Grimoire des plantes de sorcière, d’Erika Laïs.

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Site : Apiculture.net

Un grimoire à lui seul.

Les Éditions Rustica se surpassent depuis quelques temps, avec la publication de plusieurs ouvrages de la sorte. Je dois avouer que celui-là m’a fait de l’œil : couverture épaisse, moelleuse, parsemée de dorures et d’effets végétaux. Le Grimoire des plantes de sorcière est un grimoire à lui seul : il s’ouvre dans tous les sens, offre aux yeux et aux mains des dépliants à l’infini (ou presque). En tant qu’objet, ce livre est déjà très beau. Les illustrations rappellent les gravures les plus anciennes en termes de botanique. Les premières pages délivrent quelques informations sur les fêtes de sorcière par excellence (Walpurgis, Beltane, Samhain…), des notions sur les charmes, mais aussi des techniques jardinières. En effet, l’auteure vous conseille sur la manière de récolter les plantes dans la page concernant le prélèvement des spécimens. Elle rappelle tout aussi la toxicité de certaines plantes dites de sorcière. Les premières pages peuvent s’adresser aux âmes les plus vertes et aptes à jardiner…

Des efflorescences de recherches.

Chaque plante est nommée par une appellation en général populaire. Vous ne trouverez pas d’article pour l’aconit, mais pour le Casque-de-Jupiter. Avec cette manière de ramener les plantes à leurs appellations populaires, l’auteure nous permet de développer tout un savoir autour de ces chers végétaux. Une page type se présentera ainsi :

  • une ou plusieurs illustration-s représentant la plante
  • un petit texte introductif
  • « comment reconnaître » cette plante dans la nature
  • ses lieux préférés
  • dans votre jardin : ou comment la cultiver
  • prélèvement et plantation
  • le semis .
  • insertion d’anecdotes, histoires, ou extraits de livres annexes.

Comme vous l’aurez remarqué, le livre est solide par ses recherches : il cite, coupe, recoupe ses sources, pour notre plus grand plaisir. Très précieux par ses apports culturels, il nous aide à mieux cerner la plante, que ce soit dans son histoire folklorique ou dans sa réalité de dame végétale. La partie botanique est très fiable et l’auteure nous livre ses secrets de culture en connaissance de cause : elle nous confie dans les quelques lignes introductives qu’elle jardine même dans un endroit très froid de France. Alors, nous pouvons nous lancer !

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Site : Actu-Littéraire. Exemple de page introductive pour la cueillette des plantes de sorcière.

Recettes pour curieux et curieuses : mise en garde des poisons.

Fantasmer sur ces plantes mythiques est une chose : les cultiver, les approcher, voire les apprécier en est une autre. La réalité botanique de ces éléments de nature est telle : en général, les plus belles seront toxiques. La première page nous met bien en garde : ne cédons pas facilement à cette pensée : tout ce qui est naturel serait bon pour nous. L’aconit n’est pas considéré comme l’arsenic végétal pour rien…

Je vous conseille, si vous avez l’âme jardinière comme moi, de vous en tenir à un carré de toxiques. Parcelle de balcon ou carré délimité dans le jardin, n’hésitez pas à concentrer ces belles dames dans une zone tout indiquée. Cela n’empêche pas Erika Laïs de rédiger quelques articles sur des plantes non toxiques, comme l’alchémille (ou  Manteau-de-Notre-Dame) : à la page 136, vous apprendrez donc comment faire de la gelée de cette plante, à servir en accompagnement. Plantes de sorcière, certes, elles ne sont pas toutes bonnes à vous empoisonner, loin de là : nous retrouvons le cerfeuil, l’ail, le fenouil, tout à fait au même titre que le datura stramoine, la digitale ou l’armoise vulgaire. Chacun y trouvera son compte !

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Site : Giphy. A vous le jardinage magique !

À la fin, ce que j’apprécie : carnet d’adresses et centre antipoison.

Un ouvrage de la sorte ne saurait être entier sans quelques compléments bienvenus : d’abord très étonnée par la quantité de références annexes, je l’ai aussi été par le carnet d’adresses qui est proposé. Il donne des endroits où chercher des semences, des plantes, et ce, en France ou ailleurs. Ce carnet d’adresses a le bénéfice d’être rapidement commenté à chaque section par son auteure, où celle-ci file « les bons tuyaux » pour trouver favorablement de la chélidoine ici, ou de la tanaisie là… Au même titre, elle donne une liste considérable de centres antipoison au sein de l’Hexagone. La bibliographie montre aussi l’étendue des recherches : au moins cinquante ouvrages de différents horizons autour de cette question botanique. Vous pourrez piocher à dessein dedans, et y retrouver de grands classiques comme l’Encyclopédie des plantes magiques de Scott Cunningham.

source
Site : Giphy. En espérant que vos mandragores soient aussi vives !

 

Le Grimoire des plantes de sorcière, Erika Laïs, éd. Rustica, 2016.

Une réflexion sur “Grimoire des plantes de sorcière, d’Erika Laïs.

  1. Etant en pleine documentation sur la magie / sorcellerie, cet ouvrage a été le premier à rejoindre ma collection. Toutefois, la taille de l’ouvrage (les dimensions du livre donc x) ) ne le rendait pas pratique à la lecture pour mes prises de notes. Il me semble qu’un plus petit format existe.

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