« Sorcières » de Mona Chollet, vu par les médias & les lectrices

Lors d’un premier article, nous vous avions présenté Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet, entre mode culturelle et féminisme. Nous vous invitons à vous rendre sur l’excellent blog Mots silencieux pour découvrir une présentation et analyse détaillée de la thèse du livre, qui est facilement accessible sur Internet grâce aux médias et aux blogueurs comme nous allons le voir.

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Ainsi, lors de notre précédent article, nous avions insisté sur le fait que de sorcières, il n’y en avait point et que nous parlions simplement des femmes marginales, qui échappaient au contrôle des dogmes établis par notre société. En ça, elles devenaient sorcières : ces femmes étaient transgressives, hors de contrôle, elles semblaient dangereuses.

Ce livre a fait énormément de bruit depuis sa sortie. Mona Chollet court dans les librairies de France pour le présenter : ses séances de dédicaces sont à guichets fermés. Pour un livre qui n’est ni un roman, ni une BD, nous n’avions pas vu ça – nous ne dirons pas depuis Barthes – mais depuis longtemps. Pour expliquer ce succès, on va interroger les différentes observations que nous avons pu mener dans la vie de tous les jours, comme dans les médias et ensuite dans la blogosphère.

Au détour d’un café :

Je, en tant que chroniqueuse, vais me permettre de rapidement employer la première personne du singulier dans le but de faire part de quelques observations de la vie de touts les jours, car ce livre semble posséder quelque chose d’étrangement « rassembleur ». Ce livre, serait-il finalement sorcier en créant un sentiment de sororité ? Il faut savoir que je m’installe souvent dans des cafés pour travailler. La première fois, la jeune femme qui m’a interpelée au sujet de ce livre est allée aux USA et c’est là-bas qu’une résidente lui a appris ce qu’était une « sorcière » : le fait de rester proche et en communication avec les personnes qui nous ont été chères et dès lors disparues était la preuve d’une ouverture d’esprit digne d’une sorcière. Depuis la découverte de cette spiritualité consciente, elle se renseigne sur le sujet, et souhaitait se rendre à la prochaine conférence de Mona Chollet. À nouveau, une jeune femme en passe de faire sa thèse en médecine, m’annonce qu’elle est sur le point, elle aussi, de commencer ce livre. Elle est une « fan » de Mona Chollet. À l’inverse, dans ce cas de figure ce n’est pas le mot « sorcière » qui l’a intriguée (pas que). Une autre fois, une jeune femme de 34 ans venait tout juste de terminer le livre et était totalement enchantée par sa lecture. Célibataire, elle s’est retrouvée dans ce qui y est écrit. Pour ce premier échantillon, je dirais que ces femmes ont toutes en commun le fait d’être des intellectuelles (voyageuses, littéraires ou médecins), et c’est bien ce qui m’a le plus frappée. Intellectuel aussi, le professeur, qui, en se présentant le premier jour de classe, lâche « je suis en train de lire le dernier Chollet ».

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Le meilleur cadeau d’anniversaire de Noël pour les sorciers, et sorcières ! Par SoapsAndSpells.

L’introduction de Sorcières vise à montrer que la sorcière est à la mode et son mythe présent absolument partout dans la culture populaire depuis le début des années 2000 (je vous invite à lire le livre pour en savoir plus.) La sorcière est également le symbole de beaucoup de féministes, de militantes, dès les années 1970. Elle devient une image underground, alternative, dans les années 1980. Aujourd’hui à la mode, des engagées font donc la chasse aux imposteurs et certaines auraient tendance à mettre Mona Chollet dans cette case-là. Cependant, les articles qu’elle a publiés dans sa carrière – voir sa vertigineuse bibliographie – indiqueraient le contraire. Elle est également défendue dans le milieu universitaire. Mais il est légitime de se demander si elle n’est pas la dernière des sorcières non mainstream, puisque même lors de la première séance de dédicace du 14 septembre à La Petite Égypte (Paris), les déguisements de sorcière étaient de mise… Est-ce bien là le propos ? Car de sorcière mainstream, Mona Chollet n’en parle pas tant, comme nous l’avons dit. Ainsi, face au succès retentissant de son livre, ne risquerions-nous pas de basculer dans l’excès ? La société va t-elle se réapproprier ses propos pour faire consommer davantage les affictionado.a.s de ce thème, désormais plus nombreux.ses ?

Les Sorcières et les médias :

De même, face ce succès, et sans surprise, les médias ont eu un engouement sans faille pour le nouveau livre de leur collègue, puisqu’il se vend bien et fait également vendre la presse. Dans notre enquête, on a voulu savoir ce qui a subitement fasciné autant de personnes. Car elle n’a pas touché seulement les lecteurs de Federici, ou ceux qui se sont empressés d’acheter la réédition du Guide pratique du féminisme divinatoire (mai 2018) de Camille Ducellier ou encore Âme de sorcière (sorti il y a un an) d’Odile Chabrillac. Les nouveaux séduits ne se sont pas même tournés vers les lectures féministes récemment sorties aux éditions Cambourakis de la collection « Sorcière ». En témoignent les chiffres de vente qui n’ont rien à voir. Ainsi, quand je me demande « pourquoi elle ? Pourquoi ce livre ? », je ne reçois qu’une réponse : « elle est connue, elle bosse au Monde Diplomatique. » Serait-ce seulement ça ?

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Pin’s émaillé sorcière de l’espace par NovemberAndMay.

Il est vrai qu’on a été littéralement inondé par ce livre : l’analyse de Mona Chollet est demandée sur tous les plateaux, comme celui de Médiapart. Elle a permis à la toute nouvelle webradio La Poudre d’asseoir le sérieux de leur cycle sur les sorcières (pourtant difficile de rivaliser avec celui de France Culture !). Aussi, le nombre d’entretiens qu’elle a donné à la presse est considérable. Ici, ils ne sont sûrement pas exhaustifs. Celui de Libération se contente d’une interview retraçant très largement la trame du livre. Toute la Culture s’interroge, comme nous, sur cet engouement et cet effet de mode, soulignant qu’au 3 octobre, c’est-à-dire environ deux semaines après la sortie du livre, 12 000 exemplaires avaient déjà été vendus. La revue Ballast remarque bien qu’on parle de femmes et non de sorcières, à ce sujet Mona Chollet leur répond :

Je ne suis pas historienne et je ne pouvais pas prétendre faire l’histoire de la chasse aux sorcières. J’ai lu des travaux d’historiens et d’historiennes mais, effectivement, ce qui m’intéressait, c’était de dégager des grands types – qu’on peut dégager après coup – de femmes pourchassées à l’époque : les célibataires, les veuves, les femmes qui maîtrisaient leur procréation, les femmes âgées. En stigmatisant ces types, on a refaçonné ce que devaient être les femmes dans leur ensemble.

Cheek Magazine, quant à lui, inscrit bien ce livre dans le travail de Chollet et l’on peut, à la lumière de cette petite interview, voir que le succès de ce livre a d’abord pris dans les sphères intéressées par l’autrice. En effet, ses réseaux sociaux sont déjà largement alimentés par de telles problématiques et le livre Beauté fatale avait déjà commencé à étudier le terrain.

Pour aller plus loin, nous dirons que le succès de mythe de la sorcière nous viendrait des USA où, comme le disait ma première interlocutrice de café, ils ont redécouvert « la » sorcière. Mona Chollet l’explique comme une réaction face à leur société et politique :

Aux États-Unis c’est très clair par exemple, avec un gouvernement qui n’en a que faire de l’environnement et qui est dirigé par un prédateur sexuel.

Vice reste dans sa ligne éditoriale : ce n’est pas la première fois qu’il s’intéresse à des sujets tels que la wicca avec des titres « chocs ». Le magazine s’intéresse aussi au fait que Mona Chollet lie la sorcière avec la médecine : en voilà qui n’ont pas lu leur bibliographie !

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Figurine sorcière zombie sur une tête de mort en pâte polymère par Eugecrea.

Ce n’est qu’un aperçu de ce dont nous abreuve la toile, de manière plus ou moins pertinente. Mais quant à l’engouement autour du livre : un bon coup marketing d’une star de la presse ? Un ouvrage attendu par certains cercles féministes et universitaires ? Les pistes sont nombreuses, et malheureusement, malgré notre intérêt, nous n’avons pas la prétention d’y répondre. Mais après ce matraquage médiatique, après ces milliers de ventes, qu’en disent les principaux intéressés ? Les lecteurs, bien sûr ! Nous l’avons vu en introduction de cet article, le livre fait grand effet sur des gens comme vous et moi, croisés dans les cafés. Nous vous renvoyons vers notre premier article, qui aborde d’ailleurs les thèmes clés de ce livre, qui vous permettront d’être guidé.e par les avis de lectrice (car oui, dans nos recherches, nous ne sommes tombé.e.s que sur des femmes.)

Les Sorcières chez les blogueuses :

Avant de découvrir les divers avis, nous nous demandions si nous allions tomber sur des dilettantes déjà engagées par les thématiques abordées ou sur des curieuses qui se découvraient un esprit sorcier. Pour le bien de notre enquête, on ne s’est penché que sur les avis personnels, et non pas les analyses. Nous cherchions des ressentis de lecteurs, grâce à des blogueurs prêts à partager leur expérience personnelle de lecture, et non pas en tant que critiques ou chroniqueurs. Dans notre premier article introductif, on se demandait jusqu’où les lecteurs et lectrices allaient se sentir concerné.e.s par cet écrit, et s’il allait amener certain.e.s à s’exprimer à leur tour. Beaucoup de témoignages portent sur le fait que le livre leur a réellement parlé, Textualités le qualifie carrément de « coup de poing ».

Au point que certains passages sont véritablement des coups de poing dans le ventre, la somme des injustices faites aux femmes, et leur degré extrême de violence étant particulièrement frappants. Voir se confronter des événements de notre histoire lointaine et une actualité présente (les derniers remontant à 2018) est particulièrement éclairant, à défaut d’être reposant pour les nerfs…

Et beaucoup d’autres se sont retrouvées dans ces lignes : il y a donc eu un réel processus d’identification avec les propos tenus par Mona Chollet. C’est le cas de Yuiko Books :

En clair, un panorama large et complet de la perception des femmes par la société et surtout un exposé de comment sont perçues les femmes qui refusent de vivre selon les préceptes patriarcaux. Et je dois dire que je me suis beaucoup retrouvée dans ce texte. En tant que femme vivant seule et ne souhaitant pas d’enfants (bien que je n’aie que 24 ans) et allant à reculons à chaque rdv médical car je sais à quoi m’attendre à chaque fois, j’avais de quoi me sentir concernée par ce texte.
Je ne suis pas forcément totalement en accord avec ce qui a pu être dit, dans le sens où j’ai une opinion différente, avec d’autres nuances sur tel ou tel sujet, bien qu’elle soit rarement, voire jamais totalement contraire. Mais dans la globalité, j’ai trouvé que l’autrice avait vraiment bien traité le sujet et qu’elle a surtout réussi son objectif : me faire réfléchir.

Une identification qui passe aussi par le « moi aussi », pour le Bar aux Lettres. La reconnaissance de soi dans les lignes, en partie grâce au fait que l’auteure partage ses propres expériences. La thèse profonde livrée est sujette à réflexion, si ce n’est à des nuances, comme le souligne Yuiko Books ci-dessus.

En plus d’être très précis en science-sociales, l’ouvrage renferme également une part d’intime de Mona Chollet qui n’hésite pas à dire « je ». Mais c’est important, car trop souvent dans ces lignes on se dit « mais oui, mais moi aussi. Mais c’est vrai que ça je le pense ».
Alors, pourquoi ne pas le dire ?

Ainsi, en plus de vivre le livre comme une expérience personnelle, il faut reconnaître qu’il fait réfléchir chaque lecteur à l’aune de ses expériences personnelles. En plus, grâce au grand choix de figures exploitées, tout le monde à droit de se sentir concerné.e par les propos de Mona Chollet, comme le remarquent Les Liseuses :

On peut se reconnaitre dans telle ou telle catégorie – ou « anti-catégorie ». Et, si l’on est en couple, que l’on a des enfants, que l’on utilise teintures et chirurgie esthétiques, s’interroger sur nos raisons profondes qui nous poussent à agir ainsi. Pour changer, peut-être. Ou assumer, au moins, ce qui est déjà une libération énorme (l’exemple pris par l’auteur de ces femmes qui ont eu des enfants sans en avoir réellement envie, voire à regret, est à ce sujet éclairant).

Ainsi, les lectrices touchées s’identifient. Certaines découvrent même un subit intérêt pour les sorcières, jusque là inconscient. C’est le cas de Julie Juz :

Comme l’auteure, mes modèles de « sorcières » sont des personnages auxquels je pourrais être fière que l’on m’identifie : Willow dans Buffy, Hermione dans Harry Potter, les sœurs Sanderson dans Hocus Pocus – qui sont pas très sympas mais leur humour est plutôt pas mal, Sabrina l’Apprentie Sorcière, etc. Tous ces personnages sont forts, intelligents, elles utilisent à bon escient à la fois leur intelligence et leurs émotions, elles font le bien. Alors si être une sorcière, c’est être tout ça – sans les pouvoirs –, c’est probablement l’un des plus beaux compliments que je pourrais recevoir, finalement.

et My Lunatique :

C’est vrai, quand on pense au terme de sorcière, déjà c’est souvent péjoratif, et on imagine directement une vieille dame flippante qui vit seule au fond d’une forêt. Mona Chollet démonte ces stéréotypes un par un et l’illustre de manière très riche aussi bien à partir de théories ou documents historiographiques que par des épisodes de séries ou des films bons publics.
Je me suis toujours estimée hyper ouverte d’esprit mais en lisant cet essai j’ai réalisé à quel point je pouvais avoir un regard étriqué sur l’image sociétale de la femme. […] Ce genre de sujets, auxquels je n’avais jamais franchement réfléchi, me font maintenant cogiter et m’insurgent même. Pour moi, si un essai parvient à te faire réfléchir et réaliser des faits sociaux auxquels tu es confronté chaque jour, c’est qu’il a rempli son job.

En vrai j’ai toujours trouvé ça cool les sorcières, parce que quand on en parle, je pense direct à Maléfice ou à Morticia Addams et elles ont un charisme de dingue. Mais je dois dire qu’après cet essai, j’arrive à me faire une image de ce qu’est la sorcière moderne et j’adore. […] La sorcière moderne n’a pas peur d’arborer ses cheveux blancs et ne craint pas les jugements puérils si elle décide de ne pas avoir d’enfants ou d’être célibataire (ou les deux). Et puis il y a un côté purement filmique que j’ai grave envie de reproduire, genre faire des incantations en latin avec des cristaux et de la sauge dans ma chambre.

Le finalement chez Julie Juz montre donc le dépassement de la figure de la sorcière pleine de pustules, cachée dans sa forêt. Pour les lectrices, une nouvelle image de la sorcière se créé, et, en réalité, c’est à cette nouvelle image qu’elles s’identifient, comme certaines féministes avant elles.

Que dire ? Tous les thèmes sont abordés dans l’extrait ci-dessus : déconstruction du mythe de la sorcière, découverte de soi, identification, réflexion… Comme nous le disions précédemment, la sorcière est donc réactualisée : c’est une femme libre, une femme qui choisit sa vie. Mais elle reste poursuivie par son folklore : les lectrices portent des chapeaux pointus en séance de dédicace, et qui passent commande sur Etsy (voir première de couverture de Sorcières. La puissance invaincue des femmes, ainsi que les photographies en illustrations de cet article.) Sommes-nous le cercle vicieux de l’éveil des consciences et la récupération commerciale du thème de la sorcière ?

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Étagère sorcière « sortilèges et enchantements » sorcellerie par Ateliermandragore.

Pour certaines, la lutte continue.

Bien sûr, toutes les lectrices ne sont pas tombées sous le charme, et Les Chroniques Culturelles ne s’en cache pas, et a bien raison. On peut s’interroger : le livre séduirait-il moins les dilettantes aguerris que les curieux ?

Mais voilà, la figure de la sorcière me fascine depuis toujours, j’ai même envisagé d’en faire mon sujet de thèse et je sais que j’écrirai dessus, un jour : en fait, j’ai toujours pensé confusément que peut-être j’ai été une sorcière brûlée sur le bûcher dans une vie précédente, ou que j’ai eu une ancêtre qui l’a été […]. Impossible donc pour moi de m’abstenir de lire cet essai, dont on parle beaucoup, nonobstant ma méfiance envers l’auteure.

On retombe alors sur la même interrogation : sorcières féministes, ou sorcières tout court d’ailleurs, se méfient de ce livre, qui surferait sur la vague (et qui l’assumerait ?). La légitimité de cet avis est, comme nous l’avons vu, discuté par les universitaires. Cependant, toutes les féministes ne s’en méfient pas, comme Wild Sorceress, nom qui ne prête pas à confusion.

Je suis militante féministe depuis plus de dix ans et à côté de ça, je n’hésite pas à me décrire comme une sorcière, cet essai était donc fait pour moi.

Elle a beaucoup aimé l’écrit de Mona Chollet. Déjà bercée dans l’ésotérisme, elle a également élargit son point de vue, et s’est beaucoup interrogée suite à sa lecture, tout comme les curieuses l’ont fait. Ce livre peut donc apporter beaucoup aux sorcières féministes comme aux néophytes.

Outre la réflexion, ce livre ouvre un réel droit à la parole. Après un article et une analyse en béton armé et très intéressante, La Tournée de Livres ose, elle aussi, à son tour prendre la parole. Elle s’exprime au sujet du non-désir d’enfant auquel Mona Chollet a consacré tout un chapitre. Un chapitre qui dit « je » comme ses lectrices après elle. Sorcières. La puissance invaincue du féminin réussirait-il un effet #metoo : exprime-toi.

Bon, je vais faire effondrer la petite pyramide de réflexion et de compréhension qui s’est bâtie dans votre cerveau : si je ne veux pas de gosses, c’est parce que je fais partie des méchantes pas belles qui n’aiment pas les enfants. (Je vous vois déjà décrocher le téléphone pour contacter l’asile le plus proche.) J’ai mes raisons et je n’ai pas à me justifier. Paradoxalement, je m’entends bien avec les enfants (sauf ceux qui me reprochent de ne pas être une « vraie » adulte et essaient d’en profiter). Et c’est peut-être justement parce que, comme certains me le font remarquer, je ne suis pas une adulte au sens où on l’entend. Ça doit en rassurer certains, je pense… Il y a aussi le fait que je ne me sens pas psychologiquement capable de m’en occuper, mais on n’est pas là pour faire une psychanalyse.

Ça fait du bien de le dire, non ? Avec un blog dont le titre parle lui aussi de lui-même, La Sorcière Enquête, avec beaucoup d’humour, livre son ressenti (mais pas que) sur le sujet. Elle s’est reconnue totalement dans l’image de la sorcière proposée par Mona Chollet : une femme libre, à part, qui (en plus !) ne veut pas d’enfants (pour le moment ?).

Ma vie pose plus de problèmes aux autres qu’à  moi-même : c’est à cause du regard des gens que je peux me sentir mal de temps en temps. C’est un cercle vicieux. Je savais que je n’étais pas la seule à avoir ce genre de ressentis, mais grâce à ce livre, je me sens un peu libérée d’un poids. Il m’a permis de déculpabiliser sur ce sujet et d’avoir envie de l’assumer.

Un livre rassembleur… Avec les autres et avec soi-même.

Cet article va s’achever sur un dernier témoignage, touchant. Parler depuis le Silence, un nom très poétique pour un blog tout en sensibilité. Tout d’abord, elle nous parle de ce fameux aspect rassembleur que comporte ce livre, comme un pouvoir étrange qu’il aurait sur les gens.

Je lisais ce livre dans le train et son titre a attiré l’attention de mon voisin qui a commencé à me poser des questions dessus. Il était curieux, plutôt intéressé et puis il m’a demandé : « Et vous, vous vous définissez comme sorcière ?. »

Oui, elle se considère comme sorcière, et depuis longtemps, mais c’est en elle, jamais elle ne l’avait dit à haute voix, encore moins en public. Elle est intriguée et fascinée par toutes ces jeunes de 25 ou 30 ans qui osent s’exposer, se dire sorcières. À juste titre, là n’est pas la question, mais pouvoir l’assumer, c’est ça, la nouvelle liberté.

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Planche ouija par 3dGeekWares.

Conclusion :

Sorcières de Mona Chollet est donc un livre qui délie les langues et qui fait couler beaucoup d’encre. Un livre qui permet aux féministes et aux sorcières d’aujourd’hui de se reconnaître, de parler, de s’assumer. Ces femmes, parfois bercées par les sorcières des années 2000, se rendent compte que le féminisme n’est pas une guerre déjà gagnée comme on le pensait alors. (Il n’y a qu’à voir toutes les artistes frileuses sur ce terme qui ont participé, en 2008, à l’exposition @Elles au Centre Pompidou, et qui auraient peut-être osé assumer ce titre aujourd’hui.) Une lutte qui revient sur le devant de la scène, et sur laquelle surfe, certes, Mona Chollet. Il convient en revanche de rappeler qu’elle en est une des activistes depuis de nombreuses années. Elle a le goût d’une lutte dont les jeunes ont peut-être moins conscience – jeunes qui se sont parfois lancées dans cette aventure de sorcellerie, finalement si sérieuse, comme si cela coulait de source. Un livre pour commencer, pour se questionner, un voyage initiatique qui fonctionne. Et si c’était cela la clé du succès littéraire ?

Deux rituels d’inspiration scandinave à destination des tireuses et des tireurs de runes d’aujourd’hui

Introduction

Dans le paganisme scandinave, les runes sont des caractères éminemment chamaniques : c’est par elles que s’exprime, sous forme écrite et cryptique, la connaissance des choses cachées que seuls acquièrent les initiés au cours de leurs voyages spirituels chez les morts, les dieux et les êtres archaïques, aussi vieux ou presque que le monde lui-même. Elles sont associées à Ódinn, dieu suprême du panthéon nordique qui possède également toutes les caractéristiques du chaman. Ainsi traverse-t-il les dimensions en quête de savoirs secrets, chevauchant Sleipnir, son cheval à huit pattes, ou prenant forme animale, et préside-t-il aux extases en tout genre1.

Dans son excellent ouvrage l‘Edda poétique, Régis Boyer écrit au sujet des runes :

« Elles sont inséparables de toute opération à caractère tant soit peu magique. Leur origine pangermanique semble ne pas faire de doute et les plus anciennes que nous connaissons remontent au IIIe siècle après Jésus-Christ. L’alphabet futhark [autre nom de l’alphabet runique] est ainsi appelé du nom des six premières runes. […] On a établi que leur enseignement retrouvait non seulement les méthodes des chamans de Sibérie, mais encore les mystères des Grecs ou des Irlandais d’autrefois. Nous touchons ici au fond sacré de toute science écrite dont la connaissance, comme le fait remarquer Lévi-Strauss, à la fois isole de la communauté l’initié et lui confère une redoutable supériorité. Ce n’est pas dire expressément, par là, que les runes soient, par définition, de nature magique. Comme l’a fort bien établi Lucien Musset [dans son Introduction à la runologie] après plusieurs autres chercheurs, les runes sont une écriture comme une autre, apte à traduire des messages de toutes sortes, mais aux origines, sans doute, elles servirent surtout des propos magiques, et on leur a certainement attribué des pouvoirs fantastiques. »2

Leur utilisation semblait impliquer un certain nombre d’opérations que récapitule la strophe 144 des Hávamál (Les dits du très haut, ceux d’Ódinn, poème sacré de l’Edda poétique) à travers une suite de questions :

« Sais-tu comment il faut tailler ? [graver la rune dans le bois ou la pierre]
Sais-tu comment il faut interpréter ? [leur sens]
Sais-tu comment il faut teindre ? [la rune une fois gravée, on dit que cela devait être fait avec du sang]
Sais-tu comment il faut éprouver ? [leur pouvoir]
Sais-tu comment il faut demander ? [prier]
Sais-tu comment il faut sacrifier ?
Sais-tu comment il faut offrir ?
Sais-tu comment il faut immoler ? [Pour les trois derniers vers : que faut-il offrir en sacrifice et comment en échange de leur magie] »3

Si l’on en croit le chant VI des Hávamál, quiconque maîtrisait ces opérations pouvait ainsi déchaîner des pouvoirs aussi divers qu’aider « dans les procès et les chagrins/ Et les dures détresses », « mettre à mal [les] ennemis », faire en sorte que « fers (…) tombent des pieds/ Et liens des bras », arrêter « un trait volant parmi le peuple », contrer et renvoyer ses maléfices à « qui (…) voue au malheur », éteindre « la haute flamme » d’un incendie, « où que s’enfle la haine » l’apaiser, mettre « toute la mer en repos » quand la tempête l’agite, égarer des « sorcières / [Chevauchant] par les airs », apporter la victoire au combat à « des amis de toujours », faire revenir à lui et parler « un cadavre de pendu », conférer l’immunité à « un jeune homme », procurer la science « des Ases et des Alfes », donner « la force aux Ases/ Aux Alfes, le renom/ La clairvoyance à Hroptatýr [Ódinn] » et « de la femme sage/ (…) obtenir amour et liesse »4. Avec le temps, beaucoup de savoirs runiques se sont perdus, et ces utilisations magiques anciennes des runes ont fini par tomber en désuétude. De nos jours, l’alphabet futhark est presque exclusivement associé à la voyance, constituant, avec le tarot, l’un des principaux médias divinatoires.

Il y a quelque temps déjà, à l’occasion d’une séance de tirage de runes promise à une amie, je me suis mis en tête de mettre au point deux petits rituels personnalisés, en puisant dans la tradition païenne scandinave. Je me disais qu’ainsi, ma divination contemporaine renouerait symboliquement avec les racines perdues de la pratique runique et pourrait, peut-être, se reconnecter aux forces anciennes qui présidaient originellement à ce type de magie. J’avais notamment à cœur d’intégrer dans ces rituels certaines strophes tirées de poèmes sacrés de l’Edda poétique, considérant, d’une part, la poésie en général comme un excellent canal pour concentrer et libérer des énergies magiques, et sentant par ailleurs dans ces textes, à la beauté ancienne et ésotérique, sommeiller ces puissances païennes que je souhaitais réveiller.

Aujourd’hui, après des expérimentations concluantes, l’envie m’est venue de faire sortir ces rituels de la pénombre de mon grimoire et de les partager avec vous. En espérant qu’ils pourront inspirer, ou servir tels quels, les apprentis devins autant que les expérimentés et faire rêver les autres.

Photographie par Sawsane Kacher-Pfihl/Rhapsodos.

I – Rituel de consécration des runes

De manière générale, consacrer un objet revient à lui faire perdre son caractère profane, à le sacraliser en vue d’un usage strictement magique. C’est aussi un acte par lequel la sorcière ou le sorcier apprivoise son matériel, tisse un lien personnel avec lui ; aussi se pratique-t-il seul ou éventuellement avec une personne de confiance, susceptible de symboliser une partie de vous-même.

Pour consacrer vos runes comme suit, vous aurez besoin :

  • Du jeu de runes à consacrer ;

  • De sel [symbolise l’élément terre] ;

  • D’un bâtonnet d’encens [symbolise l’élément air] (Le choix de la fragrance est laissé à votre discrétion. Chaque fragrance a sa symbolique propre et canalise ainsi des énergies magiques différentes. L’encens de myrrhe me paraît ici être une option intéressante : il possède des vertus purifiantes et favorise les activités spirituelles impliquant une certaine concentration comme la voyance runique. Privilégiez les produits naturels) ;

  • D’une bougie [symbolise l’élément feu] (Le choix de la couleur est laissé à votre discrétion. Comme pour les fragrances des encens, chaque couleur a sa symbolique propre et canalise ainsi des énergies magiques différentes. En cas de doute ou d’indifférence, optez pour une bougie blanche, polyvalente. Privilégiez les produits naturels.) ;

  • D’une coupe ou d’un récipient contenant de l’eau [symbolise l’élément eau] ;

  • D’un pentacle [symbolise l’esprit et sa symbiose avec la matière (tout ce qui est issu des interactions entre les quatre éléments et notamment de leurs mélanges)] ;

  • D’un athamé (poignard rituel) ou d’une baguette préalablement consacré.e. Si vous ne possédez ni l’un ni l’autre, votre main préférentielle, préalablement lavée à l’eau et au sel, fera l’affaire ;

  • D’une coupe ou d’un récipient contenant de la bière [symbolise le savoir poétique et magique détenu par Ódinn dans la mythologie scandinave] ;

  • D’un tambour chamanique ;

  • D’un lacet ou d’une cordelette assez long.ue pour être attaché.e autour de votre cou.

  1. Placez sur une surface quelconque, qui vous servira d’autel, le sel au nord, l’encens à l’est, la bougie au sud, l’eau à l’ouest et le pentacle au centre. Posez votre jeu de runes sur le pentacle et, à côté, la coupe ou le récipient contenant la bière ainsi que le lacet ou la cordelette.

  2. Tracez un cercle invisible (avec la pointe de l’athamé, le bout de la baguette ou votre main préférentielle, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre) ayant le pentacle pour centre et un rayon d’un peu plus d’un mètre. Si vous le souhaitez, vous pouvez préalablement matérialiser physiquement votre cercle (avec des éléments naturels, une craie, une corde, etc.), mais cela ne vous dispense en aucun cas de tracer le cercle invisible. Tous les participants et toutes les participantes, ainsi que tous les objets utiles au rituel, doivent se trouver à l’intérieur du cercle au moment de son tracé et y rester jusqu’au moment de son effacement (il s’agit d’une « safe zone » au sein de laquelle seules les énergies convoquées seront admises, les autres étant bannies à l’extérieur). En traçant, psalmodiez ou chantez vos propres formules ou celle-ci :

    Ce cercle au sein du cercle
    Monde au milieu du monde
    J’incante en le traçant
    L’emprunte et puis le rends

    Summon, photographie par NebelViolet.
  1. Placez la pointe de votre athamé, le bout de votre baguette ou votre main préférentielle sur le jeu de runes et invoquez les éléments à l’aide de vos propres formules ou en vous servant de celle-ci :

Par la terre et par l’eau
Par l’air et par le feu
Entendez mon vœu
Sources de vie et d’agonie
Sources du jour et de la nuit
Sources d’esprit
Je vous invoque ici
Infusez votre magie

  1. Utilisez le tambour chamanique pour accompagner la récitation des strophes suivantes, tirées des Sigrdrífumál (Les dits de Sigrdrífa, strophes 13 à 19) :

Il te faut connaître les runes de l’esprit
Si tu veux en sagesse
Quiconque surpasser ;
Les interpréta,
Les grava,
Les conçut Hroptr5
De cette humeur
Qui avait filtré
Du crâne de Heiddraupnir
Et de la corne de Hoddrofnir.

Sur les falaises il se tenait
Avec les tranchants de Brimir6,
Avait un heaume sur la tête ;
Alors la savante tête de Mímir7
Parla pour la première fois,
Et énonça les lettres véridiques8.

Il les dit gravées sur l’écu
Qui se tient devant le dieu brillant9
Sur l’oreille d’Árvakr
Et sur le sabot d’Alsvinnr10
Sur la roue qui tournoie11
Sous le char de Rungnir12
Sur les dents de Sleipnir13
Et sur les chaînes du traîneau

[Boire une gorgée de bière]

Sur la patte de l’ours
Et sur la langue de Bragi14
Sur la griffe du loup
Et sur le bec de l’aigle,
Sur les ailes sanglantes
Et sur la tête du pont,
Sur la paume de délivrance15
Et sur les traces de réconfort,

[Boire une gorgée de bière]

Sur le verre et sur l’or,
Sur les signes tutélaires16
Dans le vin, le moût de bière
Et les lits de repos,
Sur la pointe de Gungnir17
Et sur le poitrail de Grani18
Sur l’ongle de la Norne19
Et sur le bec du hibou.

[Boire une gorgée de bière]

Toutes furet grattées
De celles qui étaient gravées,
À l’hydromel sacré mêlées
Et largement diffusées ;
Elles se trouvent chez les Ases,
Elles se trouvent chez les Alfes,
Certaines parmi les sages Vanes,
Certaines chez les humains.

[Boire une gorgée de bière]

Ce sont les runes gravées sur le bouleau,
Ce sont les runes de délivrance
Et toutes les runes de bière,
Et les suprêmes runes de puissance,
Pour qui sait sans erreur
Et sans adultération
S’en servir comme de talisman ;
Jouis-en si tu les appris,
Jusqu’à ce que les Puissances s’entre-déchirent !20

[Boire le reste de la bière]

  1. Effacez le cercle (avec la pointe de l’athamé, le bout de la baguette ou votre main préférentielle, dans le sens des aiguilles d’une montre). En l’effaçant, psalmodiez ou chantez vos propres formules ou celle-ci :

Ce cercle au sein du cercle
Monde au milieu du monde
J’incante en l’effaçant
L’emprunte et puis le rends

  1. Pendant les neufs nuits suivantes, dormez avec le lacet ou la cordelette noué.e autour de votre cou et votre jeu de runes à vos pieds. Il s’agit ici de reproduire symboliquement l’initiation chamanique par laquelle Ódinn est lui-même passé avant d’obtenir la maîtrise des runes. Chaque soir, avant d’attacher le lacet ou la cordelette autour de votre cou, récitez la strophe 138 des Hávamál (Les dits du très haut, ceux d’ Ódinn) :

    Je sais que je pendis
    À l’arbre battu des vents
    Neuf nuits pleines,
    Navré d’une lance
    Et donné à Ódinn
    Moi-même à moi-même donné,
    – À cet arbre
    Dont nul ne sait
    D’où proviennent les racines.

  2. Le lendemain de la neuvième nuit, ramassez votre jeu de runes. Il est désormais consacré, lié à vous par d’anciennes énergies païennes et prêt à servir.

Odin, tableau par Dislodge.

II – Rituel de tirage des runes

Ce petit rituel sert à convoquer et à concentrer les énergies odiniques : celles qui apportent au devin la prescience et la clairvoyance nécessaires à l’interprétation inspirée des runes. Il convient pour n’importe quel type de tirage.

  1. Avant de tirer les runes, le ou la devin.eresse (vous) et le questionneur ou la questionneuse s’installent face à face, le sac de runes entre eux. Le ou la devin.eresse pose sa main préférentielle sur le sac de runes et le questionneur ou la questionneuse pose sa main préférentielle sur celle du ou de la devin.eresse. Ils récitent à tour de rôle des vers issus des strophes 28 et 29 de la Völuspá (La Prédiction de la prophétesse) :

    Devin : Je sais bien, Ódinn,
    Où tu as caché ton œil :
    Dans le glorieux puits de Mímir21.
    Mímir boit l’hydromel
    Chaque matin
    Dans le gage de Valfödr22

Questionneur : En savez-vous davantage ? – ou quoi ?

Devin : Le père des armées choisit pour [moi]
Anneaux et colliers,
[J’obtiens] sagesse, clairvoyance
Et magique science ;
[Je vois] toujours plus loin
Dans l’étendue des mondes

Questionneur : En savez-vous davantage ? – ou quoi ?

  1. Là-dessus, le questionneur ou la questionneuse pose sa question s’il y a lieu (tout dépend du type de tirage) et tire au hasard dans le sac un certain nombre de runes (tout dépend aussi du type de tirage), qu’il ou elle garde dans sa main fermée. Le ou la devin.eresse pose sa main sur celle du questionneur ou de la questionneuse et récite ces trois vers tirés de la strophe 139 des Hávamál :

Je ramassai les runes,
Hurlant, les ramassai,
De là, retombai.

  1. Le ou la devin.eresse retire ensuite sa main et le questionneur ou la questionneuse laisse tomber ou dépose les runes de la manière qui convient (tout dépend du type de tirage). Il ne reste plus qu’à les interpréter.

Concernant les types de tirage, vous trouverez de nombreuses procédures différentes (sur internet notamment), plus ou moins complexes et plus ou moins adaptées à tel ou tel type d’interrogation. N’hésitez pas à en expérimenter plusieurs et à retenir celles qui vous conviennent le mieux.

An it harm none, do what ye will
(Si cela ne blesse personne, fais ce que tu veux)
– Rede Wiccan –


Notes :

1 Pour un développement plus détaillé à ce sujet, consulter la deuxième partie de « Vivre en viking – IV – Chamanisme et Odinisme », publié sur Faunerie.

2 Boyer Régis, L’Edda poétique, Fayard, 1992, p. 619.

3 Hávamál, strophe 144, texte intégral traduit par Régis Boyer dans L’Edda poétique (p. 169 à 202), op. cit., p.197 pour la strophe citée.

4 Toutes les citations de ce paragraphe sont des vers ou des fragments de vers tirés des strophes 146 à 161 des Hávamál, texte intégral traduit par Régis Boyer dans L’Edda poétique (p. 169 à 202), op. cit., p.198 à 201 pour les strophes citées.

5 « Le crieur ». Il s’agit d’Ódinn, vraisemblablement envisagé dans son rôle de magicien hurlant.

6 Une épée.

7 Géant gardien de la source du savoir située sous l’une des racines de l’arbre-monde Yggdrasil.

8 Les runes.

9 Le Soleil.

10 Noms des chevaux qui tirent le Soleil.

11 Le Soleil encore.

12 Vraisemblablement Ódinn.

13 Nom du cheval à huit pattes d’Ódinn.

14 Un autre dieu associé à la poésie.

15 Paume de la sage-femme.

16 Amulettes.

17 Nom de la lance d’Ódinn.

18 Cheval du héros Sigurdr.

19 C’est le nom donné aux trois vierges mythiques Urdr (Passé), Verdandi (Présent) et Skuld (Futur) installées sous Yggdrasil et qui décident de la destinée des êtres humains comme de celle des dieux.

20 Jusqu’à Ragnarök : Il s’agit de l’ultime bataille qui verra s’affronter hommes, monstres, géants et dieux et au terme de laquelle le monde et la quasi-totalité de ses habitants restants seront seront engloutis dans les flots et consumés par flammes. Une terre de cocagne sortira ensuite des eaux, sur laquelle s’établiront les survivants.

21 Ódinn a donné son œil en gage au géant pour pouvoir boire dans ce puits où source le savoir.

22 Il boit dans la corne Gjallarhorn.