L’herbier d’Ostara : suggestions botaniques pour l’équinoxe de printemps

Ostara, par Wendy Andrew.

Joyeux Ostara à tous les sorciers qui me lisent !


Aujourd’hui, je reviens armée de mes bottes et de mes grimoires pour vous écrire un herbier. Je lance une série d’articles qui auront pour but de vous présenter tout au long de l’année des suggestions botaniques au fil des sabbats. L’équinoxe de printemps vient doucement de passer et la nature secoue ses dernières gouttelettes de pluie. J’en profite pour secouer mon ciré, je prends mon grimoire. Commençons, si vous le voulez.

L’esprit de ce sabbat, dans la manière dont les sorciers et sorcières d’aujourd’hui le considèrent, est d’abord celui d’un temps de la germination, de la fertilité. Il n’y a qu’à observer la nature et la façon dont elle chérit ses premiers bourgeons, les graines dans son ventre. Nous nous baladons et nous voyons les arbres en bourgeons, les plantes, sortir timidement de terre. C’est un temps excellent pour concevoir de nouveaux projets, qu’ils soient concrets comme un enfant ou une union, ou bien plus abstraits comme l’idée d’un livre ou d’un nouveau défi. Profitons de ce temps de l’année pour confier à la nature notre souhait de germination. Nous germons en même temps que les plantes, nous nous secouons en sortant de l’hiver, qui est rude.

C’est aussi, très logiquement, un temps de nettoyage. Alors profitons des bienfaits végétaux pour faire des purges, des nettoyages intérieurs, des « détox ». Nettoyons nos intérieurs, nos maisons, nous-mêmes. Profitons des journées qui rallongent pour faire entrer le soleil par les fenêtres, allumer des bâtons de sauge ou de Palo Santo pour ôter les énergies de l’hiver. On peut confectionner des sachets que l’on renouvèlera lors du printemps suivant : du simple sel gris, des sachets blancs et l’intention de garder le meilleur, et seulement le meilleur pour l’année. On en place un dans chaque pièce, à l’abri des regards s’ils sont malvenus.

Bâtons de fumigation pour la boutique The Sage Goddess.

C’est un temps de balance : l’équinoxe, à savoir l’exacte équivalence de la durée du jour et de la nuit, invite à se maîtriser soi-même, réguler ses passions les plus destructrices. On se nettoie, on regarde les choses sous un nouvel angle.

Durant ce sabbat, on peut commencer le jardin. Mars est idéal pour semer un bon nombre de graines, et rien n’empêche de placer des vœux à l’intérieur, pour l’année à venir. Les derniers froids de mars donnent un coup de fouet aux graines qui, après le froid, germent plus facilement. Si vous n’avez pas d’accès à la pleine terre et au jardin, je vous encourage à utiliser vos rebords de fenêtre, si ce n’est pas dangereux pour les passants en dessous. Beaucoup conseillent aussi de mettre vos graines au frigo juste avant, afin de déclencher la fin de la dormance germinative. On peut aussi en profiter pour aller se balader en pleine nature, la nettoyer, la contempler, lui faire des offrandes.

Puisque le travail en intérieur est encore de mise, autant cuisiner ! Que serait un sabbat sans cuisine ? Je vous le demande. Quelques idées de légumes pour les repas : betteraves, choux de Bruxelles, artichauts, choux, radis, oignons, rhubarbe, pissenlit. Navrée pour les carnivores, je n’intègre que du végétal ! Ceci dit, si vous tenez à votre part, sachez que le lapin est idéal – quoiqu’il soit sans doute meilleur de le laisser gambader.

Autel païen. Site : Pixabay.

Vos balades vous auront peut-être inspiré des décorations. Ostara est la fête du « pastel » : on peut placer des bougies vert pâle, roses ou bien blanches, à l’image des couleurs que la nature nous offre en cette saison. Le vert est tendre comme les jeunes pousses, le rose reste doux, comme des fleurs timides. On célèbre aussi le Soleil, qui revient de plus en plus : on peut mettre ça et là des symboles solaires, comme une bougie dorée ou des linges jaunes, des fleurs de pissenlit. On peut placer un bulbe de fleur, comme une jacinthe, la plante des fées si l’on veut réaliser des vœux. Les œufs sont le symbole ultime de ce sabbat : on n’est pas obligé d’avoir de vrais œufs pour décorer l’autel ou la maison. Les œufs de Yoni peuvent vous servir à faire un rituel un peu « spécial », pour honorer la déesse et le concept de fécondité ; à moins que vous ne préfériez utiliser des coquetiers et les remplir d’eau de source.

Certaines plantes sont à l’honneur, plus que d’autres. Parmi elles, avant tout, les fleurs ! Les lis, les narcisses, les lavandes, les chèvrefeuilles, les jonquilles, les mélisses, les roses : toute fleur suggère l’idée de cycle. Quoi de plus évocateur que les fleurs pour célébrer le changement de saison ? On peut aussi ramasser des trèfles et traquer ceux qui ont quatre feuilles, afin d’apporter avec nous tout au long de l’année les énergies chanceuses du printemps. De la même manière, cueillons des branches de forsythia, une fleur à quatre pétales jaunes, qui n’est pas sans évoquer l’équilibre parfait des saisons, la polarité féminine et masculine. Elle est une plante de la fertilité, un outil si l’on veut concevoir. Elle élève les vibrations dans la maison. Vous pourriez préférer à celles-ci la pensée sauvage, qui est une petite fleur, très discrète. Les anglophones l’ont longtemps surnommée « heartease » car on pense d’elle qu’elle soulage les maux d’amour et aide dans le travail affectif. On l’incorpore aux rituels liés à l’amour. Enfin, dernière suggestion, ma préférée : la violette. Fleur assez fragile, elle est pourtant une alliée de taille pour la sorcière. En effet, on l’utilise séchée (ou bien sous d’autres formes) pour le travail des rêves sous l’oreiller ou bien si l’on veut honorer les fées.

Bouquet de lavande. Site : Pixabay.

Dans tous les cas, que vous décidiez simplement de décorer votre maison ou de faire tout un tas de rituels ou de tirages, célébrez ce jour comme vous le souhaitez. Il s’agit avant tout de se nettoyer et de faire fi des mauvaises énergies de l’hiver, qui viennent parfois nous parasiter. Profitons de l’énergie des fleurs pour embrasser cette nouvelle saison !

Pour finir, une suggestion pour rester dans l’air du temps : je conseille aux taromancien.ne.s le sublime oracle Hedgewitch botanical oracle. Les illustrations sont sublimes, très modernes, contrairement aux planches botaniques traditionnelles, par exemple. Le livret est vraiment complet et donne même des conseils de récolte « sauvage ». Pour en savoir plus, je vous renvoie sur le blog The Bewitching poisoner, car elle en parle mieux que moi !

L’oracle sur Sabbat Box.

 

 


Bibliographie :

KYNES, Sandra, La Magie des Plantes.

NICE, Harmony, Wicca.

MITCHELL, Mandy, Hedgewitch book of days : spells, rituals and recipes for the magical year.

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