Parure de Guerre, esprits de la mythologie

Parure de Guerre est l’atelier de création de Vanessa Marinello. Passionnée par l’artisanat d’art et s’inspirant de divers univers fantastiques, elle créé des bijoux et parures qui tiennent du merveilleux. Puisant ses idées dans de vieilles légendes et des mythologies oubliées, elle les interprète grâce à ses doigts de fée et lie signifiant et signifié, forme et sens.

Sanguis Tenebris, mars 2019. (c) Photo Laureen Karavec

~ Depuis quand pratiquez-vous la création de bijoux ? Qu’est-ce qui vous a décidé à ouvrir Parure de Guerre ?

J’ai toujours été attirée par les « loisirs » créatifs. Depuis toute petite déjà, je faisais des maquettes de châteaux forts en papier avec mon beau père. Je dessinais beaucoup, pyrogravais, puis je me suis mise à l’aquarelle, l’acrylique… Ça me permettait de m’exprimer en passant par-dessus mes difficultés de communication et de compenser un sentiment d’infériorité que je ressentais. J’ai d’abord commencé à vouloir vendre les tableaux que je faisais. Une fois l’émotion exorcisée sur la toile, je ne ressens pas le besoin de la garder et, soyons honnête, les toiles encombrent vite un appartement. À l’époque j’avais appelé la page Peinture de Guerre. Puis, j’ai ressenti l’envie de créer avec mes mains et je me suis mise à toucher d’autres matériaux, comme la pâte polymère, qui inconsciemment m’ont fait faire des bijoux. Parure de Guerre était née.

J’avais, et j’ai encore, l’envie d’évoluer, d’apprendre de nouvelles techniques. Que ce soit par moi-même, au fil d’expériences ratées et/ou réussies, ou par le savoir et le partage d’autres personnes. M’ouvrir aux autres, créer pour eux et non pour moi, c’est ce qui m’a décidée.  C’est ce qui s’est passé. J’ai beaucoup grandi au fil des personnes que j’ai rencontrées.

~ Votre travail s’inspire beaucoup de diverses mythologies : nordique, avec l’arbre de vie par exemple, mais aussi celtique, ou plus récemment avec l’interprétation des déesses du soleil et de la lune du panthéon hittite, Arinna et Sironna. La mythologie est-elle une passion, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

La mythologie est effectivement une passion. Je trouve merveilleux la façon dont les hommes ont personnifié des concepts. Je pourrais me contenter de dire  « bracelet du soleil », mais en lui donnant le nom d’Arinna, je lui confère une âme. Tout à coup, il a une histoire, il devient un symbole d’une culture toute entière. Cela lui donne une force et je trouve cela magique. La mythologie est importante à mes yeux, elle représente beaucoup de choses dans lesquelles je sens un écho. C’est une grande source d’inspiration. Ne me demandez pas quel panthéon je préfère, je serais bien incapable de faire un choix. Je trouve que chaque culture est passionnante et inspirante.

Parure. (c) Photo : Oncle Tom.

~ Vous vous intéressez aussi à la culture populaire, certaines de vos pièces rappellent des figures, comme le Chtuluh, ou encore, s’inspirent de jeux de rôle ou de l’univers d’Harry Potter. Est-ce important, pour vous, d’insérer ces références dans vos travaux ?

La culture populaire est ma deuxième source d’inspiration, elle est elle aussi composée de symboles, un peu comme une mythologie  moderne. Elle est donc aussi présente dans mon travail. D’autant plus que je baigne dedans de par l’association ludique que j’ai monté, Les Ailes de Némésis.

~ Quel est votre rythme, vos techniques préférées ou encore vos rituels de travail ?

Mon rythme de travail peut être très variable, il dépend de ce que je fais. Je peux faire huit pendentifs tentacules ou un seul bracelet complexe pour le même temps donné. J’ai deux façons de travailler. Avant toute chose, je choisis un thé épicé et je me prépare une théière entière, puis, pour me mettre au travail, je commence toujours par m’entourer physiquement de tous mes matériaux (pierres, pendants, fils, perles…). De l’extérieur on dirait que je m’étale, mais en réalité, j’organise mon espace de travail. Enfin, soit je lance une série et je travaille au ralenti, soit j’installe un fond musical, j’allume des bougies et là je me plonge sérieusement dans de la création.

Améthyste. (c) Photo : Oncle Tom

~ Le choix des pierres et des matériaux est central, comment les sélectionnez-vous ?

Quel que soit le choix, au final il faut que ça m’inspire avant tout. Ce que j’aime, c’est quand je raconte une histoire avec un bijou. Il faut donc que chaque élément que je mets dans le bijou soit une partie de l’histoire. Habituellement, j’assemble virtuellement le bijou sur une feuille, en posant tous les éléments qui seront sur la pièce. Je les agence, les modifie…

~ Le choix prend-il en compte le pouvoir des pierres ? Si oui, comment utilisez-vous la lithothérapie dans votre art ?

Au début, le choix des pierres étaient purement esthétique et parfois symbolique. Aujourd’hui, mes choix prennent de plus en plus en compte la lithothérapie et le symbolisme des pierres. Le plus souvent, je fais des recherches pour trouver les pierres qui ont soit l’action que je veux, soit le symbolisme. Puis je pioche dans cette liste et fais des choix.

~ Avez-vous un exemple concret de la manière dont vous faites vos choix ?

Perle-De-Lune : Ce bracelet est inspiré d’un personnage de jeu du jeux de rôle Loup-garou Apocalypse.

Claire-De-Lune est une jeune loup-garou lupus, elles est une théurge, une chamane qui communique avec les esprit de l’Umbra. Au moment de sa transition, elle a perdu la mémoire, oubliant lequel de ses parents est un garou et de quelle tribu elle est issue. Elle a été recueillie par la tribu amérindienne du Nord, les Uktena. Puis elle a rejoint une meute inter- tribu réunie par l’esprit de Lion Blanc, ancien esprit protecteur de la tribu des Hurleurs Blanc, aujourd’hui disparue. Là, la marque des Hurleur Blanc est apparue sur son pelage qui s’est éclairci d’un coup. Ses frères de meute l’on rebaptisée Perle-De-Lune. Plus tard, lors d’un duel de théurge, elle a demandé à un esprit chouette de la guider dans l’Umbra profonde jusqu’au royaume de la lune afin d’en rapporter une pierre. Mais le chemin du retour lui a coûté un prix exorbitant et un esprit ancêtre l’a marquée d’une étoile d’argent sur la poitrine.

Ainsi sur le bracelet on peut voir un loup, une chouette, un cerf qui est l’un des avatars de Uktena, une lionne, un croissant de lune qui est l’hospice lunaire des théurges, un autre pour son voyage vers le royaume lunaire et deux étoiles. Quatre aigues-marines pour représenter la couleur bleu très clair de la marque des Hurleurs Blancs, des agates mousses pour rappeler les forêts d’Amérique du Nord, des howlites pour le pelage pas tout à fait blanc de Perle-De-Lune, du cristal de roche pour la perception spirituelle, et différents types de pierres de lune : pierre de lune classique, adulaire et arc-en-ciel.

~ Faites-vous beaucoup de commandes ou privilégiez-vous l’inspiration ? Dans quel cadre faites-vous des commandes, comment procédez-vous ?

Je pense que les deux se valent. J’ai tendance à faire un bijou dès que je suis inspirée. Quand une idée me vient, elle va me trotter dans la tête jusqu’à ce que je finisse par la réaliser.  Et je refuse rarement une commande. C’est en me confrontant aux exigences des autres que j’évolue, m’améliore et grandis. Lorsque quelqu’un me commande un bijou, nous avons de longues discussions sur le pourquoi de ce bijou. Est-ce juste une fantaisie ou est-ce plus important ? J’essaye de mettre la personne en confiance, souvent on finit par parler symbolisme et de l’histoire qui l’a conduit à faire appel à moi pour le fabriquer. Même si j’ai tendance à vouloir que mon identité artistique apparaisse sur mes créations, je n’impose jamais mais guide toujours. C’est presque comme un travail d’équipe et, au final, la personne joue un rôle important dans la création de son bijou unique.

Parure complète « Rouge des Abysses », 2019. (c) Photo : Laureen Karavec

~ Vous pratiquez également la peinture ou la création de costumes. Pouvez-vous nous parler de vos autres pratiques ?

J’aime tout ce qui consiste à créer de ses mains, je peins avec de l’acrylique et des aquarelles, je dessine aussi, au crayon, pastel sec, mais je ne compte pas m’arrêter là. J’ai plein d’envies : le cuir, la céramique, la calligraphie… J’espère que j’aurais assez d’une vie pour explorer d’autres horizons.

 

 


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