La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro.

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La Forme de l’eau (The Shape of Water) est le dernier film de Guillermo del Toro, et d’ores et déjà dans la liste des favoris des Oscars. Le réalisateur à l’univers fantasmagorique a notamment réalisé Le Labyrinthe de Pan et Crimson Peak, deux films mêlant fantastique et épouvante. Avec La Forme de l’eau, il nous fait rêver une fois de plus, en offrant, cette fois, une histoire d’amour incroyable, aux accents merveilleux.

Aux États-Unis, pendant la Guerre Froide, Elisa mène une vie tranquille malgré son mutisme. Son univers est réglé comme du papier à musique, qu’elle partage entre son travail de femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental ultra secret, et son voisin Giles, un artiste solitaire vivant avec ses nombreux chats. Mais tout bascule le jour où est admis dans le laboratoire une étrange créature humanoïde. Cette dernière est retenue prisonnière dans un bassin d’eau, et Elisa, touchée par sa douleur, entre en contact avec elle. Petit à petit, un lien se créé, et elle finit par tomber amoureuse de l’homme amphibien. Torturé et voué à la dissection, Elisa, avec l’aide de son ami Giles et de sa collègue Zelda, décide de tout faire pour le sauver.

La Forme de l’eau m’a laissée mitigée.
J’ai adoré l’esthétique délicate de ce film, même si Del Toro nous avait habitués à davantage d’exubérance (les décors et costumes de Crimson Peak se sont imprimés sur mes rétines !) : les rappels de l’eau et ses tons vert-bleuté ; l’aspect suranné des années 1960 et ses couleurs de polaroid (sépia, marron, vert bouteille, jaune moutarde) que l’on retrouve dans les appartements d’Elisa et Giles ; l’intermède chantant fantasmé en noir et blanc, rappel des shows télévisés que regarde Giles, etc.
Le duo amoureux composé d’Elisa, jouée de manière malicieuse et solaire par Sally Hawkins, et de l’homme amphibien, interprété par Doug Jones (qui avait déjà assuré le rôle du faune dans Le Labyrinthe de Pan et d’Abe Sapien dans Hellboy), est beau et touchant. L’amour transcende les espèces et le langage. Loin d’être dérangeante, leur union est étrangement subjuguante, et le physique aux écailles de bleus multiples et bronze de la créature est sans doute pour beaucoup dans cet envoûtement.
Ce qui saute aux yeux dans ce conte, c’est la façon dont est traitée la particularité de l’héroïne : de handicap, son mutisme devient une force. La langue des signes dont elle use lui permet de communiquer avec son bien-aimé, de garder ses secrets, et n’est en aucun cas un obstacle dans la menée à bien de sa mission.
La musique, écrite et composée par Alexandre Desplat, est très présente, jazzy, à l’image de l’époque dans laquelle se passe l’intrigue, et annonce avec légèreté l’amour qui se forme au fur et à mesure entre les deux protagonistes. Elle est interrompue par la voix de Madeleine Peyroux qui reprend La Javanaise, ou encore par celle de Renée Fleming, chantant You’ll Never Know, qu’Elisa s’imagine chanter à son amoureux de manière bouleversante. Même si elle est muette, elle entend très bien, et on comprend bien que la parole lui manque pour exprimer tout ce qu’elle ressent.

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Bon, mais qu’est-ce qui m’a fait tiquer alors ? Tout d’abord le scénario, très simpliste. Je m’attendais à davantage de rebondissements et des méchants plus vindicatifs. Ici, tout se passe comme sur des roulettes. La Forme de l’eau est une balade amoureuse, point.
Ensuite, j’ai eu du mal à m’immerger complètement, je pense que ça manquait un peu de fougue et de sensualité. Alors que le rituel du matin d’Elisa comprenant une masturbation pouvait annoncer le caractère sensuel de la relation à suivre, on se retrouve finalement bien déçu. Les rapports d’Elisa et de l’homme aquatique restent gentillets, ce qui donne l’impression que la nudité de l’actrice et les scènes masturbatoire sont des ajouts purement gratuits.

Je pourrai développer encore mes impressions sur quelques paragraphes, mais je vais m’arrêter là, le principal ayant été dit. Ce film est tout de même un vrai plaisir visuel, un intermède charmant parsemé de moments gores ou inquiétants — on reconnaît bien là la signature de Del Toro. En bref, allez le voir !

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