Exposition : Fantômes

Gustavo Giacosa a présenté l’exposition « Fantômes » du 9 au 17 mars 2019 à la Maison d’Auguste Comte. Mêlant l’art des XIXe et XXe siècles avec des artistes contemporains, ils se répondent et s’assemblent autour de la fascination de la mort.

Le lieu en lui-même est atypique : vieil immeuble parisien rue Monsieur le Prince, au second étage se trouve le musée hommage à Auguste Comte, dans son ancien appartement. On se balade de pièce en pièce, à travers les cartels qui racontent sa vie. Son fantôme semble nous accompagner au fil de ses recherches sur la philosophie, la psychologie, la sociologie ou de ses histoires sentimentales.  Il a créé le mouvement de pensée du positivisme et a influencé des hommes politiques de par le monde, inspirant le modèle de pensée de la IVe République, dont Gambetta et Clemenceau. Ce musée nous raconte sa personne et son esprit nous accompagne, dans son habitat devenu musée.

Photographies mortuaires anonymes. Musée Auguste Comte.

L’exposition articule des œuvres anonymes de l’ère moderne : comme les photographies mortuaires usuelles où le public pouvait y découvrir les morts, autant de cadavres rendus immortels par l’image. Avec cette décoration macabre, dans le style de l’habitation tout entière, on peut penser que ces œuvres de fantômes ont toujours été là, d’autant plus que le dialogue avec les œuvres contemporaines est très réussi. L’installation sonore de Fausto Ferraiuolo coule dans toute l’exposition, traverse le Styx, rendant l’atmosphère étrangement réelle, étrangement vivante. Les fantômes prennent contradictoirement vie autour de nous, les morts se relèvent. Ces sons, ces vieilles bibliothèques emplies de grimoires, ces lourds meubles de bois nous envoient dans un univers « Harry Potteresque » ; un décor figé dans le temps et pourtant résolument actuel grâce aux œuvres de Caroline Benitah, Stéphane Blanquet, Marcelo Bordese, Antoine d’Agata, Gustavo Giacosa, Jean Michel Hannecart, Edmund Kesting, Michel Nedjar et Eugene Von Bruenchenhein.

Bibliothèque. Musée Auguste Comte.

Comme un fantôme, cet article veut laisser une trace de cette exposition trop éphémère. Dans la volonté très réussie de faire un décor de cet appartement, on ne sait plus trop ce qui est œuvre. Les cartels sont bavards mais assez peu pertinents et c’est finalement la feuille de salle qui répond à la majorité des interrogations au sujet de ces œuvres anonymes cachées parmi les esprits. L’anonymat est partout, voulu et assumé : c’est la représentation des morts, et surtout, des revenants, qui est ici en jeu, dans le fond comme dans la forme. On ne sait plus ce qui est réel, rêve, cauchemar ou hallucination. Nous voici presque dans Le Horla.

Gustavo Giacosa. Exposition « Fantômes ». Musée Auguste Comte.

La dernière salle : lit de mort de M. Compte et esprits qui s’envolent grâce à l’art contemporain, cadavres dans le placard qui vous offrent les frissons attendus des fantômes. Une réussite trop courte, une proposition scénographique, une expérience séduisante, plus qu’une exposition.

Edmund Kesting. Exposition « Fantômes ». Musée Auguste Comte.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire