Interview d’Aurore Lune

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Labradorites

Avant Noël, je vous propose de découvrir une créatrice de bijoux adepte du « Wire Wrapping » (de wire, « fil » ou « câble », et to wrap, « enrouler »), technique particulière d’enroulage de fils (cuivre, argent, laiton…) permettant de garder la pierre intacte.

Faits ou assemblés à la main avec soin dans des formes et des couleurs toujours renouvelées, les œuvres d’art miniatures d’Aurore Lune se portent autour du cou, au poignet, aux doigts et aux oreilles…

Attention, cette interview pourrait bien vous donner des idées cadeaux ! (1 € par vente reversé à une association caritative)

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Collier Wire Wrap de style traditionnel, labradorite

~ Aurore Lune, comment est né votre intérêt pour les pierres et la technique du « Wire Wrapping » ?

J’ai reçu ma première pierre à huit ans. C’était un œil-de-tigre dont les reflets me fascinaient. Ensuite, vers vingt ans, j’ai commencé à m’intéresser aux minéraux. J’achetais dans des boutiques vosgiennes ou alsaciennes des pierres que je gardais toujours sur moi, dans une poche intérieure. Je regrettais de ne pouvoir les arborer autrement, c’est pourquoi j’ai commencé à m’intéresser à des bijoux « tout faits » comme ceux que l’on trouve dans les enseignes spécialisées ou encore les grandes surfaces.

Quand j’ai découvert que l’on pouvait mettre des pierres roulées ou plates en bijoux avec des fils sans les percer ni les coller, tout en gardant un bijou soigné et unique, j’ai aussitôt expérimenté plusieurs techniques. J’ai finalement adopté un style plus épuré que le traditionnel « Wire Wrapping » nécessitant énormément de fils et dont je n’apprécie pas entièrement l’esthétique.

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Labradorite
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Labradorite

~ Comment choisissez-vous vos matériaux : fils et pierres ? Dans vos choix artistiques, sont-ce les couleurs, les formes ou les propriétés des pierres qui vous attirent ?

Je m’efforce au maximum de choisir des fils allemands ou européens, en cuivre plaqué argent par exemple.

Pour les pierres, je choisis chacune en fonction de ce qu’elle m’évoque et de la façon dont elle me « parle ». Ce n’est quasiment jamais un hasard. Je me fournis aussi en boutiques locales où je passe beaucoup de temps à manipuler les pierres, afin de trouver celles qui me touchent le plus, celles qui auront un dessin, un certain éclat… C’est un rapport très intime aux pierres que j’entretiens. Pour les propriétés des minéraux, je regarde souvent après que la création soit achevée et je vois si cela correspond à mon ressenti. C’est donc le mélange de forme, de couleur et de « vibration » qui guide mes choix.

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Labradorite blanche, parfois appelée pierre de lune arc-en-ciel
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TAILS PHOTOGRAPHIE

~ Quelles sont vos pierres et motifs préférés ? Cela influence-t-il vos créations ?

J’ai énormément de labradorites car elles ont des reflets incroyables.

J’aime la labradorite blanche qui m’évoque le Royaume Elfique, ou alors le grenat à la teinte rouge sang, pierre de séduction et de la Femme assumée. Habiter sur ces Terres Magiques d’Alsace m’aide à être en osmose avec le royaume féerique qui me berce depuis l’enfance. Saviez-vous que l’illustrateur du Seigneur des Anneaux s’est inspiré d’un château se trouvant à deux pas de chez moi ? Cela vous donne une idée de la magie qui se dégage des lieux de la région.

Je suis très attachée à la nature et aux formes délicates, les arabesques, j’ai toujours aimé les meubles anciens, les patines anciennes, les peintures à la main, tout ce qui est fait avec patience et soin, et cela m’inspire énormément. J’ai un peu de mal avec la modernité et son côté « trop facile et accessible ». Je préfère les créations qui demandent du temps et du savoir-faire.

~ Vous faites aussi des bijoux qui ne relèvent pas de la technique du « Wire Wrapping », pourquoi ?

En fait, il faut se détacher du côté questionnement dans ce que je fais, car je fonctionne à l’instinct et selon l’inspiration du moment… J’ai même porté un Petit Poney miniature de mon enfance en collier à une période de ma vie.

Je fais « comme ça vient », il n’y a pas de fil directeur, pas de trame, cela peut sembler déroutant mais c’est ainsi que je crée. Quand quelque chose me plaît, j’en fais un bijou, une parure, une décoration, quelque chose qui exprime ce que l’on est, ce que l’on ressent, ce que l’on aime.

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Pierre fantaisie

~ Racontez-nous en détail la fabrication d’un de vos bijoux : par quoi commencez-vous ? Qu’est-ce qui vous guide lors de la fabrication ? Vous imposez-vous des contraintes ? 

Lorsque je veux créer un bijou, je me pose devant « mon meuble à créations ». J’ouvre les portes et je regarde dans les boîtes si une pierre m’attire. J’en sélectionne parfois plusieurs et me munis également de fils, de pinces, de perles, d’apprêts décoratifs… J’allume parfois une bougie en demandant le soutien des Anges si je manque de confiance en moi.

Il arrive parfois que je commence un « serti » et que je mette une autre pierre dedans. C’est une démarche très inspirée, très spontanée, il n’y a pas de croquis, de calcul, la création prend vie comme elle le veut. Je me laisse guider sans me freiner, portée par l’Inspiration, l’inspiration brute, celle qui vient d’on ne sait où. Je serais malheureuse dans un carcan de règles et de contraintes de création, même si je songe de plus en plus à faire un carnet de croquis afin de gagner un peu de temps et d’avoir une base d’idées créatrices.

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Jaspe rouge

~ Vous arrive-t-il de reproduire une création ?

Cela est peut-être arrivé 4 ou 5 fois en trois ans, mais je préfère les créations uniques. Je travaille à l’instinct et le fait de « forcer » une certaine forme me fait travailler dans le déplaisir. Étant mon propre patron, je suis libérée du carcan de l’obligation et je peux faire ce que j’aime et uniquement ce que j’aime. C’est un énorme plaisir.

De plus, même si les formes et les possibilités ne sont pas illimitées et qu’un modèle peut revenir, la pierre, la couleur de fil ou un détail de bélière rendront forcément la création unique.

~ Une fois réalisées, gardez-vous certaines créations pour vous, par coup de cœur ?

C’est peut-être arrivé deux fois, mais j’ai du mal à porter mes propres bijoux. Même si j’ai régulièrement des coups de cœur pour les pierres que je travaille et le résultat final, je préfère acheter mes bijoux à des créatrices françaises.

~ Depuis combien de temps créez-vous vos propres bijoux ? Quel a été l’élément déclencheur qui vous a lancée dans cette voie ?

Vers 16 ans, j’ai senti le besoin d’apprendre à coudre parce que je ne trouvais pas ce que je voulais en boutique. C’est un peu pareil pour les bijoux. Je mélangeais des éléments ensemble afin d’avoir les bijoux dont je rêvais mais qui n’existaient pas tels que je les souhaitais (trop originaux ou trop chers).

C’est en 2014 que j’ai décidé de me lancer et d’essayer de créer mes propres bijoux parce que ceux que je convoitais étaient trop chers pour mon budget. J’aimais les colliers « Wire Wrap ». J’ai donc commandé du matériel et commencé à faire moi-même du « Wire Wrapping ».

~ Comment est née officiellement votre boutique en ligne ? Pourquoi avoir choisi ce nom et ce logo en forme de lune ?

J’ai eu plusieurs boutiques au fil du temps mais je pense avoir trouvé la plateforme de vente idéale.

Aurore – contrairement à ce que l’on peut penser – n’est pas mon prénom, mais l’aurore, le matin, la promesse d’un jour nouveau, la naissance de l’espoir, d’un nouveau départ, et cela englobe pour moi plein d’idées, plein de possibilités et de situations… La majuscule, c’est parce que son caractère sacré impose à mes yeux la majuscule, de même pour la Lune, qui est pour moi tellement inspirante et porteuse d’images diverses : mythologies, féminité, anciennes religions, cycles, vie, mort, renouveau perpétuel…

~ Peut-on vous commander une création particulière ?

En « temps normal » oui, mais actuellement je n’en prends plus parce que je n’ai plus le temps : ma vie familiale ne me le permet pas, ayant trois enfants dont deux en bas âge. Cela devrait cependant changer fin 2017 avec la scolarisation de mon avant-dernier né.

~ Vous avez déjà prêté vos bijoux pour des shootings photos, racontez-nous comment cet échange s’est fait ? Comment sont arrivées ces opportunités ?

J’ai pris contact la première fois avec Shalee photographie dont j’admirais le travail et elle a répondu positivement, ce qui m’a permis de prendre confiance en moi : les photos étaient au-delà de mes espérances. Par la suite, c’est la modèle Dame Akasha qui m’a contactée et nous avons collaboré sur plusieurs projets, je l’appelle ma Muse. Globalement, on me contacte et je fais selon mon planning ou selon la disponibilité de mes créations.

En ce qui concerne les bijoux, soit la modèle parcourt ma boutique et me présente sa sélection, soit je créée quelque chose selon le thème abordé. Mais actuellement, comme pour les demandes personnalisées, je n’ai pas le temps de m’y consacrer, à mon grand regret. J’espère bientôt pouvoir recommencer des collaborations.

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JESAHEL PHOTO, modèle : Dame Akasha
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Tails photographie, modèle : Kitty’s Paw
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Robe et bijoux d’Aurore Lune, photographe Honorine Nail-Juré, modèle : Dame Akasha

 

 

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Alcools, d’Apollinaire

Apollinaire couverturePour ajouter une nouvelle bizarrerie à la collection raffinée des Éditions du Faune, j’aimerais vous parler du recueil Alcools d’Apollinaire (1) paru en 1913. J’ai découvert avec beaucoup de plaisir ces poèmes insolites du XXe siècle qui semblent tout droit sortis d’une « boutique de brocanteur » dans laquelle se serait « échou[ée] […] une foule d’objets hétéroclites […] » – pour reprendre le critique partial Georges Duhamel (2).

Malgré l’abord difficile de cette poésie qui ne cesse pas d’étonner et de détonner, la mosaïque de « charlatan savant » (3) des Alcools a une grande saveur. Peut-être est-ce parce que sa poésie, comme Apollinaire le déclare lui-même à Henri Martineau (4) en 1913, est avant tout « la commémoration d’un événement de [s]a vie » ? En effet, il est vrai que son séjour de 1901 à 1902 en Allemagne avec la famille Milhau, qui l’avait engagé comme précepteur, lui inspire « La Chanson du Mal-Aimé » et la série des Rhénanes ; que sa rencontre avec le peintre cubiste Pablo Picasso en 1900, puis sa relation orageuse avec Marie Laurencin (5) de 1907 à 1912, influencent la syntaxe et la mise en page de ses vers ; et que son enfermement à la Santé pour complicité dans le vol de la Joconde en 1911 est évoqué dans la série « À la Santé ». Ainsi, la poésie et la vie du poète semblent indissociables.

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Avant de parler des poèmes d’Apollinaire, arrêtons-nous un instant sur son titre Alcools (6), terme désuet et écrit au pluriel, qui annonce la forte influence cubiste du recueil. Songeons aussi qu’Alcools précède les célèbres Calligrammes du poète publiés en 1918 et en amorce, par conséquent, la réflexion stylistique (7). Ainsi, Alcools s’apparente à une sorte de pot-pourri mélangeant les expériences poétiques et les événements personnels vécus par le poète de 1898 à 1913. Ne soyons pas, dès lors, étonnés de rencontrer dans ses pages, à la fois respect et infractions des règles de versification, souvenir de la poésie classique et chant de la modernité, continuité et ruptures, simplicité et hermétisme, banalité de la vie et étrangeté, lieux communs et images frappantes, joies et souffrances, lyrisme et tonalité burlesque, poésie et limites de la poésie. C’est même cette richesse de « brocanteur », que lui a reproché Duhamel, qui doit être aujourd’hui appréciée.

Je vous invite donc à jeter avec moi un œil curieux aux différents « objets » que nous proposent Apollinaire. Le recueil s’ouvre d’abord sur le fameux poème « Zone », véritable adieu à la poésie classique au profit d’un renouvellement moderne, dont voici deux extraits révélateurs :

 

A la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine

Et

Adieu Adieu

Soleil cou coupé

Viennent ensuite des poèmes-chansons, comme « Le Pont Mirabeau » ou « Marie », des poèmes élégiaques, comme « La Chanson du Mal-Aimé », des évocations érotiques, comme dans « Les sept épées », un poème-laboratoire de la versification – où les alexandrins morcelés sont à reconstituer soi-même -, avec « Les colchiques », l’étrange monostiche « Chantre », les poèmes proverbes, tels que « La blanche neige », la série pleine d’ivresse et de lyrisme des Rhénanes, les poèmes de prison « A la Santé » qui parodient ceux de Villon avec leurs jeux de mots et leurs sonorités de « pitres » (8), et le poème qui clôture le recueil, « Vendémiaire ». Promené ainsi dans un univers, sans ponctuation, d’alexandrins réguliers en vers boiteux – alexandrins augmentés ou rétrécis – (9), de beaux vers en associations bizarres, voire illogiques (10), et de vers simplistes en ambiguïtés de sens (11), le lecteur, à la fin, est laissé grisé et ivre d’expérience poétique.

Beaucoup de poèmes du recueil laissent par conséquent surpris et enthousiaste, mais c’est avec « Nuit Rhénane » que, pour ma part, je plonge entièrement dans l’ivresse poétique d’Apollinaire. Ce qui m’enchante, c’est le lyrisme magique et tremblant de ce poème, l’alliance étonnante du vin et du Rhin, les mythes allemands qu’on semble nous raconter comme de vieux contes pleins de mystère en nous appelant à « Écoute[r] », l’allitération en [v] qui laisse ivre et en même temps rêveur, la tension fantastique au milieu des vers qui tanguent sous l’effet d’un alcool poétique, et la structure circulaire qui devient une véritable incantation, rapprochant cette poésie de la magie. Comme les « fées aux cheveux verts [qui] incantent l’été », ces vers ensorcellent la lectrice que je suis.

Mais je vous laisse choisir votre « alcool » et vous quitte sur quelques vers à la saveur variée, parmi mes préférés du recueil.

Voici, d’abord, un exemple de vers modernes :

A la fin les mensonges ne me font plus peur
C’est la lune qui cuit comme un œuf sur le plat
Ce collier de gouttes d’eau va parer la noyée

In « A la fin les mensonges».

Ensuite, je vous propose ces deux extraits aux images frappantes et insolites :

Aujourd’hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C’était et je voudrais ne pas m’en souvenir c’était au déclin de la beauté

In « Zone ».

Vagues poissons arqués fleurs surmarines

Une nuit c’était la mer

Et les fleuves s’y répandaient

In « Le voyageur ».

Et, enfin, je termine avec ces exemples de lyrisme presque magique :

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire

In « Nuit rhénane » de la série des Rhénanes.

Et l’unique cordeau des trompettes marines

In « Chantre ».

 


Notes :

(1) Apollinaire, né à Rome en 1880 sous le nom de Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, n’est naturalisé que lors de la Première Guerre Mondiale lorsqu’il demande à s’engager volontairement. C’est en héros et en poète célèbre qu’il meurt le 9 novembre 1918 à Paris.

(2) Le contemporain Georges Duhamel fait, le 15 juin 1913, une critique virulente du recueil d’Apollinaire dans Le Mercure de France où il reproche, entre autre, à Alcools d’être « une boutique de brocanteur parce qu’il est venu échouer dans ce taudis une foule d’objets hétéroclites […] ».

(3) Pour décrire les deux facettes du poète, je reprends l’expression « charlatan » des vers « Un charlatan  crépusculaire / Vante les tours que l’on va faire » qui figurent dans « Crépuscule ».

(4) Henri Martineau, né en 1882 et mort en 1958, est un critique littéraire et un journaliste français.

(5) Marie Laurencin, née en 1885 à Paris et morte en 1956, est une artiste peintre affiliée au cubisme. Elle sera surnommée plus tard « la Dame du Cubisme » et apportera à ce courant une touche de féminité.

(6) Le titre était jusqu’en octobre 1912 Eau-de-vie, terme plus moderne mais écrit au singulier.

(7) Calligramme est un mot-valise inventé par Apollinaire en 1918 à partir des mots calligraphie et idéogramme pour désigner un poème dans lequel la forme visuelle des vers évoque un dessin ou une représentation graphique. L’absence de ponctuation et la disposition de certains vers dans Alcools amorcent cette réflexion du vers dans l’espace de la page.

(8) Dans la seconde partie du poème « A la santé », on lit : « Ses rayons font sur mes vers / Les pitres ».

(9) Voici, extraits de « Zone », un exemple d’alexandrin régulier, « A la fin tu es las de ce monde ancien », et un exemple d’alexandrin dit « boiteux » à cause de l’ajout du verbe « roulent » qui augmentent le vers de deux syllabes en trop, « Des troupeaux d’autobus mugissants près de toi roulent ».

(10) On peut par exemple opposer la beauté lyrique des vers suivants du poème « Cors de chasse », « les souvenirs sont cors de chasse / Dont meurt le bruit parmi le vent », avec ceux étranges « Oiseau tranquille au vol inverse oiseau » de « Cortège ».

(11) On trouve dans le recueil de nombreux vers ambigus, tels que ces vers de « Marie » où le syntagme « Flocons de laine et ceux d’argent » pose problème syntaxiquement : « Les brebis s’en vont dans la neige / Flocons de laine et ceux d’argent / Des soldats passent et que n’ai-je ».

 

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Bibliographie :

APOLLINAIRE, Guillaume, Alcools suivi de Le Bestiaire et Vitam impedere amori, [1913], Paris, Gallimard, « Poésie », 1969.

Guillaume Apollinaire Alcools , Littératures contemporaines, numéro 2, Klincksieck, 1996.