Exposition : Harry Potter – A History of Magic

Vous êtes-vous remis de notre dernière escapade dans cet hôpital victorien niché au sommet d’une église ? Bien bien, reprenons notre périple sur le territoire anglais qui mène cette fois-ci dans l’une des bibliothèques les plus impressionnantes du royaume, la British Library. Cette noble institution ne constitue pas le sujet principal de cet article (j’y consacrerai un autre billet, si vous êtes intéressés), mais je me permets tout de même de vous y envoyer pour une expérience hors du commun. En effet, au moment où je rédige ces lignes, une exposition bien particulière a aménagé ses quartiers au cœur de ce bâtiment illustre, pour le plus grand bonheur des dénommés Potterheads. Je pense que vous avez très facilement deviné le sujet de ce reportage.

HP_main_campaign_ARTWORK_RELEASE__1__2_

Harry Potter – A History of Magic fait partie de ses expositions attendues au tournant en cette fin d’année. Contrairement à l’exposition itinérante Harry Potter : The Exhibition et à The Making of Harry Potter – Studio Tour London, toutes deux axées sur l’adaptation cinématographique des romans, l’exposition de la British Library propose une toute autre formule pour le moins singulière, mise en place à l’occasion des vingt ans de la publication de Harry Potter et la Pierre Philosophale (Harry Potter and the Philosopher’s Stone).

Tout cela ne nous rajeunit absolument pas… Mais je digresse, venons-en aux faits.

Après quelques péripéties logistiques pour retrouver le chemin menant à la British Library, je me suis enfin rendue sur les lieux en question. Cet article est illustré à l’aide d’images officielles du site Pottermore, car les photographies sont malheureusement interdites pendant la visite.

Harry Potter – A History of Magic prend le pari audacieux de proposer un parcours consacré aux différentes disciplines enseignées à Poudlard et plus précisément, d’effectuer une comparaison entre l’univers imaginaire de J.K. Rowling et les éléments historiques ou folkloriques dont l’auteur a pu s’inspirer pour créer le monde magique d’Harry Potter.

L’exposition est donc découpée selon huit matières : Potions (Potions), Alchimie (Alchemy), Botanique (Herbology), Astronomie (Astronomy), Sortilèges ou Enchantements (Charms), Divination (Divination), Défense contre les Forces du Mal (Defense Against Dark Arts) et Soins aux Créatures Magiques (Care of Magical Creatures).

History_Of_Magic_001
The entrance to the British Library’s exhibition, Harry Potter: A History of Magic © JKR/Pottermore Ltd.™ Warner Bros.

Les organisateurs ont décidé d’illustrer chaque discipline avec des grimoires, des artefacts et autres écrits ou objets historiques qui ont pu servir de base et d’inspiration à l’élaboration du l’univers d’Harry Potter. Chaque élément est bien évidemment suivi d’une légende détaillée afin que les visiteurs puissent comprendre à quel point la magie et l’occultisme ont été présents dans notre monde – et le sont encore dans certaines civilisations, sous des formes très diverses.

History_Of_Magic_033
The Astronomy-themed room at the British Library’s exhibition, Harry Potter: A History of Magic © JKR/Pottermore Ltd.™ Warner Bros.
History_Of_Magic_013
The Potions-themed room at the British Library’s exhibition, Harry Potter: A History of Magic © JKR/Pottermore Ltd.™ Warner Bros.

Parmi les artefacts le plus intéressants, vous aurez par exemple la chance d’observer un véritable bézoard, semblable à celui qu’Harry a utilisé pour sauver Ron d’un empoisonnement certain. La véritable stèle ornant la tombe de Nicolas Flamel peut être admirée dans une vitrine (les conditions de sa découverte sont pour le moins cocasses). Le parchemin contenant toutes les instructions pour la fabrication d’une pierre philosophale peut également être consulté par les visiteurs. Étant donné que M. Flamel n’est plus de ce monde, je doute que la fabrication de cette pierre ait été un succès retentissant… Vous pourrez également examiner un véritable balai de sorcière, ainsi qu’un chaudron d’époque. Bon nombre de manuscrits et de traités de magie, de botanique, de médecine – on oublie souvent à quel point les frontières étaient ténues entre ces domaines avant l’avènement des sciences modernes – s’offrent aux regards ébahis des visiteurs. La plupart des écrits proviennent de la British Library, alors que les autres objets ont été parfois empruntés à d’autres musées, comme le British Museum (pour sa sirène japonaise) ou le Museum of Witchcraft and Magic.

A côté des reliques historiques, l’exposition comprend également des activités ludiques, très certainement destinées à un public plus jeune. Les plus curieux seront invités à concocter leur propre potion sélectionnée au hasard dans un grimoire. J’ai personnellement raté mon élixir de beauté, mais réussi ma potion pour éloigner les cauchemars, ce n’est pas un mal… Vous pourrez également vous faire tirer les cartes pour entrevoir votre avenir. Selon la prédiction, je suis une personne qui subira les conséquences de ses actions, à force d’ignorer les avertissements. Je vous assure qu’en général, je prends toujours en considération toutes les mises en garde… Soit. Ensuite, vous serez libres de consulter une carte stellaire qui vous enseignera tout sur les différentes constellations, ou d’écouter un chapitre des livres audio dans un des pots à mandragore tout droit issu de la serre du Professeur Chourave. Ces petits interludes dans une exposition qui est, disons-le, tout de même destinée à un public adulte féru d’histoire et de folklore, sont très rafraîchissants et sont rendus possibles par l’utilisation d’une technologique de pointe.

History_Of_Magic_034
The Divination-themed room at the British Library’s exhibition, Harry Potter: A History of Magic © JKR/Pottermore Ltd.™ Warner Bros.

Les organisateurs ont également intégré des éléments qui sont pour la plupart responsables de la longue attente à certains endroits du parcours. En effet, le public aura désormais la possibilité de voir de ses propres yeux le premier synopsis de la série envoyée à l’éditeur Bloomsbury, mais également la toute première critique du livre rendue par la fille de l’éditeur à l’époque. Cette petite note écrite de la main d’une enfant de huit ans a totalement changé la donne quant à l’avenir du livre Harry Potter. Plusieurs chapitres dactylographiés et annotés sont également exposés, avec les premiers jets manuscrits de l’auteur, les notes sur la conception des personnages, la répartition des matières enseignées par chaque professeur, ainsi que les croquis de l’architecture de Poudlard et de ses alentours.

Finalement, le public pourra admirer la beauté de l’univers graphique tout à fait unique de Jim Kay, chargé des illustrations dans l’édition originale des romans Harry Potter. Les croquis préparatoires, ainsi que les illustrations finales sont accrochés dans toutes les salles consacrées à une matière spécifique, chacune des pièces étant décorées avec soin pour une ambiance de circonstance.

Dans la toute dernière salle, vous pourrez admirer une maquette du décor utilisé pour la pièce de théâtre jouée en ce moment même dans le West End : Harry Potter et L’Enfant Maudit (Harry Potter and the Cursed Child), ainsi que le scénario dactylographié et annoté par J.K. Rowling du film Les Animaux Fantastiques (Fantastic Beasts and Where To Find Them).

Détailler point par point la totalité de ce que j’ai pu voir dans cette exposition serait aussi compliqué qu’inutile. Je vous invite plutôt à venir sur place ou à acheter le(s) catalogue(s) de l’exposition si ce voyage se révèle trop onéreux ou compliqué.

 

Le catalogue pour enfants est une version « allégée » de l’édition pour adultes, avec une couverture souple et une formule plus ludique. C’est l’édition que j’ai personnellement achetée, car je la trouvais tout aussi bien illustrée que la version reliée et plus facile à transporter. Si vous désirez une édition avec une quantité très dense d’informations, choisissez le catalogue pour adultes.

 

Bande-annonce de l’exposition :

Premières images de l’exposition (Time Out London) :

Quelques recommandations pratiques pour le bon déroulement de votre visite :

– L’exposition peut être réalisée en 1h ou 1h30, les entrées se font par groupe selon une certaine plage horaire.

– Les week-ends sont souvent déjà complets, planifiez votre venue bien à l’avance.

– De nombreux événements consacrés à la magie, la sorcellerie, l’histoire, et surtout à l’univers d’Harry Potter sont également organisés dans le cadre de cette exposition. N’hésitez pas à consulter le site officiel.

– Armez-vous d’une massue de patience, certains visiteurs se permettent de lire chaque ligne des écriteaux ou des notes de l’auteur et sont à l’origine de bouchons intempestifs le long du parcours.

Lieu :
PACCAR Gallery
The British Library
96 Euston Road
London
NW1 2DB
United Kingdom

Dates : du 20 octobre 2017 au 28 février 2018.

Prix : 16£ (adulte), 8£ (étudiant et enfant moins de 18 ans)


→ Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à nous soutenir financièrement sur Tipeee, plateforme de mécénat participatif !

The Old Operating Theatre Museum

DSC00839

Allons bon, croyez-vous que nous nous étions reposés sur nos lauriers pendant cette petite pause estivale ? Que diantre, non ! Votre serviteur faunesque n’est jamais vraiment en vacances dans une ville fourmillant de mille curiosités comme Londres. Vous êtes-vous bien reposé ? Bien bien, car aujourd’hui, je vous emmène… à l’hôpital. Vous m’avez bien entendue. Pas que je m’inquiète pour votre santé, rassurez-vous (bien que je le pourrais, avec beaucoup de bienveillance). Tout près de la gare London Bridge, dans St Thomas Street, se trouve une des unités de l’hôpital du même nom (ou presque) Guy’s and St Thomas Hospital (cette unité appartient aujourd’hui à Guy’s Hospital, pour être plus précise). Je ne vous pousse pas directement vers l’entrée du bâtiment, mais je vous invite à voir de l’autre côté du trottoir, un peu plus loin dans la même rue. Actuellement cachée par un bon nombre d’échafaudages peu seyants pour cause de rénovation, se dresse St Thomas Church, l’unique vestige de l’ancien grand St Thomas Hospital, premier du nom. Le musée en question se situe dans la mansarde de l’établissement chargé de dispenser les soins de santé à l’époque victorienne. Aujourd’hui, il a été rebaptisé The Old Operating Theatre Museum & Herb Garret. Pour y accéder, il faut gravir un très long escalier en colimaçon, aux marches terriblement raides et escarpées (ceux qui ont le vertige ou autres claustrophobes passeront leur chemin, pas d’ascenseur, malheureusement). Respirez un bon coup, nous allons monter doucement. Une fois arrivé en haut, prenez une bouffée d’air, vous allez pénétrer dans un lieu vieux de plus de trois siècles, une véritable plongée dans le temps sous les combles de l’église.

DSC00785

St Thomas Church, dédiée à saint Thomas Beckett et plus tard à l’apôtre St Thomas lors de la Réforme, fut très probablement, à l’origine, la chapelle d’un hôpital médiéval. Cependant, personne ne sait à quel moment elle a été érigée à l’emplacement actuel. L’établissement a été agrandi au début du XVIIe siècle, mais a très vite été laissé à l’abandon, à un tel point que selon certains rapports datés de 1697, plus aucun fidèle n’osait s’aventurer en ces lieux à cause de leur état de délabrement très avancé. L’église a été reconstruite entre 1668 et 1702 dans un style plus néoclassique avec la mansarde que nous lui connaissons actuellement. Cet édifice, considéré comme superflu par rapport à la Southwark Cathedral, a été converti au XIXe siècle en salle capitulaire de ladite cathédrale. La mansarde, déjà utilisée à la époque pour le séchage et le stockage des herbes médicinales par St Thomas Hospital, a été en partie transformée en bloc opératoire séparé de l’aile réservée aux femmes. Avant 1822, les femmes étaient opérées à même la salle commune de soins, et cette configuration était bien inconfortable pour la plupart des patientes. En 1862, lorsque St Thomas Hospital fut déménagé à Lambeth où il se situe de nos jours, l’accès à l’herboristerie et la salle d’opération fut condamné et se retrouva réduit à une ouverture dans le mur septentrional de la chambre située au premier étage de la tour du clocher. Quiconque voulait pénétrer dans la mansarde devait se munir de courage et d’une bonne échelle. En 1956, Raymond Russell, chargé d’enquêter sur l’histoire de l’hôpital, décida d’aller fureter dans la mansarde et tomba sur une véritable capsule temporelle dans un excellent état de conservation, et ce, en dépit d’un siècle de poussière accumulée ci et là. Cette découverte relève alors de l’extraordinaire puisqu’à ce jour, aucune salle d’opération datant du XIXe siècle n’a été retrouvée en Europe, hormis celle-là (1).

Ce premier petit interlude historique terminé, commençons notre visite.

Le musée s’ouvre sur l’Herb Garret, soit la partie « apothicaire » et « herboristerie », ou l’entrepôt de toutes les plantes médicinales utilisées à l’époque. Chaque fiole, panier, pot est libellé, vous aurez donc bien de la lecture.

DSC00794

DSC00801

DSC00800

La particularité de ce musée est de présenter de véritables plantes, graines, épices et fruits séchés dans le mobilier d’époque, exactement comme si l’herboristerie était toujours en fonction au moment de votre visite. Il va sans dire que l’entièreté des échantillons doit être renouvelée à intervalle régulier pour garantir leur fraîcheur. Les fioles et autres récipients de conversation sont pour la plupart d’origine, ainsi que les outils chirurgicaux exposés dans les vitrines. Certains médicaments produits à l’époque ont été précieusement conservés pour le plus grand bonheur des curieux. Vous pourrez observer une sélection de remèdes contre quelques maladies victoriennes bien sympathiques, notamment le choléra ou la peste noire.

DSC00813

Les plus assidus trouveront parmi les étagères plus que chargées certaines pépites terriblement curieuses, comme cette conserve de Chocolate Worm Cakes, des gâteaux au chocolat et surtout au vermifuge qu’on donnait le plus souvent aux enfants pour les débarrasser de leurs hôtes encombrants. Les conditions sanitaires de l’époque étaient telles qu’une bonne partie de la population souffrait de vers et d’autres parasites intestinaux.

DSC00825

Une partie de l’exposition est consacrée à la gynécologie et à la chirurgie, ainsi qu’une autre à la pédiatrie. À travers les différents sections, le visiteur peut se rendre réellement compte des difficultés de la vie à l’époque victorienne. St Thomas Hospital accueillait surtout les indigents et autres parias, ainsi que les femmes de « petite vertu ». Rappelez-vous, l’hôpital se trouve à Southwark, connu à l’époque pour être le bas quartier de Londres (et lorsque les soins hospitaliers ne remettaient pas les patients sur pieds, vous vous doutez bien que ces pauvres âmes finissaient souvent dans des fosses communes comme à Cross Bones Graveyard, situé vraiment à quelques rues de l’hôpital). L’exposition comporte également une petite partie « cabinet de curiosités » et une section où sont exposées des coupes d’organes afin de montrer les différents dégâts engendrés par certaines maladies de l’époque (âmes et estomacs sensibles s’abstenir).

Une fois l’Herb Garrett traversée, on se retrouve enfin dans l’Operating Theatre. L’endroit est plutôt exigu et ressemble à un amphithéâtre aux dimensions modestes. Les étudiants de médecine pouvaient assister aux opérations depuis les gradins. Le bloc opératoire se trouve au dernier étage pour un accès optimal à la lumière du jour grâce au toit vitré. Chaque opération se devait d’être la plus brève possible, car rappelons-le, les anesthésiants ont été seulement introduits en 1847 et les produits antiseptiques vers les années 1860. De plus, le lieu n’était ni ventilé ni chauffé à l’époque (2). Profitez pour descendre dans le bloc et observer la table d’opération et les divers types de bandages utilisés pour panser les plaies.

DSC00845

DSC00848

Pour ressortir du musée, il vous faudra faire le chemin inverse et retraverser l’Herb Garrett, puis redescendre l’infernal escalier de la tour du clocher. Comptez une bonne grosse heure pour faire le tour de la mansarde et passer en revue tous les incroyables vestiges d’une médecine d’antan avec un regard attentif et curieux. Faites bien attention à ne pas vous blesser en vous rendant au musée ou en ressortant, ce serait assez embêtant, même si l’hôpital ne se situe pas bien loin…

The Old Operating Theatre Museum accueille également de nombreux séminaires, des expositions temporaires, ainsi que des reconstitutions d’opération dans des conditions d’époque chaque samedi. Veuillez vous référer au site officiel.

***

(1) Traduit et adapté de “History of the Museumˮ. The Old Operating Theatre and Herb Garret. Web. 16 Sept 2017.

(2) Traduit et adapté de “History of the Old St Thomas Hospitalˮ. The Old Operating Theatre and Herb Garret. Web. 16 Sept 2017.

*Toutes les photographies sont de moi, sauf mention contraire.

Horaire : Tous les jours de 10h30 à 17h00, mais à vérifier sur le compte twitter ou sur place.

Prix : 6,50£ adulte, 5£ tarif réduit, 3,50£ moins de 18 ans

Adresse :
Old Operating Theatre Museum and Herb Garret
9a St Thomas Street, London, SE1 9RY


→ Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à nous soutenir financièrement sur Tipeee, plateforme de mécénat participatif !

The Grant Museum of Zoology

Très chers lecteurs et chères lectrices, vous êtes toujours là ? Bien bien, nous allons donc continuer notre petit périple à la recherche des lieux insolites dans la capitale anglaise. Cette fois-ci, je vous emmène dans un musée de zoologie pas vraiment comme les autres (âmes sensibles abstenez-vous, si jamais vous n’êtes pas très à l’aise devant les animaux nageant dans des bocaux de formol).

Vous allez sûrement me demander ce qu’un tel établissement peut renfermer de si extraordinaire, hormis quelques animaux empaillés et autres squelettes d’espèces plus ou moins connues. J’avoue que je suis la première ne pas être très emballée par les musées consacrés aux sciences naturelles. Dans une autre vie, j’ai été biologiste (puis biochimiste) et le musée de zoologie de mon université ne m’a pas vraiment laissé de souvenirs impérissables, si je puis m’exprimer ainsi.

The Grant Museum of Zoology fait partie de l’University College London (UCL) fondée en 1826. Selon le site officiel, cet établissement est le seul et l’unique musée universitaire consacré à la zoologie encore opérationnel dans Londres. Il a été créé en 1828 en tant que collection d’étude et compte de nos jours plus de 68 000 espèces différentes provenant du règne animal. Les spécimens exposés ne comptent en réalité que pour 7% de la collection entière, le reste n’est disponible qu’à des fins de recherche scientifique (1). Le musée est plutôt de dimensions modestes, avec une seule grande salle et de multiples vitrines.

Les spécimens sont regroupés par espèces, hormis certaines collections thématiques. Le nombre très élevé de spécimens présents, conjugué à l’espace plutôt exigu, donne vraiment une ambiance toute particulière de vieux cabinet de curiosités ou d’apothicaire Slug and Jiggers dans Harry Potter. La direction du musée l’a bien comprise et n’hésite pas à jouer de cette atmosphère en y rajoutant une petite touche memento mori, sans pourtant tomber dans l’excès et porter préjudice au contenu rigoureusement scientifique de l’établissement. Le visiteur curieux, s’il lève les yeux, pourra apercevoir quelques défunts échappés de la danse macabre, posant avec nonchalance à l’étage.

DSC00573

Les Britanniques ont toujours ce sens très particulier de l’humour, même dans les lieux les plus sérieux… L’agencement de l’espace n’est pas le seul responsable du côté « curieux » de ce musée.

L’un des aspects les plus frappants du Grant Museum of Zoology, et sûrement celui qui contribue le plus à sa dimension de cabinet quelque peu étrange, se retrouve dans les spécimens exposés. Tout d’abord, l’établissement détient une impressionnante collection en fluide, en d’autres termes, de nombreux spécimens préservés entiers ou en coupe dans du formol.

Si la présence de ce type de matériel d’étude n’a rien d’extravagant pour un musée de zoologie, l’histoire derrière certaines acquisitions est pour le moins intrigante et pique la curiosité du visiteur.

DSC00617

Par exemple, l’un des éléments les plus populaires du musée est the Jar of Moles (le bocal à taupes), littéralement un énorme bocal de formol renfermant 18 taupes. Cette haute concentration en petits mammifères dans un seul récipient peut surprendre et les raisons à l’origine de cette configuration sont plutôt nébuleuses. Le site officiel invoque, entre autre, la volonté d’économiser de la place et de l’argent en utilisant qu’un seul bocal, la constitution d’une collection de plusieurs spécimens pour une étude anatomique, ou bien même le stockage de masse pour les travaux pratiques de dissection (2). À ce jour, toutes ces raisons restent hypothétiques et ont contribué à faire de ce bocal l’une des références les plus bizarres du musée. À un tel point que, pour soutenir le musée, les visiteurs ont le droit d’acheter une taupe, cette fois-ci en peluche, dans un autre énorme bocal en plastique. Je vous avoue que j’ai cédé devant tant de « mignonitude » et d’étrangeté. Je vous présenterai mon acquisition en fin d’article (oui oui, je vous incite insidieusement à continuer votre lecture jusqu’au bout).

Outre ce bocal de taupes, le visiteur peut trouver bien d’autres spécimens entiers ou des coupes sagittales de têtes assez impressionnantes.

Le musée compte également quelques raretés, comme des os véritables de Dodo, un squelette de python de Seba de 5 mètres de long, une réplique grandeur nature d’un cœur d’éléphant, une collection de cerveaux, une carapace géante de tortue et d’autres curiosités scientifiques.

DSC00618

Le Micrarium est une collection très spéciale de 20 000 lames porte-objet, contenant 2 323 spécimens microscopiques du règne animal fixés dans la résine, le tout situé dans un espace rétro éclairé de 2,52 mètres carrés. Ces petits organismes sont présentés soit entiers ou en coupe, et d’après le site officiel, le visiteur attentif peut y retrouver une dent d’ornithorynque ou un poil de mammouth (3).

DSC00626

DSC00627

DSC00629
Votre serviteur en service

Une autre particularité est la présence de préparations à l’alizarine, un colorant végétal rouge qui permet de teindre les cellules osseuses, afin de révéler la position exacte du squelette dans un organisme où les tissus mous ont été totalement décolorés.

DSC00605

Comme la plupart des musées britanniques, l’accès au Grant Museum of Zoology est gratuit. L’établissement fonctionne grâce aux subsides de l’État et aux dons de particuliers. À cet égard, la direction a mis en place un système que je salue personnellement. En effet, tout visiteur a le droit d’ « adopter » un spécimen pendant une année, en devenant un « amis du musée » et moyennant une somme très raisonnable de 15£ par personne (ou 20£ pour une famille). Vous recevez en échange un certificat officiel d’adoption et une étiquette avec votre nom ou le nom que vous voulez voir apparaître (et je dois dire que certains font preuve de beaucoup d’humour) à côté du spécimen que vous avez adopté. Ce système mérite vraiment d’être acclamé pour son côté très interactif et ludique. Je ne vous cache pas que les plus jeunes s’en donnent à cœur joie une fois qu’ils ont franchi la porte du musée.

DSC00606

Pour ma part, comme je l’ai déjà mentionné plus haut, j’ai préféré adopter une taupe en provenance directe du bocal à taupes. J’ai même eu le droit de choisir mon spécimen moi-même. Alors pour vous récompenser de votre lecture assidue, voici une photo de mon nouveau compagnon que j’ai baptisé Alphonse.

DSC00640
Alphonse la Taupe

The Grant Museum of Zoology a tout pour émerveiller le visiteur, en puisant tout simplement dans tout ce que la nature peut offrir de plus étrange. Que vous soyez un passionné d’histoire naturelle ou un simple curieux, arrêtez-vous un moment dans ce musée aussi curieux que sympathique, en dépit de ses dimensions plutôt modestes. Si le lieu n’a ni le panache ni la renommée du Natural History Museum ou la réputation d’endroit insolite du Hunterian Museum (fermé pour rénovation jusqu’en 2020), il n’en est pas moins intéressant et surtout il n’est pas bondé de visiteurs, même pendant les heures d’affluence. Le musée est beaucoup plus intimiste et si vous êtes accompagnés de jeunes enfants, vous pouvez compter sur les jeux de pistes et les parcours ludiques proposés gratuitement afin de titiller leur curiosité (en tout cas, je regrettais de ne plus être un enfant, car le jeu semblait vraiment amusant).
Le musée propose également d’autres activités pour adultes, des ateliers de dessins naturalistes ou de conservation des spécimens, des conférences, etc. N’hésitez pas à jeter un œil à leur programme bien fourni sur le site officiel.

Voilà, cette petite ballade mêlant sciences naturelles et curiosités touche à sa fin. Je vous laisse en bonne compagnie (même si elle est peu bavarde) et profitez de votre visite. Je ne pense pas que vous puissiez vous perdre, l’endroit est loin d’être un dédale sans fin…


(1)(2)(3) Texte traduit et adapté du site officiel The Grant Museum of Zoology.

Toutes les photographies sont de moi, sauf mention contraire.

Adresse :
The Grant Museum of Zoology, 21 University St, Bloomsbury, London WC1E 6DE, UK
Ouverture: de 10h à 17h, du lundi au samedi.
Tarif: gratuit


→ Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à nous soutenir financièrement sur Tipeee, plateforme de mécénat participatif !

Une petite ballade à Cross Bones Graveyard

Un certain temps s’est écoulé depuis ma dernière expédition, je m’en excuse sincèrement. En réalité, je peux fournir une très bonne raison à cette absence prolongée : je me suis subtilement déplacée en outre-Manche, à Londres plus exactement, pour quelques mois. Qu’à cela ne tienne, le pays des Angles est riche en mystères et en lieux étranges, et représente une véritable terre de prédilection pour l’amatrice de curiosités que je suis. Je vous invite donc à plier vos bagages et à me suivre dans la contrée anglo-saxonne.

Pour ce premier compte rendu, je vous emmène sur les traces d’un « ancien » cimetière plutôt hors du commun, Cross Bones (littéralement, le carrefour des os). Si Londres regorge de cimetières de renom tels que Highgate Cemetery, Golden Green Crematorium ou Nunhead Cemetery, qui sont de véritables bijoux architecturaux et donc, des lieux à ne manquer sous aucun prétexte (sauf si vous êtes du genre froussarde et que vous ne voulez ramener aucune âme perdue et tourmentée chez vous – comme moi), le lieu que je vais vous présenter n’a pas toujours été mis sous les feux de la rampe, mais il ne manque pas d’intérêt pour autant.

DSC00469

De nos jours, le site ne comporte ni tombe ni trace éventuelle d’avoir servi de dernière demeure à de nombreux trépassés. En pleine jungle urbaine, non loin de la City et de ses bâtiments iconiques tels que le 30 St Mary Axe surnommé le « Gherkin », le 20 Fenchurch Street dit le « Talkie Walkie » et le 122 Leadenhall, dans le borough de Southwark, se trouve Cross Bones Graveyard.

Le lieu est accessible par une entrée située dans la rue Redcross Way, un des axes perpendiculaires à Southwark Street. Rien ne peut laisser deviner la présence d’un tel sanctuaire, caché entre les bâtiments d’une zone urbaine toujours en plein travaux de réaménagement. Une fois que nous nous avançons dans la rue, à notre droite, quelques affiches collées aux murs et une énorme inscription peinte le long des panneaux de métal indiquent que nous nous rapprochons de la fin de notre périple.

Au Moyen Âge, Cross Bones servait de fosse commune aux indigents et aux parias de la société, en général des prostituées employées dans les maisons closes de Bankside, connu pour être le quartier des plaisirs londoniens de l’époque. De leur vivant, ces dames bénéficiaient d’une mesure de protection instaurée par l’évêque de Winchester pour l’exercice de leurs fonctions et portaient le titre de Winchester Geese (littéralement « les oies de Winchester »). Une fois décédées, elles n’avaient pas droit à un enterrement chrétien et ne pouvaient pas être ensevelies en terre consacrée. À l’époque victorienne, Redcross Street (maintenant Redcross Way) était la rue « proscrite » de Londres où s’entassaient les citoyens de seconde zone, un véritable quartier des bas-fonds où trouvaient refuge des criminels en tout genre et des malades condamnés par le choléra. Toute cette plèbe victorienne finissait dans la fosse commune de Cross Bones, une fois passée de vie à trépas. Ce cimetière des plus démunis était régulièrement « pillé » par des voleurs de corps, à la recherche de cadavres à disséquer pour le Guy’s Hospital situé à deux pas du site (1). Personne ne peut vraiment dire que le lieu ait joui d’une réputation très enviable depuis sa création…

Dans les années 1990, lors des travaux de l’extension du métro londonien, les archéologues du Museum of London ont exhumé plus de 148 squelettes de Cross Bones, dont certains spécimens ont été montrés lors d’une exposition. En 1996, l’écrivain John Constable inspiré par une vision, rédige par le biais de l’écriture mécanique un poème dédié à Cross Bones qui, plus tard, fera partie d’un cycle épique nommé Southwark Mysteries, regroupant poésies et pièces de théâtre. L’œuvre connaît un énorme succès et est jouée au Shakespeare’s Globe et à la Southwark Cathedral.

412XfqtQ4eL

Ce regain d’intérêt pour Cross Bones est le point de départ de nombreux projets et manifestations artistiques qui ont conduit à la sauvegarde de l’ancien cimetière et à la création du jardin actuel, avec notamment l’aide des bénévoles (Friends of Cross Bones), de la mairie de Londres, du service des transports publics londoniens (Transport for London) et des entrepreneurs chargés des travaux de rénovation du quartier (Bankside Open Spaces Trust) (2).

Qu’en est-il du lieu en soi ? Le Garden of Remembrance, conçu par Helen John a été aménagé par-dessus la fosse commune, pour ne pas déranger le repos des défunts. Le lieu ouvre ses portes au public en 2015 et le 22 juillet de l’année, Cross Bones reçoit la bénédiction du clergé local et devient enfin la terre consacrée qu’elle aurait dû être depuis le XIIe siècle (3). Le jardin est ouvert du lundi au samedi, de 12h à 15h grâce au travail des bénévoles. Le lieu est un concentré d’éclectisme où les rituels chrétiens et païens se mêlent en tout quiétude. Plusieurs artistes locaux ont participé à la création du jardin et de ses différentes infrastructures, ainsi qu’à la mise en place du sanctuaire accroché aux Red Gates, ces barrières qui font face à la rue Red Cross Way, où se trouve la plaque commémorative.

DSC00471

Sur cette plaque, les passants peuvent lire :

Cross Bones Graveyard

À l’époque médiévale, ce lieu était une terre non consacrée réservée aux prostituées dites « Winchester Geese ». Au tournant du XIIIe siècle, il était devenu le cimetière des indigents, pour être fermé en 1853. Ici, les locaux ont construit un sanctuaire en leur mémoire.

Chers Parias, reposez en paix (4).

Parmi les différentes installations du jardin se retrouvent: The Invisible Garden, The Infinity Beds, The Pyramid, The Map of Liberty, The Old Door et The Shrine at The Red Gates. Le jardin est toujours en pleine extension, certaines installations moins imposantes sont remplacées par d’autres au fil du temps et des fleurs sauvages sont ressemées à chaque saison.

Je vous laisse en compagnie de ces quelques photographies qui valent mieux qu’un long discours. Le style un peu bohème et coloré du jardin me rappelle énormément le culte des défunts du folklore mexicain. Tout est paisible, mais également (et très étrangement) décalé par rapport à l’idée que la plupart peuvent se faire d’un sanctuaire. La pièce maîtresse reste tout de même les centaines (les milliers peut-être) de rubans et de grigris en tout genre accrochés sur les barrières du jardin, à la mémoire de tous ces défunts qui n’avaient pas eu droit à un semblant de dignité pour leur dernier grand voyage.

Aujourd’hui, cette faute a enfin pu être réparée. Cross Bones accueille de nombreux visiteurs et, lors de ma venue, j’ai été assez surprise de voir des familles avec des enfants en bas-âge s’amuser dans ce jardin tout à fait particulier. L’existence de Cross Bones reflète en quelque sorte une manière « so British » de réaliser un travail de mémoire sans tout le cortège très funeste censé habituellement l’accompagner, mais toujours dans le plus grand respect.

DSC00494
Votre serviteur en pleine action…

De nombreuses manifestations et célébrations se déroulent encore sur place, surtout lors de la Saint George ou pendant Halloween. Des veillées commémoratives sont aussi régulièrement organisées sur le site.

Si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à faire un tour dans ce « jardin du souvenir » aussi éclectique qu’étrange, niché en plein cœur de Londres, mais dont l’histoire ne peut vous laisser indifférent. Faites-vous guider par l’esprit The Goose, pour une visite inoubliable…

DSC00503
The Garden of Remembrance, perdu en pleine jungle urbaine

(1)(2)(3) Historique de Cross Bones traduit et adapté du site : https://crossbones.org.uk/

Toutes les images ont été prises par mes soins (sauf mention contraire)

Adresse : Redcross Way, London SE1 1TA, UK

Horaire : 12h à 15h, du lundi au samedi

Tarif : gratuit


→ Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à nous soutenir financièrement sur Tipeee, plateforme de mécénat participatif !

Chat Siamois de Guillaume Bianco et Ciou

ciou-chatsiamois1

Titre : Chat Siamois
Date de parution : 12 novembre 2009
Scénario de Guillaume BIANCO et illustrations de Ciou
Collection : Venusdea
Édition : Soleil

Emmy Hyacinthe Muffin, une petite fille comme les autres ?
Pas vraiment… On la croit sorcière !
Et cela ne s’arrange pas lorsqu’un soir de pleine lune, une veuve brune se glisse le long de sa gorge.
Dès lors, sa vie chavire…

album-page-large-8599
Illustration de Ciou

En journée, Emmy Hyacinthe Muffin a tout pour paraître une petite fille modèle, mais le soir, ses plus doux songes sont peuplés de monstres inquiétants, d’ophidiens déjantés, de tarentules démentes… Par une nuit pas comme les autres, une veuve brune se glisse dans la gorge de la jeune fille. Au réveil, Emmy n’est plus tout à fait la même, sa chevelure n’a plus rien à envier à celle de la gorgone Méduse ! Loin d’être totalement effarée par ce changement tout à fait loufoque (et terrifiant pour le commun des mortels), elle s’accommode bien de ses nouveaux compagnons capillaires.

PlancheA_132518
Texte de Guillaume Bianco et illustration de Ciou

Elle décide même de déposer un œuf de veuve noire dans la pâté d’anniversaire de Marcelline, sa brave chatte. Malheureusement, cette recette ne sied pas autant au pauvre animal qu’à sa maîtresse ; les métamorphoses étranges s’enchaînent et, au petit matin, Marcelline rend son dernier souffle. Emmy est dévastée par la mort de son compagnon à quatre pattes et l’enterre dans le jardin familial. Cependant, à son retour, la jeune fille est accueillie par une surprise de taille. Hors du panier du défunt animal, pointe non pas une tête de chat, mais bien deux ! Marcelline a repris vie sous la forme d’un chat siamois. Emmy est comblée de bonheur par cette découverte, alors que sa mère est exaspérée par la foire à monstres qui occupe maintenant son domicile. Madame Muffin fait donc appel à spécialiste pour remettre de l’ordre sous son toit. La suite de l’histoire comporte une séance de coiffure assez violente à coups de tenaille et une tête en trop retirée de force au scalpel. Cependant, malgré les apparences, une fois le germe de l’étrange semé, personne n’est plus en mesure de l’arrêter…

3
Illustration de Ciou

Chat Siamois réunit deux artistes de l’imaginaire, aussi talentueux qu’incroyables. Guillaume BIANCO n’est plus à présenter puisqu’il a d’ores et déjà travaillé sur de nombreux ouvrages parus dans la collection Métamorphose, telle que la série Billy Brouillard. Ciou est, quand à elle, une artiste lowbrow à la renommée internationale, dont le style dit « necro kawaï », mêlant le grotesque au mignon, est tout à fait reconnaissable. Les efforts conjugués de ces deux artistes donnent naissance à une œuvre hybride et jouissive, tant sur le plan narratif que pictural. Le texte Chat Siamois est une véritable poésie rédigée en vers dans la langue de Molière et en proses dans la langue de Shakespeare (le label étant international). Le tout est servi par l’univers monochrome à la fois macabre et enfantin né des pinceaux de Ciou. Le format est bien entendu celui d’une fable un peu cruelle, qui n’est pas sans rappeler les poèmes de Tim BURTON dans son recueil La triste fin du petit enfant huître et autres histoires (The Melancholy Death of Oyster Boy & other stories en anglais). Entre humour noir, inspiration quelque peu macabre et innocence à demi feinte, ce conte résolument adulte fera le plus grand plaisir des amateurs du genre, qu’ils soient de fervents admirateurs du travail de Ciou et de Guillaume BIANCO ou des curieux à la recherche d’un récit étrange à la beauté sombre et lyrique, sorti des sentiers battus.

chat-siamois-venusdea1
Photographies par Julien Lesur: Ciou et  son chat siamois

Chat Siamois a également inauguré le label Venusdea, dédié aux livres ArtPop, toujours dirigé par les excellentes Barbara CANEPA et Clotilde VU (pour les plus attentifs d’entre vous, le logo de Venusdea est le même que celui retrouvé chez le fabriquant des Sky-Doll de la série du même nom. Observez l’oreille de Noa !). L’ouvrage est de dimensions modestes, mais la qualité est plus que présente, grâce à une couverture rigide toilée marquée au fer à chaud et à un papier de grande qualité. Chat Siamois est donc un très bel objet de collection à déposer sur l’étagère de tout bon fanatique de lecture et d’art pop surréaliste.

 

* * *

 

En savoir plus :

Guillaume BIANCO
Ciou
Collection Venusdea


→ Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à nous soutenir sur Tipeee, devenez notre mécène !