Histoire du Premier Mai.

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John Collier, Queen Guinevere’s Maying, 1900.

Une nuit pour vivre l’harmonie ?

Pour beaucoup de personnes, l’idéal d’une vie humaine serait d’être en harmonie avec les rythmes de la nature, ses saisons ; autant dans le domaine physique que mental. Dans l’époque qui est la nôtre, cet idéal est plus que jamais perceptible, véhiculé sans nul doute par des préoccupations écologiques montantes. Cette conception idéale a pris au fil des siècles des visages différents et s’est développée dans divers domaines, et parfois même de manière inconsciente, les hommes ont adopté un mode de vie harmonieux avec le monde, en perpétuant certaines coutumes calendaires ou en l’exaltant en littérature. L’histoire de l’humanité, depuis les Celtes particulièrement, regorge de coutumes en harmonie avec une phase calendaire bien précise : le printemps. Elle est une saison particulière, marquée par une idée générale de renouveau, de fraîcheur et de verdure. Davantage mise en avant que les autres saisons, on la célèbre pour son imaginaire également très marqué autour de l’amour. Nous aurons l’occasion de se faire croiser coutumes et littérature, dans la perspective du mois singulier qu’est le mois de mai, domaine privilégié de féérie et de fertilité notamment.

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Site : A Year and a Day. Exemple d’un mât de mai.

Héritage celtique de Beltane et sainte Walpurga.

Le poids des saisons, et du culte qui leur a été attribué, était conséquent chez les Celtes, et l’on ne pouvait imaginer le déroulé d’une année sans en célébrer les grands passages. Les solstices, les équinoxes faisaient partie de ces célébrations, au même titre que les grandes lunaisons et les étapes majeures de la vie humaine. L’héritage celtique est marqué par une vision particulière de l’année : vécue comme cyclique, elle est avant tout séparée en deux grandes parties distinctes. La première partie débute au Samhuinn, le 31 octobre, et se poursuit jusqu’à Belteine, le Premier Mai : il s’agit de la partie dite « sombre » de l’année. Son versant opposé commence à Belteine pour se terminer au Samhuinn : le mois de mai figure déjà comme un mois d’ouverture vers autre chose ; une moitié « lumineuse ». L’année des Celtes est évidemment découpée en parties plus subtiles, mais le caractère largement binaire de ce découpage est évident. Comme le mentionne l’ouvrage de Guyonvarc’h sur les fêtes celtiques à la page 110 :

« La fête du Premier Mai, quelle qu’en soit la dénomination, est une fête de changement de rythme de vie »[1].

Le premier mai est effectivement une date clef dans beaucoup de cultures, depuis les Celtes, mais plus largement en Europe. En effet, sous l’influence un peu plus appuyée du christianisme, du côté allemand, la nuit du premier mai a pu être fêtée en l’honneur de sainte Walpurga[2] : le nom sera récupéré et la fameuse nuit du 30 avril jusqu’au premier mai sera baptisée la nuit de Walpurgis, avec tous les échos culturels qu’elle a pu avoir postérieurement.

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source : hemtrevligt.se. Probablement un tissage représentant la sainte.

Une nuit de féérie et de sorcellerie.

Cette nuit, pour ne pas dire la journée entière du premier mai dès l’aube, est réellement caractérisée par une atmosphère particulière. Féerie, sorcellerie… Ce que l’on a pu en raconter diffère, mais l’idée d’ouverture sur un autre monde est prégnante. La nuit de Walpurgis bénéficie encore d’un fort écho culturel dans la mesure où notre imaginaire semble toujours tissé de sorcières au sabbat et de fées de sortie. Il est intéressant de voir que l’association positive de la sorcellerie et de la nuit de Walpurgis n’a pas toujours été positive : en effet, au contraire, on a pu historiquement définir cette nuit-là comme un moment idéal de lutte contre la sorcière[3]. Les feux, traditionnels pour ce jour, sont caractéristiques[4], et ont été alternativement dressés pour combattre, ou exalter la sorcellerie. Cette inconsciente association de la nuit du premier mai avec l’émergence d’êtres surnaturels, ou avec l’ouverture sur un autre monde, est difficile à retracer, dans la mesure où de  nombreuses cultures se croisent.

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source : Blog d’Elisandre – Œuvre au noir. Une représentation « classique » de l’imaginaire de la nuit de Walpurgis.

Perméabilité des mondes.

Néanmoins, il apparaît que la culture celtique a vécu ce passage d’une moitié à l’autre de l’année selon une plus grande perméabilité aussi des mondes entre eux. Effectivement, autant au Samhuinn qu’à Belteine, de nombreux historiens et coutumes relatent la croyance suivante : le voile entre les mondes allant en s’amoindrissant, les passages clefs de l’année en sont des portes idéales. Autant les fées que les revenants seraient alors à même de revenir habiter le monde des humains pour une nuit. Le lien entre la nuit du premier mai est vite tissé avec le monde des fées, davantage susceptibles de revenir : il s’agit d’ailleurs de la raison pour laquelle la rosée du premier mai est dite magique, puisque les fées y auront apposé leur présence. Cet imaginaire de la rosée à l’aube du premier de mai est issu de réelles coutumes ancestrales, plutôt celtiques ; lesquelles consistaient par exemple, dès l’aube, à arpenter de grandes plaines, un tissu imbibé à une corde traînant au sol, afin de récolter la précieuse rosée[5]. Dans tous les cas, ce matin de mai constituerait non pas un début de printemps tel que nous l’entendons strictement aujourd’hui[6], mais plus largement, le début d’une moitié lumineuse de l’année, marquée à l’orée par une célébration de l’amour et du renouveau de la nature, dans une certaine allégresse.

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Joseph Tomanek, Nymphs dancing to Pan’s flute, 1920.

Le temps des dictons populaires et de l’agriculture.

Le mois de mai semble toujours avoir gardé une place de préférence dans l’âme populaire, qui s’en ressent au niveau des dictons par exemple ou dans le monde agricole. En effet, les dictons, véritables fragments du peuple, illustrent assez bien les idées préconçues que l’on a pu garder au sujet de mai. Ainsi, deux thèmes se dégagent des différents dictons au sujet du mois de mai : l’amour et l’agriculture. En effet, si le mois de mai a toujours été conçu comme une période de fertilité, elle l’est dans différents domaines : humain comme plus généralement naturel.

L’amour.

L’amour, principale considération lors de cette période, est vécu sous une relative ambiguïté : si le cadre pourrait laisser songer à la formation de nouveaux couples, comme nous le verrons avec certains rites, le mariage, en revanche, est déconseillé, au point d’être symbole de malheur. Le dicton suivant l’illustre parfaitement : « Si comme le peuple dit vray / La mauvaise s’epouse en may »[7]. Effectivement, si nous nous mettons à considérer cette période de l’année comme propice à l’action des fées, au sein de l’imaginaire, il ne s’agirait pas de se marier par mégarde à une des leurs[8]… La littérature médiévale regorge d’ailleurs de mariages entre fées et humains, à la lisière toujours de la félicité totale et de la ruine. L’usage recommanderait donc, à travers les dictons qui persistent, de ne pas outrepasser de simples plaisances amoureuses durant cette période. La fertilité est une des idées principales du mois de mai, et forge donc une solide figure de l’harmonie, si l’on respecte ce principe à ce moment donné de l’année. Alors, à travers quelques dictons, il apparaît que la préoccupation de l’harmonie est centrale : effectivement, la période est propice à la floraison, puisque « Mai ne va jamais sans fleurs »[9]. Il y aurait donc un moment particulier pour la floraison, et si la nature devait déroger à cette harmonie prédite, le mois de mai serait vécu sous le mode du trouble (notez précédemment l’adverbe jamais) : « Mai fleuri, an réjoui »[10].

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Julia Helen Jeffrey, Beltane. Carte VI « Les amoureux » dans le tarot qu’elle a réalisé.

Un mois des fleurs et de l’agriculture.

Il semble qu’il s’agit véritablement de ce que l’on pourrait appeler un « mois des fleurs »[11], et l’appellation est de rigueur lorsque l’on observe l’histoire des noms en botanique. Si le mois de mai est un « mois des fleurs » en général, certaines fleurs, plus que d’autres, sont davantage mises en avant, au point d’en porter partiellement le nom. Le surnom de l’aubépine n’est-il pas d’ailleurs « le bois de mai » [12]? L’étude particulière de l’association de l’aubépine à la féerie serait sans doute trop laborieuse, car un parallèle inédit et culturel est établi entre les deux. Nous rappellerons aussi l’emblématique muguet, encore ramassé le premier de mai[13]. Une partie de la botanique florale, nous l’aurons vue, est liée au mois de mai, mais plus généralement, l’agriculture s’y penche. Effectivement,  l’association entre le mois de mai et le travail n’est pas récente, et la Fête du Travail lors du premier jour de ce mois n’a rien d’innovant. Comme le dit Jean Markale dans son ouvrage sur les Celtes[14] : déjà en Irlande, Beltaine était l’occasion de fêter le dieu Bel, l’été, le feu. On marquait le début de la sortie des troupeaux avec la reprise du travail aux champs. Les pâturages étaient à l’honneur et l’activité reprenait à l’extérieur.

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source : 13 moons. Sculpture de plaque représentant le dieu solaire Bel ou Belenos.

Des échos dans le Moyen Âge français.

Un large nombre de coutumes ancestrales, aux origines parfois troubles, se retrouvent par exemple au Moyen Âge. Période charnière entre un passé païen subsistant sporadiquement et une chrétienté qui affirme progressivement son influence, il conserve des traces de rites plutôt anciens. Le lien aux fleurs est évident, tout comme l’est, nous l’aurons bien vu, celui avec la fertilité, voire à l’amour. Tout d’abord, lors du passage précédent, il a été vu que les fleurs ont un poids majeur dans l’image que l’on se fait du mois de mai. Alors, de nombreuses activités ou festivités y sont liées.

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source : Sisyphe. Une des couvertures pour le Jeu de la feuillée, Adam de la Halle.

Le jeu de la feuillée et Lancelot.

Ainsi, nous pouvons penser à la fabrication méthodique de couronnes de fleurs, ou d’habillement végétal[15] ; en littérature médiévale on peut retrouver le Jeu de la feuillée[16]. Par exemple, dans l’œuvre éponyme, Lancelot porte dans le livre VII une couronne de fleurs, cette fois-ci au mois d’août. Néanmoins, comme le rappelle Philippe Walter dans La mémoire du temps, l’imaginaire associé à mai fluctue au niveau des dates, et alors, beaucoup de rites ont pu être étendus d’avril à la Saint-Jean (21 juin, Litha pour les païens) au moins. En reprenant le propre relevé de Philippe Walter, nous pouvons également de nouveau citer un fragment de Lancelot (tome 2) :

« Une demoisele tote chenue qui chevauchoit molt cointement et estoit tote deslie, ses treces par ses espaules comme pucele et avoit en son chief I chapel de roses kar s’estoit encor la saint Jehan ».

Les fleurs, et plus généralement la végétation verdoyante, sont des attributs clairement présents au mois de mai, sans doute résumant dans l’imaginaire l’essence même du printemps, le frappant en son plein milieu[17].

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source : Pinterest. Représentation médiévale de la Fête du Feuillu. Dans le Livre d’Heures de Charles d’Angoulême (1490).

Fertilité et esmayage.

La fertilité au même titre constitue une trame majeure dans les idées associées au mois de mai. En effet, la sexualité apparaît sous de nombreux traits, et les jeux amoureux, plus ou moins explicites, sont de mise. En se basant sur l’astrologie, conjointe à l’imaginaire lié à chaque signe, le mois de mai est frappé par l’influence du Taureau, animal lié à la sexualité et la fertilité par excellence[18]. Plus modestement, des jeux amoureux ont pu avoir lieu, notamment regroupés autour de la pratique de l’esmayage. Dans ce temps de l’année tout auréolé de courtoisie, des hommes, de préférence jeunes, allaient récolter en forêt des « mais »[19] (branchages associés aux Rameaux chez Ovide dans Les Fastes). Selon l’arbre choisi, l’esmayeur signifiait une chose ou l’autre pour son esmayée. Ainsi, le mois de mai était déjà caractérisé par le poids de la jeunesse. L’arbre était replanté devant la demeure de la femme aimée, et elle devait en décoder la signification. Les jeux amoureux[20] se construisaient visiblement conjointement au propre débordement vital de la nature à ce moment-là. Les amours légères sont favorisées dans ce jour de liberté et de jeunesse : on peut alors élire un autre homme que son mari pour le temps d’un jour[21].

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source : Raconte-moi l’Histoire. Marge des Heures de J. de France avec de superbes enluminures.

Éléments conclusifs.

            Le peuple est pétri de cet imaginaire autour du mois de mai. L’héritage celtique favorisant Belteine comme une fête de feu, de fertilité et de retour à la nature, l’usage et l’évolution des coutumes selon les peuples auront voulu une conservation de certains rites, que nous pouvons qualifier de folkloriques. Les dictons gardent la trace d’une harmonie rêvée : on ne saurait rêver d’un mai sans fleurs. Pour entrer dans cette harmonie générale, on a pu soi-même se voir fleurir à nouveau, en célébrant le corps, la jeunesse, et les amours légères. En effet, quoi de mieux qu’un mois de floraison et de fertilité pour commencer le printemps ? Belteine est alors l’occasion de nombreuses coutumes : mât de mai, danse, récolte de plantes parfois ritualisée. Cette date du premier de mai, pour les Celtes déjà, marque alors une ouverture sur la moitié lumineuse de l’année, et la fermeture du  laborieux temps d’hiver. Aujourd’hui nous en conservons un imaginaire fort, sans doute non sans penser à la féerie. Quant à la Fête du Travail le premier mai en France, elle dérive probablement en partie de l’idée générale liée au mois de mai dans le domaine agricole, à savoir le retour des réels travaux aux champs. L’étude de quelques noms en botanique, ou de dictons, révèle ce que nous pouvons qualifier la matière de mai. Ce mois constituerait un moment propice pour tout ce qui concerne la reprise d’activité, l’amour entreprenant, tout en ne négligeant pas le large poids de l’image féerique, appuyée par le topos de la Walpurgisnacht. Cet idéal se retrouve en tant que matière d’ouverture dans la littérature médiévale. La culture influençant la littérature et vice versa, cette matière d’harmonie se retrouve dans des ouvrages dès le Moyen Âge à travers le motif notamment de la reverdie, qui ouvre un grand nombre d’œuvres. C’est par exemple le cas du très célèbre Roman de la rose.

 


Pour suggestion, cliquez sur cette phrase pour lire un article qui traite des Livres d’Heures au Moyen Âge et de la notion de temporalité.

Bibliographie :

[1] WALTER, P. (1989) La mémoire du temps. Honoré Champion. Page 488, il cite Le roux de Luicy, Le livre des proverbes français, Paris, 1859.

[2] Idem. À la page 487, il parle d’une période réelle de lune rousse, propice dans l’imaginaire à  la sortie des fées, ou de créatures dites « maias », une sorte de vierge noire. Dans tous les cas, la féerie est crainte lors de cette période.

[3] WATHELET, J-M. (1985) Dictons des bêtes, des plantes et des saisons. Page 172. Paris : BELIN. (coll. « Le français retrouvé »)

[4] Idem. Page 173. Un mois de mai sans fleurs serait vécu comme une véritable étrangeté.

[5] Au sujet de la fête romaine des Floralia, qui est venue entrer dans le feuilletage culturel : WALTER, P. (2011) Mythologie chrétienne : fêtes, rites et mythes du Moyen Age. Paris : IMAGO.  Et OVIDE (1990) Les fastes. Livre V : Mai (p.139). Belles Lettres. Philippe Walter appuie l’importance des revenants pour les romains lors des Floralia. Le mois de mai était le mois des ancêtres, et les mondes s’avouaient perméables entre eux.

[6] LAIS, E. (2013, 2016) Grimoire des plantes de sorcière. Rustica Editions. Page 31. L’auteure explique la cueillette ritualisée de l’aubépine lors du premier de mai. D’abord plante par excellence de fées, elle est associée à terme à la Vierge Marie par la couleur de ses fleurs, et au Christ par ses épines. Elle est la plante du couple par excellence.

[7] LAIS, E. (2013, 2016) Grimoire des plantes de sorcière. Rustica Editions. Page 126. Aussi surnommé le « lis dans la vallée », il est associé rapidement à la Vierge, mais ses clochettes rappellent les fées. Considéré comme porte-bonheur, il a sans doute été cueilli plus tôt que le mois de mai, car il annonçait l’arrivée d’Ostara, fête antérieure aux réjouissances de mai.

[8] MARKALE, J. (1999) Le nouveau dictionnaire de mythologie celtique. Pages 37-38. Pygmalion.

[9] LEROUX, F. ; GUYONVARC’H, J. (1995) Les fêtes celtiques. Chapitre III « Belteine ». Ed. France Ouest Université.

[10] MARQUIS, M. (2017) Beltane : rituels, recettes et histoire du 1er mai. Traduction par Marjorie Badinand. Editions Danaé. Dans cet ouvrage, l’auteure affirme que la première mention de la nuit de Walpurgis est faite en 1603 par Johann Cole dans le Calendarium Perpetuum. La fin de l’hiver aurait été marquée par la présence de la fête de sainte Walpurga, canonisée le premier mai 870. La nuit du premier mai devient la Walpurgisnacht allemande. On y allumait des feux de joie pour éloigner les personnes de mauvaise influence et les sorcières. En Suède, une période est similaire, il s’agit de la fête du Valborg.

[11] WALTER, P. (1989) La mémoire du temps. Chapitre 4 « La fête entre l’ordre et le plaisir. C) le sacre du printemps ». Honoré Champion. Dans cette partie de l’ouvrage, Philippe Walter explique que si Goethe a pu montrer un versant sombre de la nuit de Walpurgis, dans les époques antérieures, cette nuit du premier de mai ne souffrait pas de cette image négative de la sorcellerie.

[12] Idem. Pages 99 à 104 : au sujet de saint Patrick allumant un feu contre le roi, pour la Pâques chrétienne. Ed. France Ouest Université.

[13] Pour plus de rites en rapport avec la nature ce jour-là, je me base sur l’ouvrage de MARQUIS, M. (2017) Beltane : rituels, recettes et histoire du 1er mai. Traduction par Marjorie Badinand. Editions Danaé.

[14] MARQUIS, M. (2017) Beltane : rituels, recettes et histoire du 1er mai. Traduction par Marjorie Badinand. Éditions Danaé. A la page 25, Mélanie Marquis parle d’un texte médiéval irlandais, rédigé par Cormac, lors d’une époque indécise. Cormac, évêque de Cashel, écrit sur un festival similaire qui prenait place début mai, pour célébrer quant à lui l’arrivée précise de l’été, et la sortie du bétail.

[15] MARQUIS, M. (2017) Beltane : rituels, recettes et histoire du 1er mai. Traduction par Marjorie Badinand. Éditions Danaé. Dans la partie historique de cet ouvrage, l’auteure mentionne le lien à effectuer avec la figure éminente du Green Man, Jack in the green, ou Homme feuillu, particulièrement exaltée lors de cette période. Philippe Walter, dans Mythologie chrétienne, pages 131-133 parle quant à lui de la christianisation de la fée. Ainsi, il y a pu avoir au Moyen Âge des pèlerinages en l’honneur de la Vierge, proches de lieux d’eau, et au XIIIe siècle notamment, l’on pouvait honorer une statue de la Vierge en lui faisant une feuillée ou « loge de feuillage ».

[16] Voir la pièce éponyme par Adam de la Halle.

[17] Si l’on reprenait le calendrier celtique, aujourd’hui repris au même compte par les néo-païens, Beltane en effet marque l’exacte moitié entre Ostara (début du printemps) et Litha (Saint-Jean : début de l’été).

[18] MARQUIS, M. (2017) Beltane : rituels, recettes et histoire du 1er mai. Page 21. Traduction par Marjorie Badinand. Éditions Danaé. À la page 21, elle rappelle tout autant le dieu Bélénos, honoré par les celtes, qui est quant à lui associé aux fontaines jaillissantes (la symbolique sexuelle n’est pas loin), à la santé et à la vie en général.

[19] WALTER, P. (1989) La mémoire du temps. Page 260. Honoré Champion.

[20] MARQUIS, M. (2017) Beltane : rituels, recettes et histoire du 1er mai. Page 21. Traduction par Marjorie Badinand. Éditions Danaé. À la page 25, elle rappelle l’existence d’une « contre-reine de mai ». L’allégresse ne se situe plus dans l’honneur rendu à la femme aimée, mais dans la raillerie d’une personne choisie. Effectivement, elle place sa référence dans une vieille tradition écossaise : un gâteau d’avoine est placé dans des braises, et découpé en parts selon le nombre de participants. Une de ses parts est noircie. À l’aveugle, l’un des participants tirera donc nécessairement la part calcinée, et sera (gentiment) ridiculisé. Alors, on sacrera la « Cailleach Beal-Tine » (« La vieille dame de Beltaine »). Une série d’épreuves lui est assignée, comme le fait de sauter trois fois dans le feu, ou de se faire bombarder d’œufs. La liesse est tout de même présente.

[21] DE CRECY, M-C. (1997) Vocabulaire de la littérature du Moyen Âge. Page 109 « Fête de mai » ou « Kalenda Maya » faite de « manifestations diverses ». Minerve.  Elle cite un extrait du Roman de la Rose.

2 réflexions sur “Histoire du Premier Mai.

  1. Un article complet, intelligent, éclairé/éclairant et si inspirant ! Vos références sont si riches et complètes, et l’article tout entier donne envie de se baigner tout nu dans la poésie primesautière du mois de Mai. J’aime tout particulièrement la petite histoire sur l’esmayeur et l’arbre planté !

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