Scott Cunningham et la botanique

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Site : Amazon (l’une des couvertures de vente).

Aujourd’hui, je me penche sur un auteur qu’on ne présente plus tant il est influent dans la sphère des sorcières modernes. Si apprendre des choses parfois insolites sur les plantes, tout en bénéficiant d’un catalogue impressionnant pour la pratique, vous dit, je vous invite à lire la suite. Je présente donc L’Encyclopédie des plantes magiques, en me doutant bien que beaucoup d’entre vous en ont déjà entendu parler !

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Site : Amazon. Scott Cunningham dans sa jeunesse.

Un mot sur l’auteur.

Comme je le disais plus tôt, on ne présente plus le nom de Scott Cunningham dans la sphère païenne aujourd’hui. L’écriture claire, la recherche approfondie ont été ses chevaux de bataille pendant des années. Avant de rendre la plume dans les années 1990, Scott écrit une vaste quantité de fictions, mais aussi de livres où il donne à voir le résultat d’années entières de recherches. Pratiquant la magie végétale, verte, botanique (vous lui donnez le nom que vous souhaitez), il a donc un point de vue expert sur l’usage des plantes en sorcellerie. Adepte de la magie élémentale, il nous a fait bénéficier de superbes tableaux de correspondance, très utiles. À l’origine de l’Encyclopédie des plantes magiques, il y a un constat de sa part lorsqu’il était étudiant : rien de complet n’avait été publié sur toutes ces plantes, de tous les jours ou non. Il tient donc à humblement combler un manque d’informations sur les plantes qui nous entourent (qu’on parle même de l’ail ou de l’oignon, tant qu’on y est !). Pour lui, il s’agissait de délivrer des informations sur ces plantes, en les classant, tout en donnant des « trucs » de magie simple. Pas besoin de dix chandelles, de bougeoirs, de grimoires, de matériel à n’en plus finir ;  non, la plante se suffit. Pour lui, elle possède déjà l’essence du pouvoir.

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Site : Aminoapps. Auteur non identifié.

Le livre en lui-même.

Je base mon article sur l’exemplaire du livre sorti aux éditions ADA en 2009. Cunningham le publie en 1985 pour le copyright, mais le réédite plusieurs fois, victime de son succès. Le livre en question représente un peu moins de 400 pages. Il a vocation de nous présenter dans l’ordre alphabétique un herbier de plus de 400 plantes, incluant certaines que nous utilisons tous les jours en cuisine. C’est la majeure partie de l’ouvrage, mais il ne faut pas négliger le poids des parties auparavant (rappel de principes, techniques de conservation des plantes, usage magique), ni le poids des annexes ensuite, qui en font un livre de grande qualité. C’est pour cette raison que je propose tout de suite un survol de son contenu.

Survol du contenu.

1. Les principes de base.

  • Pouvoir des plantes.

Dans ce premier espace, il définit ce qu’il entend par la notion de pouvoir, et surtout en quoi il se suffit dans la plante seule. Il réfléchit donc sur cette notion, qu’il trouve mal utilisée dans la pratique de la sorcellerie. Il donne pour rappel que cette pratique n’est qu’une réponse entre autres face à des questions, ou des besoins. Il rappelle donc les principes moraux (évidents) derrière cette pratique, que beaucoup oublient. Ne fais donc de mal à nul être volontairement. En bref, une parole de sage.

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Site : Pinterest. Auteur non identifié. Illustration d’un principe de sorcellerie.
  • Pratiques magiques.

Ici, Scott Cunningham détruit l’idée d’une synchronisation parfaite des planètes, de la Lune et du pratiquant. En effet, si nous avons un problème, irions-nous attendre l’éclipse parfaite dans six mois, ou la bonne lune durant des semaines ? Non, il rappelle que le besoin est immédiat, et qu’un bon praticien peut se dispenser de ces parfaites correspondances. Il préfère un soulagement immédiat, qui se distingue des trop grandes préparations. Il en profite pour dresser une liste des objets de base, utiles pour la sorcière botanique, sans s’encombrer d’un trop-plein de possessions.

  • Rites et procédures.

Cette partie est très riche pour les nouveaux pratiquants (voire même pour les plus chevronnés), dans la mesure où il dresse la liste de tout ce que l’on peut faire de ces plantes, de la cueillette-type à l’enchantement, ou la couture de figurines. Il semble faire une place tout importante à ces figurines, victimes du seul stéréotype de la mauvaise poupée vaudou. Il rappelle que la poupée est à la base issue d’une volonté curative, ou d’aide pour autrui. Ainsi, sachez grâce à l’auteur que pour guérir d’un rhume, vous pourriez vous aider d’une figurine cousue et remplie d’eucalyptus broyé. À bon entendeur, salut, on se retrouve en décembre pour les plus curieux (et les plus malades).

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Site : The Conversation. Photo : Marie-Lan Nguyen, 2014. Poupée vaudou présentée au musée du Louvre.
  • Intentions magiques.

Enfin, il fait la liste ici de toutes les intentions qui pourraient animer notre petite âme de sorcière pour s’aider des plantes. Les intitulés sont simples : amour, consécration, protection… Et alors, la vengeance, la malédiction ? Non, Cunningham le rappelle dès le début de l’ouvrage : pas de place ici pour les mauvaises intentions. La magie reste bénéfique, et les âmes vengeresses passeront leur chemin. Ce livre fourmille de plantes dangereuses, mais jamais pour un usage néfaste. La liste fait état de tout ce que l’on peut souhaiter de bon, pour soi, comme pour autrui (des nuits d’amour à n’en plus finir tout comme guérir d’un rhume, n’est-ce pas). Maintenant que j’ai mis en lumière tout ce qui précède le catalogue de plantes en lui-même, je propose que nous survolions la majeure partie du livre.

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Site : Lexib. Auteur non identifié.

2. Les plantes.

L’ordre est alphabétique, et nous trouvons tout, ou presque.  Les plantes sont classées comme des articles, selon leur nom le plus « commun », les noms plus populaires étant notés dessous. Dans un article-type, on trouve le nom en latin, une indication thérapeutique ou le rappel des dangers que cette plante peut provoquer. Ensuite, on trouve les noms populaires. Par exemple, saviez-vous que si l’on vous parle de garde-robe, on parle de la lavande, et non de votre cher placard… Ensuite, la phase magique intervient, et Scott Cunningham relève pour chaque plante le genre, la planète, l’élément, la déité et les pouvoirs associés. Cette partie synthétique est utile pour quiconque tient à un usage ésotérique de la plante. En parlant de cela, la dernière partie de chaque article parle des usages magiques : c’est ici qu’il expose ses astuces de magie simple. Il n’hésite pas à nous raconter (presque au coin du feu) des anecdotes, des usages curieux ou des minuscules rituels avec. Par exemple, lorsqu’il parle de la cardamome, il ne manque pas de signaler qu’elle est délicieuse en pâtisserie dans les tartes aux pommes, mais aussi qu’on en fait une potion de sexualité avec du vin chaud. De la même manière, nous apprenons que les haricots, en Écosse autrefois, ne pouvaient être cuits que par des hautes prêtresses. En effet, les fleurs des haricots sont blanches, et la teinte renvoie aux plus anciennes déesses. Toutefois, il rappelle aussi que porter des haricots sur soi prévient de l’impuissance. De la même manière, notre traditionnelle laitue préserve des tentations de la chair. Scott Cunningham fonctionne ainsi : il mélange les anecdotes, les usages et les trucs culinaires. C’est l’hétérogénéité de son livre qui le rend si précieux.

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Site : Magical Recipes Online.

3. Tableaux et annexes.

Je vous délivre la liste de toutes les annexes que l’on peut trouver dans la dernière partie de l’ouvrage :

  • Genre des plantes selon l’intention ;
  • Plantes et planètes ;
  • Plantes et éléments (très utile) ;
  • Plantes et intentions magiques (en quelques pages, il résume des siècles de savoir) ;
  • Couleurs et usages (on peut relier cela à la couleur des fleurs, par exemple) ;
  • Glossaire ;
  • Propriétés magiques des huiles (ce qu’il faut mettre dans une huile selon l’intention). Par exemple, pour une huile de bonheur, Cunningham vous conseille de placer des fleurs de pommier, des pois de senteur, et de la tubéreuse !
  • Noms populaires VS noms communs : nous y apprenons que la buglosse à larges feuilles n’est rien de plus que la bourrache simple, que la ceinture de la Saint-Jean n’est que l’armoise, et que le passe-velours est le doux nom du souci des jardins ;
  • Une bibliographie annotée : d’une allure très universitaire, elle nous conseille précisément des ouvrages. C’est très précieux pour quiconque veut poursuivre sa lecture sur les plantes, la sorcellerie botanique notamment.
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Site : Pinterest. Auteur non identifié.

Le mot de la fin.

Si j’avais à donner mon avis sur cette lecture, je dirais volontiers que posséder ce livre est incontournable pour les curieux du bulbe. On s’étonne d’en apprendre à toutes les pages, avec la même passion, la même curiosité. Le livre, sous son apparence modeste de catalogue, fourmille de précieux conseils, jetés là pour le curieux de passage. Ce que j’ai apprécié est qu’il résout dès l’entrée le problème de la magie néfaste : pas de place pour cette magie ici, bien qu’il parle de plantes mortelles parfois. Dans ce livre, aucun rituel n’est proposé pour qu’il devienne néfaste pour autrui, ou même soi. Que de l’amour, en somme. Enfin, comme je le disais, les annexes le rendent vraiment solide. J’ai apprécié la bibliographie, qui pousse la réflexion et la culture encore plus loin. Ses pages récapitulatives sur les différentes intentions et les plantes qui leurs sont associées sont incroyablement fournies. Je m’adresse donc aux personnes curieuses, un peu sorcières sur les bords, pour découvrir des usages végétaux à n’en plus finir ! À vos chaudrons…

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Site : Giphy.

 

 

Pour retrouver l’encyclopédie dont je parle, il suffit d’acquérir une des éditions de L’Encyclopédie des plantes magiques, par Scott Cunningham, par exemple chez l’éditeur AdA (en français), 2009.

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