L’Herbier de Beltane : suggestions botaniques pour le premier de mai

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Joyeux Beltane à tous les sorciers qui me lisent !


 

Aujourd’hui, je reviens pour vous écrire l’herbier du moment : celui du mois de mai, des fleurs et de la fertilité. Je continue la série d’articles qui auront pour but de vous présenter tout au long de l’année des suggestions botaniques au fil des sabbats. Le premier mai approche, avec son drapé floral, la nature qui bat son plein. Cette date est aussi connue sous le nom de nuit de Walpurgis, nuit durant laquelle, dit-on, l’activité spirite est aussi intense qu’à Samhain (31 octobre). Profitons donc de ce moment de l’année pour construire nos herbiers ou se cultiver !

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Pour le côté culturel de Beltane, je vous renvoie à mon article précédent. C’était une fête celtique réputée pour son lien à l’agriculture : en effet, c’est le moment où les bêtes ressortent dans les pâturages et où l’on se remet à travailler tard aux champs. Vous me direz, l’agriculture, ce n’est pas ce que je célèbre à Beltane… Effectivement, il y a un autre aspect important : celui de la fertilité. Lors du mois de mai, mois du signe fort du Taureau, on assiste à une nature qui prend une vigueur impressionnante : les fleurs poussent de partout, les animaux se reproduisent. Ainsi, Beltane est avant tout un sabbat de la fertilité, qui célèbre la sexualité mais aussi l’abondance. Il est à mi-chemin entre le printemps et l’été, le temps fort pour les récoltes – le temps des fruits, aussi.

Sainte Walburga. Crédit non identifié.

Le nom de Beltane a été associé assez tardivement à une abbesse bénédictine (710-779) du nom de sainte Walburge. On dit d’elle qu’elle a évangélisé les Germains. Aussi, on considère aujourd’hui qu’elle protège du mal causé par le diable ou les sorciers, tout en l’associant au jour de Beltane. Paradoxal, non ? Pour en revenir  à la question des noms, il serait peut-être aussi intéressant de savoir que « mai » vient du nom d’une déesse romaine de la fertilité, Maia.

Alors, avec toutes ces bonnes idées, que faire lors du sabbat de Beltane ? On peut manifester pour le travail, comme certains Français. On peut aussi piocher dans la culture païenne et effectuer un handfasting – un rituel qui nous lie, comme une sorte de mariage, à quelqu’un. On peut mettre en place un feu qui deviendra un feu de joie, au-dessus duquel il est de coutume de sauter avec des vœux… Puisque le mois de mai, et ce jour particulier, sont associés au feu de l’abondance, pourquoi ne pas travailler sur cet aspect-là dans nos vies ? Amener la prospérité chez soi en cultivant nos plantes, nettoyant nos portes, en « secouant » notre maison ? C’est un temps idéal pour faire la place au neuf, à la création. Rappelons aussi qu’il est un temps de féérie : tout à fait comme son jumeau Samhain, Beltane est un jour où l’activité spirite est dite « à son comble ». Alors, prenez une pierre trouée (hag stone) et sortez dans le jardin, histoire de voir s’il y a quelques fées !

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Nous en venons à mon herbier. C’est bien, on sait que Beltane est lié aux fleurs, mais encore ? Dans le calendrier druidique, il est dit qu’il se situe entre la période du saule (arbre lunaire et divinatoire) et de l’aubépine, plante des fées par excellence. En effet, le saule est un arbre lunaire, tout à fait comme le bouleau. On les associe volontiers à l’énergie féminine. Pourquoi ne pas en profiter pour en faire une baguette lors de ce sabbat ? Et l’aubépine, alors ? C’est un arbuste qui fleurit au mois de mai et qui est lié aux fées. Dans la littérature médiévale, quand une aubépine apparaît au détour d’un texte, un être magique est rarement loin ! Ainsi, c’est le mois de la floraison en général. Cela correspond d’ailleurs historiquement aux fêtes romaines des Floralia, où l’on célébrait la déesse Flora et la nature bourgeonnante.

Claude Vignon, Flora, vers 1630.

Lors de Beltane, pourquoi ne pas effectuer une divination florale ? On se rend dans un champ, les yeux fermés, et l’on saisit toute une brassée de fleurs, sans compter, en ayant en tête une question sur l’avenir. Si c’est une question fermée (oui/non), alors il faudra compter les fleurs : si le nombre est pair, la réponse est négative. Si c’est une question ouverte, alors, le nombre de fleurs correspondra au nombre d’années qu’il faudra attendre avant que ce souhait ne se réalise ! Sympathique activité, non ? Récoltez des bouquets de roses, de muguet et de violettes pour un travail divinatoire et amoureux tout au long de l’année. Ramassez la rosée à l’aube de Beltane : on lui prête un grand nombre de vertus. Pour nettoyer son foyer, rien de mieux qu’un peu de citron, de menthe ou d’achillée millefeuille ; prenez du gros sel, mélangez ces plantes et parsemez vos sols en considérant que ce mélange nettoie le négatif de l’année.

En bref, je vous parle d’un de mes sabbats préférés, car il appelle à une créativité profonde, une relation accrue aux fleurs, fantastiques guides tout au long de l’an. Alors, chaussez vos bottes, prenez vos paniers et vos offrandes pour les fées et esprits des lieux (car oui, vous croyez que les êtres naturels ne demandent rien en retour ? Allez, coupez cette mèche de cheveux et prenez cette fiole de lait, elle vous servira).

 

 


Bibliographie :

Cunningham, Scott, Encyclopédie des plantes magiques.

Kynes, Sandra, La Magie des plantes : douze mois avec la sagesse des plantes.

Laporte, Florence, Les Arbres sacrés des druides.

Marquis, Mélanie, Beltane : rituels, recettes et histoire du 1er mai.

Moura, Ann, Grimoire de magie verte.

Ritter, Claudia, Plantes bienfaisantes pour le corps et l’esprit : secrets de guérisseuses et de sorcières.

Rivière-Sestier, Madeleine, Remèdes populaires en Dauphiné.

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