Âme de sorcière, ou la magie du féminin, de Odile Chabrillac.

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Image provenant du site FNAC.

L’implication personnelle d’Odile Chabrillac dès le début de l’ouvrage.

Si j’ai obtenu cet exemplaire de l’Âme de sorcière, il s’agit du fruit du hasard. Errance dans les méandres des suggestions que l’on me fait au jour le jour : voilà bien un curieux motif qui m’a fait tomber sur ce livre. Au premier abord peu attrayant, de couverture sobre, il cache une richesse infinie de contenu. Auteure d’abord reconnue pour des ouvrages concernant le bien-être, Odile (si tu me permets, de femme à femme, de t’appeler par ton joli prénom) exprime en profondeur sa féminité. Les premières pages attrapent le lecteur, ou la lectrice, avec joie, en renouvelant l’image tant décriée de « la » sorcière. Odile Chabrillac délivre pour commencer sa propre expérience : entre la peur et l’envie de se dire comme telle, dans une époque qui regarde la figure de la sorcière comme désuète et invalide, elle expose sa propre vie. Cheminement dès l’origine, ses « premiers pas » sont racontés avec une intimité touchante pour le lecteur.

Réfléchir en tant que femme sur la femme, avec une incroyable liberté de ton.

Les chapitres suivants n’ont pas vocation à retracer toute l’histoire de la sorcellerie, mais ils rétablissent certaines vérités, et dessinent quelques sillons historiques. Repères pour la femme moderne, ils le sont aussi pour toute personne s’intéressant de près ou de loin à cette histoire traumatique. Cet ouvrage n’est pas « féministe » pur et dur, mais il aide à renouer avec la notion de féminité. En posant les jalons d’une difficile histoire féminine, il aide également à rétablir une certaine conscience de soi. De femme à femme, Odile nous parle du corps féminin, de ses turpitudes tues et enterrées : douleurs, accouchement, nudité, joie, érotisme. Dans l’intimité de ses pages, le livre nous conforte dans l’idée que tout est permis, et il ne juge pas. Il laisse le lecteur être. Le corps est célébré dans sa simplicité, mais aussi sa complexité. Si cette précieuse découverte délivre une intéressante réflexion sur le corps féminin, elle n’est pas en reste concernant le domaine spirituel…

Redéfinition de la « sorcière », loin de l’ultra-féminisme, et des mauvais préconçus.

En effet, si Odile nous invite à explorer les méandres du corps féminin, elle n’oublie pas le titre de son ouvrage, et aide la femme moderne à renouer, si elle le veut, avec une approche plus sensible de la Nature. Elle délivre le mot de « sorcière » de son apparat négatif, et elle le vêtit de beauté, de sensibilité. À partir du chapitre 7 de son ouvrage, elle présente une manière intuitive de percevoir la Nature, et ce, en croisant différents domaines : approche écologiste, humaine par la guérison, et intellectuelle par l’intuition. Elle invite le lecteur, ou la lectrice, à s’accorder avec ce qu’il ou elle en pensera du livre. Avec une certaine douceur, elle met en lumière sa propre perception de la vie alentour, sans jamais prêcher une approche définitive, unique. Cette douceur, et cette ouverture, forment sans aucun doute une des qualités majeures de son adresse au lectorat. Yin et Yang, méridiens, chakras, sexualité ; elle n’ôte rien du poids de ces mots, et en parle. Ce livre est en somme une discussion entre elle et nous, et nous invite à revoir ce que nous négligeons souvent : le corps dans son entièreté, la sexualité abordée librement, l’intuitive connaissance de la Nature. Elle pose les jalons d’une réflexion et d’un mode de vie qui méritent, en tout cas, d’être considérés aujourd’hui. Je terminerai avec ses mots, au sujet de la fertilité de l’image de la sorcière, femme autonome et crainte:

« Là où il y a de la peur, il y a du pouvoir ».

Le lectorat féminin est donc amené à se libérer de la peur de vivre, tout simplement !

 

 

CHABRILLAC, Odile, Âme de sorcière ou la magie du féminin, Harmonie Solar, 2017.

3 réflexions sur “Âme de sorcière, ou la magie du féminin, de Odile Chabrillac.

  1. Merci pour cette chronique intéressante ! Je suis un peu intriguée par le titre « Redéfinition de la “sorcière”, loin de l’ultra-féminisme, et des mauvais préconçus » : qu’entends-tu par « ultra-féminisme » ? Tu n’en parles pas du tout dans le paragraphe qui suit ce titre, du coup je ne comprends pas ce que tu entends pas là ni en quoi ça concerne le livre en question. D’avance merci pour tes lumières !

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    1. Bonjour 🙂 Il est vrai que le paragraphe entre temps a changé d’idée… Ceci dit, je mentionnais cet ultra-féminisme, dans le sens où l’auteure/l’autrice (comme tu veux) n’exclue pas les hommes du propos en les généralisant comme de systématiques oppresseurs ; ce qu’on pu faire certains courants ultra-féministes en se réappropriant la figure de la sorcière, anachroniquement sans doute en la figurant comme féministe avant l’heure… L’autrice, au même titre, invite tout à fait les hommes à se doter des conseils, et des clefs qu’elle donne pour renouer avec son corps et la Nature. Parce que chacun est inclus dans le propos, je trouvais cela juste d’éloigner cet ouvrage du féminisme pur et dur qui aurait parfois tendance à ne garder que la femme au sens strict et à modeler l’image de la sorcière en un pur produit de fantasme avant l’heure – cela étant dit, je ne suis pas contre l’idée, et je n’attaque personne. J’espère avoir éclairé ta lanterne !

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