Gwennyn : « Les légendes celtiques ont plein de choses à nous dire. »

Avec cinq albums à son actif, la chanteuse de pop-rock celtique Gwennyn porte fièrement les couleurs de la Bretagne en France et à l’étranger. Non seulement ses chansons, bien qu’actuelles, s’inspirent de la musique bretonne, mais cette native de Rennes chante également en breton, la langue qu’elle parlait avant même le français. Dans son dernier album, Avalon, paru en novembre 2016, elle va encore plus loin en faisant la part belle aux légendes celtiques. Un choix qui n’est pas anodin pour Gwennyn…

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Le titre du cinquième album de Gwennyn fait référence à la légende de l’île d’Avalon : au cœur de la forêt, sous un lac enchanté ou dans les profondeurs de la mer, cette île ne figure sur aucune carte mais est recherchée comme le plus précieux des talismans… On dit que la gardienne de ce lieu est une grande magicienne qui possède un chaudron dans lequel elle puise force et sagesse.

~ Pourquoi avoir choisi le sujet des légendes pour votre  album Avalon ?

Il y a quelques années, Nolwenn Leroy m’a demandé d’écrire une chanson en breton pour elle. J’ai écrit Ahès, pour son album Ô filles de l’eau, en m’inspirant de la légende de la ville d’Ys. Après, je me suis dit : et si je faisais ça pour moi aussi ? J’ai commencé sur mon album précédent, avec la chanson Tristan et Yseult par exemple. Les légendes celtiques ont plein de choses à nous dire sur notre psychologie profonde et sur notre histoire collective. C’est ce que je raconte dans les paroles de mon cinquième album, Avalon, qui leur est consacré.

~ D’où viennent ces légendes ?

Ce sont de très vieilles légendes, qui datent de bien avant Jésus-Christ, mais elles ont été écrites pour la première fois au XIIe siècle par Chrétien de Troyes, par exemple celle de Tristan et Yseult, et il en a fait un livre qui a eu beaucoup de succès à l’époque médiévale. C’était avant l’imprimerie, mais les gens se le transmettaient, tout le monde le voulait, l’intelligentsia européenne se l’arrachait : c’était un best-seller de l’époque.
Et maintenant, ça fait dix siècles qu’on entend parler de Tristan et Yseult et de leur amour impossible. Toute la légende se passe en Bretagne, en Cornouailles, en Irlande et en Écosse, mais les gens se la sont appropriée en Europe, aux États-Unis, on en a fait des livres, des poèmes… Ça a fait le tour du monde au moins quinze fois ! L’histoire de Roméo et Juliette est venue bien après.
Les légendes sont des recettes qui marchent super bien car elles parlent de nos psychologies profondes. Il y en aura toujours. Dans deux cents ans, on parlera d’un amour impossible et ça marchera toujours.

~ En tant que Bretonne, vous leur accordez une importance particulière ?

Ma grand-mère me les a racontées pendant toute mon enfance. Pour moi, les légendes bretonnes, comme celle de la ville d’Ys, c’est l’Histoire. Il n’y a pas vraiment de frontière entre la vraie Histoire et les légendes. C’est typiquement celtique : l’imaginaire et la réalité se confondent, on ne sait plus ce qui est vrai ou pas.

~ Que disent les légendes à propos de l’histoire de la Bretagne ?

Gwennyn HDC84362 © Eric Legret
Crédit photo : Eric Legret

Ces légendes parlent beaucoup des femmes par exemple.
Dans la tradition celtique, aux IVe et Ve siècle, les femmes pouvaient être avocates, juges, maires, elles pouvaient hériter… Les responsabilités sociales leur incombaient autant qu’aux hommes. Puis, la Bretagne a été rattachée à la France et la société n’a plus permis aux femmes de garder ces responsabilités. Mais dans l’attitude de la société bretonne, les femmes ont conservé du pouvoir : c’est ce qu’on appelle le matriarcat breton. Ce sont les traces de ce pouvoir, exprimé non plus en société mais au sein des familles.
Dans toutes les légendes celtiques, on parle toujours de fées, de sorcières, de magiciennes… de toutes ces femmes qui sont puissantes mais qui sont mises en dehors de la société. Une femme qui a du pouvoir, ce n’est pas normal, c’est inquiétant, on la met loin. Elles ont été écartées, mais elles ont conservé un pouvoir. Dans notre inconscient collectif, c’est notre histoire en fait ! C’est notre héritage.
Ces légendes, ce qu’elles nous disent, c’est que les femmes, avant, pouvaient faire beaucoup de choses. C’est seulement en train de revenir aujourd’hui.

~ De quelle façon avez-vous apporté votre touche personnelle à ces légendes célèbres ?

Le rôle des artistes, c’est de reformuler ces légendes qui nous fascinent.
Il n’est pas question pour moi de raconter des légendes dans mes chansons si elles n’ont pas de rapport avec mon histoire. J’ai un besoin vital d’écrire mes propres chansons, qui parlent de choses réellement vécues, et dans lesquelles passent des émotions. Je ne pourrais pas chanter du Barbara par exemple, parce que ce n’est pas ce que j’ai vécu. Je ne suis pas là pour faire des kilomètres de chansons. C’est comme quand on a des enfants : chaque chanson est importante.
J’ai donc fait s’épouser des légendes avec des émotions que j’avais.
Souvent, ça part d’un sentiment profond. Par exemple, une de mes amies s’est un jour engouffrée dans un amour impossible, c’était une folie furieuse et c’est ce qui m’a donné envie d’écrire une chanson sur Tristan et Yseult, avec mes propres sensations. J’ai trouvé les mots pour parler à la place d’Yseult, c’est ce qui rend ma chanson authentique. J’ai associé l’histoire de mon amie à une histoire plus grande, universelle.
C’est ma manière de reformuler une vieille légende pour la ré-actualiser. Je poétise une émotion personnelle.


En savoir plus :

Site Internet

The Wellcome Collection

Bien le bonjour, j’espère que vous ne vous êtes pas trop égaré dans l’autre côté du Chemin de Traverse depuis la dernière fois. Nous allons alors reprendre notre petit périple à travers la capitale anglaise, et poser nos bagages à notre prochain arrêt, présenté comme The free destination for the incurably curious  (qu’on peut traduire par « la destination gratuite pour le curieux invétéré »). Comment donc résister à une description aussi aguicheuse lorsqu’on est friand de lieux insolites ? Nous y courons, nous y volons !

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The Wellcome Collection est en réalité un lieu des plus surprenants, destiné à mettre en évidence les liens existants entre la médecine, les concepts de la vie et de la mort, ainsi que la place de l’être humain dans le monde.

Il est constitué de plusieurs galeries d’exposition, de collections permanentes et temporaires, d’une salle de lecture pédagogique et interactive ; le tout inclus dans une infrastructure à la fois classique et moderne. Pour cet article, je vais plutôt m’attarder sur la collection permanente d’Henry Wellcome avec son côté à fois curieux, mais intelligent. Les autres parties du bâtiment valent également le détour et à juste titre, mais je n’aurais pas assez d’un article pour les aborder. Vous pouvez, notamment, consulter l’intégralité du génome humain imprimé sur papier ou errer dans la salle de lecture, un incroyable espace ouvert où vous avez la liberté d’interagir avec les curiosités entreposées.

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Sir Henry Solomon Wellcome (1853-1936) est pharmacien, entrepreneur, philanthrope et surtout collectionneur féru de curiosités. Le premier produit commercialisé par notre gentilhomme est l’encre invisible (oui oui, le fameux jus de citron…).  En 1880, il fonde la compagnie pharmaceutique Burroughs Wellcome & Co. avec son partenaire Silas Burroughs et lance sur le marché, aux côtés de quelques autres téméraires, les tout premiers médicaments sous forme de comprimés. À l’époque, ces produits de soin sont commercialisés en poudre ou en décoction liquide. Lorsque son partenaire Silas décède en 1995, Henry Wellcome reprend les rênes de la firme qui connaît un succès sans précédent. L’homme voyage alors aux quatre coins du monde et amasse l’une des collections les plus impressionnantes d’objets liés à la médecine à travers les âges. Cette collection est aujourd’hui visible dans le bâtiment d’origine, construit selon les souhaits du concerné en 1932.

L’une des particularités de la Wellcome Collection reste son côté très pédagogique. Bien entendu, le visiteur curieux sera plus que comblé de se promener entre les nombreuses vitrines remplies d’objets plus intrigants les uns que les autres, mais l’agencement même de ces multiples artéfacts invite à la réflexion. Comme déjà mentionné auparavant, le but de cette collection permanente est de mettre en relation la médecine avec les concepts de vie et de mort, ainsi que la place de l’être humain au sein de notre planète. La médecine a, depuis la nuit des temps, été au service de l’homme dans le but de soigner les maux et donc, de prolonger son existence sur cette terre. Avant l’avènement de la médecine moderne et de sa codification, la frontière entre médecine et magie était bien plus estompée qu’elle ne l’est de nos jours. Le médecin était prêtre, shaman, sorcier, homme de sciences, homme de l’occulte. Nos ancêtres pratiquaient des rites païens permettant la guérison et s’en remettaient aux puissances divines pour garantir leur survie. En d’autres termes, l’homme a toujours été plus ou moins conscient de la fragilité de son existence au sein de l’univers, et a toujours eu cette notion de dualité entre vie et trépas, quelque soit son appréhension (présente ou absente selon les cultures) quant au passage vers l’au-delà.

L’agencement des différentes pièces de la collection retrace l’évolution, depuis les temps immémoriaux à l’époque contemporaine, de tous les outils fabriqués ou procédés mis en œuvre pour garantir une existence longue et prospère sur cette terre, ou du moins pour tenter de soulager les souffrances ou de pallier des handicaps dans le cas échéant. Et lorsque plus rien ne peut sauver le pauvre bougre, certaines techniques d’embaumement se chargent de préserver le corps de sa destinée funeste.

La collection est plus qu’immense, je n’ai donc rapporté qu’un petit échantillon de photographies. Ces images ne font pas vraiment honneur aux objets d’origine (qui dit vitrines en verre, dit reflets agaçants), mais j’ose espérer qu’elles vous donneront un petit aperçu des curiosités à observer.

Commençons par le début, avec ces quelques artéfacts en pierre, sculptés à l’effigie d’organes humains. L’heureux propriétaire déposait la représentation de pierre en offrande à des divinités, afin que la partie du corps représentée soit guérie du mal en question. Les organes concernés pouvaient être divers et variés, mais on peut constater que certains problèmes de santé actuels remontent à la nuit des temps, notamment chez certains messieurs… Sachez que vous vous trouverez nez à nez avec bon nombre d’objets de ce goût qui vous feront doucement rire (ou crissez des dents, selon votre sensibilité) lors de votre petit périple entre les allées.

 

Ensuite, voici quelques modèles anciens de prothèses, essentiellement destinées aux amputés de guerre, une poignée d’yeux artificiels et un petit dentier d’époque prélevé chez un soldat.

 

Le visiteur pourra également retrouver quelques masques mortuaires, divers objets liés au memento mori comme des vanitas, des instruments destinés à des rites de guérison venant de contrées reculées (Afrique, Asie), des véritables sandales de fakir, ainsi que différents modèles et miniatures utilisés par les étudiants de médecine à l’époque. Parmi les objets de la collection se trouvent également des chaises de dentistes ou des tables de consultation, des plus austères aux plus angoissantes.

 

 

 

La collection compte également toute une section consacrée aux photographies et aux peintures anthropologiques qui expriment toute la curiosité que l’homme occidental fortuné avait pour les cultures « exotiques » au début du XXe siècle, et cette conscience duelle de « nous » et de l’« autre » en tant qu’individu appartenant à une certaine culture donnée.

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Chaque objet est accompagné d’une légende plutôt détaillée, avec toutes les informations indispensables pour piquer votre curiosité. De nombreux panneaux et tiroirs interactifs sont disséminés entre les différentes vitrines. Ils contiennent des informations supplémentaires, des moulages à toucher ou des feuillets et autres documents qui ne peuvent être exposés directement à lumière du jour. Pour les plus curieux ou les plus observateurs, sachez qu’une véritable canne utilisée par Charles Darwin se trouve au détour d’une vitrine de la collection.

Comme vous pouvez le constater, je ne peux que vous conseiller de vous rendre sur place pour découvrir et apprécier à sa juste valeur l’entièreté de la collection de Sir Henry Wellcome. En plus de la collection permanente, le bâtiment abrite plusieurs expositions temporaires et accueille fréquemment des évènements thématiques, des ateliers, des cours, etc. Sur ce, je vous laisse jusqu’à notre prochain périple au royaume de l’insolite.


Toutes les photos ont été prises par mes soins, sauf mention contraire.

Texte adapté et traduit à partir du site officiel The Wellcome Collection.

Adresse : 183 Euston Rd, Kings Cross, London NW1 2BE
Prix : Gratuit

Découvrir les sabbats païens, aux éditions Danaé.

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Site : Tumblr. La roue de l’année pour l’hémisphère Nord.

Une collection colorée et concise

Elle fait du bruit dans la communauté païenne : collection colorée arrêtée au nombre de huit ouvrages, elle trône, complète, sur plus d’une étagère magique maintenant. Je vous parlerai aujourd’hui brièvement de la collection de livres sur les huit fêtes païennes, parue aux éditions Danaé. Traduction d’ouvrages en langue étrangère, elle ne fait pourtant pas défaut à l’esprit général de la collection. Elle se veut claire, concise et variée. Explorons alors un peu ce que ces livres proposent…

 

Dissection de ces ouvrages

1 – Introduction à la collection :

Elle replace en son contexte chaque livre, puisque chacun fait partie de cette série des « Célébrations païennes ». Ainsi, l’introduction explique brièvement la roue de l’année, chère aux païens. Proposant l’ouverture sur le livre, elle délivre un message intéressant  — si ce n’est un pari — : quel que soit l’horizon dans lequel le lecteur s’inscrit, il y trouvera au moins une chose utile ! Précédant l’ouvrage se trouve aussi une roue de l’année, divisée en sabbats, et relativisée par la notion d’hémisphère ! Eh oui, le solstice d’été n’est pas forcément en juin ailleurs…

2 – Les anciennes & nouvelles voies :

site babelioJe regroupe ici deux éléments qui sont distinctement divisés dans ces livres-là. Cependant, il paraît judicieux de les réunir, car ils traitent tous deux des us et coutumes, modernes comme d’autrefois. Les histoires et traditions des « anciennes voies » sont assez bien documentées, et les ouvrages n’hésitent pas à aborder différentes coutumes. La recherche est réelle derrière, et les noms ne sont pas lancés au gré des lignes. C’est sans doute la partie la plus digne d’intérêt pour quiconque voudrait se renseigner sur l’histoire des célébrations des solstices et des équinoxes. La partie suivante, sur les « Nouvelles voies », n’est pas moins remplie, et nous en apprenons beaucoup sur les traditions renouvelées, ou les adaptations des célébrations à notre époque… L’ouvrage sur Beltane, par exemple, recense quelques endroits du monde où est célébré le 1er mai. Bonnes adresses et  notions clefs sont au rendez-vous. Cette partie-là est aussi l’occasion pour l’auteur de présenter quelques premières idées pour une célébration, qu’elle soit simpliste ou plus élaborée. Une promenade le jour du printemps peut suffire !

3 – Charmes et divination :

Une partie un peu plus ésotérique que la précédente, qui pouvait faire cas de quelques pratiques traditionnelles à cheval entre les coutumes affirmées ou négligemment jetées sur l’épaule, et l’usage magique. Avis donc aux plus avancés d’entre nous, qui ne se contenteront peut-être pas d’une simple balade de printemps. Divination par les fleurs au printemps ou magie des seuils à Samhain, beaucoup d’idées sont données, adaptables toujours. La simple curiosité peut aussi tout à fait pousser le lecteur à explorer ces nombreux charmes. Pas de rituels complexes ici, mais de simples suggestions, qu’elles soient de l’ordre du tarot ou d’une bougie.

4 – Recettes & Bricolage :

amazon4La partie qui m’a sans doute le plus plu ! Elle propose des activités créatives et manuelles, adaptables pour être vécues avec des enfants — si l’on en a —, et qu’on souhaite les inclure dans ce rapport intime au cycle naturel. Masques, bâtons à clochettes et recettes de cuisine y abondent. Je crois que chacun peut y trouver son compte, qu’il soit plus manuel ou cuisinier. Les recettes peuvent être aussi celles d’huiles ou d’onguents magiques pour cette occasion, et là, le côté ésotérique reprend le dessus. Décoration, cuisine : c’est l’occasion de reprendre goût aux activités matérielles !

5 – Prières & Invocations :

Cette section-là est intéressante pour quiconque voudrait formuler une oraison particulière pour cette  période précise, destinée aux fées ou aux morts par exemple.  Partie plus courte que les autres en général, cela n’empêche point sa grande richesse, pour le lecteur curieux. Bien sûr, les oraisons proposées peuvent être ignorées, ou remaniées pour mieux correspondre à vos attentes. C’est la partie qui m’a sans doute le moins concernée. Cependant, elle peut donner de fières idées !

6 – Célébrations rituelles :

amazon3Ce segment propose des rituels plus complexes dans l’air du temps (ou du sabbat…).  Partie plus canonique sans nul doute, elle peut satisfaire un païen débutant qui voudrait avoir un cadre précis pour sa volonté de célébrer la date. Les rituels proposés sont complets et incluent souvent de grands principes wiccans, si ce n’est magiques en général — et c’est là où la plus grande rigidité de ce qui est proposé peut arrêter la « sorcière libre d’esprit ». Cependant, le cadre proposé inspire à chacun sa version de la célébration. En réalité, il appartient à chacun et chacune de doser son implication dans la lecture, et de voir ce qui lui siéra le plus ! Pour les plus libres d’esprit, je recommande les premières parties, plus souples, mais pour ceux et celles qui nécessiteraient un rituel pas à pas, cette partie est plus adaptée.

7 – Correspondances diverses & variées :

Précieuse partie qui concentre toutes les correspondances entre le sabbat en question et les pierres, les minéraux, les arcanes, les coutumes, etc. Pour les esprits les plus synthétiques, cette partie est parfaite ! Enfin, elle se clôt généralement sur des versions différentes du sabbat selon les pays.

Les points appréciés

J’ai pu apprécier leur clarté, et leur découpe astucieuse, comme je l’ai montré précédemment. Ils peuvent être utilisés pour la simple curiosité des us et coutumes d’autrefois, ou servir techniquement au païen en manque d’idées. Sans exposer une doctrine forcément rigide, l’ouvrage nous conduit doucement à renouer avec certaines pratiques, qu’elles soient manuelles comme la croix de Brighid lors d’Imbolc en février, ou plus spirituelles comme une magie des seuils. Attirée par cet aspect manuel, j’ai grandement apprécié les recettes de cuisine que l’on y trouve, souvent simples — pas forcément véganes. La première partie, plus historique, sur les « Anciennes voies », peut être une bonne base pour s’informer des réalités de la célébration, m’en étant moi-même servi pour un futur article sur le mois de mai… Dans tous les cas, ces petits ouvrages forment une collection complète et très richement fournie, autant par le texte que par les illustrations. De couverture souple, très fine, ils sauront se glisser dans le restant de vos étagères si cela a piqué votre curiosité, ou si Ostara approchant vous attire…

 

Collection « Célébrations Païennes » à retrouver sur le site des éditions Danaé.

 

Imaginaire d’une plante : la mandragore.

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Gravure de la « vraie plante » sur le site : Informations et Documents

La mandegloire, une plante réelle.

Déjà présentée dans le texte biblique auprès du roi Salomon, elle continue de jouir d’une aura particulière auprès de la communauté sorcière. Malgré tout ce qu’on a pu lui prêter comme capacités, il semble important de dire qu’elle reste une plante réelle ! Eh oui, pour quiconque possèderait l’âme jardinière et patiente, des graines se trouvent maintenant sur Internet. Plante solanacée, elle se distingue en deux catégories : officinarum, et autumnalis. On fait traditionnellement très peu de distinctions fondamentales entre les deux espèces. Il semble que la mandegloire ait joui de nombreuses vertus, qu’on a voulu lui conférer : fertilité, chance, mais aussi réalité psychotrope.

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Source : site Grand Patrimoine de Loire-Atlantique.

Une place particulière dans l’histoire médicale.

Sa réalité est attestée depuis l’aube des temps, et de nombreuses médecines anciennes s’y sont penchées. Mentionnée dans la Bible à plusieurs reprises, elle est cultivée dans certains jardins médiévaux à des fins médicinales. Hildegarde de Bingen, abbesse rhénane du XIIe siècle, en relevait déjà les spectaculaires usages : elle la voyait non seulement à l’image de l’Homme, par la forme de sa racine, mais aussi très utile dans sa froideur. Froide, elle l’est, au vu de la médecine humorale qui fonde son principe depuis l’Antiquité sur un système de correspondances générales entre l’Homme et la Nature, selon les pôles froid-chaud, et humide-sec. Ainsi, l’ardeur amoureuse, selon sainte Hildegarde, pourra être adoucie à l’aide de mandragore, reconnue comme plante « froide ». Effectivement, si l’on en croit ses capacités psychotropes à cause de sa nature alcaloïde, elle est pourvoyeuse d’illusions pour les sens humains, déroutés dans leur ardeur.

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Source : site Secrets de Plantes. Cette gravure montre combien l’on voulait distinguer la mandragore mâle de la mandragore femelle, selon où les tubercules étaient placés sur la racine mère…

Fruit de la semence, du gibet et du sol.

Si la mandragore est connue, c’est notamment pour son origine mystérieuse. Comme en attestent les gravures de cet article, elle possède naturellement une forme prononcée au niveau de la racine, et d’aucuns ont pu y voir une forme humanoïde. Il est notamment dit, dans le folklore, qu’elle pousse lors de la rencontre de la semence des pendus avec le sol. D’autres ont  pu dire qu’elle poussait déjà sous l’arbre du Bien et du Mal dans l’Eden (selon certains courants rabbiniques). Dans tous les cas, elle est associée au domaine de l’occulte et sa forme suscite bien des interprétations : sa racine pivotante, imposante, la dote d’une silhouette parfois humanoïde. Alors, selon les subtilités, on aura pu dire que la racine est tantôt femelle, tantôt mâle. Appelée « Satan’s apple » chez les anglais, elle est synonyme de « sorcière » en ancien allemand (alruna).

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Scène d’arrachage des mandragores dans un des films de la saga Harry Potter.

La cueillette aux mille épreuves.

La cueillette de la mandragore est très ritualisée. En effet, de par sa forme humanoïde, elle a toujours inspiré la crainte à l’Homme. On dit son cri terrible, et ce ne sont pas les cours d’herboristerie d’Harry Potter qui diront le contraire… Cri perçant, sans doute, et c’est bien pour cela qu’on impliquait un chien (noir, s’entend) pour aller la cueillir : mieux valait la mort de l’innocent animal plutôt que du prêtre officiant. En réalité, les facteurs idéaux auraient voulu d’un samedi soir, avec un chien noir, et une vierge sacrifiant ses cheveux. L’officiant aurait prononcé diverses incantations pour pacifier la plante maléfique, puis le chien aurait tiré la corde fermement attachée à la racine, suite à quoi l’animal serait promis à une mort certaine. Ce cérémonial complexe est excellemment décrit dans le chapitre III de l’ouvrage de Gustave Le Rouge, mis en bibliographie plus bas. L’iconographie est riche autour de cet imaginaire de la cueillette, et elle peut parfois révéler d’amusantes variations…

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Cueillette illustrée dans le Tacuinum Sanitatis.

La plante aux mille vertus.

Parce qu’elle est une plante curieuse, rare, elle est vite prisée par la population. On en dit des merveilles et des horreurs : maléfique pour certains, elle est au contraire source de prospérité pour d’autres, qui ne pourraient s’en passer dans leur porte-monnaie… Il est aussi dit qu’elle fait partie des vingt-cinq plantes dans le bois sacré de la déesse Hécate. Liée au même titre à Aphrodite et Circé, elle est donc par essence (et par croyance) la plante de sorcière et de la séductrice, presque par excellence. Toutefois, elle est aussi plante de sorcière dans la réalité : retrouvée dans de nombreux petits pots d’onguent, elle atteste d’un usage concret de son pouvoir alcaloïde. L’onguent de vol est une véritable curiosité historique, et l’on a pu retrouver en effet de petits pots çà et là dans quelques vieilles bâtisses françaises. Historiquement, on la lie à d’autres solanacées ou toxiques telles que la belladone, la jusquiame ou l’hellébore. Toutes toxiques, elles ont pourtant été plus ou moins dosées pour produire un effet hallucinogène, attesté, et donner ainsi la sensation de voler… D’où les récits de sabbat. La composition de cet onguent est dite variable, mais on retrouve souvent ces plantes toxiques, notamment la mandragore… Quand un nourrisson non-baptisé n’est pas indiqué pour l’usage !

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Une jolie version de la mandragore illustrée par la magique Victoria Francés, à cheval entre l’illustratrice et la parfaite sorcière…

Alors, à vous de voir si vous voulez la nourrir de lait ou tenter l’expérience du portefeuille, mais cela reste une plante très jolie. (Si vous avez l’âme jardinière, tentez le semis entre février et avril !)

 

 


Bibliographie :

Michèle Biliminoff, Enquête sur les plantes magiques, éd. Ouest-France, coll. « Mémoires », 2003.

Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, éd. Lgf, coll. « La pochotèque », 2006.

Sandra Kynes, La Magie des plantes, éd. Danae, 2017.

Erika Lais, Petit Grimoire des plantes de sorcière, éd. Rustica, 2017.

Erika Lais, Grimoire des plantes de sorcière, éd. Rustica, 2016.

Gustave Le Rouge, La Mandragore magique, éd. Terre de Brume, 2015 (pour l’édition du texte).

Silja, Le Grand livre des rituels magiques avec les plantes, éd. Contre-dires, 2009.

The VVitch, un élixir de sorcellerie au service de l’Histoire.

The VVitch, un film au banc de l’horreur… et du conte.

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Affiche officielle du film sur le site d’Allociné. La notion de film d’horreur reste à revoir…

Beaucoup de films, d’ouvrages, de peintures, ont  déjà traité du sujet de la sorcellerie, en favorisant souvent les images communes et rebattues d’une vieille femme irréelle. The VVitch, un film classé au banc de l’horreur et sorti en 2016, dément et confirme à la fois cet imaginaire-là. Remarquablement construit au niveau de l’image, c’est sans doute au niveau de son histoire qu’il pèche, mais peu importe pour le spectateur, attentif à son sous-titre (« A New-England Folktale« ), qui pourra y voir la structure d’un conte pour enfants.

Je propose une vision personnelle du film, en relevant ses atouts visuel, imaginaire et historique. Au niveau des critiques, il n’est pas tant apprécié pour son histoire que pour ses qualités autour d’elle. Ainsi, une famille dévote, dans la Nouvelle-Angleterre de 1630, est bannie aux confins d’un territoire hostile, en marge de la ville et de la forêt. Forêt redoutée pour ses habitantes maléfiques, et le « loup » qui y rôde… La vie sauvage et marginale de la famille est ébranlée lors de la disparition d’un de leurs cinq enfants. Le film propose alors une virée dans l’ambiance pieuse et austère de cette Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle, tout en tissant un canevas de conte, avec ses archétypes et ses terreurs.

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Image provenant du site « Where’s the Jump? » – La ferme de la famille une fois bannie.

Un film aux airs de peinture hallucinée.

L’une des premières choses qui frappe les yeux du spectateur est la qualité indéniable des plans. Le choix des couleurs ternes (teintes de terre) et la direction photographique en général démontrent un réel intérêt esthétique. Les premiers plans dans les bois suggèrent une géométrie des branches, labyrinthe végétal propice à l’imaginaire du conte. Les couleurs restent volontairement éteintes, et les teintes de terre restent aussi humbles que nos protagonistes… Seule la couleur rouge, véritable glas frappant les différents temps du film, se distingue des teintes pâles, et fonctionne dans notre esprit comme un signal d’alerte : premier pas dans la sorcellerie, sabbat, ou descente diabolique.

Le choix de certains plans sur leur rustique habitat n’est pas sans rappeler des peintures naturalistes de fermiers au XIXe siècle. La qualité esthétique du film va cependant bien au-delà : en effet, qu’exprimer devant le choix des acteurs ? Les  acteurs figurant les parents forment d’ailleurs deux personnages saisissants : rigueur du trait, austérité de l’air ; tout suggère la dureté de leur vie de bannis. Le père, véritable  avatar christique avec son pagne coupant du bois et son torse osseux au milieu de la prédication, installe une figure marquante dans cette vie de famille. Le jeu des images est donc saisissant, et bien des symboles passent au travers de l’œil pour le bien de l’imaginaire du conte.

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La principale protagoniste – Le glas du sang (Site : Les Inrocks)

La structure et l’imaginaire du conte : la mauvaise promenade dans les bois.

Les images fortes qui arpentent le film forment un ensemble d’éléments relatifs au monde du conte. En effet, les archétypes du conte s’y retrouvent, et brouillent les pistes historiques de l’œuvre : la forêt redoutable, la méchante sorcière, le loup, la sorcière tentatrice au chaperon rouge… Sous bien des aspects, le film est bien inscrit dans la temporalité, dans une époque et un lieu définis, mais le temps est distordu : le temps montré à l’écran est tout à fait factice, et peu de temps peut s’être passé alors que le film étire cette durée… La distorsion du temps, effaçant presque ses bornes, est propre au monde du conte, censé être valable pour toutes les époques. Les disparitions des enfants le montrent bien, et je n’irai pas plus loin, afin de préserver le contenu du film. Ceci étant dit, l’imaginaire du conte est déjà suggéré par le sous-titre du film, qui annonce tout de même l’ambivalence que je relève alors. La forêt, motif de conte par excellence, est montrée comme un dangereux labyrinthe, territoire de perdition et de danger. Cette vision-là, déjà présente au sein de l’époque médiévale française, se fait un délice d’exister au sein du conte. La scène de la tentation du jeune homme par la sorcière près de sa cabane dans les bois rappelle d’une certaine manière un Petit Chaperon Rouge ou une Blanche-Neige. Nous retrouvons la tentatrice, vêtue de rouge, à la pomme. Le canevas, selon moi, est de double intérêt : faire allusion à quelques éléments de conte folklorique, tout en conservant un fort imaginaire chrétien (la femme et la pomme).

Effectivement, il ne faudrait pas négliger ce double canevas, et si le film ne se dispense pas d’éléments clairement propres au conte, il possède aussi une variété d’avatars chrétiens. Les symboles diaboliques sont bien divers, et jouissent d’un héritage de plusieurs siècles. Le bestiaire du Diable que propose ce film est pluriel : le lièvre, la corneille, le bouc noir, aussi appelé Philippe Le Noir. Il fait face à quelques avatars christiques, notamment la figure du père. Cependant, si l’image du père reste forte, l’image féminine en général supplante le reste, et démontre toute une palette des féminités possibles.

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La forêt, domaine de perdition de danger, dans un film aux allures de conte. (Site: Roger Ebert)

Image féminine, sorcellerie et fantasme morbide: la représentation de la sorcière.

Étant donné l’époque qu’il est censé dépeindre, le film ne se dispense pas de varier les images de la femme, entre créature soumise et être libéré dans les bois. Il n’échappera à personne que le titre parle de sorcellerie, et c’est bien l’une de ces variations. Si le film, comme on le verra, dispose quelques « signes » çà et là, la sorcellerie reste une explication. Le rôle féminin est vécu sous une multitude de facettes. D’abord, la femme humble faite de soumission absolue : voilà l’idéal social que présente l’époque du film, et c’est bien ce qu’incarne la mère de Thomasin. Pieuse, réservée, dédiée à ses enfants, elle fait figure de mère parfaite, bien loin de ces questions de sorcellerie. Une variation supplémentaire de la féminité serait celle de Thomasin : en effet, la jeune fille se trouve entre deux temps ; à savoir celui de l’enfant et de l’adulte. Connaissant l’âge de femme, elle vit cela en parallèle avec une certaine émancipation. La fin du film l’inclut alors totalement dans l’émancipation et elle rejoint le troisième degré de cette féminité, au sein du sabbat dénudé.

Dans tous les cas, que nous passions de la vieille sorcière à la jeune fille pubère, ou à la mère, nous assistons à des féminités troublées, en cheville avec deux stades de la vie. La puberté semble liée à la sorcellerie, et le pacte avec le sang est alors double. Les apparitions ponctuelles du sang forment différents temps dans l’apparition et l’étendue de la sorcellerie, qui reste progressive et insidieuse : la mort de quelques animaux, dans l’œuf ou développés, la suggestion des premières règles, etc. Le Diable semble faire partie de tous ces stades de la féminité (toujours au sein du film). En effet, que dire de la scène de la mère séduite par le Diable et ses travestissements ? Cette vision du Diable, en tant que Saint-Patron des illusions pour les sens humains, est très fidèle à la réalité historique de cet imaginaire-là. La fin du film propose aussi une vision traditionnelle de la sorcellerie, en tant que lieu de libération des carcans, à commencer par Thomasin ôtant son corset…

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La mère de Thomasin, pieuse ordinaire, une fois échevelée sous l’effet du Diable. (Site: Blogspot)
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Scène de sabbat et émancipation féminine. (Site: WordPress, Frank Zumbach)

L’ambiguïté fantastique latente : histoire de la folie ou réalité sorcière ?

L’hésitation du spectateur reste persistante face au « récit » qui nous est donné de voir : dans la vision puritaine de la religion, c’est aussi la vision hallucinée du Diable qui se dessine. Tout n’est pas sans rappeler l’ambiance du village de Salem quelques dizaines années plus tard, et la traçabilité historique dans The VVitch est solide. La réalité de certaines images d’époque, à juste titre aujourd’hui considérées comme stéréotypes, est bien traduite dans le film, qui se joue des plus larges clichés. Nous ne pouvons qu’admirer, avec une pointe d’effroi, la justesse de l’image centrale de la vieille femme (léger spoiler) : la vieillarde, recouverte de sang d’enfant non-baptisé, en transe à terre, son balai entre ses jambes tétanisées d’hallucination, fait prendre vie aux plus sombres gravures. Dans ce film, tout est présage, et nous nous demandons s’il ne donne pas vie à un sens plus subtil : le poussin mort dans l’œuf, le coup malheureux de hache, le pis rempli de sang. Le sang est présage, et la jeune Thomasin n’est pas en reste lorsqu’elle devient finalement « une femme ». La fin, qui pourrait corroborer une explication surnaturelle de la sorcellerie, ne suffit pas, et il est agréable de circuler dans les méandres du doute. La scène de sabbat a effectivement lieu, et Thomasin y est même inclue.

Tout de même, cette scène prend vie devant nos yeux et ceux de la jeune fille, et nous hésitons à n’expliquer ce film que par la cause surnaturelle. Certains « signes » dissimulés çà et là dans le film laissent penser que le doute plane quant à la persistance magique : la famille passe brusquement, dès le début, de sept – chiffre saint – à six – chiffre diabolique. Le père du côté de la foi, et la mère, de la superstition, le film oscille entre des variations de la croyance humaine, et ce, dans un cadre historique, lui, bien défini. Les fléaux dans les cultures de blé, la maladie des enfants mal-nourris : voilà autant de « preuves » à l’époque d’une présence sorcière, et la limite entre réel et surnaturel est ténue. Les deux se rencontrent dans ces variations autour de la croyance. Finalement, la décision, à mon sens, est laissée libre au spectateur, et fait s’incarner ce film dans la lignée du registre fantastique, où le destinataire de l’œuvre est roi dans son avis.

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L’une des affiches du film. (Site: JoBlo)

 


Suggestions bibliographiques pour aller plus loin :

COHN, N. (1982). Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen-Age : fantasmes et réalités. (trad. Anglais LAROCHE, S. ; ANGENO, M.). Paris : PAYOT.

JACQUES, N., PREAUD, M. (4-7 novembre 1992) Le sabbat des sorciers en Europe : XV-XVIIIe siècles. Colloque international de l’E.N.S, Fontenay-Saint-Cloud. Ed. Jérôme MILLON, 1993.

LE BRAS-CHOPARD, A. (2006). Les putains du Diable : le procès en sorcellerie des femmes. Paris : PLON.

LORINT, F-E. ; BERNABE, J. (1977). La sorcellerie paysanne. Bruxelles: A. de Boeck. (coll. « univers des sciences humaines).

MANDROU, R. (1979) Possession et sorcellerie au XVIIème siècle. Librairie FAYARD (coll. Hachette Littératures).

MUCHEMBLED, R. (2002) Diable ! Ed. du Seuil / ARTE Editions.

SCOTT, W. (1832), M. de FAUCONPRET (trad.). Histoire de la démonologie et de la sorcellerie. Genève-Paris (1980) : SLATKINE.

SPRENGER , J. et INSTITORIS, H. (1990). Le marteau des sorcières : Malleus Maleficarum, 1486. (trad. Latin par DANET, A.) Grenoble : Jérôme Millon.