Quelques cadeaux horrifiques pour Noël ?

Ah ! Le réveillon de Noël, cette fête familiale par excellence avec ses cadeaux et son folklore doucereux, ses rediffusions éternelles de comédies sirupeuses, son consumérisme frénétique ! Quel meilleur écrin pour un récit d’horreur ? C’est en tout cas une forme de tradition aussi vieille que l’invention du costume du Père Noël par le service marketing d’un célèbre soda américain blanc et rouge, avec ses œuvres majeures et ses héros. Bien sûr aussi ses monstres, sinon ce ne serait ni drôle ni gore.

Commençons par le pire de tous : le Père Noël, objet de quelques longs métrages cultes pour enfants pas sages. Impossible de passer sous silence une perle de 1964, l’étrange et culte Père Noël contre les martiens réalisé par un certain Nicolas Webster, où des aliens maquillés à la truelle viennent enlever notre héros. Bien entendu, l’œuvre vaut plus pour sa naïveté (rien ne résiste à la gentillesse du barbu : pas même un empire galactique) et son déluge d’images d’enfants capturés à leur tour dans un état d’euphorie suspecte.

Sans titre Passons aux choses sérieuses avec deux films appartenant au genre du slasher (films à base de tueur en série pourchassant des victimes, comme Vendredi 13 ou Halloween pour les plus connus), deux perles : Black Christmas (Bob Clark, 1974) et Silent Night, Deadly Night (C.E. Seller Jr, 1984).

Le premier nous raconte, sans jamais montrer le tueur, le massacre d’une sororité, société étudiante typiquement américaine, la nuit de Noël. L’œuvre se présente comme un mélange de film policier, de thriller psychologique et bien sur du plaisir coupable d’un gore dégoulinant, avec en bonus ce parfum 70’s toujours aussi efficace. Avec ses couleurs et son déroulé calme, le film du réalisateur de Porky’s installe plusieurs codes du genre avec sa menace frappant les pécheresses en premier et se déplaçant en silence pour mieux surprendre.

Le tueur est le personnage principal du second film. Traumatisé par la fête, il se transforme en bête furieuse massacrant à son tour. Si le premier s’éloignait des symboles familiaux, le second est rempli de cadeaux et de costumes typiques, de chants, tout en les teintant d’une menace constante. Si nous ne spoilerons pas ici les meurtres, le film vaut pour ce détournement ainsi que pour ce doux parfum de direct to VHS fauché qui ravira les cœurs des plus fétichistes.

Sans titreEnsuite, il y a les films qui situent lors de Noël des récits sans rapport direct. Le parfait, et le plus connu, est Gremlins (Dante, 1984) avec son invasion de monstres ; également Jack Frost (Conney, 1997) et son bonhomme de neige démoniaque. La neige et l’innocence des victimes, tout comme l’atmosphère générale empreinte de consumérisme et de guimauve, offrent à ces films une voie royale pour des récits critiques. L’un comme l’autre ont pour victimes des familles ou des figures éloignées du film d’horreur ordinaire : des professeurs, des enfants pas sages (mais que pour quelques frissons) des personnes âgées. Il s’agit surtout de jouer avec les symboles. Dans ce registre, un plaisir coupable s’impose : Very Bad Santa (Steinman, 2005). Il s’agit d’un Père Noël, un ancien démon ayant perdu un pari, se mettant à massacrer les habitants d’une petite ville canadienne. Ici, le jeu est complet entre les  »gardiens de la vérité » aux couleurs vertes lutinesques, aux sucres d’orge tranchants et aux punchlines à coup de références populaires, Santa Claus devenant une brute et un obsédé. Un bonheur bis à découvrir et pour le rendre indispensable : le Père Noël est joué par le catcheur Bill Goldberg.

Sans titre

Pour finir ce petit tour d’horizon, sachez que la thématique démoniaque a été le moteur d’un film pas comme les autres : Saint (Maas, 2010). Le réalisateur culte de L’Ascenseur ou Amsterdamned nous propose une version gore et sombre de la fête de Noël — ou plutôt de la Saint-Nicolas —, une fête bien connue, mais qui prend ici une tournure fantastique et horrifique de premier choix. Mais chut, nous vous gardons la surprise et vous laissons le découvrir pour en garder toute la saveur intacte, comme une bûche de Noël dégoulinante de sang ou alors un sucre d’orge meurtrier pour enfants pas sages.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire