Le Scarabée, de Richard Marsh

IMG_1591

Un homme politique aux nerfs d’acier, terrorisé par un mystérieux scarabée et poursuivi par d’épouvantables souvenirs, un oriental polymorphe et insaisissable : il n’en faut pas plus pour que la bonne société londonienne tremble sur ses bases !

Les fans de Bram Stocker le savent : 1897 marqua la parution de son chef d’œuvre, Dracula. Mais ce que tout le monde avait oublié, c’est que simultanément, un roman fantastique connaissait lui aussi un très grand succès.
Grâce aux éditions Joëlle Losfeld, indéniables dénicheurs de curiosités, les lecteurs d’aujourd’hui peuvent à leur tour découvrir cet étonnant récit de terreur, qui s’affranchit de la bonne morale anglaise et défie le puritanisme de l’époque, exactement comme le fit… Dracula. Et bizarrement, ce n’est pas le seul point commun entre les deux livres : structure narrative sous forme de journaux intimes, monstre énigmatique et hypnotiseur aux motivations non identifiées, course-poursuite, sexualité sous-jacente et le sang comme transmetteur.
Pourtant, dans Le Scarabée, l’ennemi n’est pas un vampire, mais un oriental au sexe indéterminé et dont l’origine reste inconnue. En persécutant un honorable homme politique, il déclenche une succession d’événements funestes qui bouleverseront la vie de son entourage : sa fiancée, son rival, un vagabond et un détective privé. Tous prendront la plume pour narrer chacun leur tour une histoire éprouvante et livrer leur point de vue. Les journaux apocryphes sont très convaincants, et tout en relatant les événements, participent à l’excellence des peintures psychologiques tour à tour apeurées, impressionnées, saisies, tétanisées.

Un art consommé du thriller (Richard Marsh est l’auteur de plus de 70 romans policiers) et un sens du suspense font du Scarabée un incontournable du fantastique fin de siècle.
Les épreuves perpétuelles endurées par les personnages et l’invulnérabilité de leur adversaire rendent leur lutte fratricide, passionnante. Issu du fin fond des temps, l’être qui sème mort et souffrances au cœur de Londres n’est peut-être pas aussi charismatique que Dracula, mais reste l’un des monstres les plus énigmatiques et intriguant de la littérature fantastique victorienne.

 

Le Scarabée, Richard Marsh, traduit de l’anglais par Jean-Daniel Brèque, éd. Gallimard, coll. « Joëlle Losfeld », 1997. 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s