Interview de Nicolas Ruann : la beauté et le morbide.

Nicolas Ruann est un photographe de Saint-Nazaire. Depuis huit ans, il compose ses séries photographiques avec un soin maniaque, dans un esprit tourmenté, entre vie et mort. Habitué des expositions et des parutions internet ou papier, son court-métrage Onium a été sélectionné pour la 22ème édition du festival du film LGBT de Paris « Chéries-Chéris » en 2016, ou encore le « Erotic & Bizarre art ​film festival » (EBAFF) à Elche (Alicante) en Espagne en 2017. Je vous laisse découvrir son univers à travers ses mots et ses photos.

Les orifices du cercle © Nicolas Ruann
Les orifices du cercle.

~ Bonjour Nicolas ! On peut lire dans la biographie de votre site que vous vous adonnez à la photographie depuis huit ans. Quel a été le déclencheur ?

Bonjour Fanny. C’est toujours très compliqué d’exprimer la naissance d’une envie ou d’un désir. Il n’y a pas réellement d’explications, ni de suite logique. C’est une période assez floue. Je ne sais plus vraiment mais l’envie était là et finalement, c’est ce qu’il y a de plus important : l’envie.

WASTE II © Nicolas Ruann
WASTE II.

~ Vos photographies ont une esthétique très raffinée, à la croisée de l’abstrait et du figuratif détaillé. D’où vous vient cette veine artistique?

De manière générale, lorsque l’on créé, on ne se pose pas vraiment la question de savoir si ce que l’on fait, ou ce que l’on va faire, sera du figuratif ou de l’abstrait. C’est vraiment quelque chose de très viscéral et d’intimement lié à nos états d’âme. Un voyage vers l’inconnu avec une forme d’autisme et des retrouvailles face à son « moi ». Ensuite, pour répondre précisément à la question du choix esthétique de mes photographies, je ne saurais pas concrètement vous l’expliquer. Il y a peut-être une récurrence dans certaines de mes compositions, un penchant visuel chirurgical comme la série photographique « TRAUMA ». Ma fascination pour les images d’opérations au bloc opératoire ne s’est jamais éteinte…

INCESTA © Nicolas Ruann
INCESTA.

~ Votre univers est d’une poésie très noire : la mort est très présente, est-ce une obsession ?

Il est vrai que mes premières photographies avaient une certaine noirceur, mais sans jamais vouloir cultiver cette atmosphère. Il fallait que ces images vomissent de mon intérieur à cette époque là. C’était important pour avancer… Et puis on prend du recul, on mûrit et on vieillit aussi. Il est sûr que je n’aborde plus certains thèmes de la même manière qu’il y a huit ans. J’essaye de tendre mon travail vers la lumière, même si parfois, certains démons reviennent avec fracas…

La mort a toujours été une crainte, presque une obsession. Cette peur de s’éteindre demain et manquer d’accomplir toutes ses envies, ses souhaits… Cette fatalité de la vie a été compliquée à accepter vraiment. Finalement, mon obsession pour la mort est paradoxalement liée à la vie, l’envie de vivre en tout cas…

Person_ II © Nicolas Ruann
PERSON II

~ On peut lier cette obsession aux mythes d’Eros et Thanatos, on observe d’ailleurs une fixation sur la nudité et la sexualité. Comment l’expliquez- vous ?

Là encore, c’est une question d’émotions et de ressentis. La sexualité est un thème que je traite souvent de façon abrupte et sans aucun filtre. Quand vous énoncez Eros et Thanatos, je pense à certains écrits de Sigmund Freud, dont Trois essais sur la théorie sexuelle. Il confronte notamment pulsion de vie et pulsion de mort. Le sexe peut être quelque chose de très beau, de très spirituel et, a contrario, un acte douloureux, frustrant et anéantissant. Dans certaines de mes photographies, la sexualité est rattachée à une certaine violence physique et mentale. Un combat de corps qui mène inexorablement à un soulagement mortifère. Après l’orgasme, on parle souvent de « petite mort », ce moment de vide après l’accomplissement. Nous ne sommes jamais tout à fait nous-mêmes quand on « baise ». Ce détachement de soi lors de l’acte me fascine assez…

TRAUMA I © Nicolas Ruann
TRAUMA I.

~ Vos séries comme ORIGINS et WASTE mettent le corps en opposition avec des éléments organiques, des déchets. Quel message souhaitez-vous transmettre ?

La série photographique « WASTE » est un travail que j’ai beaucoup de mal à appréhender depuis sa création. Pour le coup, à l’inverse d’autres travaux, ces photos se sont faites en très peu de temps, presque instantanément. Il y a sans doute un rapport à la terre et à nos origines…

Baise à la fois © Nicolas Ruann
Baise à la fois.

~ En général, vos séries sont intellectuelles : définissez-vous toujours scrupuleusement vos projets avant de les construire photographiquement ?

Oui, c’est quelque chose que l’on me reproche assez fréquemment d’ailleurs. J’ai ce besoin presque obsessionnel de tout contrôler jusque dans les moindres détails. Parfois, la conception d’une série photographique peut durer un mois comme plusieurs années. Je prends vraiment le temps de la réflexion et d’explorer toutes les possibilités quand je traite d’un sujet. L’instantanéité de mon travail se fait surtout au début, lors de la réalisation des croquis, et puis évidemment à certains moments de la suite du processus. L’acte de création est quelque chose en soi de tellement fascinant et peut vous envoyer parfois loin, très loin, dans d’autres sphères…

THE WOMB OF LOVE © Nicolas Ruann
The womb of love.

~ Vous avez réalisé un court-métrage, ONIUM, qui reprend les topoï de votre travail : mort, sexualité, onirisme. Il met notamment en scène un travesti. Est-ce que les revendications LGBT vous tiennent à cœur ?

Je condamne fermement toutes formes d’oppression, quelles qu’elles soient. Quand on atteint à la liberté d’un être humain et à son bien-être, cela me touche profondément. Il y a ce proverbe d’une très grande justesse qui dit que la liberté s’arrête là où commence celle des autres. Après, je suis très en retrait par rapport à un certain communautarisme, cela peut être néfaste et dangereux…

En ce qui concerne le court métrage ONIUM, sa réalisation ne s’est pas faite à partir d’une démarche revendicatrice. En tout cas, ce n’était pas mon choix premier en le réalisant. On est vraiment dans quelque chose qui est hors du temps, deux êtres qui se rencontrent comme deux cellules… Laissons finalement cette neutralité à ONIUM.

Affiche d’ONIUM.

~ Quelle est votre vision de la photographie contemporaine ?

Cette question est intéressante mais à prendre avec beaucoup de recul. Et pour le moment, je n’en ai pas assez. Cela serait prétentieux d’émettre un constat, ou plutôt une vision sur la photographie contemporaine. Et finalement, qu’est-ce que la photographie contemporaine ? Il existe tellement d’artistes talentueux qui utilisent le medium de l’image avec des démarches à chaque fois différentes et si inspirantes… Je pense notamment à Julien Dumas, Ruben Brulat avec sa série « Immaculate and Primates », ou encore le photographe cubain Erik Ravelo.

TRAUMA IV © Nicolas Ruann
TRAUMA IV.

~ Y’a-t-il des artistes que vous admirez ?

J’avoue que je n’aime pas le mot « admirer », puisqu’il sous-entend d’une certaine manière une forme d’infériorisation d’humain à humain. Après, il y a des artistes de très grand talent, des êtres qui vous bouleversent au quotidien par leur art. Je pense notamment – puisque je l’ai vu récemment – au film Juste la fin du monde de Xavier Dolan. C’est un réalisateur que j’affectionne beaucoup. Il est criant de vérité et ses œuvres sont un hymne à la vie. C’est assez fabuleux de pouvoir produire ce qu’il fait… Après, j’ai une grande fascination pour Albert Jacquard, essayiste et chercheur. C’était un homme très engagé humainement.

PERSON_ I© Nicolas Ruann
PERSON I.

~ Enfin, quels sont vos projets futurs ?

Je m’avance rarement sur mes projets, mais je peux vous parler du prochain puisqu’il est en cours de finalisation. C’est une nouvelle série de vingt et une photographies intitulée BODY MEMORIES (Don’t be childish). Sa mise en ligne sur mon site internet se fera entre fin février et début mars 2018.

Merci à vous pour cet entretien.

BODY MEMORIES © Nicolas Ruann
BODY MEMORIES.

 

Bande-annonce du court-métrage ONIUM :

 

 

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[APPEL À TEXTES] Spectre

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Le Cauchemar, Johann Heinrich Füssli.

Bonjour à tous !

Le recueil de textes Crépuscule, deuxième de la collection numérique du Grimoire du Faune, est disponible à la lecture depuis fin janvier ici. Il est donc temps de lancer l’appel à textes pour le Grimoire n°3 ! Les lecteurs ont voté : le thème est SPECTRE. Les meilleurs textes seront publiés à titre bénévole. Poèmes et nouvelles sont acceptés. Alors, à vos plumes !

Vous avez jusqu’au 16 avril pour nous faire parvenir votre texte à : editionsdufaune@gmail.com


Règles de participation, à lire avant de nous envoyer quoique ce soit :

  • Nous acceptons les poèmes et les nouvelles (pas plus de 5000 mots) ;
  • Un seul texte par personne ;
  • Indiquez votre prénom, nom et pseudonyme si vous souhaitez être identifié comme tel, dans le corps du mail ;
  • Le texte doit nous être envoyé sous format doc. (nous n’acceptons pas les textes copiés directement dans le corps du mail) ;
  • Les auteurs des textes sélectionnés s’engagent à accepter les corrections apportées avant publication, dans le cas contraire nous refuserons de publier les textes ;
  • Les auteurs des textes sélectionnés s’engagent à répondre sous 10 jours à leurs mails, ce délai passé, les textes ne seront pas retenus.

 

Quand on a que l’amour

La Saint-Valentin est une fête commerciale. Les couples se font des cadeaux, certains vont chez le fleuriste ou le bijoutier, d’autres dans une agence de voyages. Il y a les amoureux qui cherchent l’originalité, et ceux, qui comme Zazie « envoient tout valser », parce que « les bijoux dans le cou c’est beau, mais ce ne sont que des cailloux »,  et que c’est mieux de s’aimer « sans dépenser des sous »… (Ce n’est pas moi qui le dis mais la chanson !)

Petits cadeaux entre amis

Dans de nombreux pays, les tourtereaux choisissent ou non de célébrer ce jour. Le Japon, lui, fait de la résistance, mais cette coutume ne s’adresse pas qu’aux amants : les femmes ont l’obligation d’offrir des chocolats aux hommes avec qui elles entretiennent des relations professionnelles, amicales ou familiales. Ces chocolats sont appelés « Giri Choco ». En retour, le White Day (le 14 mars), les Nippons célèbrent la femme en leur offrant des sucreries, des gâteaux ou encore du linge blanc.

Aux États-Unis, on échange toujours des cartes, mais ce troc ne se fait pas selon la conception européenne selon laquelle la carte de la Saint-Valentin est envoyée à une personne dite « unique ». Même les petits américains en envoient à leur maîtresse d’école !

Les messagers

En France, il est plus rare de recevoir des billets doux. Pourtant, depuis les années 1950, un illustrateur tient une place importante dans le patrimoine français de l’imagerie populaire, et les amoureux de Raymond Peynet assureront à leur auteur une célébrité mondiale.

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Sachez qu’aujourd’hui c’est un milliard de cartes de vœux qui sont envoyées à travers le monde, le jour de la Saint-Valentin. Alors non, écrire des mots doux à l’ère du numérique n’est pas ringard, votre Valentin(e) pourra même trouver cela audacieux !

En Europe, ce n’est que depuis le XXe siècle que ce jour de fête est destiné aux amoureux. Au XVe siècle, la Saint-Valentin était davantage célébrée en Angleterre qu’en France.

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Traditionnellement, les jeunes gens transmettaient à leur Valentine des cartes poétiques qui pouvaient paraître mystérieuses, car elles étaient la plupart du temps anonymes. Les petits coquins ! Les premières missives de ce 14 février étaient réalisées à la main.

Jeux, rencontres et superstitions

Mieux qu’une agence matrimoniale, au XIVe siècle, l’aristocratie anglaise avait l’habitude de former un couple, au hasard d’un jeu appelé le « Valentinage ». Charles d’Orléans a écrit des poèmes sur la fête de la Saint-Valentin, où il évoquait ce jeu de « cour d’amour ». Pendant le repas, il était coutume de désigner par tirage au sort un cavalier pour chaque dame. Il devait alors la servir pendant une année. Une pratique qui devait plaire aux ladies !

Ce moment était important, car la Saint-Valentin était réputée pour être le jour où l’on pouvait rencontrer sa ou son futur(e) époux (se). Une vieille croyance disait que si l’on se levait avec le soleil le 14 février et que l’on ornait sa coiffe de crocus jaunes, le premier homme qui passait votre porte serait l’homme dont vous porterez le nom. Faites attention à ne pas ne faire rentrer votre père les filles, sinon il vous faudra recommencer l’année suivante !

Et pour découvrir le visage de votre son amoureux, il vous suffit d’épingler cinq feuilles de laurier aux quatre coins de votre oreiller, et la dernière au milieu. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de faire de beaux rêves !

Saint-Valentin et le printemps

Cette fête annonce le printemps, et les oiseaux sont très présents dans la représentation de ce jour festif. La colombe, oiseau sacré dans la mythologie romaine, a également une signification forte dans la religion catholique : elle symbolise la fidélité.

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Source : Pinterest

Les calendriers anciens marquaient d’un symbole les jours. Ainsi le 14 février était représenté par un soleil ou un gaufrier dans la main de Saint-Valentin. Le gaufrier annonçait le Carnaval et ses réjouissances.

Dans les calendriers bâtons utilisés au XVIIe siècle, la Saint-Valentin était indiquée par un nœud d’amour.

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Source : Bnf

Saint Valentin et Cupidon

Cupidon est dans la mythologie romaine le dieu de l’amour. Fils de Vénus, la déesse de la beauté, il était représenté par un jeune homme avec un arc et des flèches. Au fil des siècles, les catholiques ont transformé l’amant de Psyché en un chérubin de l’amour sous la forme d’un bébé joufflu aux allures d’ange.

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Source : Etsy

Saint-Valentin, prêtre faiseur de miracles et l’empereur

N’étant pas d’accord sur son origine, les historiens se battent pour la tête de Valentin.

Sous le règne de Claude II le cruel, un prêtre de Terni célébrait des mariages dans la clandestinité. L’empereur, qui avait décidé d’empêcher les soldats de se marier, découvrit l’affaire et ne voyait pas d’un bon œil la réputation de ce prêtre, qui préférait prier un dieu unique plutôt que d’idolâtrer les dieux romains. Furieux, Claude II le conduit immédiatement vers le juge Asterius pour le faire condamner. Mais rien ne se passa comme prévu. Le religieux guérit miraculeusement la fille adoptive du juge, qui était aveugle. Ainsi, ce dernier se laissa déstabiliser dans ses convictions religieuses, et fit baptiser toute sa famille.

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Craignant la sédition dans Rome, l’empereur fit torturer et mettre à mort tous ceux qui avaient été convertis. Beaucoup de jeunes gens venaient visiter le prêtre Valentin jeté en prison. La légende raconte qu’il écrivit une lettre à la fille du gardien qu’il signa  « Avec l’amour de votre Valentin » avant d’être décapité le 14 février 268 sur la voie Flaminienne. Quelques années plus tard, en 273, l’évêque martyr Valentin perdit lui aussi la tête, sur l’ordre de Placide. Il y eut donc deux Saint-Valentin sous le règne de cet empereur tyrannique.

Un nouveau Saint-Valentin martyr romain fut également découvert en Belgique. Ses reliques sont conservées à Hamay et Armentières. Les Espagnoles fêtent aussi un Saint-Valentin martyr. Mais avec toutes ces têtes, on ne sait plus à quel saint se vouer !

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Saint Valentin s’agenouillant devant la Vierge, par David Teniers III.

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Pour rester dans la légende, on dit aussi souvent que la Saint-Valentin a été créée pour remplacer une ancienne fête païenne qui était en vogue chez les Romains : les « Lupercales », en hommage à Lupercus, le dieu de la fécondité. Cette fête «orgiaque» avait pour mission de favoriser la reproduction, la création de nouveaux couples et parfois même de légitimer des couples plus ou moins clandestins.

Un prêtre sacrificateur tailladait le front des jeunes hommes pour que le sang versé soit mélangé à du lait. Ensuite, ces jeunes hommes couraient quasi nus dans toute la ville de Rome en fouettant au passage les femmes qui voulaient avoir un enfant, à l’aide des lanières de peau de bouc pour les rendre fécondes.

Au cours de ces Lupercales, les noms des jeunes femmes étaient tirés au sort par des hommes, et la suite des évènements n’était qu’immoralité sexuelle. Un peu sado-maso ces Romains !

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Fiestas Lupercales, Andrea Camassei.

 

Pour conclure, voyez-vous, une bonne Saint-Valentin se termine toujours dans un lit. Un 14 février romantique, c’est bien aussi. Alors n’oublions pas de nous dire des mots bleus.

Bonne Saint-Valentin !

 

 

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Références :

http://www.kutchuk.com/

https://bricolage-debrouille-tutos.blogspot.fr

http://www.ideemiam.com

http://www.teteamodeler.com

http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Valentin

http://uhem-mesut.com/medu/fr0012.php

http://onpartageenfrancais.blogspot.fr

www.beekoz.fr

 


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Missives victoriennes : la tradition des cartes postales de la Saint-Valentin

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(c) The Graphic Fairies

À l’heure où le numérique domine et fait partie intégrante de notre quotidien, certains peuvent se demander où réside encore l’intérêt d’envoyer du courrier physique alors que la version dématérialisée est bien plus rapide et moins coûteuse. Peu importe l’occasion ou la période de l’année, le commun des mortels opte le plus souvent pour un courrier électronique et n’a plus l’habitude de coucher quelques lignes sur du papier, une mode un peu trop désuète pour nos contemporains, peut-être ? Je profite de l’arrivée tant attendue (ou non) de la Saint-Valentin – je ne débattrai pas de la signification sûrement propre à chacun de cette fête, là n’est pas la question – pour faire un bon dans le passé et me penche, avec un léger amusement, sur la manière dont nos ancêtres au Royaume-Uni se courtisaient à l’époque, au travers de missives tantôt délicates, tantôt enflammées, des fois quelques peu cocasses, mais toujours rédigées avec un certain soin et une certaine volonté de se démarquer de l’autre auprès de l’élu(e) de son cœur.

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(c) Late Victorian Valentine, private collection

L’envoi de billets doux à son aimé(e) à la date du 14 février remonte à plusieurs siècles, mais les concerné(e)s rédigeaient surtout des lettres, des poèmes de composition personnelle, rien de bien graphique ni de généralisé en soi. En outre-Manche, le coût du papier est assez élevé et il faudra attendre le début des années 1800 pour que ce produit, considéré « de luxe » et destiné à une certaine élite, soit enfin accessible au plus grand nombre. La démocratisation de son prix mène à la production de papier bon marché, et l’avènement de nouvelles techniques d’impression lors de l’ère industrielle permettent de concert le développement de l’industrie des cartes de la Saint-Valentin.

En 1837, le service postal anglais subit une grande réforme grâce à Rowand Hill, un fonctionnaire de la Poste, auteur de la publication « Post Office Reform; Its Importance and Practicability ». Les historiens le considèrent également comme le père du timbre-poste, et l’inventeur du système postal moderne tel que nous le connaissons de nos jours. Auparavant, le coût d’envoi d’un courrier se calculait au nombre de pages envoyées et non au poids. De plus, le destinataire devait payer les charges et non l’expéditeur. Il est donc facile de comprendre que l’utilisation du système postal était plutôt réservée à une classe nantie. Avec la démocratisation des prix et le port payé par l’expéditeur, l’envoi de courrier s’ouvre aux autres franges de la population et surtout à la classe populaire.

En 1840, la mise en place du Penny Post, un système postal uniformisé chargé de faire parvenir un courrier pour la modique somme d’un penny, reste l’élément déclencheur de cette ferveur de la carte de la Saint-Valentin.

Les archives témoignent de plus de 60 000 cartes envoyées en 1836, avant même l’instauration du Penny Post. Avec l’arrivée de ce nouveau système, la poste a dû recommander à ces utilisateurs d’expédier leurs missives au plus tard le 13 février au matin, afin de ne pas saturer le service de courrier et de colis.

Les cartes envoyées à l’époque peuvent se classer en deux grandes catégories : les cartes personnalisées et les cartes industrielles bon marché. Une classe un peu à part existe également, celle répondant au doux nom de vinegar valentines.

Les cartes personnalisées :

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(c) The Laura Seddon Collection, 1870

Ces cartes étaient généralement assemblées à la main et comportaient différents éléments, notamment du papier embossé, des rubans, des nœuds, de la dentelle, des lithographies, des graines, des morceaux de miroir, des bouts de coquillage, des fleurs en soie, des plantes séchées, tout ce qui était susceptible d’être trouvé dans une papeterie de l’époque. Elles étaient généralement très recherchées et ont posé les fondements de l’iconographie si typique de la Saint-Valentin par la présence récurrente de cœurs, de petits cupidons, de rubans, le tout accompagné d’un mot, d’une phrase unique ou de quelques vers. Elles pouvaient également contenir des éléments religieux en cas de demande en mariage.

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(c) The Laura Seddon Collection, 1850

Ces cartes étaient parfois l’œuvre de quelques particuliers, mais pouvaient également être sujettes à un tirage limité produit par des maisons de renommée comme Dobbs ou le parfumeur Eugène Rimmel (père de la marque actuelle de cosmétiques Rimmel London) et donc, s’acheter à prix coûtant. Comme le dit le vieil adage « Qui aime ne compte pas », certains prétendants étaient capables de dépenser l’équivalent d’un mois entier de salaire pour offrir à leur bien-aimée une carte témoignant de leur amour le plus fervent.

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(c) Minnesota Historical Society, 1890-1900

Une note amusante, certaines cartes faites main pouvaient être pliées d’une certaine manière pour contenir un autre message caché, mais la tradition voulait que la carte se suffise à elle-même, et aucune note manuscrite ne lui était ajoutée. Ainsi, l’illustration de la carte à l’aide du langage des fleurs était très souvent de mise pour transmettre les sentiments de l’expéditeur.

Les cartes industrielles :

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(c) V&A Collections, 1860

Ces cartes étaient généralement produites en masse et imprimées sur du papier bon marché plutôt fin. Les couleurs étaient soit ajoutées à la main à l’aide de pochoirs, soit par le biais d’une méthode de lithographie ou de gravure sur bois. Elles présentaient la même iconographie que les cartes assemblées à la main, mais étaient évidemment bien moins élaborées. Elles constituaient le plus gros des cartes expédiées grâce au Penny Post lors du jour fatidique des amoureux.

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(c) The Laura Seddon Collection, 1828

Si une partie de l’opinion publique actuelle tend à dénoncer l’aspect mercantile de la fête de l’amour, les victoriens étaient les premiers à embrasser cette coutume d’envoi en masse de cartes pour célébrer la Saint-Valentin, pour la simple raison qu’elle était enfin devenue accessible aux classes populaires et ne se retrouvait plus cantonnée aux hautes sphères de la société. Débattre de sociologie et de surconsommation n’est pas le but de cet article, mais imaginez-vous un peu que l’amour ne soit que réservé à une certaine élite ? Le point de vue de nos ancêtres était dès lors bien différent du nôtre. Ensuite, l’avènement de cette production a également donné naissance à une catégorie de cartes quelque peu plus légères, pour ne pas dire carrément vulgaires, que sont les vinegar valentines.

Vinegar valentines :

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(c) The Laura Seddon Collection, 1840-1850

Le service postal de l’époque permettait d’envoyer du courrier à titre anonyme, et cette pratique a permis la production de cartes humoristiques impertinentes ou carrément insultantes appelées vinegar valentines. Ces cartes imprimées sur du papier peu couteux étaient le plus souvent destinées à dénoncer les prétendants insistants ou à venger l’amoureux éconduit. Elles étaient en général illustrées d’une caricature plutôt grossière et accompagnées de quelques lignes de vers ou de prose cynique. Si la coutume peut nous paraître totalement absurde de nos jours, elle a suscité un véritable engouement entre 1840 et 1880 chez les victoriens et leurs cousins américains, lorsque la tradition des cartes de la Saint-Valentin a été importée sur le nouveau continent.

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(c) The Laura Seddon Collection

La tradition du vinegar valentine a un aspect très carnavalesque et cathartique, car quiconque pouvait en être la cible ou l’expéditeur, toutes classes sociales confondues. Les auteurs anonymes s’en donnaient donc à cœur joie, et profitaient de l’occasion festive pour dénoncer les travers de leur cible, qu’elle soit l’objet de sentiments amoureux ou non. À l’époque, plusieurs imprimeries et papeteries s’étaient spécialisées dans la production de différentes collections thématiques de vinegar valentines, fabriquées selon le sujet de moquerie.

Les cartes retrouvées ici et là dans nos rayons de papeterie ou de supermarché lors de la Saint-Valentin peuvent paraître bien naïves comparées à leurs virulents ancêtres victoriens. Alors, si vous voulez vous démarquer de vos concurrents, ou si vous désirez régler vos différents de manière acerbe et raffinée, vous avez la possibilité de vous inspirer de cette coutume désuète, qui a déjà fait ses preuves maintes fois…

 

 

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Références :

Beatie, S. “Victorian valentines.” The Victoria and Albert Museum Blog, 13 Feb. 2014. Web. 11 Feb. 2018.

Gilbert, S. “Victorian Valentine’s Day cards – in pictures.” The Guardian, 14 Feb. 2014. Web, 11 Feb. 2018.

Pollen, A. “The Valentine has fallen upon evil days’: Mocking Victorian valentines and the ambivalent laughter of the carnivalesque.” Early Popular Visual Culture, vol. 12, no. 2, 2014, pp. 127-173.

“Valentine’s Day in the Victorian Era.” 5 Minutes History, Web. 11 Feb. 2018.

“Victorian Valentine’s Day cards.” HistoryExtra, Web. 11 Feb. 2018.

Zarrelli, N. “The Rude, Cruel, and Insulting ‘Vinegar Valentines’ of the Victorian Era.” Atlas Obscura, 08 Feb. 2017. Web. 11 Feb. 2018.

 


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La femme dans le miroir de Thanh-Van Tran-Nhut, entre poésie et érudition.

J’ai une liste, qui s’allonge de jouFullSizeRender (1)r en jour, sur laquelle je note tous les titres de livre dont je voudrais faire l’acquisition. De temps, je me fais un petit plaisir et j’en achète un. Et puis parfois, je laisse le hasard me guider.

C’est ce qui est arrivé dans la Libr’Abri de Moncontour. Peu de chances que vous connaissiez cette librairie bien particulière, mais vous connaissez sans doute Moncontour, de nom au moins, qui a été élu plus beau village de France. Je n’habite pas très loin de Moncontour et j’y passe de temps à autre. Mon endroit préféré dans ce village breton, c’est la Libr’Abri, un endroit magique, de la taille d’un petit commerce, dans lequel s’entassent des centaines de livres sur des étagères, des tables, sur le sol parfois. Il y a de tout : des romans, des livres pour enfants, des livres d’Histoire, des guides de voyage ou des recueils de recettes. Le lieu est ouvert au public. On peut s’asseoir dans un fauteuil pour lire sur place, emprunter un livre et le ramener plus tard, le prendre tout simplement, ou en laisser d’autres à la place. C’est un endroit où le lecteur est libre. C’est un endroit où je perds un peu la tête quand j’entre. Mon regard survole les tranches des livres pour dénicher celui qui fera bondir mon cœur. Parfois c’est un auteur que je connais et d’autres fois, je laisse place à la découverte quand un titre m’interpelle.

Ce jour-là, je n’avais pas beaucoup de temps, pas assez en tout cas pour lire dix résumés avant de me décider, mais un titre m’a interpellée : La femme dans le miroir. Je m’en suis saisi à tout hasard, et j’ai su que le destin existait. Ce livre-là était juste fait pour moi, qui aime à la fois la littérature et la peinture, et notamment la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Voilà ce que disait la quatrième de couverture :

« La galerie d’art où s’expose une série de vanités était faite pour Adrien : sa mélancolie de jeune veuf y trouve un écho morbide. Et une obsession : deux toiles d’un maître hollandais du XVIIe siècle, dont le modèle féminin figure, trois cents ans plus tard, dans le tableau d’un peintre suisse… Coïncidence ? Adrien est persuadé qu’il s’agit de la même femme à la présomptueuse beauté, et pourtant cela ne se peut. Emporté par son idée fixe, il scrute les toiles, analyse leurs pigments, interroge les alchimistes, traque sans cesse les secrets de ces œuvres. La passion, à nouveau, le consume. La femme des peintres, dans son éternel défi à la mort, l’appelle à ses côtés… »

Si je vous raconte tout ça, c’est pour que vous compreniez bien mon état d’esprit en ouvrant ce livre. Le livre n’était pas bien gros mais je m’attendais à quelques heures de lecture passionnantes.

Ai-je été satisfaite ? Et bien pas tout à fait.

L’idée était bonne, l’histoire était, ou aurait en tout cas pu être, envoûtante, et j’ai appris plein de choses, car si j’aime beaucoup l’art, et notamment la peinture, je n’ai pas spécifiquement étudié l’Histoire de l’art, j’ai donc encore beaucoup de choses à apprendre dans ce domaine.

Mais…

L’auteur, Thanh-Van Tran-Nhut, écrit certes très bien mais, et c’est mon humble avis, elle cherche trop à le montrer. Ses phrasés poétiques sont parfois de vrais cadeaux, il m’est arrivé de faire une pause pour noter certaines expressions qu’elle employait, comme des « grains de vide » pour désigner des bulles d’air dans un vase. Mais parfois, elle en rajoute de trop, utilisant des mots trop experts et trop spécifiques à des moments où ce n’était pas nécessaire. Résultat : il m’est arrivé de buter plusieurs fois sur des mots inconnus dans une même phrase. C’est trop. Je ne suis pas ce qu’on appelle une illettrée, je pense avoir un bon vocabulaire et je crois donc ne pas me tromper en affirmant que si je bute, une grande majorité de lecteurs butera aussi. Quelques exemples : acanthe, saxifrage, égrillard ou encore théodolite.

Je suis toujours contente d’ouvrir un dictionnaire pour découvrir ou préciser le sens d’un mot que je ne connais que trop mal voire pas du tout, mais quand je le fais cinq fois sur une même page, c’est trop.

De même, certains passages sont presque encyclopédiques. Encore une fois, on y apprend beaucoup de choses, et c’est bien, mais ces passages sont trop longs, ou mal intégrés à l’histoire, ce qui provoque un décrochage. Je n’aime pas trop décrocher d’une histoire qui me plaît donc dans ces cas-là, je lis en diagonale et finalement je loupe des choses, ce qui est un peu dommage. Mais c’est encore plus dommage pour les lecteurs assidus qui s’attardent sur chaque mot, chaque explication, et risquent ainsi de perdre le plaisir d’être aspiré par une belle histoire.

Et justement, on en voudrait plus de cette belle histoire. Je l’ai dit, le livre est court (182 pages en format livre de poche), et une grosse part est consacrée aux explications encyclopédiques dont je parle précédemment. Il reste donc fort peu de place pour le développement de l’histoire et c’est dommage car je suis gourmande et que j’en aurais voulu plus. J’aurais voulu sentir davantage la folie grandissante du personnage. Thanh-Van Tran-Nhut nous dit cette folie, mais nous ne la sentons pas, tout simplement parce que nous n’avons pas le temps. De la même façon, elle tente une incursion plutôt réussie dans l’érotisme et… oui, je l’avoue, j’en aurais voulu beaucoup plus. Érotisme et esthétisme vont bien ensemble, surtout traités avec poésie, comme sait le faire Thanh-Van Tran-Nhut, voyez plutôt par vous-mêmes :

« Tétanisé par cette vision inattendue, pris d’un désir insatiable, je fus soudain happé à l’intérieur de cette femme qui s’abandonnait. A mes oreilles rugissait un vent terrible, tandis que je m’enfonçais dans l’antre ténébreux, comme aspiré par une force sans merci. Je sentis monter en moi une vague de plaisir qui culmina dans un étourdissement total. Puis la vague reflua, entraînant avec elle des bribes de souvenirs, des paroles jadis prononcées, une partie de ma vie qui avait cessé de m’appartenir. Elle me rejeta enfin sur la grève du sommeil, assouvi mais abîmé, nu au milieu de ma mémoire déchiquetée et de ma fidélité en lambeaux. »

Alors pourquoi s’en priver ?

Jeune femme à la balance, Johannes Vermeer.

Maintenant que j’ai dit pourquoi j’avais été déçue, je voudrais quand même dire ce que j’ai aimé dans ce livre. Parce que je l’ai apprécié, même s’il n’entrera pas dans mon top 10, ni même dans mon top 50.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est ce curieux mélange de savoir d’un côté, et de fantastique de l’autre. Tout démarre comme une simple enquête en lien avec des œuvres d’art, des peintures que trois cents ans séparent, mais qui représenteraient apparemment la même femme. Je m’attendais à une histoire de faussaire, ou peut-être à quelque chose de moins « policier » mais malgré tout très terre à terre. Mais voilà que soudain nous quittons le réel pour pénétrer un monde dans lequel la résurrection est possible. Et nous y croyons, ou nous avons envie d’y croire en tout cas. Je n’ai bien sûr pas tenté de faire revenir mon chat à la vie en le peignant après ma lecture (et ce n’est pas seulement parce que je suis nulle en peinture, je vous vois venir), mais l’intrigue tient debout, elle est étayée par des faits scientifiques et historiques, alors oui, d’accord, on marche.

Et quand viennent s’y mêler une histoire d’amour puis finalement, l’histoire de l’emprise d’une femme sur les hommes dont elle se sert pour renaître, encore et encore, le plaisir est là, il n’y a pas de doute. Poésie et sensualité vont bien de pair et l’écriture lyrique de l’auteur est donc adaptée à l’histoire (sauf quand on se fait assommer par des mots connus des seuls académiciens, et de Thanh-Van Tran-Nhut bien sûr, mais je ne vais pas y revenir).

Le début notamment est très beau, et, en tant qu’écrivain qui aime utiliser des métaphores en lien avec la peinture, m’a donné des complexes. En voici un extrait afin que vous puissiez appréciez de vous-mêmes :

« Les couleurs se sont mises à fondre. Le bleu des murs s’est affadi, tirant vers cette teinte que prend la brume au crépuscule. Ensuite, les plis jaunes des draps se sont mués en ondulations blêmes. Tes lèvres sont devenues rosâtres, presque livides, et ta peau a perdu sa carnation chaude, glissant vers le lacté puis le crayeux, à mesure que la lumière faiblissait. J’ai regardé les nuances s’évaporer doucement, révélant la nudité de chaque courbe et la finesse de chaque trait. Les yeux rivés sur ton corps étendu à côté d’un bouquet de roses effeuillées et d’une horloge aux bras figés, j’ai pensé à ces natures mortes dont les détails saisissants de précision subliment la réalité, tout en altérant son inaltérable immobilité. »

C’est donc une lecture en demi-teintes mais que je ne regrette cependant pas. J’ai passé quelques beaux moments en compagnie d’Adrien et de son obsession, j’ai enrichi ma culture personnelle et j’ai apprécié le style poétique de l’auteur, malgré ses regrettables lourdeurs. Si comme moi vous aimez l’art et la peinture et que l’histoire vous intrigue, je vous le conseille donc malgré tout. Le livre n’est pas très long et vaut la peine qu’on lui consacre quelques heures, ne serait-ce que par curiosité même si, vous êtes prévenus, ce ne sera pas LE livre du siècle.

Et si vous l’avez lu aussi, je serais très curieuse d’avoir votre opinion !

 

La femme dans le miroir, Thanh-Van Tran-Nhut, éd. Pocket, 2011.

 


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