre — ce qui laisse admettre certaines excentricités — alors que le reste de la société en est encore à se surveiller avec méfiance et politesse. »

« Katje, dont les joues fleurissaient de plaisir, se mit à tourner seule pour la danse [13]. »

En tant que reine du sabbat, elle entretient une proximité rare avec Satan. Toutefois, puisque, dans ce roman, « [l]e sabbat se meurt [14] » et le prince des ténèbres périclite, elle est amenée à jouer davantage un rôle de nourrice que de concubine.

« — Katje, appela-t-il [= le Diable], dis-moi, ma chère [sic], qui est ce monsieur. […]
Le Grand Maître me dévisagea et cachant sa tête monstrueuse dans le sein de Katje, il fit l’enfant [15]. »

Ces ressemblances dans la représentation des sorcières chez Schwob et chez Mac Orlan ne sont guère étonnantes, l’influence exercée par le premier sur le second étant bien connue [16]. Le choix d’une protagoniste flamande, s’il peut être anodin dans le récit de Schwob situé dans le Pas-de-Calais (quoiqu’il constitue un écart vis-à-vis du texte-source), est plus étonnant dans un roman dont l’action est posée en Île-de-France. Et l’insistance sur les caractères physiques germaniques (la blondeur de Vergensen, la rousseur de Katje, mais aussi la voix gutturale de cette dernière) nous pousse à envisager un motif plus profond à cette ascendance. Peu enclin également à la justifier au moyen d’un hypothétique préjugé de lascivité à l’égard de la femme flamande, nous pensons au contraire qu’elle trouve son origine dans un substrat historique et culturel.

L’on ne peut de prime abord affirmer que la Flandre fut, à la Renaissance, une région particulièrement infestée de sorcières. À l’échelle de la Belgique, sans doute peut-on arguer — ainsi que l’ont fait certains auteurs [17] — que c’est elle qui vit le plus de procès et de bûchers. Mais cela seul eût-il pu lui asseoir une telle réputation, sachant combien d’autres régions ont beaucoup souffert de l’acharnement des juges, sans pour autant que leurs ressortissants s’attachent une pareille aura démoniaque ? Songeons à la Lorraine martyrisée par Nicolas Rémy (c. 1525-1612), à la Franche-Comté décimée par Henry Boguet (1550-1619), au Pays basque où a sévi Pierre de Rosteguy de Lancre (1553-1631), à l’est de l’Angleterre et son « Witchfinder General » Matthew Hopkins (c. 1620-1647)… La tradition attribue à chacune de ces campagnes des centaines d’exécutions, et les chercheurs contemporains, s’ils revoient généralement ces chiffres à la baisse, en ont pu attester des dizaines sur base d’archives légales. La Flandre ne se distingue donc nullement en cette matière.

Il est en revanche indéniable qu’il existe en Flandre une riche tradition picturale consistant à représenter des assemblées diaboliques (les fameuses toverijtjes, soit « petites scènes de sorcellerie »). Appréciées des collectionneurs français du dix-neuvième siècle [18], ces œuvres baroques pourraient en partie justifier une association nouée dans l’imaginaire collectif entre le pays flamand et la sorcellerie.

Frans_Francken_II_-_The_Witches_Kitchen-e1497393317832
Frans Francken le Jeune, Cuisine de sorcières (détail), huile sur bois, 54.5×66.5 cm, 1606, Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage, inv. ГЭ-2491.

Nous envisageons toutefois la possibilité que ce fait dépasse une mode instituée en peinture par l’École d’Anvers, et se rattache en fait à l’identité même de la Flandre. Terre de constantes invasions, celle-ci a développé une culture prônant et glorifiant tant la résilience que le martyre. En art et en littérature, cet attachement s’exprime tout d’abord par un goût profond pour les mystères. Par-delà la Renaissance, et alors que l’Église perd de son influence, de nouveaux héros nationaux sont toutefois élus et célébrés. C’est notamment le cas des comtes d’Egmont et de Hornes, opposants de Philippe II décapités en 1568 sur la Grand-Place de Bruxelles, durant la fameuse révolte des Gueux.

Symboles de résistance à la tyrannie, ces derniers font en particulier l’objet d’une glorification romantique au cours du dix-neuvième siècle (c’est par exemple à cette époque qu’on leur élève une célèbre statue dans le Petit-Sablon, à Bruxelles). Le jeune État belge cherche alors à affirmer son identité et à se constituer un récit national, soucieux en particulier de s’émanciper de la France, dont l’hégémonie en matière de littérature francophone risque de compromettre son autonomie culturelle. S’appuyant sur la légende noire espagnole, le roman historique belge symbolise sa soif d’indépendance par des mises en scène de la rébellion protestante. En même temps, il investit massivement le folklore flamand — où une grande place est laissée au surnaturel — à la recherche d’une couleur locale pouvant le distinguer des productions françaises.

Par ce biais, religion réformée et sorcellerie sont amalgamées par le courant romantique (du reste, elles sont souvent assimilées dans l’univers sabbatique [19]). Les deux défiant un pouvoir établi, elles personnifient l’idée de révolution, si chère à des romanciers venant eux-mêmes d’acquérir une indépendance longtemps désirée. Le chef de file de ceux qui s’attellent à offrir une littérature au royaume naissant est bien sûr Charles De Coster (1827-1879), dont la Légende d’Ulenspiegel s’est imposée comme le premier monument des lettres belges. Sorte de roman picaresque dont l’intrigue est située en Flandre au seizième siècle, il met en scène Thyl Ulenspiegel, un héros populaire germanique bien antérieur, dont le nom est parfois traduit en français par Till l’Espiègle.

de coster 2
Artiste inconnu, Claes au bûcher, vignette pour Charles De Coster, La Légende et les Aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs, Moscou, éd. du Progrès, 1973, p. 31.

Ulenspiegel est le fils de Claes le charbonnier, mené au bûché pour hérésie, ayant « quitté l’Église romaine pour obéir à l’esprit de Dieu qui [lui] parla [20] ». Animé d’un esprit de vengeance, Thyl décide de porter les cendres de son père dans un sachet suspendu à son cou (« les cendres battent sur mon cœur » est son leitmotiv, répété d’innombrables fois dans l’œuvre) et joint la cause des Gueux. Il a pour compagne Nele, dont la mère Katheline, sorcière, est morte après avoir subi l’épreuve de l’eau dans le canal glacé de Bruges. Se rendant tous deux au sabbat grâce à l’onguent magique que Nele tient de sa mère, ils y rencontrent, parmi toute une cour d’esprits, Lucifer, le roi Printemps. Et Ulenspiegel d’y plaider la cause de sa patrie :

— Les cendres de Claes battent sur mon cœur. Altesse divine, la mort va fauchant par la terre de Flandre, au nom du Pape, les plus forts hommes, les femmes les plus mignonnes […]. Elle mourra tantôt si on ne lui vient en aide. […] De plaintes las, je vous évoquai par la puissance du charme de Katheline, et nous venons, moi et ma tremblante compagne, à vos pieds, demander, Altesses divines, de sauver cette pauvre terre [21]. »

Suite à la réponse énigmatique du diable, ce sont Nele et Ulenspiegel — un « bourgeon de sorcière » et un « rejeton de charbonnier », aux dires de Lucifer [22] — qui sont chargés de la mission de sauver la Flandre. Poursuivant cette quête, ils sont amenés à incarner de plus en plus leur nation. Si bien qu’à la toute fin de récit, alors que, le croyant mort, on manque d’enterrer Thyl vivant, celui-ci s’écrie : « — Est-ce qu’on enterre […] Ulenspiegel, l’esprit, Nele le cœur de la mère Flandre ? Elle aussi peut dormir, mais mourir, non [23] ! »

Par défiance de l’oppresseur, la Flandre se tourne donc vers l’éternel ennemi, le prince des ténèbres (en cela rien d’étonnant, la figure diabolique étant toujours prisée des écrivains romantiques). Symboliquement, elle s’identifie dès lors au fils d’un réformé et à la fille d’une sorcière. Plus encore : elle est leur union. Nele et Ulenspiegel, de par la sacralité de leur mission, sont élevés au rang de souverains, qui incarnent la cause des insurgés et portent dans leurs histoires personnelles l’héritage des persécutés. La démonstration manque bien sûr d’appuis, ne se basant que sur une œuvre unique, mais elle a le mérite d’offrir une réponse cohérente à notre interrogation première : les reines du sabbat sont flamandes car la terre de Flandre est fille de la Réforme et de sorcellerie. Et Vergensen, Katje et Nele, par leur audace et leur ardeur, s’imposent comme les révoltées seules dignes de présider le sabbat, cérémonie provocante entre toutes, où chaque chose est faite à rebours et par rejet du dogme établi.


Notes & références :

  1. Maurice Garçon, La Vie exécrable de Guillemette Babin, sorcière, Paris, éd. Librairie Arthème Fayard, [1926] 1946, p. 59.
  2. Ibid., p. 139.
  3. Marcel Schwob, « Le Sabbat des Mofflaines », dans Le Roi au masque d’or et autres nouvelles fantastiques, Verviers, éd. Gérard & C°., coll. « Bibliothèque Marabout », n° 445, [1892] 1973, pp. 91-97.
  4. Ibid. p. 93 : « [L]a troisième, qui était Flamande, secoua ses cheveux blonds et lui parla dans son jargon. Les autres l’appelaient Vergensen [3]. »
  5. Ibid., p. 94, 95, 97 & 97. Le soulignage est de notre fait.
  6. Voici les références précises de l’épisode adapté en nouvelle par Schwob : Jacques du Clercq, « Mémoires », livre IV, chap. II & III, dans Joseph-François Michaud & Jean-Joseph-François Poujoulat, Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France depuis le XIIIe siècle jusqu’à la fin du XVIIIe, Paris, chez l’éditeur du Commentaire analytique du Code civil, vol. III : « Mémoires sur Jeanne d’Arc et Charles VII », 1837, pp. 623-626.
  7. Ce roman a déjà fait l’objet d’une analyse dans le présent webzine, au sein de l’article suivant : En route pour le sabbat des sorcières (4) : les diabologies de Félicien Rops et consorts. Votre serviteur s’y penche en particulier sur la scène où le narrateur espionne à son insu Katje s’appliquant l’onguent de vol, en préparation du voyage magique vers le sabbat.
  8. Pierre Mac Orlan, Le Nègre Léonard et Maître Jean Mullin, Paris, éd. de la Nouvelle Revue française, 1920, p. 13.
  9. Ibid., p. 11.
  10. Ibid., p. 52.
  11. Ibid., p. 11.
  12. Ibid., p. 158.
  13. Ibid., p. 59, 61, 63, 65, 112-113 & 132. Le soulignage est de notre fait.
  14. Ibid., p. 123.
  15. Ibid., p. 114.
  16. Bernard Baritaud, Pierre Mac Orlan. Sa vie, son temps, Genève, éd. Droz, 1992, p. 201-202 : « Plus déterminante, et d’une autre portée, est l’influence considérable exercée par Marcel Schwob. [Mac Orlan] lui doit des personnages de marginaux […] le goût pour les masques, le sabbat, l’argot ou la désertion, surtout la conviction que tout est mystère, la notion de vie imaginaire […]. »
  17. Voir par exemple Antoine Guillaume Bernard Schayes, Essai historique sur les usages, les croyances, les traditions, les cérémonies, et pratiques religieuses et civiles des Belges anciens et modernes, Louvain, chez l’auteur, 1834, p. 198 : « La Flandre qui avait toujours été la province de la Belgique la plus zélée contre les sorciers et sorcières, fut aussi une des dernières à se rélacher [sic] de sa sainte ferveur. »
  18. Citons par exemple Jules Garinet (1797-1877), auteur d’une incontournable Histoire de la magie en France (1818), qui avait fait l’acquisition d’une telle scène de sorcellerie, probablement de la main de Frans Francken le Jeune (1581-1642). Elle est aujourd’hui exposée au musée Garinet à Châlons-en-Champagne.
  19. Voir par exemple Maurice Garçon (op. cit., p. 151-152), qui fait réciter le Credo suivant au prêtre dévoyé célébrant sa messe noire (le soulignage est de notre fait) : « Je crois en Lucifer, le Père tout-puissant […] et en un seul Seigneur, Beelzebub son fils […] Je crois en la Synagogue [= l’église du sabbat], laquelle est Multiple, Sainte et Réformée, et proclame horreur du Baptême qui écarte du Diable par rémission des péchés. » Sorcellerie, protestantisme et judaïsme sont ici complètement amalgamés, étant également condamnés par les théologiens catholiques. Ailleurs (ibid., p. 25), suivant la même idée, Garçon présente Martin Luther comme né de l’union de Satan et d’une sorcière (alors qu’en réalité, celui-ci a explicitement condamné la sorcellerie dans ses sermons, enjoignant d’être sans pitié pour celles qui s’y adonnent et s’engageant lui-même et à les brûler).
  20. Charles De Coster, La Légende et les Aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs, Moscou, éd. du Progrès, 1973, p. 213.
  21. Ibid., p. 262.
  22. Ibid.
  23. Ibid., p. 664.

Dans la même série :


Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à nous soutenir sur Tipeee, la plateforme de mécénat participatif !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s