The Snowman, de Raymond Briggs

Snowman

Titre : The Snowman de Raymond Briggs

Date de parution : 15 septembre 2013

Collection : Puffin

Édition : Penguin Books UK/ Grasset Jeunesse pour l’édition française

Une nuit d’hiver, un bonhomme de neige prend vie. Une merveilleuse aventure commence…

Le Royaume-Uni ne fait pas pâle figure en comparaison de ses voisins nordiques quand il s’agit de la tradition de Noël. Pourtant, très curieusement, cette fête telle que nous la connaissons avec ces us et coutumes, n’a fait son apparition en outre-Manche que durant l’époque victorienne. Depuis, la littérature anglaise, surtout enfantine, s’est enrichie de nombreux classiques devenus des incontournables de la culture anglo-saxonne en cette période de réjouissance. The Snowman de Raymond Briggs (Le Bonhomme de neige, en français) fait partie de ces titres que toute famille anglophone possède dans sa bibliothèque, à l’instar de Mog’s Christmas de Judith Kerr (UK), The Gruffalo de Julia Donaldson (UK), How the Grinch Stole Christmas! de Dr. Seuss (US) ou The Polar Express de Chris Van Allsburg (US).

The Snowman se distingue des autres contes de Noël car il a la particularité d’être dépourvu de texte. L’interprétation des magnifiques illustrations au crayon de Raymond Briggs est donc laissée libre au lecteur. Le livre a été publié pour la première fois en 1978 au Royaume-Uni. Par la suite, de nombreuses autres éditions ont vu le jour, dont certaines accompagnées d’un texte. L’édition présentée ici est l’originale, republiée à l’occasion du 40e anniversaire de l’œuvre.

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En somme, un jour d’hiver, James construit un bonhomme de neige. Aux douze coups de minuit, le jour du réveillon, ce bonhomme de neige prend vie et s’amuse dans la maison avec l’enfant toute la nuit, s’envole en sa compagnie vers une contrée lointaine pour admirer les premières lueurs de l’aurore, avant de retourner chez lui. Le lendemain, James se lève et se rend avec précipitation dans le jardin pour retrouver son nouvel ami. Cependant, à son grand désarroi, le bonhomme de neige a fondu et ne subsistent que son écharpe, son chapeau, la mandarine qu’il avait en guise de nez et les quelques bouts de charbon faisant office de boutons.

Oui, je vous ai dévoilé la totalité de l’intrigue. Oui, la fin n’a rien d’un happy ending digne d’un conte de Noël. Toutefois, l’essence-même du livre réside ailleurs. The Snowman est une ode au caractère éphémère et magique de l’enfance, parfaitement incarnée par la célébration de Noël. Si en grandissant, la plupart des adultes n’y voient que la futilité d’une fête mercantile ou le début d’une longue période ponctuée par des réunions de familles à la logistique infernale, l’enfant, quant à lui, se laisse facilement convaincre par la magie de Noël, même si cette fébrilité ne dure que le temps d’un réveillon. Lorsque le bonhomme de neige visite la maison de James, il s’émerveille d’un rien. Qui d’entre nous ne s’est jamais amusé à jouer avec les interrupteurs de lumière au grand dam de nos parents, à s’habiller dans leurs vêtements et à singer leur attitude, ou bien encore à s’asseoir du côté conducteur dans la voiture familiale en prétendant être un fou du volant ? Raymond Riggs puise dans les plaisirs simples de la prime jeunesse, aussi touchants qu’éphémères. Le contraste entre le monde adulte et celui de l’enfance est parfaitement saisi dans l’apparence du bonhomme de neige, habillé d’un chapeau et d’une écharpe lui donnant un côté désuet, malgré son air débonnaire et candide. Une des vignettes les plus parlantes est celle où notre ami tout fait de neige s’arrête devant un tableau accroché sur le pallier et fait une moue d’incompréhension. Ce cadre est une reproduction des Tournesols de Vincent Van Gogh. L’incapacité à appréhender la portée de l’œuvre ou le besoin d’accrocher un tel tableau dans la maison est une réaction plutôt typique des plus jeunes. Combien d’entre nous n’ont pas baillé d’ennui dans certains musées ? (Je vous fais alors l’aveu d’être une fervente amatrice d’art.)

Certains éléments illustrent la culture de Noël chez les Anglo-Saxons. La mandarine, par exemple, est le fruit par excellence de cette fête. On la retrouve également dans les Christmas puddings, les mince pies ou autre pâtisseries traditionnelles. Le charbon était le moyen de chauffage le plus répandu à l’époque et popularisé depuis la révolution industrielle.

Alors que dire de la fin, plutôt abrupte et douce-amère pour un conte de Noël ? Les plus pessimistes y verront la fin de l’innocence, car tout enfant finit par grandir et ne plus croire en la magie de Noël. Les plus optimistes y verront la nécessité de profiter de cette période innocente sans tracas pour la plupart, car elle ne durera pas éternellement ; ou de simplement faire la part belle à ces petits moments de bonheur dans la vie. Le lecteur ne saura jamais si James a rêvé de cette rencontre plus qu’improbable ou si la magie de Noël a réellement opéré le temps d’une nuit.

Dans tous les cas, le livre véhicule des idées de partage, de réunion et de bienveillance lors des fêtes de fin d’année et, en ces temps troubles, ces valeurs sont plus que nécessaires. The Snowman a également fait l’objet d’une courte adaptation animée de 26 minutes, diffusée en 1982. L’histoire est légèrement différente de l’originale sur la fin, mais l’animation est de grande qualité. Cet épisode possède également une suite nommée The Snowman and The Snowdog sorti sur petit écran en 2012 et adapté en livre illustré.

The Snowman: Inspired by the original story by Raymond Briggs de Michael Morpugo est, quant à lui, une adaptation sous forme de roman du conte original.

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Vous l’aurez compris, The Snowman est un véritable pilier de la littérature anglo-saxonne et peut-être trouvera-t-il une place au chaud dans votre bibliothèque après le passage du père Noël cette année ?


Bonus : Le court métrage intégral de The Snowman est disponible juste ici

 

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