Les incontournables de la bibliothèque de sorcière

Le coup de balai

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article un peu différent de ceux que je fais d’habitude. Je passais un coup de balai dans mes étagères quand une idée géniale m’est venue : pourquoi ne pas vous parler de mes lectures et des livres que je considère comme incontournables ? L’avis reste le mien et vous pouvez assurément rester avec ceux que vous estimez vous-même être basiques, mais peut-être aurai-je l’idée d’un livre qui vous inspirera par la suite…

À notre époque plus qu’à une autre, on observe une tendance vraiment intéressante au niveau de l’occulte : les livres fleurissent, si bien que chacun y trouve son compte. Qui aurait pensé un jour, il y a de cela quelques siècles, que ce courant de la spiritualité connaisse un si grand succès ? Durant ces dernières années, je me suis moi-même dotée d’un nombre conséquent de livres, à la fois tentée comme le commun des mortels par une couverture attrayante ou un contenu prometteur, mais aussi en quête d’outils, que ce soit pour rédiger les articles ici ou bien pour ma pratique.

La botanique

Faut-il encore parler de Scott Cunningham et de son Encyclopédie des plantes magiques ? Outre quelques erreurs et oublis qui lui sont imputables, je dirais que cet ouvrage est une bonne base pour quiconque voudrait se lancer dans l’apprentissage des vertus magiques des plantes. Pour un usage médicinal, autant dire que ce n’est pas la bonne porte à laquelle frapper. Néanmoins, je trouve le système alphabétique fort pratique.

Un autre livre, pour les anglophones, est, à mon avis, une base : The Master Book of Herbalism par Paul Beyerl. Il est encore plus complet que celui de Cunningham et l’on y trouve de nombreuses informations. J’apprécie tout particulièrement les dernières pages, qui classent les plantes selon différents critères. On y trouve un classement selon l’astrologie, le tarot (cette partie est excellente), les sabbats, les mythologies. Il va loin dans le raffinement et l’on apprend plein de choses, surtout quand le passage sur telle ou telle plante est précédé d’une citation extérieure. Peut-être que l’obstacle principal à rencontrer serait le nom des plantes, pas toujours en latin et donc difficile à reconnaître pour les francophones (par exemple, il fallait savoir que feverfew qualifie la grande camomille…).

Les sorts

Il est impossible de ne pas parler des éditions Danaé, une branche d’Alliance Magique, et de leurs nombreuses publications. Si vous avez remarqué, je cite souvent le Grimoire de Magie Verte d’Ann Moura. Je le trouve vraiment complet et presque trop rempli d’informations ! On a accès à un grimoire véritable, qui déborde de savoir. Sa forme est très inspirante et pas du tout canonique : on y circule comme dans un « vrai » grimoire. Pas de table des matières détaillée, donc, et c’est pour moi une chose fort originale. Tout est passé en revue, que cela aille du tarot aux associations planétaires, ou bien passe par des recettes de tisanes. Pour le prix, c’est une bonne somme de connaissances pour la sorcière aguerrie.

Je ne parlerai pas non plus assez des encyclopédies de Judika Illes. Pour un prix très honnête, je me suis procuré il y a quelques années Encyclopedia of 5000 spells en étant éblouie de cette variété de sorts. Ils vont de l’appel aux saints chrétiens aux recettes d’huiles hoodoo, sans distinguer les différentes magies. Véritable tour de force, cet énorme tome répond à tous les besoins, en adoptant un classement selon les types de sorts : en lien avec la mort, le travail, le mariage… et avec des catégories encore plus originales. Pour moi, c’est un outil à cheval entre une somme de connaissances historiques, culturelles, et des milliards de recettes à essayer. Chaque partie fait quelques dizaines de pages, bonnes à feuilleter quand on veut croiser les informations avant de se lancer dans la réalisation de telle huile ou de telle méditation. Excellent livre, inépuisable.

Les coutumes

J’ai découvert, avide de mieux connaître mes origines, cette année le très bon livre de Fahrun, Italian Folk Magic. Ce petit opus rassemble tout ce qu’il faut savoir sur la magie populaire italienne, allant des saints catholiques à la manu cornuta dans la poche, accrochée au porte-clef. Ce livre insiste, à mon avis, assez bien sur le syncrétisme propre à cette culture. On imagine parfaitement les grands-mères, leurs tabliers noirs et le nécessaire entrepris pour avoir une famille en bonne santé et avec de la veine. Je trouve que l’autrice est proche de son lecteur et cela témoigne d’une expérience intime de cette sorcellerie folklorique. D’une page à l’autre, on trouve à la fois des recettes de bouillon pour le repas mais aussi des proverbes, des travaux de couture…

 

Je pourrais aussi parler des travaux de Claude Lecouteux ou de Régis Boyer, l’un en rapport avec des grands thèmes du folklore (la mort et les défunts, les fées, les monstres, les amulettes…), et l’autre avec la culture viking. Ces deux grands chercheurs m’ont beaucoup servi pour mes travaux universitaires et je trouve toujours passionnante la lecture de leurs livres, fort accessibles pour les néophytes. J’apprécie tout particulièrement Claude Lecouteux, qui consigne avec détail de vieilles traditions ou de vieilles formules (Le Livre des formules magiques). Si sa lecture nous oriente d’abord vers des perspectives universitaires, pas d’inquiétude, cela se lit très bien pour en apprendre un peu plus sur tel aspect du folklore européen.

Les connaissances historiques

Vous pourriez aussi vous renseigner sur le Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, publié à la Pochothèque, qui est un dictionnaire vraiment sérieux sur le sujet. Effectivement, il arrive que dans cette branche de la pensée humaine, certains soient tentés d’écrire des choses fantaisistes, ou peu attestées par l’Histoire, ce qui nous donne, certes, une pensée originale, mais pas du tout fondée. Pour celles et ceux qui aspirent à un peu de culture et de données, je crois que ce dictionnaire est une bonne option : les articles sont rédigés par de grands chercheurs sur la question et ils sont bien divers : on va du tarot au vaudou africain. Comme chez

Judika Illes, les cultures sont abordées avec un égal traitement, ce qui fait plutôt du bien face à une tendance générale qui particularise chaque sorcellerie.

La sorcière politisée

En France, nous aurons l’incontournable Mona Chollet dans Sorcières, livre sur lequel beaucoup d’articles ont été publiés. C’est une bombe posée dans la sphère spirituelle et sociale, un droit de citer réclamé au nom de toutes celles qui ne veulent pas d’enfants, de celles qui sont trop vieilles pour les autres, trop ridées, trop blanchies. J’ai particulièrement aimé le passage sur les cheveux blancs, valorisés chez les hommes, placés en horreur suprême pour les femmes (ou bien en chose admirable, seulement si l’on s’en fait une coupe nette. Car, surtout, il ne faut jamais avoir les cheveux blancs ET hirsutes, on ne sait jamais, des fois que cela fasse « sorcière »…). Ayant moi-même beaucoup de cheveux blancs pour ma jeunesse, on me conseille souvent avec insistance de les teindre. Moralité : réfléchir sur la question, en se documentant. Starhawk est une excellente lecture aussi, pour celles et ceux d’entre vous aspirant à relier sorcellerie et politique !

Conclusion

Après avoir parcouru quelques incontournables de ma bibliothèque, avec une préférence pour les sommes botaniques, je ne peux que vous dire ceci : le livre incontournable sera le vôtre ! En effet, après avoir lu des dizaines d’ouvrages, le meilleur restera celui que vous ferez en écrivant votre grimoire, qu’il soit la somme de vos connaissances botaniques, historiques ou bien le registre de sorts facilement reproductibles. Il sera sans doute le mélange de votre propre expérience mais aussi de ces lectures. D’ailleurs, j’adorerais lire ce qu’est votre bibliothèque occulte !

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