Égarements, Hjalmar Söderberg

Crédit @Allehanda

Premier roman de l’auteur suédois Hjalmar Söderberg, Égarements (titre original : Förvillelser) apparait en 1895 et déclenche la carrière de l’auteur sur un scandale : l’œuvre est jugée immorale !

Au fil des pages, nous suivons Thomas Weber, un jeune étudiant en médecine dont l’avenir semble prometteur. Thomas vient de décrocher sa licence, son père lui a offert une petite somme d’argent pour le récompenser de ses résultats : il n’a qu’une envie, la dépenser. Suite à ce succès, le jeune Thomas s’endort sous les lauriers. C’est le printemps, les corsages des jeunes filles sont légers et il se laisse enivrer par Ellen dont les bras sont si blancs – son amour « terrestre » –, mais également par Marthe, si gracieuse, son amour « spirituel ».

La fraîcheur et l’innocence de l’esprit de l’étudiant donne un ton léger et ingénu à l’ouvrage. Qu’il est agréable de suivre ses passions, ses rêves sous les arbres de Humlegården… On suit l’ivresse du jeune homme qui parcourt Stockholm, à chaque café, à chaque parc ses rendez-vous. Son cœur se forme, s’épanouit, palpite… Les responsabilités vis à vis de ses parents, de lui même, s’étiolent, il s’enivre de la chaleur, des saisons, ne sait refuser un cigare en société.

Söderberg nous raconte la jeunesse qui se forme, ses dérives, ses illusions. De la douce lumière printanière, les saisons se suivent jusqu’aux cieux ternes de l’hiver. Les scènes sont d’une grande intensité picturale, mais aussi émotionnelle. L’auteur nous réapprend à observer et à sentir chaque rayon de lumière, on circule dans son ouvrage comme dans un tableau hollandais. Chaque objet a sa présence, son rôle et sa symbolique. Chaque regard pèse, réchauffe ou désarme.

Si l’égo d’un instant place le jeune étudiant sous les feux de la rampe, il en faut peu pour sombrer dans l’obscurité et la cacophonie de la foule. Le sens de la vie ne tient pas à grand-chose, quelques événements malheureux font bien vite dévaler la pente.

Égarements reste un roman léger, d’initiation. Je le conseille fortement, la plume de Söderberg est fluide, souple. Il est plaisant de suivre son héros dans la capitale qui change et varie avec le temps. Chaque personnage est d’une grande humanité, en quelques détails, il nous semble toucher le fond de leur âme.

Herman Vedel, L’auteur Hjalmar Söderberg, 1910.

 

Hjalmar Söderberg, Égarements, éditions Viviane Hamy, 1992.

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