Légendes des Dolmens et Menhirs – La magie des mégalithes

Vous êtes amateurs de légendes celtes ? Vous aimez les contes et les légendes ? Cet ouvrage est fait pour vous ! Légendes des Dolmens et Menhirs est un recueil de contes réunis et présentés par Gérard Lomenec’h, paru aux éditions COOP BREIZH en 2012. L’auteur est un spécialiste des cultures traditionnelles anciennes mais est aussi musicien. Il a rédigé de nombreuses anthologies de légendes ainsi que plusieurs CD dont les Chansons courtoises médiévales. La couverture réalisée par Pascal Moguérou nous accroche grâce à ses korrigans musiciens sur les menhirs – un petit clin d’œil au talent musical de l’auteur.

Couverture des Légendes des Dolmens et Menhirs par Pascal Moguérou.

Dolmens et menhirs, les tutoyeurs du ciel :

Commencer cette chronique, c’est s’aventurer sur un chemin sinueux, jonché de pierres d’un âge lointain. Les civilisations protohistoriques pratiquaient des coutumes qui semblent mystérieuses à nos yeux d’hommes et de femmes du XXIe siècle. Il y a environ trois ou quatre mille ans avant Jésus-Christ, d’immenses mégalithes jaillissaient des terres celtes : les dolmens et les menhirs. La Bretagne n’est pas avare de légendes lorsque la fonction originelle d’un monument antique demeure sans réponse. Les dolmens les plus célèbres sont les alignements de Carnac dans le Morbihan, et ce recueil s’empare de ce lieu pour faire naître diverses légendes. Selon la version chrétienne, ces pierres dressées vers le ciel seraient une punition divine : d’anciens soldats païens auraient tourmenté le pape qui s’était réfugié en Armorique. L’auteur nous divulgue d’autres détails : « Les menhirs de Kerzhéro à Erdeven formaient l’avant-garde de cette cohorte militaire en marche. » Le voile de la vérité ne s’est jamais levé sur la naissance de ces roches titanesques qui semblent tendre vers les nuages.

Ainsi, l’imaginaire breton enveloppe toutes ses contrées de merveilleux. On s’imagine aisément les roches danser un soir de pleine nuit ou des menhirs descendant à la mer pour se désaltérer. La nuit, les dolmens et les menhirs sont tous dotés d’une vie surnaturelle. La preuve, Gérard Lomenec’h nous livre cet épisode :

D’autres menhirs sonnent l’heure, découvrent des trésors à la Saint-Jean et à Noël. Ar Men Sul – la fameuse Pierre du Soleil à Maël-Pestivien tourne à midi et exécute de véritables danses deux fois dans l’année, donc aux solstices, époques de merveilles et de fêtes chez nos lointains ancêtres.

Le recueil de légendes évoque donc les dolmens comme les « roches aux fées ». Bâtisseuses dans l’âme, elles auraient transporté les dolmens et menhirs pour créer leur domaine. Bien que ces légendes traversent les âges, elles nous apparaissent comme les vestiges du paganisme celtique. Les légendes celtes dévoilent une grande affection pour la place féminine : les femmes sont mises en avant, dotées de pouvoirs surnaturels. Certains contes nous délivrent des traditions médiévales comme le conte du royaume d’Obéron, roi des elfes. Ainsi, toute l’Europe païenne célébrait les pierres et les roches car elles étaient supposées être les habitats des êtres féeriques. Avec la christianisation, les fêtes païennes ont été fondues avec les célébrations que nous connaissons. Alors, nous retrouvons quelques contes qui, vu par le prisme de la religion chrétienne, diabolisent le culte des roches. Néanmoins, nous avons le loisir de découvrir des légendes qui nous poussent à voyager jusqu’aux confins du royaume de Féerie.

Le recueil :

Composé de six grands chapitres thématiques, il s’ouvre ainsi sur « Des pierres à légendes » et se termine par « L’antre du diable ». Les légendes celtiques avaient pour but de trouver une explication fantasque aux faits inexpliqués. On les appelle les contes étiologiques et l’anthologie est composée en majeure partie de ce registre palpitant.

L’auteur ouvre son premier chapitre sur un bref rappel des appellations celtes des mégalithes : « menhir ou peulven, pierres dressées ; dolmen, table de pierre, lec’h, petit menhir taillé ou cromlec’h, cercle de menhirs. » Le recueil met en scène bon nombre de femmes se rendant la nuit près des dolmens et menhirs. Cette imagerie perpétue la figure de la sorcière, choyée par la nature, aimée des êtres féeriques. Les femmes auraient considéré les immenses pierres comme autant de symboles de la fertilité grâce à leur forme érectile. À mes yeux, la force de ce recueil repose sur les légendes éclectiques autour de ces mystérieux monuments. Que les légendes soient de racines païennes ou chrétiennes, la magie les entoure et les archéologues tentent de donner quelques explications rationnelles.

© Philippe Berthé / Centre des monuments nationaux.

La réputation des mégalithes se propage du fin-fond du Morbihan jusqu’aux plaines vertes de l’Irlande. Ils fondent un imaginaire de la magie, des rituels druidiques ainsi que des habitats féeriques. Les korrigans, les fées et les farfadets trouvent leur place au sein des légendes, côtoyant les mortels et se jouant d’eux. Mais le recueil ne nous divulgue pas uniquement des anciennes traditions de l’Âge de pierre. Le christianisme trouve une place de marque dans cette anthologie. Les récits des saints du monde celte prennent part au mystère des pierres, et les forces divines ne sont jamais bien loin. Il est frappant d’apprendre que la christianisation intègre les traditions orales celtes et les remanie, et ainsi, permettant d’aboutir à une thèse chrétienne.

L’articulation des Légendes des Dolmens et Menhirs est intéressante : chaque chapitre est thématique et met à l’honneur les créatures autour des mégalithes ou les événements merveilleux qui les entourent. Ce recueil est donc fascinant pour la compréhension des pierres celtes mais aussi pour la curiosité des petits et des grands !

Légendes des Dolmens et Menhirs, textes réunis et présentés par Gérard Lomenec’h, COOP BREIZ, Rennes 2012, 2015.

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