The Wellcome Collection

Bien le bonjour, j’espère que vous ne vous êtes pas trop égaré dans l’autre côté du Chemin de Traverse depuis la dernière fois. Nous allons alors reprendre notre petit périple à travers la capitale anglaise, et poser nos bagages à notre prochain arrêt, présenté comme The free destination for the incurably curious  (qu’on peut traduire par « la destination gratuite pour le curieux invétéré »). Comment donc résister à une description aussi aguicheuse lorsqu’on est friand de lieux insolites ? Nous y courons, nous y volons !

DSC00702

The Wellcome Collection est en réalité un lieu des plus surprenants, destiné à mettre en évidence les liens existants entre la médecine, les concepts de la vie et de la mort, ainsi que la place de l’être humain dans le monde.

Il est constitué de plusieurs galeries d’exposition, de collections permanentes et temporaires, d’une salle de lecture pédagogique et interactive ; le tout inclus dans une infrastructure à la fois classique et moderne. Pour cet article, je vais plutôt m’attarder sur la collection permanente d’Henry Wellcome avec son côté à fois curieux, mais intelligent. Les autres parties du bâtiment valent également le détour et à juste titre, mais je n’aurais pas assez d’un article pour les aborder. Vous pouvez, notamment, consulter l’intégralité du génome humain imprimé sur papier ou errer dans la salle de lecture, un incroyable espace ouvert où vous avez la liberté d’interagir avec les curiosités entreposées.

DSC00701

Sir Henry Solomon Wellcome (1853-1936) est pharmacien, entrepreneur, philanthrope et surtout collectionneur féru de curiosités. Le premier produit commercialisé par notre gentilhomme est l’encre invisible (oui oui, le fameux jus de citron…).  En 1880, il fonde la compagnie pharmaceutique Burroughs Wellcome & Co. avec son partenaire Silas Burroughs et lance sur le marché, aux côtés de quelques autres téméraires, les tout premiers médicaments sous forme de comprimés. À l’époque, ces produits de soin sont commercialisés en poudre ou en décoction liquide. Lorsque son partenaire Silas décède en 1995, Henry Wellcome reprend les rênes de la firme qui connaît un succès sans précédent. L’homme voyage alors aux quatre coins du monde et amasse l’une des collections les plus impressionnantes d’objets liés à la médecine à travers les âges. Cette collection est aujourd’hui visible dans le bâtiment d’origine, construit selon les souhaits du concerné en 1932.

L’une des particularités de la Wellcome Collection reste son côté très pédagogique. Bien entendu, le visiteur curieux sera plus que comblé de se promener entre les nombreuses vitrines remplies d’objets plus intrigants les uns que les autres, mais l’agencement même de ces multiples artéfacts invite à la réflexion. Comme déjà mentionné auparavant, le but de cette collection permanente est de mettre en relation la médecine avec les concepts de vie et de mort, ainsi que la place de l’être humain au sein de notre planète. La médecine a, depuis la nuit des temps, été au service de l’homme dans le but de soigner les maux et donc, de prolonger son existence sur cette terre. Avant l’avènement de la médecine moderne et de sa codification, la frontière entre médecine et magie était bien plus estompée qu’elle ne l’est de nos jours. Le médecin était prêtre, shaman, sorcier, homme de sciences, homme de l’occulte. Nos ancêtres pratiquaient des rites païens permettant la guérison et s’en remettaient aux puissances divines pour garantir leur survie. En d’autres termes, l’homme a toujours été plus ou moins conscient de la fragilité de son existence au sein de l’univers, et a toujours eu cette notion de dualité entre vie et trépas, quelque soit son appréhension (présente ou absente selon les cultures) quant au passage vers l’au-delà.

L’agencement des différentes pièces de la collection retrace l’évolution, depuis les temps immémoriaux à l’époque contemporaine, de tous les outils fabriqués ou procédés mis en œuvre pour garantir une existence longue et prospère sur cette terre, ou du moins pour tenter de soulager les souffrances ou de pallier des handicaps dans le cas échéant. Et lorsque plus rien ne peut sauver le pauvre bougre, certaines techniques d’embaumement se chargent de préserver le corps de sa destinée funeste.

La collection est plus qu’immense, je n’ai donc rapporté qu’un petit échantillon de photographies. Ces images ne font pas vraiment honneur aux objets d’origine (qui dit vitrines en verre, dit reflets agaçants), mais j’ose espérer qu’elles vous donneront un petit aperçu des curiosités à observer.

Commençons par le début, avec ces quelques artéfacts en pierre, sculptés à l’effigie d’organes humains. L’heureux propriétaire déposait la représentation de pierre en offrande à des divinités, afin que la partie du corps représentée soit guérie du mal en question. Les organes concernés pouvaient être divers et variés, mais on peut constater que certains problèmes de santé actuels remontent à la nuit des temps, notamment chez certains messieurs… Sachez que vous vous trouverez nez à nez avec bon nombre d’objets de ce goût qui vous feront doucement rire (ou crissez des dents, selon votre sensibilité) lors de votre petit périple entre les allées.

 

Ensuite, voici quelques modèles anciens de prothèses, essentiellement destinées aux amputés de guerre, une poignée d’yeux artificiels et un petit dentier d’époque prélevé chez un soldat.

 

Le visiteur pourra également retrouver quelques masques mortuaires, divers objets liés au memento mori comme des vanitas, des instruments destinés à des rites de guérison venant de contrées reculées (Afrique, Asie), des véritables sandales de fakir, ainsi que différents modèles et miniatures utilisés par les étudiants de médecine à l’époque. Parmi les objets de la collection se trouvent également des chaises de dentistes ou des tables de consultation, des plus austères aux plus angoissantes.

 

 

 

La collection compte également toute une section consacrée aux photographies et aux peintures anthropologiques qui expriment toute la curiosité que l’homme occidental fortuné avait pour les cultures « exotiques » au début du XXe siècle, et cette conscience duelle de « nous » et de l’« autre » en tant qu’individu appartenant à une certaine culture donnée.

Roa

Chaque objet est accompagné d’une légende plutôt détaillée, avec toutes les informations indispensables pour piquer votre curiosité. De nombreux panneaux et tiroirs interactifs sont disséminés entre les différentes vitrines. Ils contiennent des informations supplémentaires, des moulages à toucher ou des feuillets et autres documents qui ne peuvent être exposés directement à lumière du jour. Pour les plus curieux ou les plus observateurs, sachez qu’une véritable canne utilisée par Charles Darwin se trouve au détour d’une vitrine de la collection.

Comme vous pouvez le constater, je ne peux que vous conseiller de vous rendre sur place pour découvrir et apprécier à sa juste valeur l’entièreté de la collection de Sir Henry Wellcome. En plus de la collection permanente, le bâtiment abrite plusieurs expositions temporaires et accueille fréquemment des évènements thématiques, des ateliers, des cours, etc. Sur ce, je vous laisse jusqu’à notre prochain périple au royaume de l’insolite.


Toutes les photos ont été prises par mes soins, sauf mention contraire.

Texte adapté et traduit à partir du site officiel The Wellcome Collection.

Adresse : 183 Euston Rd, Kings Cross, London NW1 2BE
Prix : Gratuit

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s